LE SENS DE LA PENTE, récit #2

On vous raconte les aventures du 1000 pattes, groupe d’explorateurs de grande proximité, des voisins qui marchent pour transmettre, comprendre, se rencontrer, créer et finalement mieux prendre soin de nos quartiers… Nous cheminons cette année le long de la pente qui du Massif de la Nerthe finira par nous conduire à la mer…

Vendredi 8 novembre, 9h30, sensation d’une première journée d’hiver, ciel bleu vif.


Avant de rejoindre le domaine de Cossimont on se retrouve à la Déviation. La plupart d’entre nous connaissons déjà le lieu pour venir y partager les proposions artistiques qui régulièrement ré-inventent cet ancien atelier de réparation mécanique de Lafarge. Mais aujourd’hui nous profitons de cette situation un peu différente pour plonger avec Aldo dans les coulisses de l’aventure.

Si on tire les fils de l’histoire géologique et industrielle, on est bien ici dans notre “axe du calcaire et de la Coloniale” (la première cimenterie qui commence ici à creuser la carrière avant d’y installer plus tard des ateliers). Ce tricot se poursuit dans le présent du lieu puisque c’est justement aujourd’hui que des petits hommes perchés installent de grands filets de protection pour sécuriser la falaise de l’ancienne carrière.Ils sont missionnés à la demande des habitants de la Déviation par Lafarge, le puissant voisin qui possède toujours à l’heure actuelle une grande partie du foncier de ce côté du massif de la Nerthe.

Le projet de dévier ces lieux pour en faire un espace de vie et de production artistique est né d’une petite équipe d’étudiants ayant le goût de la communauté aventureuse.

Rejoints par quelques autres et notamment Aldo qui partage avec nous ce matin ce récit, et qui n’en est pas à sa première expérience du genre, ils sont une quinzaine à s’installer d’abord en location et à vivre sur place pour transformer leurs loyers en force vive de construction. Les aménagements réalisés en autoproduction sont impressionnants (studios de danse, ateliers, studio cinéma, théâtre…)! 
Rapidement arrive à la fois le souhait d’acquérir le lieu mais aussi de ne pas vouloir faire le jeu de ce marché de l’immobilier qui nous met si souvent en contradiction et en tension les uns avec les autres.L’objectif devient alors de trouver à la fois les fonds mais aussi le statut juridique pour assurer la durabilité du projet et l’impossibilité de spéculer sur le foncier (problème récurrent dans les achats collectifs quand arrive le temps des reventes des parts ou des lots).C’est finalement l’association joliment nommée le “Parpaing libre” qui sera propriétaire à partir d’avril 2019, et tout le monde reste locataire…

On aurait pu passer la matinée là, à se promener entre traces du passé, usages présents et projets à venir, mais au détour de la route sinueuse Cossimont nous attend.

Nous remontons ainsi toujours l’axe du ciment et de la construction, puisque ce vieux domaine agricole, en fait une grosse ferme qui vraisemblablement pavillon de chasse du Marquis de Marignane, fut propriété de la grande famille de tuilier Sacoman avant d’être racheté par la Coloniale pour passer ensuite entre les mains peu bienveillantes des cimenteries Lafarge.


Nous sommes là à la croisée de plusieurs chemins…

3 communes d’abord: Marseille, Le Rove et les Pennes Mirabeau.
Au-dessus de nous s’enchaîne le ballet des avions, orientés à l’atterrissage par les 2 balises qui nous font face.
Au-dessous de nous passe le tunnel du Rove et sa longue suite de chiffres: 24 puits qui permirent son percement et qui aujourd’hui ponctuent le paysage, 185 m de profondeur pour le plus grand, 4633 mètres de long, 8500 ouvriers, 300 morts pour le construire, plus de 100 trains par jour…

Passages…

Ces collines qui séparent l’étang de Berre et la mer racontent ainsi la longue histoire des hommes qui passent, qui veulent passer à tout prix.

Jean nous donne à voir et à sentir ces strates du passage, du chemin antique à la route industrielle, des Celtes dont on devine devant nous l’oppidum de La Cloche, aux pipelines de gaz qu’on aperçoit le long des pentes.
Nous rejoignons ce qui reste du domaine. Ferme, pavillon de chasse,  habitat de l’un des directeurs de la Coloniale, colonie de vacances /centre aéré pour les enfants des salariés des usines, les bâtiments seront finalement détruits partiellement mais volontairement par Lafarge, par abattage des toitures qui en France attestent de l’ «  habitabilité » d’un bâti (donc déterminent aussi les taxes foncières et impôts locaux).

