LE GRAND DÉS-ARRANGEMENT: Bazar mélodique de voisinage

Balades, parcours sonores, bal, déambulations…  

2 JOURS DE BAZAR MÉLODIQUE DE VOISINAGE POUR JOUER AVEC LE DÉSORDRE!

POURQUOI TOUT CE OAÏ ?

Il y a un an nous partions sonnants et massivement à la recherche de l’Harmonie, au cours d’une balade qui nous conduira au poumon vert menacé de l’ancienne villa Miramar. Nous avions alors tenté d’explorer les accords pour s’ajuster, les polyphonies pour s’orchestrer, les grands ensembles pour se rassembler. [La Balade Harmonique 2021 en images…]

Et depuis? Depuis il parait que l’Harmonie de l’Estaque dont on pensait fêter l’an passé approximativement les 200 ans célèbre cette année ses… 120 ans…
Il parait aussi que les chants ont moins résonné dans les rues déconfinées,
que les voix frottent,
que nos espaces collectifs grincent et tanguent.

Alors pourquoi ne pas continuer nos musiques de voisinage en oubliant l’arrangeur?
Pourquoi ne pas jouer sans dessus dessous…
Dans les dedans et les dehors de chez nous…
En brouillant les pistes de la propriété privée…
En assemblant nos espaces intimes et communs…

Nous vous invitons à de nouveau prendre corps musicalement dans notre quartier le temps d’un grand dés-angement qui toujours célèbrera nos manières d’être vivants.

Samedi 25 juin

10h FRACAS D’HONNEUR
Hommage chanté à Christian Roux et Inauguration des 120 ans de l’association de l’Harmonie [ou comment accrocher 120 ans à 200 ans sans anicroche, par l’orchestration d’une loi de 1901]

12h DÉBALLAGE GUSTATIF
Déjeuner collectif [ou comment la cuisine alimente la partition]

14h SOUK HARMONIQUE
Parcours musical à l’endroit et à l’envers [ou comment “Les enfants d’Orphée” deviennent “Dehors on fait”]

17h- CHANTIER PÉDESTRE : la balade de la Gare Balade dans les noeuds des histoires urbaines et de leurs transformations [ou comment des balades de quartiers recomposent des balades de quartiers]

19h- BAROUF D’APERITIF
Apéro-repas [ou comment on hésite entre les rimes et le rythme]

21h FATRAS DANSANT
Bal d’une Harmonie éphémère [ou comment le désordre parfois nous oriente]

L’Harmonie de l’Estaque

Dimanche 26 juin

11h – VACARME PARADES
Partir ensemble des harmonies de l’Estaque et de St Henri pour partager le doux tapage d’un possible espace commun à Miramar [ou comment aller habiter en choeur et encore les grands pins de Miramar]

12h30 – BRIC A BRAC SONORE
Déjeuner partagé (chacun amène de quoi partager), ateliers de pratique, concerts, jeux sonores… [ou comment on s’entend là et maintenant]

Miramar peint par Cézanne
Le Grand dés-arrangement est une initiative collective réunissant l’Harmonie de l’Estaque, la Fanfare des Familles, la coopérative Hôtel du Nord, l’Atelier sous le platane, la Fanfare bipolaire, Vacarme Orchestra, la mobilisation Sauvons Miramar, les Amarts, le collectif Gena et plein de musicien.nes complices et de voisin.es motivé.es.

SAUVONS MIRAMAR: Carnet de bord(s) Janvier/Février

QUELQUES FRAGMENTS DE MIRAMAR – Janvier/Février 2022
[8 janvier- 14h]

Nous sommes le 8 janvier, premier samedi de « travaux collectifs ». On a encore en tête ce moment de rituel collectif que certain.es d’entre nous ont partagé à minuit le 31 décembre: on pensait faire un chant qui rejoindrait le cri des sirènes, mais bizarrement les paquebots ce soir là se sont tus, il n’y avait que nos voix.On ne sait pas trop comment ça va se passer, mais on est un petit groupe à avoir respecté l’horaire pour tenter la « sieste philosophique » proposée par Michel. Il nous lit un fragment de Tobie Nathan, psychologue pionnier de ce qu’on appelle l’ethnopsychiatrie, une manière plus collective et interculturelle de dialoguer avec nos fragilités. Le texte nous propose de réfléchir à la place que nous donnons à nos rêves et à comment nous les partageons.

