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La culture, dimension oubliée du développement durable?

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Le jeudi 28 novembre à Paris, l’association Serge Antoine – Semeur d’avenir, jardinier du temps, organise une journée « La culture, dimension oubliée du développement durable? » lors de laquelle Prosper Wanner, gérant d’Hôtel du Nord, y interviendra lors du temps : « Changer de mode de vie, changer de culture, une condition du développement durable. Quelle vision prospective ? ».

Serge Antoine est un haut fonctionnaire et écologiste français qui a notamment créé le Comité français pour le développement durable (Comité 21) qui réunit entreprises, collectivités locales et associations.

L’association Serge Antoine, créée en 2007 par ses amis, ses collègues et disciples, sa famille, a pour objectif de réunir tous ceux qui, sensibles à l’action pionnière qu’a jouée Serge Antoine en matière d’aménagement du territoire, de protection de l’environnement, de développement durable, de prospective et d’innovation, souhaitent la faire connaître et poursuivre sur la voie qu’il a tracée.

Il disait : « La politique de développement durable se fait en marchant. Il faut prendre conscience qu’il s’agit là d’une véritable révolution culturelle, d’une révolution dans les comportements, surtout politiques, à laquelle nos habituels schémas d’analyses sont étrangers, disons simplement qu’il faut éviter de prolonger la simple approche environnementale et qu’il est nécessaire de s’alimenter aux sources de l’économie, de la culture, du social en même temps que de l’écologie, que la prospective est indispensable et qu’il faut transformer tout le monde en “acteurs”. »

Dimanche 6 octobre, balade patrimoniale vénitienne « Fedeli a Venezia? »

Dimanche 6 octobre, Faro Venezia propose la balade patrimoniale vénitienne « Fedeli a Venezia?« . Plusieurs marseillais ont eu l’occasion de participer au pilote de cette balade à l’occasion du Colloque de Venise sur la Convention de Faro du 1 au 3 mars 2013.

La balade patrimoniale, qui comme tous les chemins de foi sera parcourue d’obstacles et imprévus à dépasser, se propose de nous accompagner dans un parcours où la croyance s’est fait communauté avant institution, dans une Venise riche de spiritualité.

Elle ira à la rencontre de  la communauté musulmane, du centre bouddhiste, de l’institut d’études œcuméniques de San Francesco Del Deserto, de la communauté hébraïque et de l’église luthérienne évangélique : une occasion concrète au dialogue inter culturel comme l’encourage la Convention de Faro de 2005.

Pour ceux qui sont à Venise à cette date, inscrivez vous via mail à admin@unfaropervenezia.eu

Venise à Marseille pour Faro – communiqué presse Faro Venezia

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Suite au Forum de Marseille, l’association vénitienne Faro Venezia a publié ce communiqué de presse traduit de l’italien (voir la version italienne ici)

Quelques associations culturelles vénitiennes ont été invitées auForum de Marseille « sur la valeur sociale du patrimoine et la valeur du patrimoine pour la société », les 12 et 13 septembre 2013 auquel ont participé des représentants de vingt-deux pays, sous l’égide du Conseil de l’Europe et de la Commission Européenne.

Les deux journées se sont déroulées en réunions plénières et lors de balades patrimoniales, itinéraires pour citoyens et visiteurs qui traversent des biens communs avec les acteurs et témoins de cet héritage culturel. Les interventions ont porté sur la présentation de l’expérience marseillaise par celles et ceux qui la mettent en œuvre : administrateurs locaux, associations culturelles, scientifiques, entreprises privées et coopératives.

Le Forum a mis en évidence l’expérience marseillaise, première en Europe à appliquer les principes de la Convention-cadre sur le Patrimoine Culturel, signée à Faro, au Portugal en octobre 2005. Le Conseil de l’Europe via la Convention de Faro promeut une démocratie participative renforcée, un dialogue inter culturel à tous les niveaux et une amélioration des conditions de vie des citoyens, à travers la consolidation de leur sentiment d’appartenance à leur propre territoire.

L’enjeu à Marseille a été la convention elle-même : seulement et seulement si les acteurs locaux sont capables de l’appliquer concrètement, elle pourra devenir un instrument efficace de participation des citoyens à la valorisation de leur territoire.