Habitante de l’Estaque, Jacqueline était là par hasard quand les bulldozers sont arrivés un jour de 1990. 

Envoyée par le supplément quartier du « Provençal » pour lequel elle travaillait, elle s’intéresse à ce moment-là à celles et ceux qui habitent au hameau de la Nerthe, qui arpentent la colline et en prennent soin. 
A sa grande surprise elle découvre qu’il existe des chasseurs écolos ici, mène l’enquête, écrit une double page et tombe sous le charme de la vie à la Nerthe.

Elle-même passe ensuite une bonne dizaine d’années à la Galline, avec sa famille et ses 7 chevaux (qu’elle a amené depuis St Julien Les Martigues en 1991, empruntant l’ancienne route Celte…) qui pâturent dans les près de la famille Turc avec qui elle avait un accord d’occupation.

La famille Turc est la plus ancienne famille de la Nerthe, et l’une des 2 familles qui possèdent la plupart des terres après Lafarge. Jacqueline et son mari François, le garagiste de l’Estaque, sont très impliqués dans la défense de l’environnement et du hameau. Ils ont alors élaboré un projet de création d’un centre équestre (Poney-club), qui n’a pu voir le jour à cause de l’incompatibilité des activités équestres avec les activités de chasse, notamment sur les terrains de Lafarge. C’est aussi dans ces années là qu’elle participe à la création de l’association « La Galline mon poumon ».

A ce moment de nos conversations commence le “cimetière” des projets qui ne verront jamais le jour, et l’inventaire des luttes pour donner une valeur patrimoniale au massif ainsi qu’un peu de souci écologique aux décideurs. 


Vincent, autre habitant fondateur de “La Galline mon poumon” nous en raconte une partie. Les travaux des nombreuses associations (CIQs, Association Estaque Environnement, Cap au nord…) qui se sont régulièrement mobilisées, notamment lors de l’élaboration de schémas d’orientation urbaine (PLU, SCOT…), éclairent aussi cette succession de très patients combats, parfois gagnés, parfois perdus, parfois on ne sait plus.
Au milieu des ruines, des cartes d’urbanisme et des archives associatives on se perd un peu mais on constate la motivation très affirmée des habitants à protéger le massif en y développant des activités « douces » (projets de valorisation des sentiers et du patrimoine, de sylvopastoralisme, d’arboretum, d’activités sportives et équestres…). 


Victoire en suspension

En l’état de notre compréhension, qui s’affinera au fil des prochaines explorations, on peut tout de même essayer de résumer les grand sujets dépliés devant les ogives en brique…:

Les négociations et luttes se sont concentrées depuis la fin des années 90 d’abord sur l’articulation entre le classement du massif dans les documents d’urbanisme et l’aménagement d’un nouvel échangeur à partir de l’A55 afin de stopper le flux incessant des poids lourds qui traversait tout l’Estaque. L’idée défendue alors par les associations était de construire l’échangeur mais de classer le massif en zone de protection d’espaces verts et zones agricoles, alors que le plan d’occupation des sols de l’époque proposait un classement en zone urbanisable. 

Dans cette même période, les projets d’aménagement abordent également la question du stockage de conteneurs du Port, sujet récurrent pour lequel l’agence de l’urbanisme de Marseille imagine à l’époque un stockage chez Lafarge.  Enfin est également prévu, toujours dans les terrains de Lafarge, la mise en place d’un centre de déchets inertes dans l’ancienne carrière, désaffectée depuis 1981 et devenue avec le temps un beau lac naturel particulièrement riche en biodiversité…

Plus de 15 ans plus tard, en 2014 et dans le contexte des élections municipales, les associations refont le point et interrogent les candidats. En 2011 tous ces projets portés par Lafarge ont obtenu leur autorisation préfectorale. L’échangeur et la bretelle d’autoroute sont néanmoins devenus un projet de demi-échangeur avec une voie d’accès privée pour Lafarge, ce qui convient mieux aux associations qui voient en l’échangeur une promesse d’urbanisation. L’inquiétude est alors très forte sur le comblement du lac et le stockage des conteneurs dans le massif qui vont à contre-sens des divers projets de valorisation des collines en site naturel et patrimonial.