[8 janvier- 15h15]

Nous sommes quelques unes à avoir plongé directement dans les échanges après la lecture. Nous discutons sur les lectures qui inspirent chacun.e en lien avec notre mobilisation (voir la liste à la fin), la relation à « nature” et la recherche de nouvelles formes d’organisation. Nous sommes rejointes par Souad, et nous constatons comme c’est à la fois rare et précieux de pouvoir s’offrir des temps où l’on peut échanger de manière apaisé sur nos lectures et aussi nos émotions. Le groupe des Baguettes magiques de la Castellane dans lequel Souad est très impliqué en témoigne particulièrement bien. On en revient ainsi aux rêves et au sens que ça peut avoir de parfois les partager.

[8 janvier- en même temps]

Agnès a un nez de sourciere. Elle flaire l’eau debout, couchée, la tête à l’envers, le cerveau à l’endroit.Et ça marche. Entre quête du tuyau et observation du ruisseau, la piste de l’eau peu à peu s’éclaircit.

[8 janvier- peu après]

Juliette et Anne-Marie nous ont rejoint. Juliette enseigne à l’école de l’Estaque Gare, Anne-Marie porte avec elle l’expérience de divers collectifs et elle trouve immédiatement sa place dans cette conversation… Juliette découvrait le lieu et voyait la possibilité de le partager avec ses élèves. Alors que cette école est depuis longtemps très ouverte sur l’extérieur, les deux ans de consignes sanitaires commencent à peser. On se dit que des endroits de grande proximité comme Miramar prennent vraiment tout leur sens dans leurs usages pédagogiques. Marine explique alors son projet d’ateliers en direction des enfants et ses idées pour amener les habitants du quartier à venir découvrir. On commence à imaginer comment faire ça ensemble, comment croiser les contraintes et les désirs, se relier avec aussi les enfants.


[[8 janvier- en même temps]

La bande des chercheurs d’eau s’organise, plusieurs hypothèses subsistent sur sa provenance mais elle est bien là.

[15 janvier- après midi]

Première marche de la Castellane à Miramar, motivée par Souad et Fadila qui veulent montrer le lieu aux autres femmes de la Baguette Magique.On constate à la fois la proximité et le mauvais état de la voirie. On se dit que le cheminement pourrait être un projet commun, à la fois concret et poétique car il pourrait aussi permettre d’inventer des formes de signalétiques atypiques. A suivre…

[21 janvier – 17h]

La coordination planche sur l’organisation de la saison #2. Comment ne pas faire une usine à gaz, laissez place à l’improvisation et aux implications spontanées tout en fabriquant peu à peu une culture collective, des manières de décider en commun, quand c’est bien le lieu comme « commun” qui est en jeu.On cause, on cause, et Mathilde dessine.

[24 janvier – soirée]

Bien qu’il soit déjà réalisé depuis quelques semaines, c’est ce soir que se décident plusieurs d’entre nous à écouter le documentaire de Coline réalisé à partir de la rencontre de bilan du 20 novembre avec aussi les élu.es. Et on le trouve vraiment très bien…!http://www.radiogrenouille.com/actualites-2/sujets/a-lhorizon/


[31 janvier – Soirée]

Il souffle un vent violent. Un container de chez TCSI s’effondre sur le chemin de Bizet, manquant de peu d’écraser une voiture.La vie à Miramar est décidément trépidante…

[4 février – 18h]

La coordo coordonne. On est de plus en plus nombreux, c’est bien. On est maintenant d’accord sur la ré-organisation: des outils d’information et pas que sur internet (vive les panneaux avec des infos stables et d’autres en mouvement), des temps collectifs bien repérés (les premiers samedis du mois, les fêtes de saison, la réunion de coordination), des groupes autonomes (et des initiatives individuelles), et une charte pour faire socle commun pour tout le monde.

[5 février- 14h30]

Premier samedi du mois, ça y est l’habitude est prise pour les travaux collectifs. Les enfants ont deviné notre envie de partager avec eux, Melina, Kais, les deux Ambrine et Kilian nous devancent et lancent par eux.elles mêmes la chasse aux tuiles. L’enquête portera ses fruits, 5 tuileries repérées grâce aux estampilles et 4 quartiers ainsi cartographiés en observant bien les tessons. Grâce à Charlie qui avoue son passé d’archéologue, on passe des tessons à l’archéologie expérimentale avec le projet de redessiner le château disparu. Et en attendant le petit club d’archéologues en herbe dégage une colonne dont on se plait à imaginer qu’elle pourrait témoigner de Jules Cantini…

[5 février- Pendant ce temps]

Les chercheurs d’eau ont repris les pelles et les pioches mais cette fois aussi les tuyaux. A la fin de la journée ils auront trouvé comment remplir une « citerne » par gravitation. Grande joie!