L’association Faro Venezia, invitée à Marseille pour sa longue expérience d’application des principes de la Convention,  a à son tour invité les coordinateurs de quelques communautés patrimoniales déjà actives sur le Lido, sur l’Arsenal et sur le pourtour lagunaire : le Forum Avenir Arsenal, le Comité pour l’Ecomusée de la Lagune et le processus participatif  « le Lido au premier plan ».

Aujourd’hui la réflexion commune sur l’avenir de chacun de ces patrimoines est bien avancée, de manière autonome et souvent en avance sur l’application des principes de la Convention. Force est de constater la capacité renouvelée des associations à participer aux stratégies de développement des ressources culturelles avec les citoyens, les experts et les administrations publiques locales. À Marseille a émergé la possibilité d’une coordination entre ces réalités vénitiennes et d’autres qui pourrait permettre de nouvelles synergies dans les méthodes de travail et le partage des objectifs.

Le premier pas dans ce sens sera l’événement organisé par le Comité pour l’Ecomusée, samedi 28 et dimanche 29 septembre: un cabotage culturel qui partie de Cavallino pour arriver à l’Arsenal et au Lido, avec des événements culturels et balades patrimoniales réunissant les intérêts et les passions des nombreux sujets impliqués, tous primus inter pares.

La délégation vénitienne invitée à Marseille était la plus nombreuse car depuis des années existe un processus parallèle entre les deux communautés patrimoniales, inspiré par Prosper Wanner qui est engagé sur les deux les fronts. Au terme du Forum qui a conclut une évaluation positive de l’expérience marseillaise, le Conseil de l’Europe et la Communauté Européenne se sont engagés à poursuivre la réflexion en mettant en lumière d’autres lieux d’expérimentation et à renforcer la reconnaissance des principes de la convention en les insérant comme valeur ajoutée dans les programmes communautaires.

Seulement de cette manière, comme cela a été le cas avec la Convention sur le Paysage, il sera possible d’apporter des réponses concrètes par le financement de projets construits de manière participative.

Francesco Calzolaio, Faro Venezia e coordinatore Comitato per l’Ecomuseo della laguna di Venezia; Vincenzo De Nitto, coordinatore Processo Partecipativo « il Lido in primo piano »;  Roberto Pugliese,  coordinatore Forum Futuro Arsenale.

Le Forum de Marseille en marche

Forum de Marseille – ABD – Photo Tabasco Vidéo ©
Forum de Marseille – ABD – Photo Tabasco Vidéo ©

A l’occasion du Forum de Marseille sur la valeur sociale du patrimoine pour la société les 12 et 13 septembre, le Conseil de l’Europe a énoncé les priorités actualisées de la Convention de Faro : le renforcement de la démocratie participative et du dialogue inter culturel et l’amélioration de la qualité et du cadre de vie de tous les citoyens.

L’innovation de ce Forum a été d’initier une co construction des conditions de mise en œuvre de ces nouvelles priorités entre les instances européennes et la société civile au sens large : associations, habitants, entrepreneurs, artistes, etc.

PANEL 2.jpgPour cette première Balade de Faro, un large panel d’une centaine de personnes a réunis à cette occasion ministres, ambassadeurs, ministères, parlementaires, élus locaux, fonctionnaires, institutions européennes, associations, artistes, universitaires, habitants, entrepreneurs d’une vingtaine de pays : Arménie, Belgique, Slovaquie, Slovénie, Italie, Chypre, Grèce, Danemark, Espagne, Canada, Turquie, France, Algérie, Autriche, Georgie, Bosnie Herzégovine, Portugal, Palestine, Croatie, Lettonie et Norvège.

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Balade de Faro – Savonnerie du Fer à Cheval – photo Dominique Poulain ©

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Balade de Faro – association culturelle de réparation navale – Photo Tabasco Vidéo ©

200 personnes ont participé au Forum de Marseille. 163 personnes ont assisté aux plénières les 12 et 13 septembre et une centaine de « marcheurs » sont allés sur le terrain, en « balade atelier » dans chacune des mairies qui appliquent déjà ces principes européens pour rencontrer et échanger avec celles et ceux qui les mettent en oeuvre et en tirer des enseignements européens.

Les 4 maires – Samia Ghali, Lisette Narducci, Garo Hovsepian et Loic Gachon – engagés avec leur mairie dans l’application des principes européens ont témoigné des raisons et résultats de cet engagement novateur. 

