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LE MILLE-PALMES #1 – Des chants et des kayaks

Quai de la Flottille – Quai de la Lave – Saumaty- 9/10/2026

Dessin aquarelle @Mathilde H

Cette année le Mille – Pattes est devenu amphibie ! 

Il s’est transformé en Mille-Palmes..

Comme vous le savez sûrement, Le Mille-Pattes est un groupe de voisins (et qui ne se connaissent pas forcément) qui part chaque année en exploration, là où on habite, dans les 15e et 16e arrondissements principalement. Cette année, avec l’envie d’accompagner les diverses mobilisations souhaitant un meilleur accès au littoral, le projet ‘Camembert” et de renouer des liens de voisinage plus riches avec la mer, on s’est dit qu’on pouvait chausser les palmes et tenter d’explorer le territoire par la mer !

Nous allons rencontrer des habitants, artisans, et structures qui pratiquent la mer, partager des récits et des connaissances. Mais nous croiserons aussi des projets et des enjeux politiques moins drôles comme ceux des data centers ou la dégradation écologique de la méditerranée.

Le démarrage de l’histoire se fait cette année aussi dans la rencontre avec un trio d’étudiantes-artistes de la FAI-AR, une formation d’art en espace publique, qui viendront contribuer et  stimuler nos imaginaires.

Stay-tuned (resté.es connecté.es sur le site d’Hôtel du Nord) pour la prochaine exploration ! 

Chants des sirènes, j’en verse la larme.

A quai je reste aux aguets de ce qui traverse

Je tire l’écoute et le voile dans mes yeux me drisse les poils.

Mais j’en ris aussi et je lâche les amarres.

Je pare, battants les digues qui m’encerclent

J’enroule et je noie les barrières, ça m’aspire.

Palme à palme je file vers la ligne d’horizon,

Qui m’hameçonne ».

Willy

Le Rendez-vous est donc donné un vendredi d’octobre sur le quai à l’abandon en face du Camembert, relique de l’activité industrielle du quartier et aujourd’hui au cœur des débats sur le devenir de zone littoral.

Avant le pique-nique, nous avons rencontré nos voisins de quai, la start-up Subsea Tech. Ce groupe d’ingénieurs en robotique, faisaient des tests avec un étrange bateau transportant un étrange robot cartographe!  

Cette entreprise développe des solutions robotiques pour observer sous l’eau.. Ça peut servir à diverses missions (par exemple aller inspecter les canalisations hydrauliques  et les circuits de refroidissement des centrales nucléaires…) et notamment à observer les fonds marins. L’archéologie sous-marine peut faire appel à ce genre d’engins mais aussi, on le découvre ce jour-là, des acteurs scientifiques intéressés à caractériser la pollution maritime.

Il s’agit, si on a bien compris, d’ensuite produire des cartes des déchets sous-marins, et cette première rencontre fait germer chez nous l’envie de cartographie du dessus mais aussi du dessous… À suivre…

Entourés par la mer avec un magnifique paysage derrière, nous pique-niquons ensemble sur l’ancien Quai sans nom, aujourd’hui rebaptisé Quai de la Flottille. Ce nom vient d’une aventure collective vécue ici en début d’année.

Cette occupation des quais a eu lieu précisément au moment où plusieurs associations du quartier se mobilisaient autour de ce quai, pour une nouvelle fois demander aux autorités portuaires et aux collectivités de prendre en compte les besoins des populations mais aussi leurs compétences pour organiser et coordonner des usages. 

L’expérience de l’organisation du quai grâce à la flottille est ainsi également apparue comme une sorte d’application d’un quai investi, nettoyé et animé par les citoyens quand le temps administratif et les difficultés de gouvernance à Marseille entraînent des situations d’abandon de parfois  plusieurs dizaines d’années…

Planches facilitation graphique @Giulia David

Après le port de l’Estaque, il faut pénétrer, depuis la route, dans le trou d’un mur de hangar abandonné pour débarquer sur ce bout de quai. Là, depuis un mois, des dizaines de militants s’affairent à préparer une vingtaine de voiliers pour une mission aux grandes ambitions : casser le blocus mis en place contre les lois internationales par Israël, en Palestine, en se rendant à Gaza, où sévit la guerre. (source Marsactu – 4 avril 2026)

