LE SENS DE LA PENTE #6

On vous raconte les aventures du 1000 pattes, groupe d’explorateurs de grande proximité, des voisins qui marchent pour transmettre, comprendre, se rencontrer, créer et finalement mieux prendre soin de nos quartiers… Nous cheminons cette année le long de la pente qui du Massif de la Nerthe finira par nous conduire à la mer…

LE RECIT DE MARYSE

Maryse a une superbe coiffure. Un panaché de mèches de teintes diverses et vraiment bien assorties : des blonds cendrés, des cuivres et des roux qui ressemblent à une fourrure élégante de jeune renard. Elle nous accueille au seuil de sa porte, nous surplombe comme un reine. 

Nous on est là, dix abrutis par la chaleur dès neuf heures du matin à reprendre nos premières  explorations sur le Sens de la Pente post confinement. 

Suivant la proposition d’Adrien de suivre le vallon des Riaux entre le massif de La Nerthe et la mer,  nous nous laissons “couler” le long des traverses, à cueillir les prunes qui mûrissent dans les délaissés, à goûter la fraîcheur des petits jardins qui débordent des cabanons. Les noms se croisent et répètent, Puget, Michel, Chauffert, … évoquant des connexions, des mariages qui sait, entre les différentes familles actrices du développement industriel du Nord de Marseille au 19ème et 20ème siècle : tuileries, cimenteries, manufactures.

Un vieux monsieur prend torse nu le vent devant sa maison pendant que le rideau en face vole à la fenêtre d’anciens logements ouvriers. C’était la maison des directeurs, ou les bureaux, ou la maison du directeur de La Coloniale. Dans la richesse des détails le tout reste flou mais une chose est sûre, nous tournons depuis une heure autour de ce que fût La Coloniale. Sa femme nous oriente vers Cézanne “par là, plus haut c’est joli”.

“Si vous cherchez la plus belle chose du quartier, c’est moi.” reprend le monsieur. 

Maryse, elle ne peut pas marcher, elle attend depuis six mois qu’on l’opère du second genou. “J’ai dû passer presque quatre vingt jours de confinement moi à attendre cette opération”. 

Pendant le confinement Mathilde est venue l’aider, lui faire des courses, discuter.

La maison est coquette et soignée, des cigales en céramiques près de l’évier, les plantes vertes dans le salon, les radis attendent équeutés le déjeuner. Il est 11h, l’assiette est déjà mise, une seule, dos à la porte, face à la fenêtre. Oh comme c’est frais, ici. “C’était le dispensaire de Lafarge, ils ont tout revendu en 1974,  on a acheté avec mon mari en 1977. Comme on travaillait dans l’entreprise on était prioritaire.”

Dans le quartier que La Coloniale semble avoir construit en grande partie, logements, salle des fêtes, espace de santé sont mis à la disposition des ouvriers et des cadres. Sur le carrefour se regardent une maison de cadre, le dispensaire, la coopérative et les cités-logements, leur cours et buanderie communes, et leurs jardins.

Le commun est partout, à l’initiative de La Coloniale, puis de Lafarge. Ce qui n’est pas construit par l’entreprise elle-même profite de la mise à disposition des matériaux par l‘usine. 

Habitat ouvrier, maisons des cadres, équipement, poussière sur la peau au retour du travail, minéralité de la montagne,… : le ciment lie tout cela.

C’était la famille, il te donnait des cadeaux pour ton mariage par exemple. Moi quand j’ai épousé mon mari nous avons eu une maison là en- bas.” «Ils vous l’ont donnée?» je demande. «Non, on habitait sans payer, c’était la famille.»

Dans le récit de Maryse, la massif lui-même semble faire partie de ces équipements communs à une famille.

Je prenais la poussette avec mes petits, des jumeaux, et j’allais biberonner là-haut à pied. On allait pique-niquer à la table ronde, les enfants jouaient dans le château, allaient se baigner Aujourd’hui, les bâtiments industriels ont été détruits en grande partie et le site fait l’objet de travaux de décontamination. Des cités ouvrières de très petites dimensions ont été construites dès les années 1880, à la périphérie immédiate du site industriel. A Cossimont, on cueillait les asperges, on ramassait le bois du barbecue, on allait aux fleurs.

