Les récits d’exploration mettent en partage les conversations et recherches des balades en cours de construction.
Chacun a amené une histoire à raconter, une production à goûter ou un bouquin à partager autour de sa relation à l’arbre.







Les récits d’exploration mettent en partage les conversations et recherches des balades en cours de construction.
Chacun a amené une histoire à raconter, une production à goûter ou un bouquin à partager autour de sa relation à l’arbre.







Les conversations marchées sont une invitation à regarder ce qui est là avec un scientifique qui ne connait pas forcément les lieux mais avec qui nous pensons avoir des « sujets de conversation »…
Cet inventaire est participatif et ses résultats sont consignés sur le site du mouvement « Tela botanica », où des milliers de personnes en France inventorient les plantes sauvages de leur quartier.
Cette année le 1000 pattes, groupe informel qui fabrique collectivement au sein d’Hôtel du Nord des explorations puis des balades, se laisse guider par les arbres, avec comme point de départ Foresta. Récit de la première séance de travail… Ce groupe est ouvert, vous pouvez le rejoindre à tout moment en prenant contact avec la coopérative.
Un premier petit groupe s’est retrouvé à Foresta, non pas sous un arbre, mais sous une ombrière en cannes de Provence, fabriquée collectivement avec le collectif Safi il y a quelques semaines pour apporter de l’ombre là les arbres ne sont pas…
Nous avons le temps d’un pique nique pour définir un peu plus précisément ce qu’on voudrait chercher en prenant l’arbre pour guide.
Quelles sont nos questions, envies, intuitions qui se cachent derrière l’arbre qu’aujourd’hui nous interpellons ?
Envahisseur, opportuniste, lanceur d’alerte…?
Vincent se lance et nous raconte ses interrogations autour de l’Ailante.
Dans son quartier du côté de l’Estaque cet arbre, originaire de Chine et importé en occident lors de l’engouement pour les « chinoiseries » ornementales, est communément regardé comme un «invasif». L’Ailante semble pousser partout et à grande vitesse. Alors entre la valeur qu’on a pu y donner par le passé (il a été largement utilisé comme arbre d’ornement tant dans les jardins que dans les espaces publics) et son possible statut de plante invasive à combattre aujourd’hui, que penser?…
Ce cas de l’Ailante devient encore plus passionnant quand Dalila nous explique que l’Ailante fait partie de ces arbres qui aiment les terrains remuées, appauvries voire dégradés. Plus qu’une invasive on pourrait dire que c’est une « opportuniste », elle sait très bien profiter du goût de l’humain des villes à décaisser, remblayer, déplacer les terres et les laisser devenir les coulisses de la construction.
Par sa multiplication, on pourrait même considérer qu’elle « donne l’alerte », qu’elle nous interpelle sur la manière dont nous gérons la terre sur laquelle nous habitons.
Dans le jardin de Vincent, le bosquet d’ailante est devenu un sujet important, à contenir mais aussi transformer. Outre l’ombre qu’elle apporte à cette colline aride, l’aillante permet à la compagne de Vincent de réaliser des sortes de totems avec les rejets et branches d’Ailantes qui chaque années se développent rapidement. A aller voir!
Foresta étant tout à fait caractéristique de ces terres urbaines dégradées, s’intéresser à l’ailante et à ce type d’arbres, dans toutes ces ambiguïtés et tensions qu’il révèle, nous semble motivant. D’autant plus que la Canne, qui est à l’origine de l’ombre qui nous abrite, fait également partie de ces espèces à la fois considérées comme invasives mais développant des stratégies pour trouver les ressources des lieux (par ex l’eau) et elle même devenir une ressource sur ces terres dégradées par les hommes.
Nous décidons ainsi de cette année mener une sorte d’enquêtes autour de l’ailante et de la canne (où, pourquoi et comment elles habitent, leurs usages et leurs histoires, comment elles peuvent devenir de la ressource et des histoires à partager…).
De foresta à forêt: petite histoire d’un territoire prohibé…
A partir de cette première histoire, il nous apparaît évident qu’il est nécessaire de prolonger cette question de la « survie « sur des terrains aussi difficiles que les terrains remués et transformés de Foresta. Mais avant ça nous revenons au nom «Foresta ».
Ce n’est pas que le nom d’une famille noble provençale et de son château, d’une zone d’opération militaire, d’un creux industriel, d’un terrain d’aventures.