A cette occasion, Le Conseil de l’Europe et la Commission Européenne ont édité une brochure sur l’expérience marseillaise qui revient sur 14 démarches locales innovantes ainsi que 4 fiches reprenant chacune des 4 balades atelier.

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Balade de Faro – La Viste – Photo Tabasco Vidéo ©

Le bilan de ce Forum fera notamment l’objet d’une brochure et d’un support vidéo qui viendront mettre en évidence les enseignements du Forum. Plusieurs sociétaires d’Hôtel du Nord, présents sur ces balades ateliers, publierons d’ici peu leur point de vu photo, écrit, sonore et vidéo.

Une des propositions bien engagée est celle de constituer un réseau regroupant les réalités locales :  Marseille, Vitrolles, Oran, Seine Saint-Denis, Venise, Hébron, Beau soleil, …

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La coopération s’accélère avec la Seine Saint-Denis, largement présente au Forum de Marseille.

Du 14 au 20 septembre 2013, la Région île de France, organise pour la deuxième année consécutive la semaine des patrimoines et invite les Franciliens à découvrir leur patrimoine.

A cette occasion, des balades, débats, colloques et événements sont proposées. Le 18 septembre, le Réseau Mémoires-Histoires en ïle de France propose une rencontre-débat :balades urbaines de Marseille à l’Ile de France, nouvelles expériences et enjeux.L’expérience de la coopérative Hôtel du Nord et du Forum de Marseille seront présentés parJulie De Muer.

Les liens entre Marseille et la Seine Saint Denis continuent à se renforcer depuis 3 ans. 6 de ses représentants étaient présents au Forum de Marseille :

  • Daniel ORANTIN, Directeur du Comité départemental du tourisme de la Seine-Saint-Denis – CDT93 – qui propose notamment les Promenades et balades urbaines Douce Banlieue;
  • Aulde CAZORLA, membre fondateur de Franciade qui édite et commercialise des objets dérivés du patrimoine de Saint-Denis et de la Seine-Saint-Denis;
  • Emmanuel ANTOINE d’Artefact93, réseau d’une cinquantaine de professionnels producteurs d’objets artistiques et artisanaux à Plaine Commune;
  • Véronique POUPARD, responsable du service développement local à Plaine Commune ;
  • Mathieu GLAYMANN, membre fondateur d’Accueil Banlieue, réseau d’une cinquantaine de chambres d’hôtes en Seine-Saint Denis.

La Provence et La Marseillaise parlent du Forum de Marseille

Forum-La-Marseillaise-Oran-Venise-sept13Les 12 et 13 septembre, plus d’une vingtaine de pays de l’Europe et de la Méditerranée étaient présents pour le Forum de Marseille sur la valeur sociale du Patrimoine.

Les séances plénières ont réunis plus d’une centaine de participants tout comme les 4 ateliers balades de Faro organisés par les mairies et la société civile des 2me, 7me et 8me secteurs de Marseille et Vitrolles.

La Provence a consacré un article au Forum « Quand les quartiers prennent leur avenir en main‘ tout comme La Marseillaise qui a publié un article « Des quartiers exemplaires aux yeux de l’Europe » et un encart sur « Oran, Venise et les autres …« .

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Les vénitiens seront à nouveau présents à Marseille pour le forum européen du patrimoine.

Les 12 et 13 septembre, le Forum de Marseille sur la valeur sociale du patrimoine pour la société sera à nouveau l’occasion pour Hôtel du Nord d’accueillir celles et ceux qui en Europe et en Méditerranée ont des engagements similaires.

L’occasion de rencontrer de nouvelles expériences comme celles d’Izmir et d’Hébron et d’apporter des nouvelles de celles et ceux avec qui maintenant nous échangeons de longue date : Bel Horizon à Oran, Faro Venezia à Venise, Accueil Banlieue en Seine Saint Denis, Artefact93 et Franciade à Plaine Commune.

Cette année, grâce au soutien du Conseil de l’Europe et de la Commission Européenne, 4 vénitiens viendront à l’initiative de Faro Venezia apporter au Forum de Marseille l’expérience vénitienne où la société civile défend son cadre de vie en promouvant les principes de la Convention de Faro.