[5 février- Encore à ce moment là]

Le groupe qui planche sur les activités commence à y voir clair : des ateliers de voisinage et en direction des enfants en priorité, la poursuite des enquêtes qui peuvent notamment nourrir les balades, avec une urgence partagée de se constituer une vraie connaissance du Grand Port Maritime, l’envie de l’argile et du four qui peut occasionner d’aller rencontrer les voisins de Foresta et les savoir-faire de la terre qui existent dans nos quartiers. On se lit aussi le texte de Fadila qu’elle vient de finir pour la prochaine Baguette magique.

[12 février- 10h]

On est à la Castellane pour accueillir avec nos amies de 3.2.1 et Monkim les enfants et les parents qui viennent partager un Voyage à Miramar. Sur le chemin on expérimente des signalétiques et on se raconte les histoires du quartier. Nous serons une soixantaine à cheminer jusqu’à Miramar. On chante, on fait des cabanes, on regarde un extrait du spectacle de Chloé et Ana, de nouveau la chasse aux tuiles et les instruments en canne. Quelle belle journée.

[14 février-12h]

Marie propose une séance de chant méditatif à Miramar, pour Miramar, dans le cadre de la « Journée mondiale de guérison par le son ». Ce jour là des milliers de personnes ont créé des sons de guérison sur la planète. Encore une manière de se relier à des échelles bien plus vastes…

Pour écrire la suite ensemble, RDV samedi 5 mars…

Liste de livres qui ont inspiré notre échange du 8 janvier:

–                Manières d’être vivant : Enquêtes sur la vie à travers nous, de Baptiste Morizot (2020)

–                Nous ne sommes pas seuls : Politique des soulèvements terrestres, de Lena Balaud et Antoine Chopot (2021)

–                Par-delà Nature et Culture, de Philippe Descola (2005)

–                La Nouvelle Interprétation des rêves et Ethno-roman, de Tobie Nathan (2011 et 2012)

–                Erasme : Grandeur et décadence d’une idée, de Stefan Zweig (1935)

–                Ce que les peuples racines ont à nous dire : De la santé des hommes et de la santé du monde, de Frederika Van Ingen (2020)

–                Adaptation radicale : Effondrement : comprendre, ressentir, agir, de Jem Bendell (2020)

–                L’entraide : l’autre loi de la jungle, de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle (2017)

–                Une autre fin du monde est possible : Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre) de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle (2018)

–                L’espérance en mouvement : Comment faire face au triste état du monde sans devenir fous, de Joanna Macy et Chris Johnstone (2018)

–  Les journaux de la Baguette Magique, par les femmes de la Castellane, 2015/2022 

SAUVONS MIRAMAR : retours sur la saison #1

La mobilisation Sauvons Miramar regroupe des riverains, les CIQ du Bassin de Séon, des associations locales et des habitants d’un périmètre géographique plus vaste sensibles au devenir patrimonial et écologique du territoire.

Elle se donne comme objectifs de :

– Produire des informations factuelles sur le site et sa situation foncière et urbanistique.

– Valoriser les potentialités du site (écologiques, patrimoniales, cadre de vie) tout en les ’articulant à la problématique urbaine du quartier, aux incohérences et aux besoins.

– Démontrer les capacités des citoyens à se mobiliser mais également à produire de la connaissance partagée, de l’organisation inclusive, du récit commun et du projet collectif.

– Travailler des pistes, tester des usages et dialoguer avec les pouvoirs publics pour articuler le court terme (sauver les arbres) au long terme (sauver Miramar en y proposant un projet d’intérêt collectif).

– Veiller au suivi des engagements pris.

Terrains de l’ancienne Villa Miramar

Dans le seizième arrondissement de Marseille, au pied de la limite Est du massif de la Nerthe dont la végétation haute a disparu au cours du siècle dernier, se trouve préservée la « Villa » Miramar, propriété boisée, léguée il y a un siècle par le marbrier et sculpteur provençal Jules Cantini aux Hospices de Marseille avec pour consignes d’en faire un usage à vocation sociale ou sanitaire. Aujourd’hui les bâtiments n’existent plus. Le château a été dynamité par les allemands puis démoli par sécurité et la maison du jardinier a été pillée de ses tuiles après le départ de son dernier locataire à la fin des années 2000. Il reste le pigeonnier et un paysage, représenté sur une toile de Cézanne (musée de Philadelphie aux États-Unis).