Mon rapport à la mer

La conversation commence avec des petits papiers distribués par Nin, Zef et Rebecca, le trio de la FAI-AR accompagnés par Willy. Chacun invite à se poser une question sur son rapport à la mer  :

Au fil des paroles, des bribes d’histoires maritimes émergent. Souvenirs d’enfance dans la froideur de la Baltique ou de la Manche, romances au fil des flots, ou constat d’un lien distendu, particulièrement ici, à l’Estaque, où la mer se dérobe. L’intime resurgit : l’enfance, creuset de nos attaches indéfectibles. D’autres posent les mots d’un paradoxe entre liberté et entrave. On parle d’un paysage vidé de ses récits, figé en simple décor. Et l’envie s’impose, évidente et forte : renverser le point de vue, regarder la terre depuis le large, ou plonger le regard dans les fonds marins.

Hicham nous raconte que la pratique du surf était très importante pour lui dans sa ville natale de Casablanca au Maroc. Quand lui et sa famille déménagent à Marseille, il habitait à la Savine, avec une mer bien visible, mais de loin… Il prend alors le bus avec sa planche de surf, les gens rigolent dans le bus, il arrive à la mer… Pas de tout de vagues, c’est une mer plate ! Il rentre à la maison, très déçu, il dit, c’est pas la mer, je déménage d’ici. Depuis il a changé d’avis, et a maintenant de nombreux attachements car il a trouvé les bonnes manières de la rencontrer, autrement que par le surf…

Dessin aquarelle @Mathilde H

C’est ainsi Hicham qui nous emmène un peu plus tard à balader sur la mer, mais… en kayak ! 

Mais avant, nous nous sommes mis à chanter…

Entends-tu sous nos pas / Les vagues qui grondent
La révolte est là / Et nos voix comme l’onde
Ils brûlent nos forêts / Les transforment en désert
Nous serons la source / Qui reverdit la terre

Ils violentent nos liens / Mais dans tout ce carnage
Nous tirons de nos larmes / Plus de force que leurs armes
De nos milliers de bras / Nous irons étrangler
Leurs machines de mort / Et la loi du plus fort
Leurs machines de mort / Et la loi du plus fo’ – Oo – Oo

Nous sommes trois et puis cent / Comme un raz de marée
Nous sommes fières et puissantes / Et nous allons noyer
Leur monde asséché / Le laver à grandes eaux
De nos corps emmêlés / Nous ferons des radeaux

À nos sœurs de combat / Et nos frères oubliés
Nous ouvrirons les bras / Pour mieux les embrasser
Et enfin rassemblées / Sous un ciel d’orage
Nous bâtirons des rêves / Palais de coquillages
Nous bâtirons des rêves / Palais de coquilla’ – Aa – Aa

Et nous sommes noué-é-ées
Comme l’arbre aux racines
Comme l’eau au rocher
Comme la rose aux épines
/ Texte et polyphonie Agathe Zimmer

Et on s’est mis en mouvement, vers le hangar du quai de la flottille puis vers le point d’interrogation du parking au quai de la Lave, que nos amis du projet Camembert ont peint au mois d’avril comme revendication de l’accès à la mer mais surtout comme invitation à la discussion. La quai de la Lave est lui aussi un ancien quai industriel à l’abandon depuis des dizaines d’années. Plus ouvert que le quai de la flottille, il accueille lui aussi des usages individuels (pêche, barbecues…) mais a perdu les usages collectifs organisés pendant quasiment 20 ans par ce qui s’appelait le “carré associatif”.

Thalassanté et deux autres associations ont fait partie du carré associatif avant d’être délogés par le port de Marseille en 2021. Thalassanté International était un village portuaire qui a inscrit et transformé son écosystème local. Ce tiers-lieu était composé de conteneurs maritimes aménagés, et a été implanté pendant plus de 20 ans en bord de mer, à la mise à l’eau de l’Estaque, l’accès public à la mer le plus proche des quartiers Nord de Marseille.