La grande revendication pour véritablement engager les partenaires à la fois industriels et publics vers une autre orientation semble alors la cession des terrains au Conservatoire du Littoral. Une décision avait en effet été prise dans ce sens pour les terrains marseillais en 2005. Mais en 2014 toujours rien n’avait été mis en oeuvre.

Nous sommes en 2019… 

Le lac a été partiellement comblé, les camions font un grand détour pour ne plus passer par l’Estaque mais attendent toujours leur demi-échangeur… qui est devenu la clause suspensive d’une promesse de vente de 90 hectares signée entre Lafarge et le Conservatoire, le 14 avril 2019…  Une victoire en suspension… Et du côté de la mairie de secteur on parle maintenant d’école de l’environnement pour la ferme Cossimont…


Pour digérer tout ça on continue le jeu de piste dans le domaine décomposé.

Jusqu’à ce qu’une cascade de chèvres du Rove dévale la pente nous entraînant nous aussi dans leur course légère!

Autour d’une dernière fleur de ciste, nous décidons que pour la prochaine exploration nous irons voir et comprendre avec nos pieds l’activité et les projets liés à Lafarge, ainsi que les reliques de l’activité agricole de la famille Turc.

Photos Dominique Poulain et Julie de Muer


RDV devant Cossimont le 5 décembre de 9h30 à 12h30

Exploration botanique de Foresta – Récit #5 La coulée verte

La coulée verte ou comment les plantes se sont adaptées à Foresta

Après la fin de l’exploitation de l’immense carrière d’argile de Foresta, la colline a été remodelée dans les années 90 et une « Coulée Verte » fut un temps imaginée par la ville de Marseille. 

De nombreux arbres et arbustes ont été plantés à cette époque afin d’embellir mais surtout de tenir les nombreux talus en pente du site. Abandonnés pendant une vingtaine d’années, que sont devenus ces plantations ? Certaines se sont installées et d’autres non. Cette exploration de la coulée verte sur tout l’espace de Foresta nous a donné quelques réponses.

L’arrivée à Foresta par le Bd d’Hanoï à la Viste est toujours impressionnante…

coté ville
et coté colline

Premier arrêt sur cette maladie étrange qu’ont tous les genêts de Foresta, ils font des « balais de sorcière », la plante se met à fabriquer d’étranges feuilles.

Le genêt (Spartium junceum) et ses balais de sorcière

Les pins d’Alep plantés sur les talus, nous suivons les chemins parallèles et sillonnons sur le site.

Les pins d’Alep sur les talus

Le Chalef, Eleagnus ebbingei au premier plan, un arbuste planté mais qui ne colonise pas, au fond les pins d’Alep, Pinus halepensis, et les pins pignon ou parasol, Pinus pinea.

Chalef, pins d’Alep et pins parasol

De surprenants Ovni ont atterri parmi les pins !

Ovni

C’est parti pour l’identification des plantes, la Vipérine ou Echium vulgare avec ses fleurs violettes et roses nous attire naturellement. La boite à herbier de Safi inspire les botanistes, chacun remplit les fiches pour l’herbier de Foresta.

La boite à herboriser de Safi

Fiche d’herbier, flore pour déterminer le nom des plantes.

Herbier

La Vipérine en fleur

Vipérine ou Echium vulgare

Un champ de graminées et au fond les pins parasol, bien reconnaissables avec leur forme arrondie.

Graminées et pins pignon

Déterminer les graminées, c’est un peu difficile, il faudrait un spécialiste pour nous éclairer…

Graminées à identifier…

Un petit Févier d’Amérique, Gleditzia triacanthos inermis a poussé à partir de graines d’un arbre adulte planté dans la coulée verte. Un bel arbre d’ornement qui s’est adapté aux conditions de Foresta.

Févier d’Amérique

La jolie feuille du Févier dAmérique.

