Le fond coopératif d’archives populaires de la Coopérative Hôtel du Nord est ouvert aux archives municipales de la Ville de Marseille
Avec comme premier don-cadeau les archives racontées de Noailles Debout! suite au drame du 5 novembre pour ne pas oublier et faire place aux récits, personnes, patrimoines et matrimoines populaires, parfois traumatiques, conflictuels et dissonants, qui font l’histoire d’une ville comme Marseille.
Un fond relié aux chaînes, cadeau symbolique des effondrements, offertes au musée d’histoire par les habitant•es et entrées dans ses collections. Un double fond d’archives racontées et communicables pour que l’institution en assure la pérennité et l’accessibilité sans que l’association ne perde sa capacité à les raconter.
Merci aux élu•es Perrine Prigent , élue au patrimoine, Marie Batoux, élue à l’éducation populaire et Jean Marc Copolla, élu à la culture, au Musée d’Histoire de Marseille et aux Archives municipales d’avoir rendu cela possible dans la suite de l’adhésion de la Ville aux principes de Faro.
Un grand merci à Noailles debout! et aux collectifs de Noailles réunis en comité d’archives pour la grande confiance accordée à la coopérative d’habitant•es des quartiers nord de Marseille Hôtel du Nord.
Maintenant qu’il est ouvert et structuré, reste à l’enrichir des récits jusque là invisibles, ignorés et écartés.
Des sachets de graines de liberté – du fenouil sauvage – sont en vente à prix libre dans les lieux d’hospitalité de la Coopérative Hôtel du Nord et son stand au Dimanche aux Aygalade
🌿 Il y a des plantes sauvages qui ont appris à coévoluer avec l’humanité, à se sélectionner elles-mêmes pour s’adapter à l’évolution du climat et à trouver leur place dans les interstices de notre urbanité : le fenouil en fait partie.
🍀 La sélection variétale des plantes cultivées conduit aujourd’hui à une érosion génétique très préoccupante. Les plantes sauvages comme le fenouil, par sa force d’adaptation, nous invitent donc à rester apprenants du monde végétal vivant avec lequel nous coexistons.
🌾 Entre les plantes sauvages et les cultivées se joue l’avenir d’une agriculture robuste, capable de faire face aux fluctuations brutales de notre environnement. Ce n’est plus le caractère d’un individu, mais bien la diversité d’une population qui est importante à l’avenir en matière de sélection. Face à l’érosion génétique, les critères d’homogénéité qui conditionnent la commercialisation de semences sont sérieusement à interroger .
☘️ À son échelle, par son héritage méditerranéen, par la diversité de ses usages (alimentaire, médicinal), le fenouil sauvage nous y invite.
Lors de notre assemblée générale annuelle en juin 2025, nous avons pris la décision d’organiser un séminaire le 8 novembre afin de penser le futur de la coopérative et de consacrer principalement nos prochaines réunions mensuelles à la préparation du séminaire. En effet, n’ayant qu’une seule journée d’atelier prévu, il nous est apparu nécessaire que le travail sur l’historique de la coop soit fait en amont.
Assemblée générale Hôtel du Nord, juin 2025
Récit d’un lundi de juillet
Ce lundi nous étions accueilli.e.s chez Claudine. Le feu n’avait pas encore pris la colline, même si des signes avant-coureurs s’étaient déjà faits sentir : « la fumée qu’on a vu en arrivant, c’est Foresta qui brûle ». Malgré tout, notre petit comité, composé d’Arlette, Danièle, Claudine, Agnès J, Marie, Georges, Chloé, Julie et Agnès de la colline, n’avait pas encore ce sujet en tête. Suite aux discussions de l’AG de juin, ce qui nous occupait plutôt était de trouver les bonnes questions pour se mettre sur la piste du séminaire de la coopérative prévu pour le 8 novembre prochain. Mais qu’est-ce qu’une bonne question ? Peut-être une question toute simple, toute bête, celle qu’on ose presque pas poser mais qui justement permet de mettre le doigt sur des sujets essentiels.