Et puis son visage, rayonnant dès qu’elle parle de ses “petits” se ferme, et l’oeil se mouille.

Maintenant il y a des carcasses de voitures brûlées, c‘est dommage. Le château est tout écroulé, je n’y vais plus, c’est trop triste.” 

LE TEMPS DE LA MOBILISATION

Deux heures avant, au café, ML s’autoproclame la bête noire de Lafarge. Voilà des années qu’elle se bat contre les poussières qui émanent des concasseurs et poudrent arbres, terrasses, poumons. Elle est partie prenante du collectif de protection de la Nerthe qui réveille aujourd’hui sa mobilisation en apprenant la mise en vente des terrains agricoles de la ferme Turc. La nouvelle réveille la crainte que Lafarge ne s’en saisisse.

Il ne s’agit d’ailleurs pas forcément de craindre une carrière mais de voir des espaces vécus et pratiqués comme publics passer aux mains d’une industrie privée. Nombre d’habitants après des années de lutte attendent toujours l’aboutissement d’une promesse de vente des terres au Conservatoire du Littoral.

 « Ils nous doivent tout, on leur doit quoi nous? Le ciment, tout ça” avec un geste sur les alentours” les constructions, … Mais sinon? Il n ‘y a plus que 13 ou 14 emplois dans l’usine, ça ne nourrit plus personne ici“.

 “C’est le site le plus pollué de France au niveau des poussières. Ce n’est pas de leur faute d’ailleurs, c’est de la faute de la géographie du site. Les jours de mistral, elles dégoulinent le vallon, poudrent les arbres de gris pendant parfois deux trois jours s’il ne pleut pas.

Retour chez Maryse

Et la pollution que pouvait provoquer ces usines vous en aviez conscience ? “ je demande à Maryse.

Il y avait 5 usines ici à L’Estaque :  La Coloniale, qui est devenue les chaux et ciments de Marseille, les ciments de Marseille, puis Lafarge, où j’ai travaillé après mon mariage. Ils réunissaient les époux dans la même entreprise, c’était plus simple pour les enfants, les horaires tout cela. Et puis tu pouvais te voir au travail.

Surle qui faisait de l’équarrissage et qui a été détruite.La Société minière et métallurgique Penarroya dont une partie du site est actuellement en décontamination. Rousselot, qui fabriquait de la gélatine à partir de carcasses animales.Kuhlmann où j’ai commencé à 17 ans. Mes vêtements puaient le sulfure de carbone quand je rentrais le soir.  On savait et on savait pas. On travaillait, on était bien content.”

“Mais ce sont les gens qui ont fait le mal” reprend Maryse.

“Les gens sont venus construire là-haut autour des usines. Il y avait des nuisances forcément, des poussières, du bruit, et du coup c’est monté en confrontation et ça a, en partie, détruit, défait les liens familiaux qui existaient entre l’entreprise, ses ouvriers et cadres.”

L’ENDROIT DU DEBAT

“Ça, c’est les années 70”

Jean déménage à cette époque à l’Estaque. Dès les années 50 une génération d’ouvriers espagnols et italiens avait commencé à quitter les logements ouvriers, peu à peu remplacés par les Kabyles venus d’Algérie. Dans les années 70, Lafarge vend son patrimoine de logements. Les employés sont prioritaires à l’achat.

Entre nous ça débat, qui a généré quoi, ou quoi a généré qui?

“C’était le début du recul industriel, ou son déplacement vers Fos. Et c’est à la fois l’accès à la propriété pour les ouvriers mais aussi le début des ventes et reventes de ce patrimoine. Et sans doute aussi qu’on commençait à prendre conscience des bords de mer, à les relier à d’autres fonctions, loisirs, etc. Les anciens logements ouvriers qui arrivent sur le marché de l’immobilier vont peu à peu devenir séduisants pour les “étrangers”, moi, les “bobos” du moment, ceux qui cherchent un cadre de vie différent du centre ville.”

