Hôtel du Nord s’envole pour Novi Sad

Novi Sad, seconde ville de Serbie, sera capitale européenne de la culture en 2021. Elle participe depuis 2017 aux travaux du réseau de la Convention de Faro au côté d’Hôtel du Nord. Elle était présente comme Hôtel du Nord mi mai au dernier forum de Faro à Lisbonne sur le rôle du patrimoine culturel dans la régénération de communauté.

L’équipe de la Capitale européenne de la culture a invité Hôtel du Nord à venir partager son expérience marseillaise et de coopération avec d’autres villes en Europe comme Venise ou Pilsen. Ce sera l’occasion de présenter les avancées de la plateforme coopérative Les oiseaux de passage, notamment ses premières destinations en Europe et méditerranée.

Virginie, sociétaire de longue date d’Hôtel du Nord, et hôte chez elle comme en balade, s’y rendra du 6 au 10 juin pour rencontrer les communautés patrimoniales, découvrir les initiatives locales comme les balades patrimoniales et d’imaginer de futures coopérations. Des nouvelles dès mis juin.

Droits et précarité artistique

Apparemment pour Pole emploi, être artiste ce n’est pas être « créateur » d’activité. Pourtant, de nombreux artistes contribuent à l’activité de notre coopérative, ils sont même essentiels, comme les Éditions commune qui ont édité les neuf récits d’hospitalité d’Hôtel du Nord que nous continuons à partager, à commercialiser et à utiliser pour la création de nouvelles activités comme des balades patrimoniales.

Pôle emploi réclame 10.000 euros à Martine Derain, créatrice des Éditions commune, pour les allocations qu’elle a perçues sur les trois dernières années lorsque au chômage, elle développait de nouvelles activités. Un créateur ou repreneur d’entreprise peut opter pour le maintien de ses allocations d’aide au retour à l’emploi (ARE) jusqu’au terme de ses droits. Un artiste non. Si l’État parle bien de « création d’activité », les mesures d’accompagnement concernent la création « d’entreprise », terminologie qui ne fait pas l’objet d’une réelle définition légale et qui, in fine, pour Pole emploi, se borne aux “entreprises lucratives”.

Pôle emploi considère donc un artiste comme « bénévole » lorsqu’il crée son activité et les autres créateurs d’activités, non artistiques, comme « entrepreneur », leur accordant alors le maintien de leurs allocations.

Comme de nombreux artistes, faute d’un statut reconnu comme le décrit bien Christine Breton dans le texte qui suit, Martine alterne depuis 30 ans, droits d’auteur, vacations en écoles d’art ou d’architecture, autrefois et parfois emplois aidés sur des métiers où elle eu besoin d’être formée, enfin salariée du régime général CDD sur des missions de direction artistique à l’intérieur d’associations d’artistes – et chômage quand ces missions de direction sont achevées. Entre ces périodes salariées, c’est-à-dire quand elle est au chômage, elle conçoit et propose des projets à un réseau d’associations qui l’emploient régulièrement, projets dont elle est parfois la responsable artistique auprès des tutelles. Elle a également accepté un mandat de trésorière après d’un gros projet pour Marseille-Provence 2013 dans l’une de ces associations et ce pour transmettre aux plus jeunes ses compétences administratives.

Pôle emploi qualifie de “bénévole” cet investissement et non de « création d’activité » pour ensuite s’appuyer sur un arrêt récent (mai 2017) de la cour de cassation concernant l’article L5425-8 du Code du Travail qui dit que si tout demandeur d’emploi peut exercer une activité bénévole, cette activité ne peut s’accomplir chez un précédent employeur, ni se substituer à un emploi salarié, et doit rester compatible avec l’obligation de recherche d’emploi.

Les artistes ne sont pas reconnus comme des “créateurs d’activités” mais comme des “bénévoles”, terminologie tout autant flou juridiquement que celle « d’entrepreneur ».