Plantations qui ont commencé à coloniser Foresta :

Arbre à perruques (Cotinus coggygria), Ailante (Ailanthus altissima), Viorne tin (Viburnum tinus), Savonnier (Koelreuteria paniculata), Pin d’Alep (Pinus halepensis), Chêne vert (Quercus ilex), Pistachier lentisque (Pistacia lentiscus), Frêne à feuilles étroites (Fraxinus angustifolia), Mûrier noir (Morus nigra), Févier d’Amérique (Gleditzia triacanthos inermis), Tamaris gallica, Erable negundo (Acer negundo), Troëne du Japon (Ligustrum japonicum), Laurier rose (Nerium oleander), Micocoulier (Celtis australis), Poirier (Pyrus communis)

Identification des arbres

Un petit arrêt sur les canapés du hameau pour continuer l’herbier.

Plantations qui n’ont pas colonisé mais sont toujours présentes :

Chalef (Eleagnus x ebbigei), pin parasol (Pinus pinea), Cédre de l’Atlas (Cedrus atlantica)

Arbres et arbustes sauvages présents :

Eglantier (Rosa canina), Ormeau (Ulmus minor), Peuplier noir (Populus nigra)

Fiche d’herbier pour un Ormeau.

Ormeau

Avec cette exploration de l’adaptation des plantes au site, il sera plus facile de choisir les bonnes espèces à planter à Foresta.

Comme d’habitude, nous mettrons ces données sur le site de botanique participative Tela Botanica.

A bientôt sur les chemins de Foresta !

Exploration botanique de Foresta – Récit #4 le Teucrium pseudochamaepitys

La star des plantes de Foresta : la Germandrée faux petit pin ou Teucrium pseudochamaepitys

LE BOTANISTE SOUHAITERAIT QU’ON NE TOUCHE À AUCUNE PLANTE…

Pour cette exploration botanique, nous nous sommes intéressés à un petit bout de colline entre le jardin du belvédère et le parc Brégante ou l’on croise le GR 2013. C’est une petite partie préservée du site de Foresta ou poussent des plantes caractéristiques, et aussi la Germandrée faux petit pin (Teucrium pseudochamaepitys) de la famille des Lamiacées, une petite plante protégée au niveau national car on ne la trouve qu’aux abords du bassin de Séon à Marseille. Il existe d’autres petits sites de Teucrium ps. dans le Var et l’Aude. 

Ça discute entre le botaniste Jean Daquino qui souhaiterait qu’on ne touche à aucune plante et Bénédikte la responsable des ânes de Foresta qui remarque que les mauves ne sont pas bonnes pour les ânes.

Pâturage et biodiversité sont-ils compatibles sur le terrain de Foresta ? Tout est possible quand on gère les actions, en délimitant certaines zones par exemple.

Départ comme d’habitude devant le jardin du belvédère à la Viste, ou l’on retrouve l’équipe de Yes We Camp et les enfants qui participent aux « goûters du mercredi » avec les ânes de Bénédikte. Joséphine enregistre l’exploration botanique pour Radio Foresta.

Départ au Bd d’Hanoï

Jean Daquino, de la Sté Linnéenne de Provence, nous présente différentes variétés d’Ophrys, ces fleurs qui imitent physiquement un insecte mais également produisent une odeur de phéromone pour l’insecte en question. Pendant qu’il se pose sur la fleur prenant celle-ci pour un partenaire, deux petits pollini se collent sur l’insecte qui les déposera plus loin, la nature fabrique de multiples associations dont on connaît encore mal tous les secrets.

Ophrys bourdon

Il vaut mieux utiliser une loupe pour voir les détails, on remarque les pollini qui se collent sur le stylo…

Observation des pollini

La boite à herbier fabriquée par Safi, le micro de Radio Foresta et les gants pour tous les bénévoles et les enfants afin de ramasser les déchets à l’entrée de Foresta au Bd d’Hanoï.

Anthericum liliago sur la boite à herboriser

On sait par les descriptions des botanistes du XIXème siècle que cette germandrée était très présente sur les collines de Marseille. Elle résiste au feu, se développant par un système de racines stolonées, et préfère les milieux ouverts. Par contre elle n’a pu résister au retournement des sols pour l’urbanisation, et a seulement persisté sur de petits sites épargnés par l’homme.

Ici, la construction du lotissement en haut a déjà causé la disparition d’une partie du site de la Germandrée, mais aujourd’hui elle est encore menacée par les jardiniers d’en bas qui sont mal informés de la protection en liste rouge et veulent « faire propre ».

Avec Joséphine de Yes We Camp, nous avons préparé un panneau d’information sur cette plante rare qui sera bientôt mis en place à l’entrée de Foresta du Bd d’Hanoï, en haut de l’escalier du Teucrium, construit par les jardiniers, et que nous aménagerons en sentier botanique l’an prochain.