Le retour du fantôme de Jules Cantini, rappelant aux élues les conditions de son legs à la ville de Marseille et à l’APHM

Sur son vaste terrain (pour partie espace boisé classé) s’imposent des arbres centenaires et se découvrent quelques essences rares. Il accueille de nombreuses espèces animales : oiseaux diurnes et nocturnes, hérissons, chauve-souris, insectes…

Avec les jardins des propriétés voisines, il représente pour les habitants du quartier l’Estaque Gare-Saint Henri une étendue de respiration, de fraîcheur participant à réguler les pollutions nombreuses subies : couloirs d’accès des avions à l’aéroport, absence d’électrification des postes à quai du port, flux de camions, autoroute…

Dans le courant des années 2010, l’équilibre entre habitat, espaces naturels et agricoles, activités industrielles et artisanales a été mis à mal par l’augmentation brutale de l’activité de stockage des containers et donc des flux de poids lourds. Ceux-ci, pour accéder aux zones de stockage, en partie gagnées sur la colline, doivent emprunter le chemin de Bizet, un chemin rural traversant ce qui était jusqu’alors un ensemble d’habitations et s’accommodant tant bien que mal de cette activité. Le choc est d’autant plus dur que dans le même temps que s’initiait l’augmentation de l’activité de stockage, le nombre d’habitants a été multiplié par deux avec l’implantation d’une résidence de 60 logements.

Cette implantation a été réalisée sans accompagnement du développement d’infrastructures minimums : stationnements, trottoirs, espaces de rencontre, sans oublier les transports collectifs. Une nouvelle résidence de 40 logements va prochainement être construite, sans plus de programmation urbaine.

Vue des quartiers environnants Miramar et du massif de la Nerthe

Dès le début de l’année 2019, face à la dégradation de cet espace de vie et pour prévenir son aggravation, les habitants-riverains de Bizet et des alentours se sont mobilisés. Constituant un collectif soutenu par le CIQ de Saint-Henri, ils ont entrepris d’interpeler la ville et le commissaire enquêteur lors de la consultation pour le passage du PLU en PLUI (Plan Local d’Urbanisme en Plan Local d’Urbanisme Intercommunal). Ils demandaient alors que soit maintenu tout le secteur en zone à urbaniser résidentielle (UR1) et non transformé en zone Industrielle et Logistique (UEa2).

Toutes les conditions étaient alors réunies pour mettre en œuvre un vrai projet d’aménagement intégrant une réflexion écologique sur ce secteur s’étendant jusqu’à la gare de l’Estaque. Face à la détermination des habitants, le 19 avril 2019, Monsieur Ruzé, Maire de secteur, demande au CIQ de faire des propositions accordant la possibilité de mobiliser dans une réflexion globale le terrain de la Villa Miramar et déclare la mairie « prête à soutenir un projet porté par les habitants qui pourrait intégrer jardins partagés, jardin public, des stationnements, raccordements à l’égout… » [1].

Cet épisode de 2019 se clôturera par la « découverte » par la Mairie de secteur (et les riverains) que les terrains avaient été précédemment vendus à Mme Ferraud, épouse de l’entrepreneur Marc Ferraud qui détient notamment l’entreprise TCSI de stockage de containers et jouxtant Miramar. Les enquêtes menées au cours de la mobilisation révèleront que les terrains avaient bien été vendus par l’APHM… dès 2011…

Depuis, le CIQ a de nouveau interpelé les collectivités avec la volonté de peser sur les modifications à venir possible du PLUI. Des associations, notamment Cap Au Nord, se sont également emparées de la question de la pollution de l’air qui s’aggrave. Par ailleurs un important travail a été mené depuis une dizaine d’années par plusieurs initiatives locales (Hôtel du Nord, écoles de l’Estaque et de St Henri, Ancrages, Harmonie de l’Estaque, association Rio, Association Estaque Environnement…) pour documenter à la fois le patrimoine naturel et culturel de nos quartiers (dont l’histoire industrielle fait pleinement partie), dans une perspective de transmission, de reconstruction du récit collectif et de valorisation du territoire dans toute sa complexité.

Dans ces perspectives à partir de la préservation de l’espace planté Miramar et des terrains voisins, c’est bien l’enjeu d’un développement respectueux de l’environnement et de l’humain qui est en cause, dans lequel toute contribution aussi petite soit-elle participe aux engagements de lutte contre le réchauffement climatique et l’appauvrissement de la biodiversité ainsi qu’à la reconnaissance de nos droits culturels en tant que citoyens, parents ou voisins à participer à la définition de nos espaces de vie. Cela passe en premier lieu par la qualité de vie dans nos quartiers et de nouveaux équilibres entre activités, espaces naturels et habitat.