Christine Breton, sociétaire elle aussi d’Hôtel du Nord, revient dans le texte joint sur ce « cas mal posé » alors que “le statut des artistes n’est toujours pas clarifié”.

Ou bien si, si l’on considère qu’ils ne créent pas d’activité. Comme coopérative, nous ne pouvons que témoigner du contraire et nous inquiéter de cette situation qui met en péril notre propre activité et fragilise nombre de nos sociétaires, déjà fortement précarisés ces dernières années. Nous publions le texte de Christine Breton pour contribuer à ce débat et accompagner Martine Derain dans la bataille juridique qui s’annonce.

 

Le cas de l’artiste-éditrice Martine Derain

Contentieux Pôle emploi. Témoignage de Christine Breton, Conservateur honoraire du patrimoine.

Je tiens à témoigner dans le cas cité afin de souligner les enjeux collectifs qu’il fait apparaitre pour la création artistique et pour la politique culturelle publique.

Pour ce faire je compte m’appuyer sur mon expérience professionnelle de fonctionnaire que je résume aux trois terrains qui concernent le différend :

  • de 1973 à 1986, Conservateur au Musée des Beaux-Arts de Grenoble puis de deux Fonds Régionaux d’Art Contemporain (FRAC), je suis chargée des acquisitions et de la valorisation de collections publiques françaises, spécialisée en art contemporain, docteur en histoire ;
  • de 1987 à 1995, Conservateur chargée de mission à la Ville de Marseille, j’ai la responsabilité de la politique culturelle dans l’équipe de Dominique Wallon, soit création, musée, recherche, école d’art et marché de l’art, j’enseigne aussi à l’université ;
  • enfin, de 1995 à 2010, date de ma retraite, Conservateur sur un programme Ville-Etat-Conseil de l’Europe, je mène la première mission expérimentale européenne de Patrimoine intégré, dans le contexte des quartiers nord de Marseille.

1 – Enjeux pour la politique culturelle publique.

Avant tout, il me semble que le cas cité est mal posé. Le différend qu’il décrit relève d’une évolution des services publics de l’emploi, de l’économie et de la culture. Son règlement doit être interne, entre les administrations concernées. Les artistes que ces services ont la charge d’accompagner ne peuvent servir de prétexte. Que Pôle Emploi oblige Martine Derain à aller devant le Tribunal de Grande Instance ne peut être concevable au regard de l’histoire des politiques publiques que je me propose de re-contextuer.

J’ai rencontré Martine Derain, artiste autodidacte arrivée à Marseille en 1986, dans le cadre des projets de l’association Casa factori qu’elle avait co-fondée. En 1988 D. Wallon avait décidé de mettre en mouvement le cycle de l’art et j’accompagnais tous les acteurs qui allaient enclencher la fameuse “Movida” marseillaise. Divisé en 4 parties égales et dépendantes les unes des autres, la mise en mouvement du cycle de l’art s’est faite avec peu de moyens publics tant sa potentialité est riche :

* Le quart des musées remplit la fonction de référence. C’est le corps de symboles qui nous fait citoyens de la République française. C’est une institution décentralisée, municipale, créée par la Terreur et organisée par Jules Ferry.

* Le quart de la seconde institution publique, municipale, l’école d’art, remplit la fonction de transmission. L’artiste du passé transmet ses savoirs-faire à l’artiste du futur. Cela se passe dans la connaissance et dans l’exemplarité des artistes.

* Le quart des artistes remplit la fonction de production. Autodidactes ou sortis de l’école d’art ils ont perdus leur statut Etudiant. Aucun statut ne les attend de l’autre côté de ce passage. Ils ne bénéficient pas de celui d’intermittents du spectacle. Il leur reste à monnayer leurs diplômes dans l’enseignement. Ils peuvent s’organiser en réseaux, en ateliers ou galeries d’artistes avec le statut d’associations loi 1901. Ils peuvent se déclarer auto-entrepreneurs pour poursuivre leur recherche et leur production artistique. Ils peuvent adhérer à la Maison des artistes ou à l’AGESSA.

