Restons branchés! Récit d’exploration #2

Les récits d’exploration mettent en partage les conversations et recherches des balades en cours de construction. 

Cette fois ça commence par un pique-nique sur la terrasse de Dominique.

Chacun a amené une histoire à raconter, une production à goûter ou un bouquin à partager autour de sa relation à l’arbre.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Après le pique quasi gastronomique on revient dans l’enquête.
 
La mémoire des fractures…
 
D’abord l’histoire du Robinier Faux acacia. Dans la vieille ferme que Dominique et Jean viennent habiter il y a déjà un paquet d’années, ils devinent deux ronds entourant ce qui devait être deux arbres, abritant agréablement la terrasse et donnant des airs de bastides à l’endroit. 
 
Mais il faut bien vivre et l’activité de la ferme évolua, avec notamment du stockage de charbon. On coupa les arbres pour laisser la place au camion venant livrer le combustible. Des années après, Jean et Dominique partent donc en quête d’un nouvel arbre à planter là, pour donner un peu de fraicheur au lieu où nous pique-niquons. 
Alors qu’ils espéraient un micocoulier, c’est finalement un robinier qui emménagera avec eux. Ils apprendront avec lui à accompagner la « fracture » (c’est un arbre très cassant), ce qui va nous permettre d’arriver à notre premier adage/slogan inventé de la journée (il y en aura d’autres…):  « Ça casse mais ça pousse »…
 
 
 
 
 
 
Ça vaut des nèfles…
 
Pas très loin du robinier, on trouve un très vaillant néflier qui a tout particulièrement l’affection de Jean. 
 
Serait-ce par goût pour ce qui n’est pas très valorisé (comme un peu chacun de nous dans ces balades)? Ou par intérêt pour l’activité permanente dont cet arbre fait preuve (Jean est aussi un grand travailleur)? 
 
En tous cas il nous amène notre deuxième adage: « Super, ça vaut des nèfles »…
 
 
 
 
 
 
 
 
Le Palmier du ghetto…
 
Josyane a bien préparé son résumé de ses recherches sur l’Aillante! Outre ce qu’on savait déjà (que c’est une plante qui s’installe dans les terres remuées, qui résiste à des conditions très dégradées de sol et de pollution, qu’on peut au choix y voir une nuisible ou une championne de la survie), on apprend que cet arbre fut donc importé de Chine (on verra que la Chine est récurrente dans cette histoire…) comme arbre d’ornement mais aussi, mais surtout, dans l’espoir d’une exploitation économique via son Bombyx, un papillon de nuit capable de produire de la soie.
Quand cette production n’a plus trouvé d’intérêt économique on l’a peu à peu trouvé moins sympathique…
Pour continuer à lister ses qualités, et pas seulement ses défauts (notre goût pour les nèfles…), on remarque sa capacité à pousser rapidement, les qualités musicales de son bois,  ses capacités à inhiber la germination d’autres plantes (ce qui peut être un défaut comme une qualité…).
 
 
Un instrument pour sonder les corbeaux en Ailante
 
 
L’Ailante a aussi beaucoup de noms différents, qui expriment la difficulté de clairement le classer du côté des bons ou des mauvais…
 
Outre le « Palmier du Ghetto », « Faux vernis du Japon », « Arbre du ciel » et « Arbre du paradis, il a aussi deux noms d’usage en Chine: 
Pour le chinois de la campagne il est l »’Arbre du printemps » (car sa période de « renaissance » annuelle est tardive et annonce avec certitude le printemps) quand il est pour le chinois des villes « l’Arbre puant » (parce qu’il dégage une odeur nauséabonde quand on froisse ses feuilles). 
Les chinois l’utilisent aussi comme métaphore à la fois du père de famille (par allusion à son côté imposant quand il est mature) et du fils dévergondé (en faisant allusion à la croissance un peu fofolle des rejets de souche).
 
Alors l’adage qui nous vient pourrait être : « Oui mais non ».
 
Entre Terre et Ciel…
 
Et l’on finit notre petit tour de table de nouveau avec la Chine, mais aussi la langue arabe et le dessin, avec Stéphanie qui nous montre les idéogrammes qui correspondent à « arbre » mais aussi « racine », « cime », « forêt »… 
Elle nous fait également partagé le beau livre Nous n’’irons plus au bois » dessiné par Zeynep Perinçek. 
 
 
Pour l’adage, les chinois nous invitent à réfléchir à Si j’étais un arbre…

 

 
 
 
 
 
 
 
 
Et puis on part en balade sur Foresta…
 
 
C’est pour commencer le retour du robinier, dans une autre situation. 
Dalila nous raconte alors que cet arbre, grâce à la présence de nodosité et de bactéries symbiotiques sur ses racines, a la particularité comme toutes les Fabaceae (légumineuses), d’être capable de capter l’azote de l’air (ce que la plupart de végétaux ne peuvent pas faire bien que l’atmosphère en contienne 78%). 
Une partie de cet azote sera utilisé pour fabriquer ses protéines, et l’ autre restera dans le sol et deviendra assimilable par les autres plantes.
Le Robinier, en agissant comme un engrais, en fait ainsi profiter les autres.
 
Donc c’est super… Oui! 
 
Mais il prend aussi possiblement la place d’autres plantes à cause de ses gousses pleines de graines… Non! 
 
« Oui mais non »…
 
 
Bon, on apprend aussi qu’il peut remplacer le teck pour faire de chouette terrasse mais aussi des bâtons du jardinier car son bois est imputrescible.
 
Quelques mètres plus tard voici le peuplier. 
 
Potentiellement marqueur d’eau, mais oui mais non nous dit la compagnie, car c’est le peuplier blanc, pas le vert. 
Mais savez-vous que le peuplier blanc c’est le peuplier de peintres de la Renaissance italienne, l’arbre avec lequel ils fabriquaient leur retable pour peindre sur bois? Ceux du nord utilisaient le chêne. 
Clin d’oeil aux nombreuses histoires italiennes de ces quartiers?
 