C’est aussi dans l’histoire du mot le terme pour désigner un terrain interdit, mis au ban, sur lequel on ordonne de ne pas habiter ni cultiver, dans l’intérêt de la chasse seigneuriale. Apparait ainsi le verbe Forestare, « mettre au ban ». Et comme la chasse aime les animaux qui aiment les bois, Forestare a donné Forêt!
Redonner de l’usage collectif à un terrain qui s’appelle Foresta? Une fois qu’on connait cette étymologie et l’histoire des lieux, là encore ça motive!
Habiter sur les ruines…
Mais si la notion de « territoire mis au ban » résonne bien avec notre situation locale, force est de constater qu’il n’y a pas, presque plus, de forêt à Foresta. Y en a t’il eu un jour? Et comment se débrouillent les rescapés pour vivre là malgré les bouleversements urbains, ou les nouveaux venus qui ont choisi malgré les embruns salés, malgré le vent, malgré le manque d’eau et la terre appauvrie de s’installer là?
Ces arbres spécialistes de la survie nous questionnent et nous avons envie d’aller les rencontrer.
Nous décidons donc qu’un volet des explorations sera consacré à les inventorier, comprendre leurs stratégies et écouter ces arbres qui sont là, témoins d’un autre temps ou au contraire agiles pour survivre en conditions particulièrement difficiles.
Depuis bientôt deux ans s’invente pas à pas et les mains dans la terre le possible devenir des terrains en friche à proximité de Grand Littoral.
Après l’installation des réseaux (eau et électricité) cet été, une série de rendez-vous vous invite à la fois à explorer, comprendre et produire.
Du lundi 27 au mercredi 29 août (complet)
Workshop Canissos, [atelier de construction tressage de cannes de Provence]
Dimanche 2 septembre à 14h30
1001 nuits : au pied des lettres [Balade + manifestation culturelle] sur inscription
Samedi 15 septembre à 14h30
Balade Herbier #1 : Exploration botanique de la pente [Balade] sur inscription
Samedi 29 septembre à
Balade Biodiversité #1 : Les fondamentaux [Balade] sur inscription
Samedi 13 octobre à
Conférences marchées #1 : [Balade avec un invité] sur inscription
Dimanche 14 octobre à 10h30
Circulation écologique #1 : Du massif de la Nerthe au ruisseau des Aygalades [Balade]
Mercredi 24 octobre
Balade herbier #2 : Exploration botanique [Balade] sur inscription
Mercredi 14 novembre à 14h
Balade herbier #3 : Exploration botanique [Balade] sur inscription
Samedi 24 novembre à
Balade Biodiversité #2 : Les fondamentaux [Balade] sur inscription
Samedi 8 décembre à
Conférences marchées #2 : [Balade avec un invité]
Samedi 15 décembre à 14h
Balade herbier #4 : Exploration botanique [Balade] sur inscription
Une dernière correspondance avant de peut-être mettre un peu de côté les écrans… 🙂 ?
Pour ceux qui n’étaient pas présents voici quelques liens avec des photos du Dimanche à Foresta du 4 juin :
©Lisa George
©Dominique Poulain
©Estelle Pierson
Ce fût une belle journée sur bien des aspects (du monde, un beau mélange de gens, des chouettes ateliers autour des pistes du projet, un sentiment d’espace apaisé et généreux, de l’étonnement, de grands moments poétiques, de la conversation…).
Elle a également validé par l’expérience l’emplacement du hameau, qui se confirme être un endroit à la fois central et protégé.
Nous avons été au final plus de 150 à contribuer, porter, animer les contenus proposés ce jour là, et la richesse de la journée fût encourageante pour tous et chacun.
Un moment convivial de bilan a aussi eu lieu le 3 juillet pour que tous les «contributeurs » (qu’ils soient des habitants individuels ou des associations) puissent raconter et analyser à leur façon la journée, les rencontres, les échanges.
Un autre temps important fût la rencontre avec les partenaires institutionnels, réunis pour la première fois sur le terrain le 30 juin.
Là aussi les échanges ont été très positifs. Il semble que la transversalité du projet (entre environnement, culture, développement local, social…) et sa manière d’avancer en processus (chemin faisant) soit maintenant bien comprise et même appréciée!
Les grandes décisions notamment pour la possibilité d’aménagement du hameau et de ses outils mutualisés restent néanmoins soumises à la finalisation de la convention entre Yes We Camp et le propriétaire Résiliance et à l’arbitrage du fond européen (feder) qui n’interviendra finalement qu’en décembre ou janvier.