* Le dernier quart est celui du marché de l’art qui remplit la fonction de diffusion : achats, ventes,

échanges de la production artistique. Il est régi par la loi du marché. L’art contemporain est devenu valeur refuge dans la financiarisation actuelle.

Mettre en mouvement les 4 fonctions imposait, en priorité à Marseille, d’accompagner le quart le plus fragile dont tout le reste dépend : les artistes, les producteurs. Ma mission devait être inventive et diversifiée :

–       avec les services sociaux, permettre au cas par cas la sortie du sous-prolétariat et de la misère ;

–       avec les services de Pôle Emploi faire reconnaître leur spécificité et chercher une solution statutaire ;

–       avec les services municipaux restaurer les lois qui favorisent la commande publique aux artistes comme le 1% ;

–       avec les services de l’économie relancer le marché de l’art via le soutien aux galeries associatives, les achats au fonds communal restauré et les participations aux foires internationales d’art;

–       avec les artistes inventer des co-éditions de catalogues ou livres spécialisés pour les faire connaître, des co-commandes, des co-installations de l’outil de travail qu’est l’atelier d’artistes ;

–       avec les services culturels soutenir les actions en réseau des artistes ;

–       avec les logeurs publics négocier pour intégrer des ateliers-logements dans leurs programmes, etc…

Je dois avouer une limite à l’issue de ma mission en 1995 : le statut des artistes n’était toujours pas clarifié. Faiblesse qui allait produire un effet pervers lors du changement de municipalité. Le clientélisme a remis à l’honneur les subventions au lieu des accompagnements théoriques et

économiques. Les subventions se sont raréfiées créant encore plus de misère et la nécessité pour les artistes de jongler encore plus vite entre les statuts acquis.

Le cas Martine Derain montre bien comment dans le cadre légal une même personne doit passer d’artiste à directrice artistique à chômeuse à mandataire associative pour rester en vie et dans le mouvement de sa propre création. La multiplication des collaborations entre associations comme la multiplication des échelles territoriales sont le signe d’une profonde transformation de la recherche artistique. Plus holistique, elle doit trouver les moyens de transcender les classifications et les métiers devenus obsolètes.

2 – Enjeux pour la création artistique

On pourra objecter que mon témoignage n’est pas recevable car je suis juge et partie ayant été moi même publiée dans la maison d’édition animée par Martine Derain : “les éditions commune”. Je vais effectivement m’appuyer sur cette expérience à la frontière entre mon travail de chercheuse et celui de conservateur pour témoigner dans son cas des enjeux collectifs en matière de création artistique.

En 2010, lors de ma retraite, j’ai pu entreprendre le grand chantier des “Récits d’hospitalité”. En neuf livres et trois ans de recherches, j’ai tenté l’écriture de l’histoire des quartiers dont j’avais partagé durant

15 ans l’aventure patrimoniale. Il s’agissait d’une double expérimentation de la pratique du patrimoine intégré et de l’écriture de l’histoire dans son contexte. Il n’était donc pas question pour moi de choisir une maison d’édition issue de mon milieu patrimonial par trop spécialisé. A l’inverse je ne pouvais choisir une maison d’édition grand public car trop tentée par le « scoop » du quartier mis au ban. J’ai cherché une maison d’édition capable de création formelle et stratégique. C’est ainsi que j’ai sollicité les “éditions commune”. Un long partenariat intellectuel a alors commencé. Dès 2013 les 9 ouvrages ont été édités puis vendus dans les librairies spécialisées et dans les lieux improbables des quartiers concernés. Certains d’entre eux sont d’ores et déjà épuisés.