Et puis voilà le Frêne et ses histoires de Fresnette (idée pour l’Epicerie Foresta?) mais aussi de fourmis qui nettoient l’arbre en buvant le liquide sucré contenu dans des pucerons à partir du suc de l’arbre… euh… vous m’avez compris??
 
Et toujours ces plantes qui indiqueraient l’eau, en dessous… 
 

Le mystère du Savonnier. Pourquoi ça s’appelle comme ça? On ne sait pas mais on sait que, encore une fois, cet arbre vient de Chine… 
Troublante cette récurrence de la Chine, quand on sait que le projet MIF 68, qui indirectement a provoqué le projet Foresta, est largement lié aux investisseurs chinois et aux stratégies des nouvelles routes de la soie…
 
 
 
Tiens cette fois un Troène du Japon. Ils furent à la mode dans les bastides marseillaises, taillés en boule et recouverts de filets afin de permettre « Les chasses aux dames » , les oiseaux étant ainsi plus faciles à chasser pour la gente féminine…Hum Hum…
 

Nous voilà à l’orée de l’incendie. Un drame et une chance… Nous échangeons sur les impacts de l’incendie, à la fois traumatiques pour les hommes dans la modification du paysage qu’il provoque, mais aussi accélérateur pour certaines plantes qui vont profiter de la lumière retrouvée.
On se dit qu’il faudra approfondir cette question de l’incendie, de sa gestion aussi, notamment en invitant le chercheur Thierry Tatony à converser avec nous.
 
Des Chênes blancs, Chênes Kermes, de la Filaire, du Neprun, Viorne tin, Salsepareille, c’est tout un milieu qui vit là, face aux Ailantes et aux buissons d’Atriplex.
 
 
 
 
L’un grignotera t’il l’autre?
 
 
Nous y serons attentifs et pour prendre soin de cette incroyable relique nous proposons également d’entamer une procédure de classement au titre de la protection du biotope, rien que ça!!
 
 
 
A suivre…
 

Conversation marchée à Foresta #1

Les conversations marchées sont une invitation à regarder ce qui est là avec un scientifique qui ne connait pas forcément les lieux mais avec qui nous pensons avoir des « sujets de conversation »…

Récit de la Conversation marchée #1, 7 novembre 2018
 
Qui vit là et comment?
 
Alors c’était un mercredi matin, ciel menaçant, et une colline Foresta particulièrement verte pour la période de l’année. But de jeu de la matinée: regarder ensemble avec les chercheuses du laboratoire le LPED (laboratoire population environnement développement) Magali Deschamps-Cottin et Carole Barthelemy ce qui est là, dans un espace naturel profondément modifié par l’homme et aux conditions difficiles (pente, embruns, vent…). 
 
Toutes deux travaillent sur la nature en ville, et plus particulièrement à Marseille. 
Magali est écologue, elle regarde les relations et interactions entre les plantes, les animaux…et les hommes, avec une prédilection pour les papillons. 
Carole est sociologue, elle travaille sur les relations entre la nature et la société plus particulièrement dans les quartiers populaires de Marseille. Ça veut dire les usages qu’ont les habitants de la nature, les représentations mais aussi les modes de gestion de cette nature urbaine qui n’est pas toujours perçue ou nommée comme telle (les délaissés, les friches, les collines habitées…).
 
Après une petite introduction presque polémique à propos des prédateurs domestiques que sont les chats (qui en trop grand nombre affaiblissent la biodiversité), nous partons marcher.
 
A Foresta on se trouve majoritairement dans ce qu’on appelle un milieu ouvert. Or les papillons aiment bien ces milieux, plus que les forêts… Ils ont par contre besoin d’habitats diversifiés, notamment pour passer l’hiver.
 
Par exemple certains papillons passent l’hiver à taille adulte en ce cachant dans des vieux murs ou dans les ronces (donc oui, les ronces c’est important et pas que pour ramasser des mûres…).
 
 
 
 
 
Tiens, là le vieux mur qui sous tend aujourd’hui le Lycée de la Viste, relique bâtie de la colline d’origine. Un bon gite…
D’autres papillons passent l’hiver sous forme de chenilles ou de chrysalide, directement sur les plantes.
 
Dans le fenouil qui poussent un peu partout ici on trouve le Machaon. La Machaon aime le fenouil. Les papillons ont en effet des plantes hôtes, des plantes spécifiques que chaque espèce choisira pour pondre ses oeufs et qui sera la base alimentaire de la chenille. Les plantes sauvages parfois considérées comme mauvaises herbes peuvent ainsi être précieuses vues par une autre espèce…
On se fait un petit tour des espèces qui apprécient les friches et les zones abandonnées de nos contrées. Certains sont migrateurs, traversant la Méditerranée et élargissant ainsi leurs capacités à trouver le bon climat, la bonne plante… 
Et beaucoup ont des noms plein d’imaginaire…
Le Grand voilier, le Vulcain, la Belle dame ou encore le Pacha, qui n’accepte comme plante hôte que l’arbousier. Nous pourrions même rencontrer un papillon dont la femelle est appelée la Mégère quand son mâle se nomme le Satyre… 
Bon, en l’absence d’arbousier pas d’espoir de Pacha pour l’instant à Foresta…
 
On croise sur la dyplotaxie (la roquette sauvage) des chenilles de Pierrides, un papillon plutôt « tout terrain « .
 