TRANSMISSION D’UNE CULTURE COMMUNE
Agnès de la colline commence et, d’une voix tout innocente, en pose une bonne : « Alors moi je me demandais qui est-ce qui a déjà lu le site d’Hôtel du Nord ? » et la plupart d’entre nous d’avouer qu’ils n’en ont pas une pratique assidue. A la limite pour lire les récits du 1000 pattes, lorsque ceux-ci sont transmis sous forme de liens directement par mail, mais le site en soi n’est pas fréquenté comme une ressource permettant d’accéder à des informations sur Faro, aux documents fondateurs de la coop -comme les statuts-, ou encore sur des outils tels que la fiche « balade patrimoniale » qui donne la recette de la fabrication de balade. Il faut dire que si une partie de ces informations se trouvent bien sur le site, toutes n’y figurent pas ou plus..
Petit moment d’archéologie où les « anciennes » se souviennent des différents outils informatiques qui ont été inventés au fil du temps : un forum en ligne ou une plateforme accessible seulement aux sociétaires. Des tentatives pour partager les informations et animer les discussions qui ont plus ou moins fonctionné et qui ont fini par être laissées de côté. A cela s’est ajoutée la migration d’une partie du site vers celui des Oiseaux de passage : n’aurait-elle pas emportée avec elle une partie du contenu d’Hôtel du Nord ? En tout cas ce transfert semble avoir démobilisé les usagers du site de la coop qui ont commencé à s’emmêler les pinceaux entre les différentes plateformes numériques.
Constat : le site web d’Hôtel du Nord aurait besoin d’être revu, en fonction des besoins actuelles de la coopérative, de manière à fournir à nouveau les informations essentielles tout en étant facilement praticable. En soi, refaire du site web une interface d’échanges et de rencontres.
Cette question en entraîne une autre « Les statuts, la convention hébergeurs, le livret d’accueil…qui les a lu ? »
Même constat, peu de lecteur.ices et une incertitude quant au moyen d’accéder à ces informations. Celles et ceux qui sont arrivé.e.s dans la coopérative ces dernières années ont même l’impression de n’avoir jamais vu passer ces documents. Ou si c’est le cas, l’assimilation n’a pas eu lieu et par là même un sentiment de flou quant à ce qui a précédé leur arrivée. Pourtant les Dinosaures se souviennent : fut un temps où chaque nouveau sociétaire était accueilli avec un « guide coopératif » donnant les informations de base du fonctionnement d’Hôtel du Nord, ce à quoi s’ajoutait un parrainage par un membre plus ancien qui se chargeait de le guider et de répondre aux questions de manière privilégiée. De même les hébergeurs étaient accueillis de manière polyphonique afin de partager les tenants et aboutissants du projet Hôtel du Nord tel que résumés dans la convention d’hébergement.
Au fur et à mesure de la discussion, entre moues de surprise, trous de mémoire et excavation de souvenirs, on se rend compte que de nombreuses pratiques qui assuraient la transmission, l’intégration des nouveaux et la fabrication d’une culture collective se sont étiolées : que sont devenus l’école des hôtes ou les groupes de travail ? Il existe bien des archives, fruits de très nombreuses heures de réflexion ou encore des tutos expliquant clairement le fonctionnement des ingrédients de la coopérative : il semble plus que nécessaire de trouver un moyen de les mettre en partage et de les mettre à jour afin que le groupe sociétaires 2025 se réenracine dans ce travail de longue haleine.
GOUVERNANCE
« A quoi sert le Conseil de Surveillance ? », « Le Conseil de Surveillance a t-il vocation à surveiller les comptes ? », « Qui est le pilote de l’avion ? »
Cette question, qui fait écho au besoin de mieux saisir le fonctionnement économique de la coop suite aux résultats comptables négatifs de ces deux dernières années, renvoie aussi à des nécessité de ré-éclaircir la gouvernance.
Créé en 2012, à la demande de Prosper lors de l’AGE d’avril, le Conseil de Surveillance a été d’abord pensé comme un organe de coopérateur.ices investi.e.s dans les activités d’Hôtel du Nord, et que le gérant pouvait mobiliser pour venir l’appuyer sur les rendez-vous élus et médias, avec l’idée qu’il puisse également être sollicité sur les problématiques ayant besoin d’une réponse rapide. Cela n’exclut pas que les membres du CS s’intéresse aux comptes, tout aussi bien qu’à l’écriture de projets de territoire, à la communication etc à propos desquels il peut faire des retours au gérant, notamment en pointant du doigt les endroits nécessitant un travail de fond.