Ce lieu-ressource mutualisait des espaces de travail, de vie ainsi que des moyens et un réseau riche de membres et de partenaires. L’association était un incubateur qui contribue au développement de projets associatifs ou entrepreneuriaux dans les domaines tels que la culture maritime, l’artisanat, l’art, l’insertion, l’innovation sociale, la culture, la santé et le bien-être, la transition écologique, le « vivre-ensemble », en s’appuyant particulièrement sur le réemploi des matériaux, le prototypage et les low-tech.  

En avril 2025, alors que des conversations s’organisaient avec le grand port quant aux besoins d’un meilleur échange sur le devenir de ces espaces, on apprenait la mise en concession à l’entrepreneur Patrice Rossi déjà très présent sur le littoral avec Port Corbières.

Ce point d’interrogation est ainsi venu clôturer une journée de mobilisation festive autour du Camembert comme une question ouverte, dont on a pu se ressaisir avec le Mille Palmes, sous forme d’une petite cérémonie, où chacun.e a pu poser son désir, son rêve pour ces espaces.

Le projet Camembert . Non ce n’est pas une blague normande!  Le bâtiment rond de l’Estaque, dit « Camembert de l’Estaque » a été construit dans les années 1960 pour accueillir les ingénieurs du projet SAGA. Acronyme de Sous-marin d’Assistance à Grande Autonomie, le plus grand sous-marin civil du monde (300 tonnes, 30 mètres de long), capable de déposer des plongeurs sur le fond jusqu’à 450 m et d’intervenir jusqu’à 600 m de profondeur avec robot téléopéré (ROV). Le sous-marin repose sur son ber dans un hangar chargé d’histoire dans le village de l’Estaque,  valorisé par l’association Les Compagnons du SAGA, son “cocon”, le bâtiment rond, constitue une clé d’entrée stratégique pour redonner sens, accès et visibilité à l’ensemble du site. LIRE LA SUITE

L’accès à la mer…

Le monde maritime et portuaire traverse une phase de mutation sans précédent, où la performance économique ne peut plus être dissociée de l’impact environnemental et social. Au cœur de cette dynamique, le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM), propriétaire foncier de premier plan et moteur économique du territoire, affirme sa volonté de dépasser ses fonctions industrielles traditionnelles pour devenir un acteur central de la transition durable. Cette approche responsable trouve sa plus belle expression dans la reconfiguration des liens entre la ville et le port. Historiquement liés mais parfois perçus comme déconnectés par les citoyens, la cité et son port doivent aujourd’hui réapprendre à dialoguer.  A l’Estaque le rêve collectif d’accès à la mer se fait entendre !

En route avec les Palmes !

Hicham et son association Clapotis nous attendait au port de la Lave pour embarquer sur ses kayaks. Quelques aventurier.es embarquent pour une balade jusqu’au port de Saumaty…et des pirates aussi…

Le chant des pirates

Sont des gens de grand courage,
Ceux qui partiront avec nous (bis)
Ils ne craindront point les coups,
Ni les naufrage, ni l’abordage
Du péril seront jaloux
Ceux qui partiront avec nous. (bis)

Ce seront de hardies pilotes,
Celles que nous embarquerons, (bis)
Fines gabières dans la baston 

Je t’escamote, toute une flotte
Bras solide et coup d’œil prompt
Celleux que nous embarquerons. (bis)

Iels seront de fier·es camarades,
Celleux qui navigueront à bord, (bis)
Faisant feu babord, tribord,
Dans la tornade des canonades
Vainqueurs rentreront au port
Celleux qui navigueront à bord. (bis)

Et des gens de tous rivages

viendront bourlinguer avec nous (bis)
Des bateaux venant d’partout

Feront voyage dans nos sillage
Vent arrière ou vent debout
Viendront bourlinguer avec nous (bis)

Et c’est nous vaillantes et fières

Qui donn’ront l’ordre du départ, (bis)
Vite en mer et sans retard,
Faisons la guerre, à notre manière

Car ce n’est pas le hasard
Qui nous command’ra le départ. (x3
)

Mets ta main, ta main dans l’eau

Dans l’eau de la mer

Mets ta main, ta main dans l’eau

Dans l’eau, dans les flots x2

Pendant la balade, nous avons rencontré quelques pécheurs, mais ils n’étaient pas très causants, « Vous dérangez les poissons ! ». Puis, nous avons fait un petit halte à la plage qui se trouve à l’intérieur du GPMM, où on pouvait apprécier des hangars désaffectés, une très belle ombrière de pins et la déchetterie du Grand port ! Hicham nous explique que ça sera le lieu du futur data center, juste à côté de la forme 10.