 
Ici il faut se mélanger…
Un terrain artificialisé comme Foresta est le lieu de vie des champions de l’adaptation, de ceux (plantes, animaux et… humains…?) qui arrivent à trouver des stratégies pour faire avec les difficultés et qui finalement en font une opportunité.
En profitant de la « coupe » provoquée par l’installation des lettres de Netflix, on peut voir que la couche du sol vivante, propice à la vie, est très fine. En dessous les remblais des multiples modifications du site. La présence de l’argile joue aussi sur la perméabilité des sols. En gros soit c’est trop sec, soit c’est noyé… 
 
La réponse qu’ont trouvée les plantes à cette situation est de faire des cycles courts, aller vite pour réussir à se reproduire dans les deux périodes « viables » le printemps et l’automne. On voit aussi que dans ces terrains remués urbains qui ont constitué le terroir marseillais avec ses bastides et ses fermes, les plantes se mélangent, les espèces héritées des jardins cotoyant les spontanées reines de l’adaptation.
 
 
 
 
La planque du moustique…
Globalement, on est toujours agréablement surpris de constater que Foresta, tout en étant resté un espace ouvert, est plutôt « propre ». Peu de déchets, quelques bagnoles abandonnées de temps en temps mais finalement rien de trop alarmant au regard de la taille des lieux.
 
Mais malgré tout on trouve des petits amoncellements de temps à autres qui sont des vrais villas pour moustique, notamment les tigres qui adorent les humains et leur capacité à laisser trainer des récipients d’eau stagnante. Un peu d’eau qui traine dans une canette suffit à installer une nurserie, un cycle de reproduction pouvant se dérouler en 1 semaine. Si une partie des espèces de moustiques sont nécessaires dans un milieu, Magali nous invite quand même à sérieusement éviter ce genre d’habitat collectif qui dérégule les équilibres entre les espèces et nous bouffe quand même un peu la vie 🙂
 
Adopter un âne ou un quadra…
Nous arrivons devant l’un des quadra installés par SAFI dans Foresta. L’idée est d’avoir une petite zone d’observation détaillée des plantes pour que son inventaire exhaustif dans le temps nous apprenne comment évolue le terrain, par exemple suite à la venue des ânes qui depuis cette année se chargent du débroussaillage de printemps. Est-ce que les ânes vont modifier les plantes et le terrain? Affaire à suivre…

Cet inventaire est participatif et ses résultats sont consignés sur le site du mouvement « Tela botanica », où des milliers de personnes en France inventorient les plantes sauvages de leur quartier.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ailantes Versus Chênes?
 Nous nous trouvons à la lisière entre une relique de la colline ancienne et de la colline transformée. D’un côté un bout de forêt avec des chênes pubescents, de l’autre une prairie sèche peuplée d’Aillantes qui ont réussi, c’est l’une de leur caractéristiques, à s’installer sur cette terre appauvrie. L’Ailante est considérée comme invasive. En même temps elle a la qualité d’arborer des zones dégradées par les hommes et où il est difficile d’habiter quand on est un arbre. Un petit débat démarre sur la menace, ou pas, que l’Aillante représente pour les chênes de l’autre côté du chemin. Battle à poursuivre lors de la prochaine balade d’exploration à partir des arbres…
Les écologues nous invitent à observer la dynamique d’évolution de cette micro-forêt:  Y a t’il de jeunes arbres ? Progresse t’elle ou régresse t’elle ?
 
Dans le même ordre d’idée, posant ainsi la question des régulations qui deviennent parfois complexes pour la nature anthropisée, Magali nous raconte que quand on met trop de ruches d’abeilles domestiques, ce qui ne semble au premier abord qu’une bonne idée, on met la pression sur les espèces sauvages. On crée une concurrence autour de la ressource des lieux avec d’un côté des abeilles sauvages qui butinent seules, et de l’autre des abeilles domestiques qui fonctionnent en colonies et qui « ratissent » très efficacement les zones de pollen. Tout est histoire d’équilibres…
 

Un peu plus loin on découvre un « arrangement » entre deux cèdres de l’Atlas plantés trop serrés et des mûriers à papier. Ré-équilibrer la répartition en taillant fragiliserait surement l’équilibre de l’ensemble, notamment racinaire, les rendant ainsi plus vulnérables au vent…
Dans ce cas on conclue qu’il faut au contraire laisser faire, observer, faire régulièrement des photos pour documenter et se rendre peu à peu compte de comment ces arbres et ce paysage vit.
 
 
Un bassin à ménager…
Nous finissons devant l’un des deux bassins de rétention de Foresta. Ces ouvrages techniques sont aussi des lieux de vie, notamment celui-ci qui a la qualité de ne pas être bétonné, ce qui le rend beaucoup plus hospitalier pour plein d’espèces de plantes et d’animaux. Tout peut y circuler, il crée un milieu dynamique, plein d’interactions. Nous nous promettons de rechercher les résultats de l’enquête sur les oiseaux nicheurs, réalisé récemment par le LEPD et l’association la Chevèche.
On regarde également la ressource que représente les cannes, que nous apprenons à tresser et à utiliser comme ressource de construction à Foresta.
 
Nous concluons notre conversation en se confirmant avec nos deux scientifiques qui découvraient les lieux pour la 1ère fois que cet espace naturel, pivot également dans les enjeux de corridors écologiques (trames), était vraiment précieux. 
Vaste, usager, à la fois marqueur historique et révélateur de toutes les stratégies de la nature pour s’adapter, cet endroit peut participer à nommer et à prendre soin d’une nature urbaine qu’on ne valorise pas ou peu et qui souvent devient un enjeu, conflictuel, au moment où on la perd (pour une construction).
 
On se dit que plus qu’une « Zone à Défendre », c’est une belle « Zone à Ménager », qu’on a du temps pour ça et qu’il faut en profiter…
 
 
A suivre!
 
 
Prochain Récit d’exploration à suivre: Restons branchés #2
Photos Sheryl Debourg

Récit #1 des racines et des arbres: Restons Branchés!

Cette année le 1000 pattes, groupe informel qui fabrique collectivement au sein d’Hôtel du Nord des explorations puis des balades, se laisse guider par les arbres, avec comme point de départ Foresta. Récit de la première séance de travail… Ce groupe est ouvert, vous pouvez le rejoindre à tout moment en prenant contact avec la coopérative.