Au fond, la cité Campagne Lévêque, le lycée nord et en bas du vallon les jardins kabyles installés là depuis longtemps en contrebas des nouvelles résidences. Au premier plan les affleurements calcaires (tuf) des hauteurs du bassin de Séon ou pousse la Germandrée faux petit pin. On la trouve aussi aux alentours du lycée nord dans le parc de Séon, à Mourepiane au Régali et sur les hauteurs de l’Estaque à Septèmes les vallons.

Finalement l’escalier des jardiniers qui traverse ce site protégé devient pour nous un sentier botanique pour l’observation du Teucrium pseudochamaepitys. L’idée étant de le transformer dans l’avenir en véritable sentier botanique avec des informations sur ce biotope.

On y trouve des plantes méditerranéennes de colline : Buplèvre arbustif seulement présent ici, pistachier lentisque et pistachier térébinthe, euphorbes (graminifolia, helioscopia, dentata), chêne kermès, viorne tin, genêt spartium, brachypodium retusum etc, associés à la Germandrée faux petit pin, qui est partout sur ce petit site.

Observation des détails de la plante, feuilles, fleur, poils ou non, tige carrée ou ronde qui permettent de l’identifier mais surtout d’avoir une meilleure connaissance de la flore en milieu urbain. Le Teucrium pseudochamaepitys est en fleurs, la colline est remplie de petites fleurs blanches.

Le Buplèvre arbustif ou Bupleurum fruticosum, une plante indigène qu’on ne voit plus beaucoup. Un petit coin peut s’avérer très riche en biodiversité.

Buplèvre arbustif

La Coronille à feuilles de jonc ou Coronilla juncea, pas très commune non plus mais bien présente ici avec l’Euphorbe dentée ou Euphorbia dentata, dont la feuille est dentée.

Coronille à feuilles de jonc
Euphorbe à feuille dentée

L’Euphorbe à fines feuilles ou Euphorbia graminifolia en compagnie du Chêne kermès ou Quercus coccifera en fleur.

Euphorbe à feuille fine
Chêne kermès

L’alysson maritime ou Lobularia maritima, avec son odeur de miel, et le Pistachier lentisque ou Pistacia lentiscus

Alysson ou Lobularia maritima
Pistachier lentisque

La Germandrée faux petit pin ou Teucrium pseudochamaepitys réapparaît chaque année à partir de ses racines stolonnées, puis développe sa hampe florale en avril-mai. La tige est carrée et poilue, les feuilles sont triséquées, la couleur de la plante est glauque.

Fleurs de Germandrée faux petit pin

La fleur typique des Lamiacées est blanche, lavée de purpurin de façon plus ou moins marquée.

La Germandrée le long de l’escalier des jardiniers
La Germandrée dans son biotope

La Scabieuse et le Buplèvre arbustif avec ses fleurs jaunes en ombelle.

La scabieuse
Le buplèvre arbustif

L’Aphyllante de Montpellier ou Aphyllanthes monspeliensis

La Mauve ou Malva sylvestris le long du GR 2013

La mauve au premier plan

Les explications de Jean sont toujours passionnantes et avec une note d’humour…

Herboriser…

Lavatera cretica une Malvacée qui ressemble à la Mauve mais ses feuilles sont plus pointues et ses fleurs plus petites et plus claires

Lavatera cretica

La Vipérine ou Echium vulgare

Vipérine

Puis nous sommes attirés par la verdure et suivons le GR 2013 qui nous conduit directement dans le parc Bregante par une entrée cachée…

Le Sureau noir ou Sambucus nigra

Fleur de sureau noir

La Ronce qui produit les mûres

Au milieu des ronces

La vue du verger sauvage sur le GR 2013 avant l’entrée du Parc Bregante

Vue sur mer du verger de Foresta

Arrivée au Parc Bregante ou l’on admire le chêne vert qui enlace amoureusement le grand pin, Bregante c’est le parc des amoureux !

Parc Brégante par l’entrée du GR 2013

La Myrte ou Myrtus communis est un bel arbuste qui peut vivre 300 ans. Elle couvrait les collines de la Nerthe, qui signifie Myrte en provençal, mais a disparu du Rove. Heureusement elle est plantée dans les parcs et jardins pour son esthétique et son odeur.