Depuis la première balade patrimoniale vénitienne sur le modèle marseillais en 2008, les échanges n’ont pas cessé. Les vénitiens comptent à leur actif la traduction en italien de l’ensemble de la Convention de Faro, une vingtaine de balades patrimoniales, une publication sur le Fontego dei Tedeschi, la présence dans de nombreux médias et colloques internationaux sur le droit au patrimoine culturel et en mars de cette année la co organisation d’un colloque à Venise à l’occasion de la signature par l’Italie de la Convention de Faro auquel ils ont associé les expériences de Marseille, d’Oran et Saine Saint-Denis.

Pour le Forum de Marseille, l’association Faro Venezia a fait le choix d’inviter trois collectifs importants d’associations impliquées dans la défense de leur cadre de vie sur l’Arsenal de Venise, le Lido et la Lagune de Venise.

  • Patrizia Vacchino, déjà présente à Marseille en 2009 à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, vice présidente de l’association Faro Venezia et organisatrice de balades patrimoniales vénitiennes. Cette année Faro Venezia programme fin septembre trois balades patrimoniales pour les Journées Européennes du Patrimoine.
  • Francesco Calzolaio, membre de l’association Faro Venezia et président de l’association Vento di Cultura. Il coordonne un regroupement d’associations et de communes autours d’un projet d’éco musée de la Lagune de Venise;
  • Roberto Falcone coordinateur du Forum Arsenal qui réunit pas moins de 30 associations citoyennes qui se reconnaissent dans l’idée que la Ville de Venise doit réussir à se ré approprier la gestion de l’Arsenal, l’ouvrir à la jouissance des Vénitiens et de le gérer de façon à améliorer leur cadre de vie.
  • Vincenzo De Nitto, directeur à l’urbanisme à la ville de Venise, responsable du processus  participatif « Le Lido au premier plan » concernant la reconversion de la zone du Palais du Cinéma et du Casino de Venise sur l’ile du Lido.

Vous pourrez les rencontrer lors du Forum de Marseille où à l’occasion des balades des Journées Européennes du Patrimoine.

Céline BOURBOUSSON : Hôtel du Nord, Femu Quì : de la quête du sens entre les quartiers Nord de Marseille et la Corse

Céline BOURBOUSSON, Master 2 RH ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE à AIX MARSEILLE UNIVERSITE Faculté d’Economie et de Gestion a présenté et soutenu en septembre 2013 son mémoire ORGANISATION ET PROJET : QUELLE MOBILISATION AU SEIN D’ « ORGANISATIONS-FRONTIERES » ? Hôtel du Nord, Femu Quì : de la quête du sens entre les quartiers Nord de Marseille et la Corse.  Son Directeur de mémoire a été Nadine RICHEZ-BATTESTI, Maître de Conférences en Sciences Economiques.

A tous les héros anonymes des quartiers Nord de Marseille, sociétaires d’Hôtel du Nord et autres citoyens téméraires, qui oeuvrent chaque jour dans l’ombre pour une société meilleure. A vous qui bravez injustices, exactions et spoliations, sans relâchement aucun, avec cette force qui vous caractérise.
Per u populu Corsu, anch’ellu colpu dà l’accanimentu mediàticu, chì lotta per campà di manera dégna, si batte contru à mommificazione di a socultura, l’èsiliu, è a caliata di a so lingua. A voi altri Corsi ammuniti, uniti è cumbattanti, purtati da un spiritu di ghjustizià è di fraternità. Arritti tutti, o ghjenti !

Les 12 et 13 septembre 2013, l’Europe vient sur le terrain

Les communautés patrimoniales, la coopérative d’habitants Hôtel du Nord,  les mairies des 2me, 7me et 8me secteurs de Marseille, la Mairie de Vitrolles, le Conseil Général des Bouches-du-Rhône, Marseille-Provence 2013, la Commission Européenne et le Conseil de l’Europe organisent jeudi 12 septembre et vendredi 13 septembre 2013aux Archives et Bibliothèque Départementale le Forum européen sur la valeur sociale du patrimoine pour la société.

Le but est d’extraire des expériences patrimoniales locales, réalisées en référence à la Convention de Faro, des enseignements européens.

A cette occasion, fort de l’expérience portée par les initiatives locales, des représentants européens et méditerranéens viennent sur le terrain afin de s’enrichir des actions mise en place dans des quartiers populaires de Marseille et Vitrolles.

Réflexions, dialogues et balades urbaines sont au programme dès le jeudi et se prolongeront le long du week-end des Journées Européennes du Patrimoine les 15 et 16 septembre en lien avec la programmation « Patrimoines en partage » de Marseille-Provence 2013 : GR2013, Culture Pilots, etc.