Un premier petit groupe s’est retrouvé à Foresta, non pas sous un arbre, mais sous une ombrière en cannes de Provence, fabriquée collectivement avec le collectif Safi il y a quelques semaines pour apporter de l’ombre là les arbres ne sont pas…

Nous avons le temps d’un pique nique pour définir un peu plus précisément ce qu’on voudrait chercher en prenant l’arbre pour guide.

Quelles sont nos questions, envies, intuitions qui se cachent derrière l’arbre qu’aujourd’hui nous interpellons ?

Envahisseur, opportuniste, lanceur d’alerte…?

Vincent se lance et nous raconte ses interrogations autour de l’Ailante.

Dans son quartier du côté de l’Estaque cet arbre, originaire de Chine et importé en occident lors de l’engouement pour les « chinoiseries » ornementales, est communément regardé comme un «invasif». L’Ailante semble pousser partout et à grande vitesse. Alors entre la valeur qu’on a pu y donner par le passé (il a été largement utilisé comme arbre d’ornement tant dans les jardins que dans les espaces publics) et son possible statut de plante invasive à combattre aujourd’hui, que penser?…

Ce cas de l’Ailante devient encore plus passionnant quand Dalila nous explique que l’Ailante fait partie de ces arbres qui aiment les terrains remuées, appauvries voire dégradés. Plus qu’une invasive on pourrait dire que c’est une « opportuniste », elle sait très bien profiter du goût de l’humain des villes à décaisser, remblayer, déplacer les terres et les laisser devenir les coulisses de la construction.

Par sa multiplication, on pourrait même considérer qu’elle « donne l’alerte », qu’elle nous interpelle sur la manière dont nous gérons la terre sur laquelle nous habitons.

Dans le jardin de Vincent, le bosquet d’ailante est devenu un sujet important, à contenir mais aussi transformer. Outre l’ombre qu’elle apporte à cette colline aride, l’aillante permet à la compagne de Vincent de réaliser des sortes de totems avec les rejets et branches d’Ailantes qui chaque années se développent rapidement. A aller voir!

Foresta étant tout à fait caractéristique de ces terres urbaines dégradées, s’intéresser à l’ailante et à ce type d’arbres, dans toutes ces ambiguïtés et tensions qu’il révèle, nous semble motivant. D’autant plus que la Canne, qui est à l’origine de l’ombre qui nous abrite, fait également partie de ces espèces à la fois considérées comme invasives mais développant des stratégies pour trouver les ressources des lieux (par ex l’eau) et elle même devenir une ressource sur ces terres dégradées par les hommes.

Nous décidons ainsi de cette année mener une sorte d’enquêtes autour de l’ailante et de la canne (où, pourquoi et comment elles habitent, leurs usages et leurs histoires, comment elles peuvent devenir de la ressource et des histoires à partager…).

De foresta à forêt: petite histoire d’un territoire prohibé…

A partir de cette première histoire, il nous apparaît évident qu’il est nécessaire de prolonger cette question de la « survie « sur des terrains aussi difficiles que les terrains remués et transformés de Foresta. Mais avant ça nous revenons au nom «Foresta ».

Ce n’est pas que le nom d’une famille noble provençale et de son château, d’une zone d’opération militaire, d’un creux industriel, d’un terrain d’aventures.

C’est aussi dans l’histoire du mot le terme pour désigner un terrain interdit, mis au ban, sur lequel on ordonne de ne pas habiter ni cultiver, dans l’intérêt de la chasse seigneuriale. Apparait ainsi le verbe Forestare, « mettre au ban ». Et comme la chasse aime les animaux qui aiment les bois, Forestare a donné Forêt!

Redonner de l’usage collectif à un terrain qui s’appelle Foresta? Une fois qu’on connait cette étymologie et l’histoire des lieux, là encore ça motive!

Habiter sur les ruines…

Mais si la notion de « territoire mis au ban » résonne bien avec notre situation locale, force est de constater qu’il n’y a pas, presque plus, de forêt à Foresta. Y en a t’il eu un jour? Et comment se débrouillent les rescapés pour vivre là malgré les bouleversements urbains, ou les nouveaux venus qui ont choisi malgré les embruns salés, malgré le vent, malgré le manque d’eau et la terre appauvrie de s’installer là?

Ces arbres spécialistes de la survie nous questionnent et nous avons envie d’aller les rencontrer.

Nous décidons donc qu’un volet des explorations sera consacré à les inventorier, comprendre leurs stratégies et écouter ces arbres qui sont là, témoins d’un autre temps ou au contraire agiles pour survivre en conditions particulièrement difficiles.

Au pied de mon arbre (puis-je vivre heureux…?)
Et nous dans tout ça? Quelles sont nos relations plus intimes avec un, deux, dix arbres? Quelles sont nos histoires d’arbres? 
Il y a celles qui s’imbriquent intimement dans notre vie et notre mémoire, comme ces quelques arbres du boulevard Henri Barnier qui quand on écoute Dominique finissent par raconter toute l’histoire de sa maison. Ou la petite oliveraie où va ressourcer près de chez elle Isabelle. Mais il y aussi ces arbres qui portent des légendes, des luttes, des mémoires plus collectives dont ils peuvent devenir un témoin, un complice. 
Ils se trouvent à côté de chez nous ou un peu plus loin, ils nous relient.
 
Parfois nos histoires d’arbres deviennent aussi un sujet de conversation au quotidien. Comment on les taille chez soi ou dans l’espace public, comment avec eux ou parfois contre eux on marque son territoire, comment ils fixent des usages mais aussi des frontières dans un quartier? 
En écoutant les histoires d’arbres de Stéphanie au centre ville (notre pique nique a eu lieu quelques jours après les premiers arrachages d’arbres sur la Plaine) et celles de Sylviane à Saint Henri, nous réalisons comment les arbres d’un quartier deviennent à la fois un sujet qui engage du commun mais également du conflit.
 