La myrte

Le Pitto ou Pittosporum tobira, très bien installé en Provence

Le pitto

La Glycine géante qui dévale les terrasses du parc.

Glycine

Photinia serratifolia, un arbre rare en France

Photinia serratifolia

le cheveu de Vénus, une plante pariétale

Cheveu de Vénus

la Ruine de Rome, une autre pariétale

Ruine de Rome

La vue sur Consolat et la mer depuis le parc Bregante

Vue sur le Frioul

A bientôt sur les sentiers de Foresta…

Exploration botanique de Foresta – Récit #3, les plantes utiles

Les plantes utiles de Foresta : tinctoriales et comestibles

Pour cette exploration botanique du 30 mars 2019 plutôt thématique, nous nous sommes intéressés aux plantes utiles présentes sur le site de Foresta : les plantes tinctoriales pour la teinture et la peinture délaissées depuis l’ère industrielle, et la cueillette de plantes sauvages comestibles, qui ont toute leur place dans un développement écologique, et de ce fait bénéficient d’un regain d’intérêt.

Tellement d’intérêt ce jour là que personne n’a pensé à prendre des photos, je suis donc revenue après pour photographier les plantes, une balade invisible…

  1. Les plantes tinctoriales

L’homme peint son corps et son habitat depuis le paléolithique, mais la teinture végétale des fibres comme le lin ou la laine pour le tissage se développe au néolithique avec les débuts de l’agriculture (-6000 en Europe).

A Foresta, avec un sol calcaire, argileux, et fait de beaucoup de remblais, on trouve quelques tinctoriales qui se sont adaptées au climat méditerranéen local, sec et venteux.

Vue du bassin haut de Foresta

L’arbre à perruques, Cotinus coggygria, le sumac fustet – couleurjaune

Important dans l’industrie textile depuis le XVIe siècle, il est exploité en Provence, en Espagne, au Portugal et même cultivé en Italie du sud.

Bien que sa teinture soit de faible stabilité à la lumière, il est économique à l’utilisation, et se prête à une utilisation avec d’autres principes tinctoriaux onéreux comme la cochenille et le carthame. Malgré la concurrence des bois exotiques dès le 16e, l’activité se maintient jusqu’au milieu du 19e siècle.

On cueille les feuilles et les jeunes pousses en juin juillet mais toutes les parties aériennes de la plante peuvent s’utiliser. On coupe les branches, puis on les sèche au soleil, et on bat, puis on passe à la meule les feuilles et les sommités détachées des branches.

L’Argeras, Ulex parviflorus, Ajonc épineux – couleur jaune

Il peut remplacer le genêt des teinturiers (Genista tinctoria) ou la Gaude (Reseda luteola). On récolte les branches fleuries fraîches qu’on fait bouillir.

Le Nerprun, Rhamnus alaternus – couleur jaune

Comme deux autres nerpruns, on utilise les baies pour la teinture depuis le IIe siècle, en récoltant les baies avant maturité en début d’été puis en les faisant sécher. On les appelait aussi « graines d’Avignon », recherchées par les teinturiers de « petit teint ». On l’employait aussi pour fabriquer une couleur jaune à peindre sous le nom de stil-de-grainen la mélangeant à de l’argile et de l’alun (bi-sulfate de potassium et aluminium) utilisée par les peintres flamands du XV-XVIe siècle.

Nerprun alaterne, Rhamnus alaternus
Baies de Nerprun

Le chrysanthème jaune, Chrysanthemum coronarium – couleur jaune

Plante de petit teint, on obtient le colorant jaune à partir de la décoction des fleurs, et il s’applique sur la laine, le coton et la soie préalablement mordancés à l’alun.

Le Grenadier, Punica granatum – couleur jaune orangé

La grenade peut en effet contenir 400 graines par fruit, ce qui en fait le symbole de la fécondité dans de nombreuses cultures. Originaire du pourtour de la mer caspienne, il est domestiqué dès le néolithique et importé en Asie orientale et dans le bassin méditerranéen. Les Romains le ramènent de Carthage et les Arabes en ont planté de grandes quantités en Espagne à partir du VIIIe siècle.