C’est pour tout ceci qu’en quelques heures à peine, le bruit des tronçonneuses le jeudi 22 avril 2021 s’attaquant à aux arbres de la zone centrale, a provoqué la mobilisation d’un très grand nombre de personnes pour « sauver Miramar » !

Il s’avèrera rapidement que les 2 arbres abattus se trouvaient en Espace Classé Boisé. Cet espace comprenait initialement les arbres de la zone centrale du terrain mais a été  «déplacé » dans les derniers documents d’urbanisme vers la ripisylve du ruisseau des Favants, libérant ainsi la surface plane des parcelles, plus propice à l’usage industriel. Interpellée par les citoyens et par la Maire de secteur Nadia Boulainsseur, la Maire ajointe à l’urbanisme Mme Mathilde Chaboche a suite à ce constat d’infraction porté plainte auprès du Procureur de la République.

Le temps de la procédure ainsi laissé l’espace et le temps à la mobilisation citoyenne pour mener un cycle d’enquêtes partagées, de rencontres entre riverains qui ne se connaissaient pas, d’accueil et d’accompagnement d’usages variés.

Des objectifs communs ont aussi été établis avec les mairies centrales et de secteur autour de la révision du PLUI, qui entamait en septembre une période de modifications sous l’angle de la prise en compte des enjeux de Nature en ville (trames vertes et bleues notamment).

La production de connaissance par les habitants a ainsi trouvé comme usage l’élaboration d’un argumentaire très documenté proposant le passage des parcelles Miramar en Zone naturelle mais également une mise en cohérence des fonctions urbaines, écologiques et sociale du développement urbain du quartier2. Dans cette optique une démarche de négociation avec le propriétaire avait été annoncée au printemps par la Maire de secteur pour effectuer un transfert de foncier avec propriétaire afin de rendre possible cette cohérence. Il s’agit dans les prochains mois d’en suivre la mise en œuvre.

L’assemblée des communs, 13 novembre 2021

Entre le 22 avril et le 20 novembre 2021, la mobilisation citoyenne a permis :

  • La création d’un potager partagé.
  • L’organisation mensuelle d’un pic-nic de voisinage alliant convivialité et partage des enquêtes…
  • La production d’enquêtes populaires (patrimoniales, botaniques, urbanistiques) et de formes pour transmettre au plus grand nombre (récits sur internet, expo, spectacles/performances, jeu de l’oie…).
  • Des activités d’usages collectifs (prise en charge des chats errants, sociabilités riveraines, yoga, chant, jeux pour enfants, balades…).
  • L’installation d’outils partagés de soin (panneaux de médiation, table d’accueil, toilettes sèches, poubelles, signalétique…).
  • L’accueil ou l’organisation de manifestations en lien avec les valeurs de la mobilisation (Assemblée des communs, Journées européennes du patrimoine, rencontre de chorales…).
  • L’élaboration d’un argumentaire pour la révision en cours du PLUI et la demande de classement des parcelles en zone naturelle.
  • L’expérimentation d’une première forme de gouvernance collective.

RÉCIT COMM-UN : une balade dans le sens de la pente à la recherche de nos communs

A l’occasion de l’Assemblée des communs qui s’est tenue à Marseille du 12 au 14 novembre, Hôtel du Nord et le Bureau des guides ont proposé une grande balade-atelier pour relier plusieurs initiatives, toutes actuellement en grande fragilité, propices aussi à questionner cette notion qui parle de nos rapports à la propriété, de la place qu’on donne au vivant, de quand et comment on tente de se mettre en commun pour un espace, un bien, une pratique. 

En voici un petit récit, plutôt poétique que politique, quoique…

Comme Un matin sur un quai de la Lave, en pied de collines de la Nerthe.

Lumière froide des histoires brûlantes de l’ancien Parc à Bloc, des usines à ciment et à chimies, des projets échoués et des envies de continuer à vivre ici.
#Espace commun/Espace public?

Comme Un tiers village noyé dans les tiers lieux.

Quête des vocabulaires pour tenter de nommer ce qui se fait, se vit, se régule, s’agence, s’ajuste, s’invente à l’ombre du Grand Port.

Epuisement du langage, tangage, sillage…
#Permaculture des usages #A qui la mer #Habiter les Containers

Comme Une fleur plantée sur une pelle.

Un jardin sauvé une saison, une maison sans mur qui pousse au jour le jour, et au loin la colline qui peine à contenir nos containers errants.

Au milieu des voiries bruyantes, les voix in-finies de Wardia, de Danièle, d’Hamid, de Philippe, de Mlouka, des voisins.
#Soin du vivant #Voisinages joyeux et créatifs