Alors d’ici là…
Côté aménagement :
En parallèle de la poursuite des instructions techniques et règlementaires (réseaux, conventionnement…), on espère pouvoir amener l’eau cet automne pour démarrer coûte que coûte la ferme et amorcer l’arrivée des premiers habitants-animaux (ânes, chèvres, abeilles, basse cour). Cela voudrait dire aussi un premier module d’accueil et l’installation permanente d’un premier habitant-humain :).
Côté usages des lieux :
On creuse les sillons tout en restant ouvert et imaginatifs sur quelles formes ça peut prendre !
Nous avons depuis juin 2016 collectivement établi un certains nombre de valeurs fondamentales et thématiques pour le projet d’ensemble.
Cette année la plupart des pistes thématiques ont été expérimentées d’une manière ou d’une autre et l’une d’entre elle, la botanique sauvage (l’exploration et l’invention à partir des végétaux présents), est devenue un axe d’activité structuré sous le nom Jardiner la Colline, initié par le collectif Safi avec l’association Espigaou et maintenant porté par tout un groupe de personnes et d’associations.
Jardinez la colline va donc reprendre fin septembre avec des balades botaniques, le soin de parcelles sauvages et une petite évolution du projet tressage.
Pour les autres « sillons », l’idée serait de constituer des petits groupes qui pourraient à partir des premières expériences de cette année faire émerger progressivement des programmes ou des actions, portées à plusieurs.
• La mémoire et les récits/Partage et visite du site : mettre en formes la mémoire des lieux et les récits de ce qu’on vit dans le projet pour nommer, partager, orienter, être hospitalier ?
• Four/pain/argile : la construction des fours, l’exploration de la cuisson culinaire et la redécouverte de l’argile comme des pratiques collectives itinérantes dans les quartiers?
• Moto et mécanique : inventer des modes de rencontre et des propositions décalées pour provoquer une situation de discussion constructive avec les motards ?
• Communication locale : La communication comme action qui participe au maillage, au partage de l’expression, à l’appropriation ?
Et pour le sport et le corps on aimerait continuer à inviter des associations locales à tester les lieux tout en continuant informellement à associer les usagers (les sportifs et les promeneurs/piétons sont à ce jours les usagers les plus nombreux).
Nous prévoyons aussi de proposer à l’automne un atelier de travail autour de la gouvernance et toujours des expérimentations pas prévu car ça va avec la rencontre.
En attendant qu’on traduise tout ça en invitations diverses et variées, profitez bien du moelleux de l’été !
C’était dimanche 4 juin 2017. Le site de Foresta était prêt à accueillir petits et grands dès 9h du matin jusque bien après la tombée du jour : ateliers découvertes, balades, performances, concert, ciné, une grande journée festive !
Le programme complet et le reportage photo de la journée vue par Dominique Poulain :
Un tout petit aperçu des photos ci-dessous, elles sont toutes réunies dans cet album à feuilleter.
Enfin nous avons pu fabriquer le premier four samedi grâce à la Gare franche et Amora !
Alors que nous sommes en pleine préparation du Dimanche à Foresta du 4 juin (le programme arrive…), Guy – voisin de la Viste et complice depuis les premières rencontres-, s’est prêté au jeu du récit et on le remercie. A très bientôt, peut-être un dimanche 🙂 !
Construction d’un four traditionnel en torchis
Remerciements :
• La Tuilerie Monier qui a fourni gracieusement les sacs d’argile
• Catherine, Dominique, Zohra pour nous avoir accueilli à la Gare Franche
• Amora, sa famille, ses amies et ses voisines du Plan d’Aou pour leur précieuse expérience
• Elise
• Dominique
• Marion
• Hakim
• Julie
• Josiane
• … et bien d’autres aux prénoms inconnus
3 éléments indispensables
• de l’argile
• de la paille
• de l’eau
D’aucuns y ajouteront de l’huile de coude (pieds et mains)…
Le socle du four, déjà réalisé, est un assemblage de briquettes en terre cuite, installé en hauteur sur une table roulante pour faciliter un meilleur déplacement.
On entasse de la paille sur le socle pour monter une pyramide, on compresse et on arrondit au mieux, ce qui servira de gabarit pour la forme finale du four.
Dans une grande gamate, on déverse de l’argile qui sera mélangée à de la paille (avant ou après l’arrosage).
Une bonne quantité d’eau est nécessaire pour que ce mélange devienne une texture plus solide et assez collante (torchis).