L’inversion des points de vue sur la terre est  étonnante mais surtout on constate à quel point on ne sait pas “lire” le paysage des rives vu par la mer. Tout semble mystérieux, on ne comprend pas à quoi servent les constructions, les barges, les tuyaux, les cailloux… Il faudrait maintenant toquer à tous les quais pour mieux comprendre, rencontrer…

Hicham a par contre une vraie érudition des histoires humaines de chaque bateau. Les bateaux sont des outils de navigation, d’itinérance, mais aussi souvent des lieux refuges, des endroits entre légal et illégal, exposés au grand air mais sous les radars. L’Estaque semble être un des rares endroits du littoral où une forme de tolérance s’exerce quant au statut des présences. Ainsi rencontrons-nous les quelques derniers bateaux de la flottille, qui sont revenus par là avant de reprendre la route pour poursuivre leur cause, les bateaux chassés des autres ports aussi, l’accueil des bateaux associatifs s’étant durcis ces dernières années. Et puis il y a les trajectoires des rencontres, de ceux qui ont vécu dans celui-ci, travaillé dans celui-là. Les entraides et les bas coups avec aussi des rapports de pouvoir qui se jouent dans ces possibilités de rester ou pas.

Marie a cartographié le territoire d’exploration, on voit une ligne rose, elle suit notre trajet en kayak.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est image-14-1024x725.jpeg.

On finit  la balade en kayak en s’invitant à l’ inauguration de la filière Filae au port de Saumaty, petite entreprise menée par une jeune femme persévérante pour recycler les vieux filets de pêche. 

Filae recycle les vieux filets de pêche pour faire des murs végétalisés et des ombrières

Saumaty sommeille toujours, on y retrouve quelques-uns de nos vieux complices de balades précédentes; l’occasion de relire nos explorations de 2016 à Saumaty, quand il y avait encore quelques pêcheurs?

Nous tirons les fils jusqu’au prochain rendez-vous…

« J’entends là-bas !

Est-ce au large ou en dessous ?

J’ai l’impression que ça ne s’adresse pas à moi.

Enfin, que ça veut raconter quelque chose à la ville.

C’est endigué, fermé, enfermé. Je crois que ça veut nous aborder et j’ai l’impression que si on l’écoute, il va se passer des choses.

Ah, je crois capter, enfin j’imagine.

La mer veut être libre, mais pas seule.

Elle veut nous mouiller dans cette affaire.

Mais avant de nous inviter, elle souhaite comprendre quels sont ces paysages métalliques qui filtrent son message, nous séparent.

Elle souhaite que nous soyons soudés, nettoyés d’un frais passé qui ne lui a pas fait du bien.

Entends-tu ? »

Willy

Agnès nous a quitté comme elle nous est apparue.

« Je suis Faro », « Je suis Hôtel du Nord », « Je suis le ruisseau », « C’est à moi », « Je suis un patrimoine », « je suis un matrimoine ». 

C’est avec ces mots qu’Agnès apparaissait, debout sur une GBA, les pieds dans le ruisseau, sur une estrade ou au mégaphone. Captivante, rayonnante et érudite.

Pour qui ne la connaissait pas, ou peu, cela pouvait relever de la folie, de l’imposture, de la mythomanie ou d’un égocentrisme démesuré.

Agnès ne faisait pas du Faro sans le savoir. Elle est Faro. 

Elle est la personne pour qui la Convention de Faro a été écrite, celle pour qui la coopérative Hôtel du Nord a été créée, celle pour qui le droit au patrimoine vaut la peine d’être défendu.