Programme et inscriptions vers le forum :

·      sur le site de Marseille-Provence 2013 : http://www.mp2013.fr/patrimoines-en-partage/

·      sur le site du Conseil de l’Europe :http://www.coe.int/t/dg4/cultureheritage/heritage/identities/marseille_fr.asp

·      sur le site d’Hôtel du Nord : https://www.hoteldunord.coop/balade-de-faro/forum-de-marseille/

Prosper Wanner : pourquoi un forum sur la valeur sociale du patrimoine à Marseille?

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Face à une crise de la représentativité politique, à un modèle de développement de moins en moins soutenable et à des tensions sociales croissantes, le 12 et 13 septembre 2013 à Marseille, pour le Forum de Marseille un large panel comprenant notamment des élus locaux, le Conseil de l’Europe, des acteurs de la société civile, des artistes et de simples citoyens vont énoncer le rôle qu’ils souhaitent voir jouer aux patrimoines culturels pour une amélioration de leur cadre de vie, une économie solidaire, un dialogue social renforcé et une démocratie participative.

Ce rôle attribué aux patrimoines culturels en Europe est le fruit de 30 années de travaux du Conseil de l’Europe sur « la valeur du patrimoine culturel pour la société » qui se sont traduits en 2005 par l’adoption d’une convention-cadre, dite Convention de Faro.

Cette Convention de Faro commence à sortir de l’anonymat depuis que l’Italie l’a signée en mars 2013. Pour autant, les colloques et articles qui l’abordent en Europe montrent qu’elle reste difficile à interpréter. La place centrale qu’elle réserve aux citoyens, seul ou en commun est mise en avant sans pour autant que cela clarifie ses enjeux.

Est ce une nouvelle catégorie du Patrimoine, un « patrimoine citoyen » proche du petit patrimoine ou du patrimoine immatériel ?Une nouvelle Convention sur le patrimoine immatériel dans la lignée de celle de l’UNESCO? Défend elle une meilleure prise en compte des publics « prioritaires » dans la gestion du patrimoine ?

Le Forum de Marseille va permettre au Conseil de l’Europe de revenir sur cette Convention-cadre, d’en faire la promotion en Europe et d’actualiser ses enjeux. Ce Forum est la première d’une série de « Balades de Faro » que le Conseil de l’Europe programme pour promouvoir cette Convention-cadre et créer les conditions du suivi de son application. Il portera sur la valeur sociale du patrimoine pour la société.

L’arrière port marseillais est pauvre en patrimoine protégé qu’il soit inscrit ou classé comme petit patrimoine, patrimoine immatériel, paysage, archive, …. tout comme il est en Europe l’un des principaux foyers d’initiatives citoyennes patrimoniales qui mobilisent élus, entrepreneurs, artistes, scientifiques, associations et simples habitants.

L’arrière port marseillais dépasse les limites administratives des arrondissements de Marseille concernés pour s’étendre sur plusieurs communes avoisinantes. Il est riche de récits liés aux flux et reflux migratoires, à l’évolution du port, au développement industriel, aux anciennes bastides de la bourgeoisie marseillaise,  …. Ses habitants sont porteurs de ces récits tous comme les érudits locaux et les scientifiques qui s’y intéressent. Pour autant, la somme des récits ne fait pas récit collectif.

Cette absence de récit collectif favorise pour les habitants le sentiment d’abandon, d’exclusion et de ségrégation sociale : nouveaux arrivants versus habitants des cités versus noyaux villageois versus nouvelles entreprises. Pour les décideurs qui ont en charge l’avenir de ces quartiers, l’absence de récit collectif propre à ceux qui vivent là participe à les rendre « invisibles » : ils construisent au désert. Cet abandon doublé d’une ignorance génère de la violence qui se traduit dans la dégradation du vivre ensemble et la défiance vis à vis du politique et de l’institution.

Paradoxalement, la défense du cadre de vie y est devenue prétexte à débuter le récit collectif. Là où il y a des tensions déclarées ou latentes liées au cadre de vie, il y a des groupes constituées : amicales de locataires, associations de quartier, regroupements d’entreprises, collectifs d’habitants et des élus mobilisés … La narration du récit collectif commence avec celle des récits liés à ces tensions.