On utilise en teinture l’écorce des fruits et parfois l’écorce du tronc. La grenade donne une teinte solide safran, résistante au soleil et aux lavages. Utilisée en simple décoction sans mordant au Maghreb pour teindre la laine, tandis qu’avec un mordançage au fer, elle donne des tons gris ou noirs. Passée sur un pied d’indigo, elle donne un vert bouteille ou émeraude.

Galium aparine, gratteron – couleur rose

Cette plante qui ressemble à la garance voyageuse, Rubia peregrina ou la vraie garance, Rubia tinctoria peut aussi être utilisée en teinture, par les racines stolonées rouges. Les baies sont un bon succédané de café.

Le Chêne kermès, Quercus coccifera – couleur rose, rouge (cochenille)

Le kermès a pris le nom de la cochenille qui le parasite, Kermes vermilio, et donne un colorant rouge très recherché pour le textile et l’alimentaire depuis l’Antiquité. Au XVIIIe siècle, le vermillon français est concurrencé par la cochenille mexicaine, qui provient du figuier de Barbarie (Opuntia) et coûte bien moins cher. Aujourd’hui la cochenille est devenue rare en France, surtout à cause des incendies de forêts et des insecticides de l’agriculture. On récolte les femelles car ce sont les œufs qui sont remplis d’une liqueur rouge, que l’on trempe dans le vinaigre pendant 12h, et que l’on sèche au soleil. Il faut 60 à 80 individus pour obtenir un gramme de pigment.

Chêne kermès, Quercus coccifera

Le Sureau, Sambucus nigra – couleur mauve bleu

Le nom fait référence aux Sambuca, les flûtes fabriquées par les bergers grecs à base de tiges de sureau évidées. On retrouve chez les Celtes cette même allusion aux flûtes en sureau que les druides utilisaient pour converser avec les morts. L’usage très ancien du sureau est attesté par l’archéologie. Les baies sont macérées dans du vinaigre pendant deux jours et portées à ébullition une heure. On trempe le tissu en décoction. Il donne des tons du violine au bleu en passant par un gris souris. On peut aussi utiliser les baies du prunelier Prunus spinosa pour ces couleurs.

Le Pastel, Isatis tinctoria – couleur bleu

Des traces de son utilisation dès le néolithique ont été trouvées dans la grotte d’Adaouste dans les Bouches du Rhône. Mais son rôle en teinture se développe au XIIe siècle avec des pastels en provenance d’Espagne ou d’Orient, et devient la couleur des princes et de la Vierge en France et en Europe. Pendant la Renaissance le pays de cocagne enrichit la région. Cependant l’indigo importé d’Inde et d’Asie vient concurrencer le pastel…La récolte des feuilles s’étale de la St Jean jusqu’en octobre en 4 à 6 cueillettes puis un long travail de transformation est nécessaire pour obtenir le fameux bleu. Pour les bâtons de pastel, on mélange avec de la gomme et de la craie le colorant.

le Pastel, Isatis tinctoria

La Scabieuse, Scabiosa – couleur bleu pâle

Une décoction de cette plante donne, après oxydation à l’air du tissu de coton, une teinture bleu pâle assez solide.

L’Iris, Iris Germanica – couleur verte

La culture de l’iris comme matière première a été surtout pratiquée aux Pays-Bas (iris xiphium) pour le pigment vert tiré de ses pétales, et au Maroc pour le parfum des racines, dont on tire une huile essentielle le « beurre d’iris » (iris germanica). Il a été utilisé pour les enluminures et la peinture mais il est peu solide.

Le Sumac des corroyeurs, Rhus coriaria – couleur brun

le feuillage riche en tanins est récolté de fin juillet à fin septembre pour la tannage et la teinture des peaux, d’ou son nom commun.

Une plante comestible et tinctoriale : le coquelicot (Papaver rhoeas)

Coquelicot

2. Les plantes comestibles

Toute l’année ou presque, on peut ramasser des plantes comestibles à Foresta, certaines très présentes comme le fenouil, d’autres seulement comestibles durant un petit moment de saison comme l’asperge sauvage.