Elle fait partie des sans-voix, des sans-rien, des sans-titre, de celles et ceux que l’autorité patrimoniale ne reconnaît pas, qu’elle ignore, mésestime ou méprise.

Et pourtant, elle est de tous les récits d’Hôtel du Nord. 

Par sa famille et son histoire, elle est du premier squat marseillais, mouvement à l’origine de la première loi de protection des squatteurs, elle est de l’église Saint-Louis, premier monument inscrit au patrimoine dans les quartiers Nord de Marseille, elle est du fleuve des Aygalades où, enfant, elle se baignait, elle est du chantier du port antique qui va donner naissance à l’archéologie préventive, elle est …

Elle est une immense conteuse, capable de captiver une foule, de mettre en récit une théorie complexe, de transformer une anecdote en trésor, de rendre sa dignité à un champs, de révéler nos attachements, de raconter l’Histoire à partir de ses histoires, de nous faire sentir communauté, et debout.

Elle l’est au point d’être devenue une goutte d’eau du ruisseau, cheveux bleus, au point d’avoir inventer le verbe « faroriser » et de nous avoir représenté partout où nous sommes invités.

Lorsque la Ville de Marseille signe la Convention de Faro en 2025, au musée d’Histoire de Marseille, au cœur du port antique et du mythe fondateur de la ville, c’est elle qui nous re-présente. Elle est debout, sur scène, pieds nus plantés dans le sol, devant les autorités patrimoniales de la Ville et de l’Europe. Elle déclare, une fois encore, « Je suis un patrimoine », « je suis Faro ».

Et cette fois, personne n’a douté.

Agnès est apparue dans nos attachements, nos récits, notre communauté, notre coopérative. Elle a pris sa place et a su donner sens à la nôtre. Agnès nous oblige, elle est celle qui fonde notre engagement, notre coopérative.

Elle est notre matrimoine, notre héritage, notre trésor.
À nous d’en prendre soin, de la fêter, de la partager, de la conserver, de la transmettre et de continuer à la conter et à la chanter.

Bienvenue chez toi, Agnès. Et merci.


La cérémonie de ses obsèques aura lieu mardi 20 octobre à 15h au crématorium du cimetière Saint-Pierre. A partir de 18h, nous nous retrouverons pour une soirée sous la forme d’une auberge espagnole dans le quartier des Borels chez Claire. Si vous souhaitez plus d’information, merci de nous contacter en privé. 

Dessin Mathilde Haegel

Journées Européennes du Patrimoine 2026

Comme chaque année depuis sa création, la coopérative propose à l’occasion des JEP des balades urbaines hors des sentiers battus. Chaque proposition est portée par des habitantes et des habitants des quartiers nord qui partagent leurs vécus et les connaissances récoltées au cours d’explorations et d’enquêtes multiples.

Cette année nous vous proposons 4 balades :

SAMEDI 19 SEPTEMBRE

10h-13h : La balade du ruisseau, sur les traces de Saint-Antoine

Découvrez les histoires qui relient le ruisseau des Aygalades au quartier de Saint-Antoine avec les membres du collectif des Gammares

10h-13h : Hospitalitées musulmanes de Marseille [REPORTEE]

Une balade passionnante sur le thème de l’accueil dans la culture musulmane. Cette balade ne pourra pas avoir lieu pour les JEP mais nous vous invitons à vous inscrire afin d’être tenus au courant de la prochaine date.

15h30-18h30 : La colline Consolat

Marc-Medhi vous guide dans ce quartier qu’il connait comme sa poche et pour lequel il a mille histoires à raconter.

DIMANCHE 20 SEPTEMBRE

9h30-15h : La Promenade de la Martine

Une balade fabriquée par les habitantes et le centre social du quartier de La Martine, en partenariat avec le collectif SAFI.

UN AN APRÈS LE FEU

Le 8 juillet 2025, un incendie parcourait 750 hectares de collines entre les Pennes Mirabeaux et détruisait tout ou partie de 90 maisons à l’Estaque.

Si les feux de forêt font partie des écosystèmes méditerranéens, ce feu là, dans la catastrophe urbaine et humaine qu’il est devenu, a marqué nos paysages extérieurs comme intérieurs.