 “En 1970, Kuhlmann ça marche. On retrouve au PC local Guédiguian et Malek Hamzaoui, qui feront ce film si nostalgique, Marius et Jeannette, sur une industrie qui péréclite, un milieu ouvrier qui disparaît. Dix ans après la vie ouvrière est morte, Kuhlmann ferme. 20 ans plus tard, c’est devenu trop cher pour nous pour acheter ici. C’est une autre génération d’”étrangers”, de “bobos” souvent précaires mais moins ancrés qui fuyant le centre ville sont venus s’installer ici.”

“En réalité, explique Jean, se superposent et se mêlent ici différentes vagues d’immigration et statuts d”étrangers”, les villages entiers italiens employés génération après génération dans les usines, l’immigration des années 20-30 puis d’après guerre venant des colonies avant la décolonisation, les migrations d’un quartier à l’autre de Marseille en recherche d’une meilleure qualité de vie… “ 

Et à nous d’oeuvrer pour nous relier sans ciment…

Récit écrit par Louise Nicollon des Abbayes

Pour rejoindre le collectif du protection du Massif de la Nerthe ou en savoir plus: https://www.facebook.com/pages/category/Cause/Collectif-de-Protection-du-Massif-de-la-Nerthe-201367896575969/



LE SENS DE LA PENTE, récit #5

On vous raconte les aventures du 1000 pattes, groupe d’explorateurs de grande proximité, des voisins qui marchent pour transmettre, comprendre, se rencontrer, créer et finalement mieux prendre soin de nos quartiers… Nous cheminons cette année le long de la pente qui du Massif de la Nerthe finira par nous conduire à la mer…

La part des sols, 2 mars 2020

LA SINUSOÏDALE D’AGNES

Nous sommes à La Déviation, ancien bâtiment technique de l’usine d’exploitation minière Lafarge. Acheté il y a quelques années par un groupe d’artistes issus de multiples disciplines, le lieu a pour but de fabriquer une alternative faite “ d’échanges, de compétences et de savoirs, de rencontres et de créations, (…) où le temps et l’espace nous appartiennent”.

L’espace a conservé ses mesures industrielles : les larges hangars se sont mutés en plateau de danse, atelier de construction ou “guinguette”, vaste espace modulable où se croisent marché de légumes frais, bar, représentations théâtrales ou dansées, concerts, expositions tout au long de l’année.  

C’est la première fois que cette exploration se fait assise, et à l’intérieur…

C’est un moment, une étape, dans notre descente du massif vers la mer où nous avons senti le besoin de faire un point. Ici le vallon se resserre, l’urbain devient plus dense, les espaces libres ressemblent plus à des délaissés industriels qu’à des îlots végétalisés.

Sur le tableau Agnès dessine une sinusoïdale.

Elle veut faire le point sur la géologie des massifs dont nous ressentons encore la présence ici ; La Déviation est lovée dans une ancienne carrière de calcaire dont des morceaux se détachent, mettant en danger les caravanes installées en dessous. L’entreprise Lafarge a la responsabilité de remettre ce lieu en état et l’on voit quelque petits hommes aujourd’ hui s’affairer sur la falaise pour poser un filet.

“La montagne, nous dit Agnès, est un paysage en « vagues » créées par la tectonique des plaques. C’est ce phénomène qui faisant affleurer les couches de roches les plus anciennes sous forme de colline les rend plus accessibles  et  permet notamment de faire l’exploitation en carrières ouvertes moins onéreuses que lorsque souterraines.