Voilà ce qu’a su créer l’artiste-éditrice, un nouvel espace de diffusion des idées et des créations artistiques. Situation unique ! Je n’aurais jamais pu trouver un autre espace pour restituer mes recherches. J’ai alors compris la cohérence du processus de Martine Derain commencé avec le journal mural collectif créé via l’association “Casa Factori”. Voilà la meilleure école pragmatique pour aborder le rapport aux publics. Et c’est cette école que Pôle Emploi réfute. Pourtant en tant que Service public, nous devrions être tous fiers d’avoir participé au développement de cette aventure de 30 ans.

30 ans : le temps de formation d’un être humain. 30 ans de dépenses publiques tel un investissement que l’on dénie au moment d’en cueillir les fruits. Comme si nous, les responsables de politiques culturelles, nous nous étions trompés dans notre diagnostique collectif!

La lecture inversée des textes tronqués de la loi de 1901 et de celle de 1998 par Pôle Emploi vide leur contenu et donc le sens. Inversement l’article 103 de la loi N.O.T.Re de 2015 concernant les droits culturels des citoyens et la loi relative à la liberté de la création, à l’Architecture et au Patrimoine du 7 juillet 2015, comme les textes européens dont la Convention de Faro, donnent raison à Martine Derain créatrice et citoyenne.

En espérant que mon témoignage contribuera à la solution de ce différend.

Christine Breton, Conservateur honoraire du Patrimoine.

La Marseillaise : Marseille, d’hôpital en hospitalité, l’Hôtel du Nord fait le pas.

Le journal La Marseillaise a publié lundi 19 février un article de Myriam Guillaume sur notre engagement auprès de l’Hôpital Nord et des aidants : Marseille : d’hôpital en hospitalité, l’Hôtel du Nord fait le pas.

Dédiée à la découverte du patrimoine, la petite coopérative de l’Hôtel du Nord ouvre son offre hospitalière aux accompagnants des patients de l’hôpital Nord à Marseille. Des habitants des quartiers Nord développent du lien, là où l’offre hôtelière est malade. Lire la suite.

#COOPS, plus que 15 jours pour apporter votre soutien!

Dans 15 jours se clôturera la campagne de financement participatif lancée par notre nouvelle coopérative Les oiseaux de passage.

A partir de 10 euros, vous pouvez nous aider à réaliser un ouvrage, un reportage et un événement pour promouvoir les plateformes coopératives en France. On compte sur vous!

#COOPS est un exemple concret de ce que vous allez co financer : une nouvelle revue allemande dédiée aux plateformes coopératives. #COOPS réunit des interviews et des points de vu, des références et un glossaire, des portraits d’initiatives et d’activités et des illustrations graphiques, artistiques et ludiques. #COOPS est une publication collaborative d’étudiants de l’université allemande Viadrina.

Nous avons le même projet d’édition collaborative accompagner d’un reportage vidéo et d’un événement public sur le droit au voyage et les plateformes coopératives, nouvelle forme de réappropriation collective des GAFA. Nous avons déjà identifié qui nous souhaitons interviewer et inviter à écrire un article et à débattre avec vous lors d’un événement public enregistré et partagé.

Ils nous restent moins d’un mois pour réussir avec vous notre campagne de financement participatif pour financer ce travail d’édition et les frais d’organisation et diffusion de l’événement.

Cliquez ici pour participer.

Les oiseaux de passage en collecte

Peut-on trouver du plaisir à préparer son voyage sur le web ? Où écouter, lire ou regarder les histoires et paysages de celles et ceux  chez qui l’on va se rendre ? Comment trouver celles et ceux qui  exercent leurs métiers avec passion ? Comment voyager d’humain à humain, dignement, dans le respect de chacun? Comment faire du voyage un moment qui nous transforme de par la richesse des échanges qu’il permet?

Le voyage est parfois à l’origine de choix de vie, il est un atout pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, il est une ressource économique pour de nombreuses personnes. L’industrialisation du tourisme, la dysneydanlisation des destinations, l’intrusion des plateformes collaboratives font que voyager est devenu incertain sans parler de celles et ceux qui n’en n’ont pas les moyens.