Pour obtenir ce mélange homogène, 2 méthodes :
• aux pieds, comme pratiqué dans les pays du Maghreb
• à la main, pour mieux sentir la consistance
A partir de la base on ceinture la paille de torchis, étage par étage, en n’oubliant pas de laisser plusieurs ouvertures au four :
• la porte sur la face principale
• des fenêtres sur chacun des 3 côtés restant pour surveiller la cuisson (voire permettre une meilleure ventilation)
On installe 3 cales en bois pour mieux soutenir la porte d’accès, ce qui est inutile pour les fenêtres de plus petite surface.
On mouille aussi les parois du four pour une meilleure adhérence de tous les éléments assemblés du torchis .
On n’oublie pas au final de laisser une dernière ouverture sur le sommet, comme pour une cheminée. Il faudra attendre au moins une semaine de séchage pour la mise en service du four, la paille et le bois seront brûlés définitivement lors de cette opération.
Et voilà!
Mardi, sous un vent très musclé, nous sommes allés avec les ânes au Plan d’Aou. Construite sur un plateau (qui faisait partie de la propriété du Marquis de Foresta) très exposé, la cité aurait pu ce jour-là sortir les voiles et s’envoler dans le ciel (longtemps les bâtiments ont d’ailleurs porté des noms de bateaux ou de piraterie d’où le nom du snack de St Antoine Le Corsaire…) !
L’idée proposée par Cristina et Nadia du centre social était de fabriquer du pain et d’aller le distribuer aux voisins et passants avec les ânes (Billy a été rejoint par Picasso et Caroline).
Le lendemain nous voilà avec un mistral plus apaisé à la Bricarde. Cette fois la journée concoctée avec le centre social et l’association Sextant et plus associe la découverte de Foresta avec les ânes à l’observation photographique grâce à des Sténopés. Les photos ainsi réalisées seront d’ailleurs exposées le 4 juin…
A partir du jeudi plusieurs équipes s’activent. D’un côté un atelier de conception et construction avec un groupe de jeunes accompagnés par l’AFEV.
Les constructeurs de Yes We Camp invitent les jeunes à plonger dans le paysage, dans le plan, et dans le projet !
On se lance dans la fabrication d’un podium et de médailles Foresta pour l’olympiade du lendemain avec les centres sociaux de la Viste, de Campagne Lévèque et de l’ADDAP !
Et pendant ce temps…
Du côté de la Viste on profite de la douceur pour s’occuper des ânes et discuter avec Bénédicte de ce qu’un animal comme l’âne peut apporter aux humains. Sorte de miroir de nos émotions, il est un excellent médiateur voire un malicieux thérapeute.
Avant de rejoindre Foresta on se balade dans l’histoire et les paysages du quartier, entre histoires de châteaux, d’ermitage et d’architecture (la cité est classée Patrimoine XXème).
Au même moment sur les parcelles de comestibles sauvages on récolte, on cueille, on trie pour pouvoir cuisiner le lendemain.
Le lundi suivant une nouvelle parcelle sera d’ailleurs crée, tressée et inventoriée par les enfants de l’école de la Viste.
Et pour finir le vendredi : nous avons d’un côté testé les usages sportifs des terrains avec une petite Olympiade et de l’autre démarré l’épicerie Foresta (sirops de fenouil et d’acacia, tajine de mauve et biscuits au thym) dans les cuisines de la Gare Franche.
Les plus petits ont également préparé les bombes à graines qui serviront à une action collective le 4 juin.



Et l’image de fin promise au début : Foresta version gâteaux paysages. Vous reconnaissez ?
Nous étions vendredi et samedi à Foresta pour dessiner avec du tressage en Cannes de Provence le contour de parcelles de plantes sauvages.

Pour cela, à chaque atelier, SAFI met au point une collection d’outils inspirés des outils de tresseurs espagnols vus sur youtube.

Le 12 mars nous avions réalisé 2 sortes de fendoirs (à 3 brins et à 4 brins) en Pin car nous n’avions que ça sous la main. Nous les avons amélioré en ajoutant du métal pour les renforcer. Ils deviennent des Robocop fendoirs…mi-Pin/mi-métal.
Nous avons débuté le travail par la parcelle «Lettres» (situé derrière les lettres MARSEILLE) et commencé par un peu d’herborisation.
Cette parcelle toute en longueur mène à un magnifique point de vue où un cyprès solitaire nous parle d’hospitalité mais aussi de fontaine imaginaire.