Après un premier rassemblement spontanés en juillet à Miramar, nous marchons depuis dans les collines de l’Estaque touchées par le feu entre habitants, chercheurs et artistes.

Ce petit groupe invente pas à pas l’École du feu. Une école un peu buissonnière, mais surtout rigoureusement engagée dans un travail d’enquête collective, pour mieux comprendre le feu, se former, interpeller et, désormais, transmettre.

Un an après l’incendie, c’est le moment de se retrouver, de croiser les sentiers sinueux des reconstructions individuelles et collectives, pour ne pas oublier et tenter d’ouvrir des pistes pour mieux vivre avec le feu. Nous espérons vous retrouver nombreux·ses lors de ces dix jours placés sous le signe de la curiosité, de la rencontre et de la solidarité.

TOUT LE PROGRAMME : ICI

Co-organisé par le Bureau des Guides du GR 2013, avec la coopérative Hôtel du Nord et le Collectif de l’incendie du 8 juillet dans le cadre de l’École du feu, et la Mairie du 15-16.  Avec la participation de la Déviation, de l’IMVT et de l’Association des victimes de l’incendie du 8 juillet 2025 à Marseille

RÉCIT DE LA BALADE PYROS#3 : de chez moi à chez nous en passant par chez Agnès

Les 27 octobre, 12 novembre et 13 décembre 2025 nous partons en balades-ateliers entre voisins pour partager nos observations, nos questions et nos savoirs. 

Ces balades sont les débuts de l’Ecole du feu, un projet au long cours associant habitants, chercheurs et artistes pour apprendre et imaginer ensemble à la fois comment mieux se protéger mais aussi comment développer des manières d’habiter les lisières plus en lien avec ce qui nous environne. 

En voici un compte-rendu écrit de la dernière balade de ce premier cycle. D’autres suivront à partir de février et en janvier une journée de TRAVAUX PRATIQUES se déroulera au vallon Pichou/Iris pour appliquer sur le terrain nos nouvelles connaissances.

L’École du feu est initiative portée par le Bureau des guides du GR2013 avec la coopérative Hôtel du Nord et le collectif de l’incendie du 8 juillet.

🔥 La Provence : Après l’incendie du 8-Juillet à l’Estaque à Marseille, une École du feu pour apprendre à vivre avec. 🌱

Dès cet été un groupe de citoyens volontaires s’est engagé dans des marches apprenantes durant lesquelles, entourés d’experts, ils apprennent à prévenir et vivre avec le risque incendie.

Parmi les groupes de travail qui ont émergé au sein du collectif de l’incendie du 8-Juillet, créé au lendemain du sinistre à l’Estaque (16e), il en est un qui s’est spontanément porté sur l’approche du feu.

« Dès juillet, une centaine de personnes a participé à une rencontre sur le terrain avec des experts pour comprendre ce qu’est qu’habiter avec le feu, explique Julie De Muer, membre du Le Bureau des guides – GR2013. Avec la Coopérative Hôtel du Nord, on utilise la marche depuis des années pour enquêter sur le patrimoine de notre territoire, cette acculturation a permis de créer l’École du feu. »

Fin octobre, accompagnés d’un paysagiste, d’une anthropologue et d’une urbaniste, une trentaine de néophytes volontaires ont marché du chemin de la Nerthe aux Abandonnés, pour découvrir plantes pyrophiles et comment fonctionne un incendie.

Un « audacieux pas de côté » qui a permis d’accueillir la colère et de la poser « là où elle peut être un moteur » : « Apprendre donne le sentiment de moins subir et de ne plus être infantilisés ».

Et faire peut-être rentrer l’incendie de l’Estaque dans l’histoire en rendant Marseille pionnière dans cette approche citoyenne. « En s’alliant avec les chercheurs, on peut faire bouger le monde technocrate qui rédige les plans de gestion et d’urbanisme », assure Julie De Muer.

Lire la suite sur La Provence

RÉCIT DE LA BALADE PYROS#2 : De la montée du Pin à Château Bovis

Les 27 octobre, 12 novembre et 13 décembre 2025 nous partons en balades-ateliers entre voisins pour partager nos observations, nos questions et nos savoirs. 