Pourtant, les acteurs du tourisme social n’ont pas disparu, les lieux culturels continuent de programmer, les marchés de producteurs se développent, les érudits locaux poursuivent leurs recherches historiques et, depuis peu, internet pourrait nous permettre d’avoir accès directement et librement à ses personnes et leurs créations et savoirs. Le voyage est toujours possible.

Il nous aura fallu trois de recherche et réflexion pour imaginer et  construire une plateforme coopérative de voyage qui propose de voyager d’humain à humain : Les oiseaux de passage. Une plateforme pensée et construite en commun par celles et ceux qui vont la faire vivre, une plateforme qui place l’humain et le voyage au centre.

La coopérative Les oiseaux de passage propose pour l’année 2018, “année européenne du patrimoine culturel“, de contribuer au débat public à travers une édition et un événement qui donne la parole à celles et ceux qui ont nourri notre réflexion et notre compréhension sur des sujets parfois nouveaux pour nous, comme l’économie collaborative, délaissés comme le “tourisme pour tous” ou plus méconnus comme l’hospitalité ou les droits culturels.

Nous avons opté pour un financement participatif avec l’appui de J’adopte un projet pour d’ici fin février 2018 récolter 6.000 euros. Les dons possibles commencent à 10 euros et les contre parties diverses vont de votre nom dans la publication jusqu’à un voyage. On compte sur vous! > participer au financement.

photo-profil-en-collecte-les-oiseaux-de-passageLa publication et l’événement public porteront sur ce que nous avons appris et compris sur l’économie collaborative, les principes coopératifs et les droits culturels appliqués au voyage, sur les raisons qui nous amènent à vouloir la mettre en œuvre sans créer de nouvelles « étiquettes » en prenant comme cadre l’état de droit, comme horizon les droits humains et comme voie la coopération, sur notre capacité à innover à partir du commun, des droits culturels et des principes coopératifs et de témoigner de notre histoire particulière du simple fait d’être partie pour une fois de communautés existantes, parfois de longue date, pour créer une plateforme internet, et non des seuls développeurs et investisseurs.

La plateforme coopérative Les oiseaux de passage fait halte à Marseille

Vendredi 1 décembre de 14:30 à 16:30, le Centre Social CCO Bernard Du Bois  (16 Rue Bernard Dubois, Marseille 1er) accueillera une présentation publique de notre nouvelle plateforme coopérative Les oiseaux de passage

Une plateforme coopérative européenne pour pouvoir proposer l’accueil, la découverte de destinations, l’hospitalité et les échanges culturels d’humain à humain. Une plateforme sans intrusion publicitaire ni commission, sans notation ni fichage, sans discrimination ni frontière et sans spéculateur ni optimisation fiscale. Au contraire, une plateforme coopérative, poétique et diffuse, proposant les échanges directs d’humain à humain, un accès à des offres d’hospitalité qualifiées réservables en ligne comme à des contenus culturels partagés librement et une navigation narrative comme cartographique pour retrouver le plaisir de voyager.

LODP-RECITS

Les oiseaux de passage est une initiative de professionnels et citoyens lancée fin 2014 suite à une interpellation d’Hôtel du Nord aux acteurs du tourisme, de la culture, de l’éducation populaire, de l’économie sociale et solidaire sur le besoin d’une telle plateforme coopérative à l’échelle européenne.

L’expérience d’Hôtel du Nord, au croisement de l’économie collaborative, des droits culturels et des principes coopératifs, a servi de support à deux années de travail collectif pour concevoir une plateforme innovante qui ne singe pas l’existant tout en répondant pleinement aux évolutions des usages et aux potentiels qu’offre internet.

Les droits humains, les principes européens sur la valeur du patrimoine culturel, précisés dans la convention de Faro du Conseil de l’Europe et les principes coopératifs ont été adoptés comme cadres de référence.