Ici la matière première, des marnes argilo-calcaires, n’a qu’une faible valeur marchande. Elle coûte moins cher que la main d’oeuvre, le combustible et le transport. Son exploitation, pour avoir un intérêt économique au regard industriel, repose donc sur un équilibre entre trois critères : la qualité du gisement, la facilité de son exploitation et la proximité de la demande. Le site de Lafarge à L’Estaque, ici, réunit ces trois conditions ; aujourd’hui les travaux urbains de Marseille et le projet Euroméditerranée aujourd’hui assurent une commande sur plusieurs dizaines d’années.

Depuis l’antiquité jusqu’au 19ème siècle, ces conditions (qualités, facilité, proximité) sont honorées déjà par de petits exploitants locaux de chaux. Une multitude de fours à chaux encore visibles dans les massifs manifestent d’exploitations à mesure familiale : petites structures de pierre sphériques où le calcaire prélevé à proximité est cuit pour former la chaux vive, base de mortier de construction.

A partir de la fin des années 1850, cette production locale s’industrialise. Trois entreprises familiales obtiennent des autorisations pour multiplier les fours : 3 fours en 1856 pour Giraud, trois fours en 1858 pour Antoine Puget, trois fours en 1869  pour Dominique Luçon.

Le début du 20ème siècle voit l’entrée de capitaux et acteurs nouveaux. Lindenmeyer est un patron protestant d’origine suisse. Avec son associé l’ingénieur Henri Liquet, ils acquièrent les infrastructures construites dans le dernier quart du siècle précédent par les chaufourniers Charles et Joseph Chauffert. Il s’agit d’un ensemble de hangars, fours, et logements collectifs assurant autant la production que l’habitat des ouvriers.

Lindenmeyer et Liquet obtiennent en 1913 l’autorisation d’en adapter les équipements en vue de produire non plus (seulement) de la chaux mais du ciment Portland artificiel à partir des matières premières déjà en exploitation à la Nerthe. La Société Coloniale de Chaux et de Ciments de Marseille, dite “La Coloniale” voit le jour.

De la chaux au ciment, il y a un lien logique d’infrastructures et de matière première qui fait muter l’industrie de plâtre et chaux vers l’industrie du ciment. Le grappier, rebut du blutage de la chaux, est déjà utilisé par les ouvriers des entreprises pour la construction de leurs habitations. Une fois broyé et éteint à la vapeur afin d’éviter tout gonflement, ce grappier devient dans les mains des ingénieurs un ciment de type Portland présentant plusieurs qualités majeures : une prise plus rapide et une résistance supérieure à celle de la chaux .

En 1950, la société toujours conduite par André Lindenmeyer devient Cimenterie de Marseille et outremer, jusqu’en 1970 où par absence de candidat familial à la succession de Lindenmeyer la société devient élément d’un groupe industriel de taille internationale, Lafarge.

Plusieurs évolutions réglementaires notables interviennent alors dans le code minier. En 1970, les carrières importantes sont désormais soumises à autorisation préfectorale puis assimilées en 1993 à des installations classées pour la protection de l’environnement. Il suffisait jusqu’alors d’une simple déclaration au maire de la commune concernée pour exploiter une carrière. Aucune mesure de réaménagement n’était par ailleurs imposée ; la carrière devenue infructueuse était laissée en état.

Le lac dont nous parlions auparavant est exemplaire de l’évolution de ces différentes réglementations. Ancienne carrière de marnes abandonnée à l’arrêt de l’activité cimenterie, elle accueille la remontée des sources, ou la récupération des eaux de pluie (Lafarge et les habitants ne sont pas d’accord sur ce point) et devient lac. Le lac est utilisé pendant plusieurs années comme un lieu de baignade par les habitants. En 2011, il retrouve un usage aux yeux de Lafarge et se voit réaffecté à une nouvelle activité économique de l’entreprise: le stockage de déchets inertes.


L’USINE, LES TONGUES ET LES JOURS LIBRES DE ROBERT

Robert est administrateur avec Francis du groupe Facebook “Tu es de l’Estaque si”. Il n’habite plus l’Estaque mais a rejoint les collines de l’arrière pays. C’est pourtant chez lui ici. Il y a grandi, travaillé, évité de devenir “un mauvais garçon” grâce à l’usine, “vécu les plus belles années de sa vie”.