Ce travail de narration collective a commencé dès 1995 grâce à la mise en place d’une mission européenne expérimentale de patrimoine intégré entre la Ville de Marseille et le Conseil de l’Europe. Un « service public patrimonial » a été expérimenté via la mise à disposition des habitants d’un poste de conservateur du patrimoine pour écrire avec eux leur récit collectif.

Ce processus d’écriture continu révèle des sources des tensions : savoir populaire contre savoir scientifique, usage économique contre cadre de vie, récit national contre récits minoritaires, etc.

La convention de Faro permet de donner un cadre de régulation commun de ses tensions. Elle fait de la capacité développée en l’Europe à gérer ses propres conflits son patrimoine commun, celui de tous les européens : ce sont la démocratie, l’état de droit et les droits de l’Homme. Ce patrimoine commun devient la modalité de gestion des tensions liés à la construction du récit collectif : démocratiquement et dans l’intérêt général. Il n’y a plus d’arbitrage descendant sur ce qui est patrimonial ou pas mais des processus de conciliation et re conciliation autour d’un projet de société, d’un « vivre ensemble ».

La « valeur sociale » – vivre ensemble – du patrimoine est reconnue comme l’une des valeurs du patrimoine  au même titre sa valeur esthétique, scientifique, symbolique, économique, etc

La Convention-cadre de Faro est devenue dans ces quartiers le cadre commun qui permet l’action politique. Les maires du 2me, 7me et 8me secteurs de Marseille et celui de Vitrolles ont signé leur adhésion aux principes énoncés par la Convention de Faro. Ses élus locaux et les citoyens réunis en « communautés patrimoniales » ont collectivement adhéré aux principes de la convention pour se doter d’un cadre et d’une perspective commune et faire récit collectif.  Ce processus d’écriture continu tisse lentement  des liens et contribue à faire communauté.

Ces communautés patrimoniales, faisant récit collectif, produisent de la citoyenneté. La construction du récit collectif confronte les récits, les interroge et les agence : elle permet une compréhension de l’environnement dans lequel vivent les personnes. Les représentations, les positionnements et les modes d’actions évoluent en même temps que se construit le récit collectif. Il permet le passage du mode de la dénonciation singulière à l’action collective. Chacun est porteur de savoirs et savoir-faire, une reconnaissance sociale dans des quartiers où elle n’existe plus par le travail faute d’emplois.

Ce processus patrimonial contribue par là à « faire société ». Il contribue à une ré appropriation du bien commun et développe de l’imaginaire collectif, préalable à l’action politique. Le récit devenu collectif acquière une dimension patrimoniale qui le rend légitime et partagé. Du cas particulier, l’enjeu devient de société.

Le processus patrimonial donne accès à des ressources symboliques et à une identité collective qui rendent l’action politique possible. La communauté patrimoniale devient un interlocuteur visible, légitime et doté de ressources, ce qui lui permet d’exister et d’agir.

Dans la durée, ces processus patrimoniaux s’avèrent de puissants leviers de transformation : ils  contribuent à modifier les plans d’urbanisme comme dans le cas de la cascade des Aygalades, à obtenir une protection légale comme dans le cas du savon de Marseille, à faire reconnaitre de nouveaux patrimoines et ont permis le développement de projets de la capitale européenne de la culture comme le GR2013, Culture Pilots et Hôtel du Nord.

Pour revenir à la Convention de Faro, dans tous ces processus, le récit précède l’objet patrimonial. Le Patrimoine reste un prétexte ou un résultat possible d’un processus patrimonial mais non sa finalité. L’objet patrimonial peut symboliser ces récits collectifs comme d’autres formes comme la balade urbaine, une publication (récits d’hospitalité), l’intervention artistique ou l’action de prévention (les ateliers de révélations urbaines), etc

En ce sens, il ne s’agit pas d’ajouter une nouvelle catégorie de patrimoine, de recommander une meilleure prise en compte des publics ou de contribuer à une meilleure protection du patrimoine immatériel.

La Convention de Faro s’intéresse au patrimoine en tant que processus pour « faire société ». Elle considère que chaque citoyen détient seul ou en commun une part du récit collectif qui mérite d’être pris en compte pour mieux vivre ensemble ;

L’écriture du récit collectif – faire société – se fait au niveau des citoyens (communauté patrimoniale / principes de subsidiarité), « dans le cadre de l’action publique », garante des modalités d’écriture de ce récit (Convention de faro / principe de suppléance).

Prosper Wanner, aout 2013