Ces balades sont les débuts de l’Ecole du feu, un projet au long cours associant habitants, chercheurs et artistes pour apprendre et imaginer ensemble à la fois comment mieux se protéger mais aussi comment développer des manières d’habiter les lisières plus en lien avec ce qui nous environne. 

En voici un compte-rendu écrit, ainsi qu’un récit photographique de l’artiste Garance Maurer.

L’École du feu est initiative portée par le Bureau des guides du GR2013 avec la coopérative Hôtel du Nord et le collectif de l’incendie du 8 juillet.

Le fond coopératif d’archives populaires de la Coopérative Hôtel du Nord est ouvert

C’est signé!

Le fond coopératif d’archives populaires de la Coopérative Hôtel du Nord est ouvert aux archives municipales de la Ville de Marseille

Avec comme premier don-cadeau les archives racontées de Noailles Debout! suite au drame du 5 novembre pour ne pas oublier et faire place aux récits, personnes, patrimoines et matrimoines populaires, parfois traumatiques, conflictuels et dissonants, qui font l’histoire d’une ville comme Marseille.

Un fond relié aux chaînes, cadeau symbolique des effondrements, offertes au musée d’histoire par les habitant•es et entrées dans ses collections. Un double fond d’archives racontées et communicables pour que l’institution en assure la pérennité et l’accessibilité sans que l’association ne perde sa capacité à les raconter.

Merci aux élu•es Perrine Prigent , élue au patrimoine, Marie Batoux, élue à l’éducation populaire et Jean Marc Copolla, élu à la culture, au Musée d’Histoire de Marseille et aux Archives municipales d’avoir rendu cela possible dans la suite de l’adhésion de la Ville aux principes de Faro.

Un grand merci à Noailles debout! et aux collectifs de Noailles réunis en comité d’archives pour la grande confiance accordée à la coopérative d’habitant•es des quartiers nord de Marseille Hôtel du Nord.

Maintenant qu’il est ouvert et structuré, reste à l’enrichir des récits jusque là invisibles, ignorés et écartés.

La Marseillaise : La mémoire vive de la rue d’Aubagne aux Archives

La Provence : Une partie de la mémoire du drame de la rue d’Aubagne entre aux Archives municipales de Marseille

Des graines de liberté à prix libre

Des sachets de graines de liberté – du fenouil sauvage – sont en vente à prix libre dans les lieux d’hospitalité de la Coopérative Hôtel du Nord et son stand au Dimanche aux Aygalade

🌱 La Coopérative Hôtel du Nord, la SCIC Graines de Liberté – Hadoû ar Frankiz et la Société horticulture et d’arboriculture des Bouches-du-Rhône se sont associés pour proposer des sachets de FENOUIL SAUVAGE, un emblème de Marseille.

🌿 Il y a des plantes sauvages qui ont appris à coévoluer avec l’humanité, à se sélectionner elles-mêmes pour s’adapter à l’évolution du climat et à trouver leur place dans les interstices de notre urbanité : le fenouil en fait partie.

🍀 La sélection variétale des plantes cultivées conduit aujourd’hui à une érosion génétique très préoccupante. Les plantes sauvages comme le fenouil, par sa force d’adaptation, nous invitent donc à rester apprenants du monde végétal vivant avec lequel nous coexistons.

🌾 Entre les plantes sauvages et les cultivées se joue l’avenir d’une agriculture robuste, capable de faire face aux fluctuations brutales de notre environnement. Ce n’est plus le caractère d’un individu, mais bien la diversité d’une population qui est importante à l’avenir en matière de sélection. Face à l’érosion génétique, les critères d’homogénéité qui conditionnent la commercialisation de semences sont sérieusement à interroger .

☘️ À son échelle, par son héritage méditerranéen, par la diversité de ses usages (alimentaire, médicinal), le fenouil sauvage nous y invite.

👉 Le récit sur la SCIC Les oiseaux de passage : LE FENOUIL SAUVAGE Un emblème de Marseille