Robert parle. Il parle d’une époque où la manière de vivre et de travailler au sein de l’entreprise Kuhlmann, était complètement différente d’ailleurs : on se baladait en tongues, on fumait dans l’usine, on faisait le barbecue, on mangeait avec les ingénieurs.

Robert se rappelle de ANTAR publicité : «Un métier où on peut faire des actes gratuits est un métier d’homme libre ». Un homme donnait une clé à molette à son collègue. Il faisait alors des journées de 12 h, 6 fois par semaine, et restait parfois à l’atelier le dimanche pour voir et aider les collègues. ”Tout le monde le faisait, on ne demandait pas de paiement d’heures supplémentaires. Il y avait la lutte des classes mais pas de conflit vraiment. Quelques grèves mais pas beaucoup.”

Cet échauffement en salle appelle alors le plein air. La pluie s’est calmée, nous décidons de poursuivre un peu notre descente de la pente.

Vers l’ancien site de stockage de la Coloniale puis Lafarge, en contrebas, Robert nous montrera alors ses formes de rochers préférés sur la falaise d’en face. Au-dessus de nous des arcades en désuétude témoignent des installations industrielles construites par La Coloniale pour faire du sens de la pente une opportunité. La matière première est transportée depuis la carrière en haut par des wagonnets qui glissent le long d’une trémie circulaire vers l’usine en contrebas. Déversée dans des silos, elle est broyée et additionnée de composants chimiques différents en fonction du ciment que l’on veut obtenir. C’est le cru. Ce mélange sec est passé au four pour obtenir un produit vitrifié : le clinker, puis re-broyé, pulvérisé, ensaché empilé dans les camions. Les camions franchissent les arcades du viaduc SNCF sous lesquelles se trouve toujours la balance.

LE CHEMIN DU CIMENT

Nous tentons nous aussi de suivre ce chemin des matériaux.

Aujourd’hui , parmi les différents sites en possession de Lafarge sur le massif, seule la carrière Galland est en activité d’extraction. Lafarge a cessé d’y produire du ciment à la fin des années 80 pour se consacrer à la production de granulat calcaire puis plus récemment diversifier son activité avec la gestion des déchets inertes. En contrebas de l’actuelle Déviation, les équipements liés à la production du ciment sont donc devenus désuets, les fours et les bâtiments administratifs détruits, et les espaces laissés vacants.


Alors que les cheminements publics ne nous laissent pas d’autre option que la route, nos bonnes relations de voisinage nous permettent de passer les portails et d’aller à la rencontre de Gilbert. Artiste il s’est installé dans ces espaces avec sa compagne et y a recomposé lieu d’habitation et atelier.


On y reconnaît facilement le décor du film Marius et Jeannette, en même temps que l’on ressent le dépaysement de regarder ce qu’on connaît déjà d”un autre point de vue”.

L’ÂNE ET LE VIADUC DE JEAN-PIERRE

Plus bas encore sous le viaduc de la ligne PLM, Jean-Pierre loue une partie de l’ancien site de distribution à Lafarge, dont subsiste encore l’énorme écran de balance pour peser les camions. Il est lui aussi “fils des usines de l’Estaque”,  ses parents venant de villages siciliens où les entreprises venaient embaucher en masse. 

C’est maintenant le lieu où en parallèle de son travail il fait ce qu’il aime, avoir des animaux, “s’en occuper bien”. Des ânes et des chèvres. Par terre des petites billes égales noires et blanches. Certaines sont des crottes de chèvres séchées, d’autres des résidus du broyage du ciment.

Nous quittons en nous promettant de nous revoir très bientôt, aucun de nous n’imaginais alors que c’est la pente du confinement qu’il faudrait pour quelques mois éprouver…

Les contenus de ce récit ont été produits par Agnès, Mathilde, Robert, Françoise, Danièle, Louise, Julie et la conversation collective, puis remis en forme par Louise et Julie.