Deux fils conducteurs ont nourri l’innovation : le choix du « commun » comme élément structurant et différenciant là où les plateformes actuelles misent sur l’individualisme et de retrouver le « plaisir de voyager » depuis la navigation sur la plateforme jusqu’au voyage lui même.

De là est née la plateforme coopérative Les oiseaux de passage qui sera en ligne début 2018. Cette mise en ligne est aujourd’hui rendue possible socialement par la cooptation des producteurs par Les oiseaux de passage, économiquement par une logique de coopération et d’abonnement graduel aux services et commercialement par le relais des offres directement auprès des bénéficiaires des aides au départ.

Le bureau des guides du GR2013 et les coopératives Okhra et Hôtel du Nord seront présents à cette rencontre pour illustrer ce que pourra proposer en 2018 Les oiseaux de passage.

Cette plateforme est ouverte à celles et ceux qui souhaitent coopérer. Cette réunion publique est une invitation à la découvrir et la rejoindre.

LODP-WEB

Radio Télévision Suisse / Point de fuite : ma cité vaut le détour!

L’émission de La Radio Télévision Suisse “A l’abordage” qui vogue toutes voiles dehors à la rencontre de l’autre consacre un reportage à Christiane Martinez, hôte depuis 2010 d’Hôtel du Nord, son quartier de La Visitation et la balade de Christiane à La Visitation. A écouter et partager.

Populaires, pauvres, avec un taux de chômage particulièrement élevé, les quartiers Nord de Marseille sont réputés dangereux et violents.

Christiane Martinez habite depuis une trentaine d’années à la cité de la Visitation – un ensemble de logements sociaux construits sur un ancien couvent – et espère bien donner une autre image de son quartier à ses visiteurs de l’après-midi. Une visite guidée rendue possible grâce à la coopérative Hôtel du Nord.

Cette coopérative – fondée par des habitants des quartiers Nord – organise des sorties découverte et offre des hébergements dans les quartiers Nord de la seconde plus grande ville de France. Cette initiative vise à déconstruire les aprioris négatifs qui collent à la peau de ces quartiers et à montrer quʹil nʹy a pas que des dealers et des délinquants qui vivent dans le nord de Marseille.

Un reportage de Judith Chetrit, réalisé par Jérôme Nussbaum.

Les oiseaux de passage : Hôtel du Nord vous invite à y participer activement.

Les oiseaux de passage, coopérative co fondée par Hôtel du Nord, est d’abord une invitation au voyage là où dans des quartiers, des villes et des villages se cachent des trésors d’histoire et de culture, des pratiques d’hospitalité et des savoir-faire que nous invitent à découvrir et partager celles et ceux qui les produisent.

Ces producteurs réunis en communauté d’hospitalité proposent et recommandent des hébergements, des activités, des productions locales et des bonnes adresses, racontés à travers des itinéraires, des séjours, des destinations et des récits : accueilli en chambre d’hôtes ou en auberge de jeunesse, découvert lors d’une balade ou dans un fablab, produit par un artisan ou un érudit local, partagé lors d’un repas ou d’une lecture, recommandé par un habitant ou un collectif.

Voici ce que sera l’esprit, designé par Integral Ruedi Baur, de cette plateforme de voyage, lancée en 2015, pensée en 2016 et développée en 2017.

Les oiseaux de passage est à la fois la plateforme web où construire votre propre voyage et la coopérative qui réunit ces communautés d’hospitalité. Ces communautés et les fondateurs ont en commun d’agir pour le respect des droits humains, de la dignité de chacun et sans discriminer qui que ce soit.

Face à une économie collaborative qui nous met en concurrence, de consommateur à consommateur, de territoire à territoire, Les oiseaux de passage propose la mise en commun, d’humain à humains, et utilise le web collaboratif pour redécouvrir le plaisir de voyager, de tisser des liens et de partager.