Nous décidons alors de nous montrer ces arbres singuliers, d’écrire et de se raconter nos histoires intimes avec eux, et aussi de partir sur les traces de Sylviane pour explorer plus en détail une partie de St Henri, où l’entretien des arbres au quotidien est une conversation active entre voisins.
Et puis on finit en se rappelant la puissance poétique et imaginaire des arbres. On se souvient alors qu’Alice au Pays des merveilles y bascule en tombant dans un arbre, que même les botanistes et scientifiques comme Francis Hallé font appel à la poésie pour nommer ce qu’on peut s’apprendre, et que la dimension affective que l’arbre déclenche chez l’homme en fera un excellent guide de balades à plusieurs voix!
Prochaine exploration, vendredi 16 novembre: pour s’inscrire ici

Foresta ça redémarre !

 

 

Depuis bientôt deux ans s’invente pas à pas et les mains dans la terre le possible devenir des terrains en friche à proximité de Grand Littoral.

Après l’installation des réseaux (eau et électricité) cet été, une série de rendez-vous vous invite à la fois à explorer, comprendre et produire.

 

Du lundi 27 au mercredi 29 août (complet)

Workshop Canissos, [atelier de construction tressage de cannes de Provence]

 

Dimanche 2 septembre à 14h30

1001 nuits : au pied des lettres [Balade + manifestation culturelle] sur inscription

 

Samedi 15 septembre à 14h30

Balade Herbier #1 : Exploration botanique de la pente [Balade]  sur inscription

 

Samedi 29 septembre à

Balade Biodiversité #1 : Les fondamentaux [Balade] sur inscription

 

Samedi 13 octobre à

Conférences marchées #1 : [Balade avec un invité] sur inscription

 

Dimanche 14 octobre à 10h30

Circulation écologique #1 : Du massif de la Nerthe au ruisseau des Aygalades [Balade]

 

Mercredi 24 octobre

Balade herbier #2 : Exploration botanique [Balade] sur inscription

 

Mercredi 14 novembre à 14h

Balade herbier #3 : Exploration botanique [Balade] sur inscription

 

Samedi 24 novembre à

Balade Biodiversité #2 : Les fondamentaux [Balade] sur inscription

 

Samedi 8 décembre à

Conférences marchées #2 : [Balade avec un invité]

 

Samedi 15 décembre à 14h

Balade herbier #4 : Exploration botanique [Balade] sur inscription

Correspondance #11 où l’on se projette un bon coup avant d’aller se baigner…

Une dernière correspondance avant de peut-être mettre un peu de côté les écrans… 🙂 ?

Foresta #Dominique PoulainPour ceux qui n’étaient pas présents voici quelques liens avec des photos du Dimanche à Foresta du 4 juin :
©Lisa George
©Dominique Poulain
©Estelle Pierson

Ce fût une belle journée sur bien des aspects (du monde, un beau mélange de gens, des chouettes ateliers autour des pistes du projet, un sentiment d’espace apaisé et généreux, de l’étonnement, de grands moments poétiques, de la conversation…).
Elle a également validé par l’expérience l’emplacement du hameau, qui se confirme être un endroit à la fois central et protégé.
Nous avons été au final plus de 150 à contribuer, porter, animer les contenus proposés ce jour là, et la richesse de la journée fût encourageante pour tous et chacun.

Un moment convivial de bilan a aussi eu lieu le 3 juillet pour que tous les «contributeurs » (qu’ils soient des habitants individuels ou des associations) puissent raconter et analyser à leur façon la journée, les rencontres, les échanges.

Un autre temps important fût la rencontre avec les partenaires institutionnels, réunis pour la première fois sur le terrain le 30 juin.
Là aussi les échanges ont été très positifs. Il semble que la transversalité du projet (entre environnement, culture, développement local, social…) et sa manière d’avancer en processus (chemin faisant) soit maintenant bien comprise et même appréciée!

Les grandes décisions notamment pour la possibilité d’aménagement du hameau et de ses outils mutualisés restent néanmoins soumises à la finalisation de la convention entre Yes We Camp et le propriétaire Résiliance et à l’arbitrage du fond européen (feder) qui n’interviendra finalement qu’en décembre ou janvier.

Alors d’ici là…

Côté aménagement :
En parallèle de la poursuite des instructions techniques et règlementaires (réseaux, conventionnement…), on espère pouvoir amener l’eau cet automne pour démarrer coûte que coûte la ferme et amorcer l’arrivée des premiers habitants-animaux (ânes, chèvres, abeilles, basse cour). Cela voudrait dire aussi un premier module d’accueil et l’installation permanente d’un premier habitant-humain :).

Côté usages des lieux :
On creuse les sillons tout en restant ouvert et imaginatifs sur quelles formes ça peut prendre !

Nous avons depuis juin 2016 collectivement établi un certains nombre de valeurs fondamentales et thématiques pour le projet d’ensemble.
Cette année la plupart des pistes thématiques ont été expérimentées d’une manière ou d’une autre et l’une d’entre elle, la botanique sauvage (l’exploration et l’invention à partir des végétaux présents), est devenue un axe d’activité structuré sous le nom Jardiner la Colline, initié par le collectif Safi avec l’association Espigaou et maintenant porté par tout un groupe de personnes et d’associations.

Jardinez la colline va donc reprendre fin septembre avec des balades botaniques, le soin de parcelles sauvages et une petite évolution du projet tressage.

Pour les autres « sillons », l’idée serait de constituer des petits groupes qui pourraient à partir des premières expériences de cette année faire émerger progressivement des programmes ou des actions, portées à plusieurs.

• La mémoire et les récits/Partage et visite du site : mettre en formes la mémoire des lieux et les récits de ce qu’on vit dans le projet pour nommer, partager, orienter, être hospitalier ?