Nous avons compté plusieurs beaux pieds de Fenouil, au moins 4 sortes d’euphorbes différentes (réveil-matin, petit cyprès, dentée et mercuriale) des iris violettes, du reseda et du thym caché dans la pente était en fleurs.
Un pied de Psoralée bitumineuse, en froissant ses feuilles sous nos doigts, nous a permis de sentir le pétrole des bateaux et pas moins de 3 orchidées (2 ophrys, 1 orchis) étaient de sortie ce jour là.

Nous avons réalisé 6 petites bordures, 3 sont terminées et 3 sont encore en chantier.
Car encore une fois… la pluie s’en est mêlée. On en a profité pour lancer un concours de pique-niques insolites à Foresta… Après le parking de Grand Littoral, le pique nique dans un container !!
Merci à tous ceux qui ont partagé ces moments de recherche, de fabrication et de convivialité…
A bientôt
Dalila
Dimanche nous nous sommes donc réunis, malgré la pluie !
La version fût bien chamboulée par le climat (nous avons stoppé les ateliers et activités sur site dès 12h30). Nous avons finalement dressé un banquet dans le parking de Grand littoral, oui oui oui…
Et bien cela va peut-être vous paraitre louche mais nous y avons passé un bon moment, à la fois convivial et avec de la discussion.
On vous fait un résumé non pas de tous les échanges mais des points importants.
Et pour ceux qui n’ont pas le temps de lire, c’est possible de se limiter à la version roman photo…
• Le Hameau productif : ce matin là nous avons commencé à matérialiser les contours du hameau avec des piquets de châtaigner et de la corde, une sorte de maquette à l’échelle 1. L’après midi un petit groupe a continué à réfléchir à cette implantation, qui serait donc au bas des terrains, protégé du vent et pas trop loin de la voirie.

On rappelle que le hameau productif serait une plate-forme, regroupant l’espace de la ferme et des espaces collectifs, des outils pouvant être mobilisés par plusieurs acteurs (habitant, association, centre social ou porteur de projet spécifique…). On y trouverait des fours (pain, céramique), de salles de travail/accueil, une cantine, une épicerie locale, des salles d’ateliers liés à des savoirs faire locaux…
Le hameau est un aménagement qui tout en restant dans le principe global du projet Foresta de « Faire avec ceux/ce qui est là » nécessite malgré tout une infrastructure technique complexe. Il est au cœur de la demande du financement européen FEDER qui a été faite en décembre. Les réponses arriveront cet été ou en septembre.
Néanmoins un travail sur les réseaux (notamment eau) et sur les voies d’accès (mise en conformité voies pompiers) a déjà démarré, d’où la terre pas très jolie pour l’instant qui est apparue à certains endroits.
• La ferme : ce matin-là, nous avons de manière très artisanale préparé une première bande de terre et semé de l’avoine. Ce test, nous permet d’observer une première zone de culture. La ferme, sera dans le périmètre du hameau. Pour commencer à exister elle n’a plus besoin que d’eau (ce qui n’est pas rien!). La question de l’eau n’est pas facile, entre un ancien canal hors jeu et des sources détournées ou coupées par l’histoire urbaine des lieux. Tout en cherchant à retrouver les sources, nous n’avons pas d’autres choix que d’amener de l’eau par des réseaux. La ferme pourra alors démarrer.
• Jardiner la colline : ce matin-là, nous avons tressé des panneaux en cannes de Provence collectées sur le site. Ces panneaux serviront à faire de l’ombre, protéger du vent, délimiter des parcelles temporaires…Nous avons également délimité une parcelle de plantes sauvages avec des piquets et un peu de tressage en cannes, et nommé 6 plantes comestibles repérées à l’intérieur.
Nous avons aussi fait des bombes à graines avec l’argile de la tuilerie Monier, pour pouvoir semer de manière ludique des « plantes compagnes » intéressantes pour les comestibles et pour les terrains.
L’après midi nous avons partagé comment en adoptant (à plusieurs) des parcelles de plantes spontanées on peut : reconnaitre ces espaces, les dessiner en tressant, les observer attentivement, nommer les plantes qui sont déjà là, connaître leurs vertus, leurs usages, en prendre soin…. Et comment cette connaissance pourrait participer à la constitution d’une épicerie sauvage!
On a calé des rdv pour continuer, pas besoin de financements européens pour continuer à explorer et à s’approprier ainsi la colline…
• (a)Ménager la colline : ce matin là on a constaté qu’on pouvait aussi utiliser les plantes pour faire des petits aménagements dans la colline. L’après midi quelques uns ont commencé à dessiner et réfléchir aux « détournements » possibles des grandes lettres Marseille.