Les oiseaux de passage est une coopérative d’intérêt collectif dont le financement repose sur la mobilisation active des futurs membres et usagers de cette plateforme. Hôtel du Nord invite ses producteurs, passagers et soutiens à y participer en investissant, en s’abonnant, en faisant un don et en partageant cet appel à participation dans vos réseaux : lesoiseauxdepassage.coop/participer

Les fondateurs : 4 personnes morales – la coopérative d’habitants Hôtel du Nord, l’agence de voyages Ekitour, le réseau d’entreprises Minga et le Fablab Point Carré – et 5 personnes physiques.

Des droits humains universels, indissociables, interdépendants et intimement liés.

Maintenant que la France a par deux fois inscrit les droits culturels dans la Loi en 2016, va-t-elle signer la Convention de Faro sur la valeur du patrimoine culturel pour la société ? Comment se positionnent les candidats à l’élection présidentielle ? Les défenseurs des droits culturels?

En 2015, en réponse à une question au gouvernement du Député du Morbihan Paul Molac, l’État a répondu qu’un examen approfondi, nécessaire avant toute signature puis ratification éventuelle de la Convention de Faro, était actuellement en cours. Où en est cet examen? Sur le terrain, le débat se poursuit.

Des sociétaires d’Hôtel du Nord ont participé à la rencontre organisée par le réseau Culture 21 en partenariat avec La Gare Franche les 7 et mercredi 8 février sur “Les communautés patrimoniales en débat“. Le Réseau culture 21 inscrit ses travaux dans la promotion de la diversité et des droits culturels dans l’ensemble des politiques publiques en s’appuyant sur l’Agenda 21 de la culture et la Déclaration de Fribourg issue de la société civile.

Jeudi 16 février, des sociétaires ont participé au forum citoyen  “Culture, Communs et Solidarités : pour un engagement culturel citoyen et solidaire” organisé au Sénat par l’Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles (UFISC) autours de la reconnaissance des droits culturels par les Lois Liberté de Création, l’Architecture et le Patrimoine (LCAP) et Nouvelle Organisation Territoriale de la République (loi NOTRe). L’article 103 de la Loi NOTRe reconnait que sur chaque territoire, les droits culturels des citoyens sont garantis par l’exercice conjoint de la compétence en matière de culture, par l’État et les collectivités territoriales.

Au sein Des oiseaux de passage, nom de la plateforme coopérative d’hospitalité que co développe Hôtel du Nord, ce qui fait commun, et donc débat, c’est que tous les droits humains sont universels, indissociables, interdépendants et intimement liés. En économie collaborative, le droit au congés (art. 24) ne peut se réaliser au détriment du droit à une rémunération équitable et une protection sociale (art. 23) et ni au détriment du droit au respect de la vie privée (art. 12). Réciproquement, les droits culturels (art. 27) ne peuvent s’exercer au détriment du droit de circuler librement et de choisir sa résidence (art. 13). C’est ce qui explique que autours de la table se retrouvent des acteurs du tourisme social, de la culture, du commerce équitable ou du web sémantique.

Au sein du Conseil de l’Europe, plus veille institution européenne créée par les précurseurs d’une Europe en paix fondée sur les valeurs des droits de l’homme, de la démocratie et de l’État de droit, les 47 pays membres ont signé la Convention européenne des droits de l’Homme qui vise à protéger les droits humains, la démocratie et l’État de droit, sous le contrôle de la Cour européenne des Droits de l’Homme.

En ce sens, la Convention de Faro, et sa ratification par la France, nous semble un cadre indispensable pour que l’ensemble de ces initiatives locales, nationales, internationales, publiques et civiles, ce “rêve éveillé”, se transforme en principe espérance.

Pour poursuivre ce débat et y participer, nous partageons le un lien vers le plan d’action Faro auquel nous participons activement et un entretien avec la Sénatrice Marie-Christine Blandin réalisé par le Réseau culture 21 en avril 2016. Elle revient  sur le processus d’inscription des droits culturels dans la loi NOTRe et présente les principaux débats suscités par cette inscription dans la loi nationale française.