• Four/pain/argile : la construction des fours, l’exploration de la cuisson culinaire et la redécouverte de l’argile comme des pratiques collectives itinérantes dans les quartiers?

• Moto et mécanique : inventer des modes de rencontre et des propositions décalées pour provoquer une situation de discussion constructive avec les motards ?

• Communication locale : La communication comme action qui participe au maillage, au partage de l’expression, à l’appropriation ?

Et pour le sport et le corps on aimerait continuer à inviter des associations locales à tester les lieux tout en continuant informellement à associer les usagers (les sportifs et les promeneurs/piétons sont à ce jours les usagers les plus nombreux).

Nous prévoyons aussi de proposer à l’automne un atelier de travail autour de la gouvernance et toujours des expérimentations pas prévu car ça va avec la rencontre.

En attendant qu’on traduise tout ça en invitations diverses et variées, profitez bien du moelleux de l’été !

Correspondance #10 où l’on raconte en image un Dimanche à Foresta

C’était dimanche 4 juin 2017. Le site de Foresta était prêt à accueillir petits et grands dès 9h du matin jusque bien après la tombée du jour : ateliers découvertes, balades, performances, concert, ciné, une grande journée festive !

Le programme complet et le reportage photo de la journée vue par Dominique Poulain :

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Un tout petit aperçu des photos ci-dessous, elles sont toutes réunies dans cet album à feuilleter.

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Correspondance # 9 où l’on explique dans le détail la construction du four avec l’argile…

Enfin nous avons pu fabriquer le premier four samedi grâce à la Gare franche et Amora !

Alors que nous sommes en pleine préparation du Dimanche à Foresta du 4 juin (le programme arrive…), Guy – voisin de la Viste et complice depuis les premières rencontres-, s’est prêté au jeu du récit et on le remercie.     A très bientôt, peut-être un dimanche 🙂 !

Construction d’un four traditionnel en torchis

Remerciements :
• La Tuilerie Monier qui a fourni gracieusement les sacs d’argile
• Catherine, Dominique, Zohra pour nous avoir accueilli à la Gare Franche
• Amora, sa famille, ses amies et ses voisines du Plan d’Aou pour leur précieuse expérience
• Elise
• Dominique
• Marion
• Hakim
• Julie
• Josiane
• … et bien d’autres aux prénoms inconnus

3 éléments indispensables
• de l’argile
• de la paille
• de l’eau

D’aucuns y ajouteront de l’huile de coude (pieds et mains)…

page1image8976 page2image384 page2image2368Le socle du four, déjà réalisé, est un assemblage de briquettes en terre cuite, installé en hauteur sur une table roulante pour faciliter un meilleur déplacement.

On entasse de la paille sur le socle pour monter une pyramide, on compresse et on arrondit au mieux, ce qui servira de gabarit pour la forme finale du four.

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Dans une grande gamate, on déverse de l’argile qui sera mélangée à de la paille (avant ou après l’arrosage).
Une bonne quantité d’eau est nécessaire pour que ce mélange devienne une texture plus solide et assez collante (torchis).

page4image264Pour obtenir ce mélange homogène, 2 méthodes :
• aux pieds, comme pratiqué dans les pays du Maghreb

page4image432• à la main, pour mieux sentir la consistance

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A partir de la base on ceinture la paille de torchis, étage par étage, en n’oubliant pas de laisser plusieurs ouvertures au four :
• la porte sur la face principale

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• des fenêtres sur chacun des 3 côtés restant pour surveiller la cuisson (voire permettre une meilleure ventilation)

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On installe 3 cales en bois pour mieux soutenir la porte d’accès, ce qui est inutile pour les fenêtres de plus petite surface.
On mouille aussi les parois du four pour une meilleure adhérence de tous les éléments assemblés du torchis .

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On n’oublie pas au final de laisser une dernière ouverture sur le sommet, comme pour une cheminée. Il faudra attendre au moins une semaine de séchage pour la mise en service du four, la paille et le bois seront brûlés définitivement lors de cette opération.

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Et voilà!

Correspondance #8 où l’on raconte une semaine prolifique et où l’on vous demande un coup de mains…

Mardi, sous un vent très musclé, nous sommes allés avec les ânes au Plan d’Aou. Construite sur un plateau (qui faisait partie de la propriété du Marquis de Foresta) très exposé, la cité aurait pu ce jour-là sortir les voiles et s’envoler dans le ciel (longtemps les bâtiments ont d’ailleurs porté des noms de bateaux ou de piraterie d’où le nom du snack de St Antoine Le Corsaire…) !

L’idée proposée par Cristina et Nadia du centre social était de fabriquer du pain et d’aller le distribuer aux voisins et passants avec les ânes (Billy a été rejoint par Picasso et Caroline).

petits boulangers plan d'aou

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Au centre social, une équipe de petits boulangers

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On part distribuer le pain puis balader sur Foresta

Le lendemain nous voilà avec un mistral plus apaisé à la Bricarde. Cette fois la journée concoctée avec le centre social et l’association Sextant et plus  associe la découverte de Foresta avec les ânes à l’observation photographique grâce à des Sténopés. Les photos ainsi réalisées seront d’ailleurs exposées le 4 juin…

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A partir du jeudi plusieurs équipes s’activent. D’un côté un atelier de conception et construction avec un groupe de jeunes accompagnés par l’AFEV.

Les constructeurs de Yes We Camp invitent les jeunes à plonger dans le paysage, dans le plan, et dans le projet !

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On se lance dans la fabrication d’un podium et de médailles Foresta pour l’olympiade du lendemain avec les centres sociaux de la Viste, de Campagne Lévèque et de l’ADDAP !

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Et voilà le résultat.

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Et pendant ce temps…

Du côté de la Viste on profite de la douceur pour s’occuper des ânes et discuter avec Bénédicte de ce qu’un animal comme l’âne peut apporter aux humains. Sorte de miroir de nos émotions, il est un excellent médiateur voire un malicieux thérapeute.