On prévoit dans les prochains mois, toujours en utilisant au maximum les ressources locales, d’expérimenter de la « signalétique créative » (signaler et valoriser les points d’accès aux terrains avec des constructions un peu étonnantes, créer des « portes »), de la signalétique plus narrative (raconter des histoires liées aux lieux et à ce qu’on tente d’y faire en ce moment) et des petits soutiens aux cheminements (par ex des rampes originales pour aider dans la pente).
Un premier élément de « micro architecture » en pisé (terre) sera aussi démarré, sans doute sous une forme de workshop mélangeant étudiants et individus motivés (c’est physique le pisé!), pour poser les bases du grand four au hameau.
• L’argile et la céramique : ce matin-là, on a fait la connaissance avec Edwin Cueco, qui est le jeune artiste céramiste en résidence chez Monier avec l’association Voyons voir. Il accueillera ceux qui le souhaitent lors de visites exceptionnelles des tuileries (gratuit sur inscription auprès de Voyons voir- info@voyonsvoir.org) du 20 au 23 mars. Il va commencer également des ateliers Foresta avec les enfants de la Viste et tout cela sera à retrouver sur le week end du Dimanche à Foresta de juin.
• Le sport : ce matin-là, Fatima est venue en tenue pour nous faire courir mais on avait tous oublié nos baskets… Pendant ce temps là les enfants ont pu construire et tester la pente des terrains en version montagne d’escalade.
On privilégie pour l’instant plutôt les usages que les installations, avec une première « Olympiades » pendant les vacances de pâques avec les centres sociaux et associations sportives riveraines. Le vélo VTT sera aussi de retour en juin, et la pluie nous a paradoxalement permis de discuter longuement avec les motards qui utilisent actuellement les terrains le dimanche. Conversation à suivre pour trouver la bonne entente.
• Les animaux : ce matin-là, Billy est arrivé pour la première fois à Foresta.
Billy Foresta…
Entre souvenirs de chasse, de parc animalier annoncé ou encore du petit centre équestre, la question des animaux est récurrente et l’âne a souvent été évoqué dans les échanges des mois passés.
Et c’est spontanément et toujours par voisinage que la rencontre s’est faîte avec Bénédicte, habitante de St Henri et qui a développé une activité associative autour de l’âne et la médiation animale dans les Alpes. Billy sera bientôt rejoint par plusieurs de ses collègues pour tester dans les mois à venir comment ils pourraient vivre à Foresta et les liens que peuvent créer ces animaux avec les habitants et entre plusieurs aspects du projet (le pain, les plantes, les mémoires des uns et des autres…).
• L’économie : l’après midi on a parlé du montage du projet, et de l’intérêt du propriétaire Résiliance à s’engager sur ce projet atypique. On a reparlé de la réalité géologique des terrains, de la nécessité y compris pour les propriétaires de penser la valorisation symbolique mais aussi économique autrement que par l’immobilier, de la dimension humaine aussi du processus (pas de groupes financiers, des acteurs très divers mais à échelle humaine). Cela nous a amené à parler du fonctionnement économique que pourrait adopter Foresta si le projet émerge au-delà de son processus expérimental, de l’intérêt par exemple de créer une monnaie locale pour valoriser le contributif et mieux servir l’intérêt des habitants. On se propose de mettre un atelier thématique là-dessus prochainement.
On sait que c’est le ramadan, il tombe juste au printemps. On pense à peut-être un petit moment festif en fin de ramadan fin juin. A suivre…
• Dimanche à Foresta 4 juin : pour le Dimanche à Foresta du 4 juin, vous qui n’êtes pas venus mais qui lisez jusqu’au bout ce compte rendu (bravo), si vous avez des idées et envies de contribution, de coups de main, de mise en liens qui soient cohérents avec les pistes que nous développons, allez-y faîtes signe !
On sait que c’est le ramadan, il tombe juste au printemps. On pense à peut-être faire un petit moment festif en fin de ramadan fin juin. A suivre…
Et puis apr
Et puis après il était déjà 16h, on était toujours un peu humides, on s’est distribué des petits mémo avec les prochaines dates sur le terrain, un « tuto » pour faire des bombes à graines par soi-même (on fournit les graines et l’argile si besoin, notamment pour les groupes!) et même le premier numéro d’une petite Gazette Foresta…
Le lendemain, il faisait beau…!