L’Ail sauvage, Allium napolitanum, à préserver

L’Arroche maritime, Atriplex halimus

Arroche maritime ou Pourpier marin

L’Asperge sauvage, Asparagus acutifolius

La Bette sauvage, Betta vulgaris maritima

Blette sauvage, Betta maritima

Le Calendula arvensis, souci sauvage

Le Chardon marie, Silybum marianum

Le Chénopode blanc, Chenopodium album

La Chicorée sauvage, Cichorium intybus

Le Coquelicot, Papaver rhoeas

Le Fenouil sauvage, Foeniculum vulgare

Fenouil

La Moutarde noire, Brassica nigra

Le Laîteron maraîcher, Sonchus oleraceus

La Mauve, Malva sylvestris

L’Oseille sauvage, Rumex acetosa ou Rumex pulcher (violon)

La Passerage, Cardaria draba, faux brocoli

La Pimprenelle, Sanguisorba minor

Le Pin pignon, Pinus pinea

Le Pissenlit, Taraxacum officinale et T. obovatum (luisant)

Le Plantain lancéolé, Plantago lanceolata

Plantain lancéolé

Le Plantain corne de cerf, Plantago coronopus

Le Poireau sauvage, Allium ampeloprasum

Le Pourpier, Portulaca oleracea

Le Prunier épineux, Prunus spinosa

La Ronce, Rubus fructicosus

Le Robinier, Robinia pseudacacia

La Roquette blanche, Diplotaxis erucoides

La Roquette jaune, Diplotaxis tenuifolia

Le Salsifi à feuille de poireau, Tragopogon porrifolius

Salsifi sauvage

Le Sureau noir, Sambucus nigra

Biblio :

Sauvages et comestibles, Marie Claude Paume, Edisud

Plantes à teinter, Chantal Delphin et Eric Gitton, Ed. Plume de carotte, collection Terra curiosa


« La Provence » : Marseille : a network of  Beds and Breakfast and guesthouses for and around the « Hôpital Nord »

 

The newspaper « la Provence » published Monday 16th of February, an article devoted to the Inhabitants’ Cooperative Hôtel du Nord : Marseille : un réseau de chambres d’hôtes pour l’hôpital Nord.

Here an excerpt of the newspaper article :

… The Hôtel du Nord cooperative which could be called a « humanism/humanity factory » is not only destined for tourists : as the « Hôpital Nord” (North Hospital) will celebrate its 50th anniversary in June 2015, the AP-HM* (*Public Welfare -Marseille Hospitals) asked the Cooperative to imagine, and create very special heritage walks all around and tailored to the history and surroundings of the « Hôpital Nord ». The Hôtel du Nord cooperative wants to extend this bond to the Hospital and try and develop from now on a network of lodgings (Beds and Breakfast, guest houses) for the Hôpital Nord patients’ families. Agnès Maillard, one of the cooperative’s members, (used to hosting Hôtel du Nord « passengers » at her place) says : « We became more and more aware that there was a real need for it. We actually received more than once either people who were paying a visit to a patient, or caregivers training at the hospital. » In the neighbourhood, half a dozen guest houses’ owners do notice the same. « We think we must be more, we wish other people would join us and open many more Beds and Breakfast and/or guesthouses near the Hospital. » Beside the Campanile, or the Bonsaï Hotel, there are no other hotels in this actual area of the Northern districts of Marseille. Actually, there are indeed few hotels covering the whole of the 15th, 16th, 14th et 13th « arrondissements » of Marseille… Louis Duffet, another Hôtel du Nord’s member notes : « Demand is high though, and the AP-HM (Public Welfare -Marseille Hospitals) should remember our cooperative and its many lodgings and tell the families about it. »

 

Hôtel du Nord received an award: “Grand prix des bonnes nouvelles des territoires”

 

The 3rd of December 2014, at the Macif headquarters, Hôtel du Nord received the  Grands Prix des bonnes nouvelles des territoires – (Awards for “the good news  in French regions” ).  One hundred and twenty initiatives or so were presented to the Jury consisting of regional economic and social initiatives’ stakeholders – Avise, Cnam entreprendre, Réseau entreprendre, etc…, which nominated eleven initiatives and attributed two awards.

There were, alongside Hôtel du Nord, industrial initiatives as Diam ‘s for instance , reviving the real cork stopper in Pyrénées Orientales, or rural initiatives as the revival of a specific pig breed, called Kintoa, in Basque Country – (eighty pig breeders make a living out of it to-day).

The periodical « Le Pélerin » reported on Hôtel du Nord, its project, its work and its award at the end of November 2014. The eleven « Regional Good news » are presented in a book that the Éditions Odiles Jacob published. Those « Regional Good News » Awards do have a purpose : to share them, and make them develop at a national level.

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