Avant de rejoindre Foresta on se balade dans l’histoire et les paysages du quartier, entre histoires de châteaux, d’ermitage et d’architecture (la cité est classée Patrimoine XXème).

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Au même moment sur les parcelles de comestibles sauvages on récolte, on cueille, on trie pour pouvoir cuisiner le lendemain.

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Le lundi suivant une nouvelle parcelle sera d’ailleurs crée, tressée et inventoriée par les enfants de l’école de la Viste.

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Et pour finir le vendredi : nous avons d’un côté testé les usages sportifs des terrains avec une petite Olympiade et de l’autre démarré l’épicerie Foresta (sirops de fenouil et d’acacia, tajine de mauve et biscuits au thym) dans les cuisines de la Gare Franche.

Les plus petits ont également préparé les bombes à graines qui serviront à une action collective le 4 juin.

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                                                 Et l’image de fin promise au début :  Foresta version gâteaux paysages. Vous reconnaissez ?

Correspondance #7 où l’on raconte comment dessiner le contour d’une parcelle en Cannes de Provence

Nous étions vendredi et samedi à Foresta pour dessiner avec du tressage en Cannes de Provence le contour de parcelles de plantes sauvages.

C7 2C7 1Pour cela, à chaque atelier, SAFI met au point une collection d’outils inspirés des outils de tresseurs espagnols vus sur youtube.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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C7 4Le 12 mars nous avions réalisé 2 sortes de fendoirs (à 3 brins et à 4 brins) en Pin car nous n’avions que ça sous la main.  Nous les avons amélioré en ajoutant du métal pour les renforcer. Ils deviennent des Robocop fendoirs…mi-Pin/mi-métal.

 

 

 

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Nous avons débuté le travail par la parcelle «Lettres» (situé derrière les lettres MARSEILLE) et commencé par un peu d’herborisation.

Cette parcelle toute en longueur mène à un magnifique point de vue où un cyprès solitaire nous parle d’hospitalité mais aussi de fontaine imaginaire.

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Nous avons compté plusieurs beaux pieds de Fenouil, au moins 4 sortes d’euphorbes différentes (réveil-matin, petit cyprès, dentée et mercuriale) des iris violettes, du reseda et du thym caché dans la pente était en fleurs.

Un pied de Psoralée bitumineuse, en froissant ses feuilles sous nos doigts, nous a permis de sentir le pétrole des bateaux et pas moins de 3 orchidées (2 ophrys, 1 orchis) étaient de sortie ce jour là.

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Nous avons réalisé 6 petites bordures, 3 sont terminées et 3 sont encore en chantier.

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Car encore une fois… la pluie s’en est mêlée. On en a profité pour lancer un concours de pique-niques insolites à Foresta… Après le parking de Grand Littoral, le pique nique dans un container !!

Merci à tous ceux qui ont partagé ces moments de recherche, de fabrication et de convivialité…

 

 

A bientôt

 

Dalila

 

Correspondance #6 où l’on raconte ce qu’il s’est vraiment passé le (pluvieux) dimanche 12 mars à Foresta…

Dimanche nous nous sommes donc réunis, malgré la pluie !

La version fût bien chamboulée par le climat (nous avons stoppé les ateliers et activités sur site dès 12h30). Nous avons finalement dressé un banquet dans le parking de Grand littoral, oui oui oui

Et bien cela va peut-être vous paraitre louche mais nous y avons passé un bon moment, à la fois convivial et avec de la discussion.

On vous fait un résumé non pas de tous les échanges mais des points importants. 

Et  pour ceux qui nont pas le temps de lire, cest possible de se limiter à la version roman photo

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Prêts à accueillir même la pluie…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Hameau productif : ce matin là nous avons commencé à matérialiser les contours du hameau avec des piquets de châtaigner et de la corde, une sorte de maquette à l’échelle 1. Laprès midi un petit groupe a continué à réfléchir à cette implantation, qui serait donc au bas des terrains, protégé du vent et pas trop loin de la voirie.

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Planter des piquets pour figurer et discuter du hameau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On rappelle que le hameau productif serait une plate-forme, regroupant l’espace de la ferme et des espaces collectifs, des outils pouvant être mobilisés par plusieurs acteurs (habitant, association, centre social ou porteur de projet spécifique…). On y trouverait des fours (pain, céramique), de salles de travail/accueil, une cantine, une épicerie locale, des salles dateliers liés à des savoirs faire locaux…

Le hameau est un aménagement qui tout en restant dans le principe global du projet Foresta de « Faire avec ceux/ce qui est là » nécessite malgré tout une infrastructure technique complexe. Il est au cœur de la demande du financement européen FEDER qui a été faite en décembre. Les réponses arriveront cet été ou en septembre.

Néanmoins un travail sur les réseaux (notamment eau) et sur les voies daccès (mise en conformité voies pompiers) a déjà démarré, doù la terre pas très jolie pour linstant qui est apparue à certains endroits. 

La ferme : ce matin-là, nous avons de manière très artisanale préparé une première bande de terre et semé de l’avoine. Ce test, nous permet d’observer une première zone de culture. La ferme, sera dans le périmètre du hameau. Pour commencer à exister elle n’a plus besoin que d’eau (ce qui n’est pas rien!). La question de l’eau n’est pas facile, entre un ancien canal hors jeu et des sources détournées ou coupées par l’histoire urbaine des lieux. Tout en cherchant à retrouver les sources, nous n’avons pas d’autres choix que d’amener de l’eau par des réseaux. La ferme pourra alors démarrer.

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On prépare la terre pour semer lavoine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jardiner la colline : ce matin-là, nous avons tressé des panneaux en cannes de Provence collectées sur le site. Ces panneaux serviront à faire de lombre, protéger du vent, délimiter des parcelles temporairesNous avons également délimité une parcelle de plantes sauvages avec des piquets et un peu de tressage en cannes, et nommé 6 plantes comestibles repérées à l’intérieur. 

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Fabrication de « Canissos » avec les cannes de Foresta

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons aussi fait des bombes à graines avec largile de la tuilerie Monier, pour pouvoir semer de manière ludique des « plantes compagnes » intéressantes pour les comestibles et pour les terrains.

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Bombe ta graine à Foresta!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laprès midi nous avons partagé comment en adoptant (à plusieurs) des parcelles de plantes spontanées on peut : reconnaitre ces espaces, les dessiner en tressant, les observer attentivement, nommer les plantes qui sont déjà là, connaître leurs vertus, leurs usages, en prendre soin. Et comment cette connaissance pourrait participer à la constitution d’une épicerie sauvage!

On a calé des rdv pour continuer, pas besoin de financements européens pour continuer à explorer et à sapproprier ainsi la colline

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La première parcelle avec les plantes repérées dans l’’herbier (observer et connaitre ce qui est là)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(a)Ménager la collinece matin là on a constaté qu’on pouvait aussi utiliser les plantes pour faire des petits aménagements dans la colline. L’après midi quelques uns ont commencé à dessiner et réfléchir aux « détournements » possibles des grandes lettres Marseille.

On prévoit dans les prochains mois, toujours en utilisant au maximum les ressources locales, dexpérimenter de la « signalétique créative » (signaler et valoriser les points daccès aux terrains avec des constructions un peu étonnantes, créer des « portes »), de la signalétique plus narrative (raconter des histoires liées aux lieux et à ce quon tente dy faire en ce moment) et des petits soutiens aux cheminements (par ex des rampes originales pour aider dans la pente).

Un premier élément de « micro architecture » en pisé (terre) sera aussi démarré, sans doute sous une forme de workshop mélangeant étudiants et individus motivés (cest physique le pisé!), pour poser les bases du grand four au hameau.

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La valise documentaire de Ancrages, qui pourra nourrir le travail de récits et de signalétique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Largile et la céramique : ce matin-là, on a fait la connaissance avec Edwin Cueco, qui est le jeune artiste céramiste en résidence chez Monier avec l’association Voyons voir. Il accueillera ceux qui le souhaitent lors de visites exceptionnelles des tuileries (gratuit sur inscription auprès de Voyons voir- info@voyonsvoir.org) du 20 au 23 mars. Il va commencer également des ateliers Foresta avec les enfants de la Viste et tout cela sera à retrouver sur le week end du Dimanche à Foresta de juin.

Le sport : ce matin-là, Fatima est venue en tenue pour nous faire courir mais on avait tous oublié nos baskets… Pendant ce temps là les enfants ont pu construire et tester la pente des terrains en version montagne d’escalade.

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Comment la pente toboggan devient une montagne descalade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On privilégie pour linstant plutôt les usages que les installations, avec une première « Olympiades » pendant les vacances de pâques avec les centres sociaux et associations sportives riveraines. Le vélo VTT sera aussi de retour en juin, et la pluie nous a paradoxalement permis de discuter longuement avec les motards qui utilisent actuellement les terrains le dimanche. Conversation à suivre pour trouver la bonne entente.

Les animaux : ce matin-là, Billy est arrivé pour la première fois à Foresta.

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ForestaC6 10Billy Foresta

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre souvenirs de chasse, de parc animalier annoncé ou encore du petit centre équestre, la question des animaux est récurrente et l’âne a souvent été évoqué dans les échanges des mois passés. 

Et cest spontanément et toujours par voisinage que la rencontre sest faîte avec Bénédicte, habitante de St Henri et qui a développé une activité associative autour de l’âne et la médiation animale dans les Alpes. Billy sera bientôt rejoint par plusieurs de ses collègues pour tester dans les mois à venir comment ils pourraient vivre à Foresta et les liens que peuvent créer ces animaux avec les habitants et entre plusieurs aspects du projet (le pain, les plantes, les mémoires des uns et des autres).

L’économie : l’après midi on a parlé du montage du projet, et de l’intérêt du propriétaire Résiliance à s’engager sur ce projet atypique. On a reparlé de la réalité géologique des terrains, de la nécessité y compris pour les propriétaires de penser la valorisation symbolique mais aussi économique autrement que par l’immobilier, de la dimension humaine aussi du processus (pas de groupes financiers, des acteurs très divers mais à échelle humaine). Cela nous a amené à parler du fonctionnement économique que pourrait adopter Foresta si le projet émerge au-delà de son processus expérimental, de l’intérêt par exemple de créer une monnaie locale pour valoriser le contributif et mieux servir l’intérêt des habitants. On se propose de mettre un atelier thématique là-dessus prochainement.

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Discussion

On sait que cest le ramadan, il tombe juste au printemps. On pense à peut-être  un petit moment festif en fin de ramadan fin juin. A suivre

Discussions en petits groupes

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche à Foresta 4 juin : pour le Dimanche à Foresta du 4 juin, vous qui n’êtes pas venus mais qui lisez jusqu’au bout ce compte rendu (bravo), si vous avez des idées et envies de contribution, de coups de main, de mise en liens qui soient cohérents avec les pistes que nous développons, allez-y faîtes signe ! 

On sait que cest le ramadan, il tombe juste au printemps. On pense à peut-être faire un petit moment festif en fin de ramadan fin juin. A suivre

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Banquet parking…

Et puis apr

Banquet parking…

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis après il était déjà 16h, on était toujours un peu humides, on sest distribué des petits mémo avec les prochaines dates sur le terrain, un « tuto » pour faire des bombes à graines par soi-même (on fournit les graines et l’argile si besoin, notamment pour les groupes!) et même le premier numéro dune petite Gazette Foresta…

Le lendemain, il faisait beau!

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Hakim et Billy…