Une fois un sujet structurant identifié, par le CS ou quiconque, un groupe de travail, ouvert à tous les cooperateur.ices intéressé.e.s doit être mobilisé pour plancher dessus. Ce groupe effectue un travail de recherche et peut faire des propositions mais n’a pas le pouvoir de prendre des décisions au nom de la coop. Les propositions doivent être soumises au groupe entier, lors d’une Assemblée Générale, et la décision prise selon le principe de 1 sociétaire = 1 voix.
Pour éclaircir la gouvernance et continuer à la faire évoluer, il semble aussi nécessaire de faire un travail sur le lexique, afin de retrouver ou d’inventer un vocabulaire commun qui reflète les réalités du projet Hôtel du Nord.
HÔTEL DU NORD version 4.0
Parti de la question des comptes, le séminaire de novembre va plus largement concerner la redéfinition du projet Hôtel du Nord. La coopérative a effectivement connu plusieurs phases au fil du temps, qui se sont additionnées les unes aux autres : partie de questions patrimoniales en lien avec la Capitale de la culture, Hôtel du Nord s’est ensuite (en plus) intéressée au tourisme de l’écart, puis (et) à faire émerger des projets de territoire permettant de se relier malgré tout (malgré la fragmentation urbaine, la précarité, le covid, le désastre écologique etc).
D’un point de vu financier, la coopérative n’a jamais réussi à se stabiliser économiquement. Cependant, elle peut faire le bilan d’avoir mené à bien, en 2025, les objectifs qu’elle s’était fixée à sa création : la création de modalités d’hospitalité dans les quartiers nord de Marseille, la création d’une carte à large diffusion représentant ces mêmes quartiers et la signature de la convention de Faro par la mairie de Marseille.
Trouvera t-on une nouvelle lubie ou peut-on considéré que notre mission accomplie, il est temps de se reposer ?
L’enjeu du séminaire du 8 novembre est donc de trouver en seulement une journée une orientation qui permettra de clarifier ce à quoi nous tenons et ce que nous souhaitons faire évoluer. Cette réunion ayant mis à jour la nécessité de transmettre des éléments fondamentaux de la coopérative, il semble nécessaire que cette transmission ait lieu en amont du séminaire, afin que cette unique journée puisse véritablement avoir une dimension prospective.
Afin de répondre à ces deux objectifs, l’équipe de coordination (Prosper, Julie, Chloé) propose donc de consacrer les 3 réunions pré séminaire (septembre, octobre, novembre) aux questions de transmission. Des documents fondateurs seront envoyés par Prosper avant la réunion de septembre afin de les travailler ensemble.
Séminaire samedi 8 novembre 2025
Plongé dans la généalogie d’Hôtel du Nord
Nous avons fait un travail de sélection à partir de 800 articles (!!) publié sur notre site depuis 2008 qui racontent comment et pourquoi s’est formée la coopérative patrimoniale Hôtel du Nord.
Chaque personne a été invité à lire 3 articles (la plupart ne sont pas très longs) et nous avons discuté de ces lectures chaque premier lundi du mois dans les lieux d’hospitalité d’Hôtel du Nord. Et chacun·e a joué le jeu à partir de la quinzaine d’archives partagées :
L’exercice du jour est d’opérer un ARPENTAGE COLLECTIF afin de se repartager le projet de la coopérative, tel qu’il avait été formulé autour de 2013 (année Marseille Capitale de la Culture), afin de le repenser ensemble lors du séminaire de novembre.
Ces lectures ont été extraites du choix de textes envoyés lors de l’invitation à la réunion du 8 septembre.
Réunion mensuelle chez Bruno
Préambules les objectifs de la coopérative initialement pensés concernent :
le Patrimoine culturel et naturel
la Paix
le Développement durable
la Vie démocratique
la Diversité culturelle
Le patrimoine est pensé comme ressource (culture mais aussi urbanisme, éducation…), permettant de soutenir le développement humain et la qualité de la vie.
A l’époque on ne parlait pas encore trop de « matrimoine », mais on s’y est mis !
Ainsi le travail patrimonial est d’utilité sociale : lutte contre exclusions et inégalités, éducation à la citoyenneté (éducation populaire, lien sociale, cohésion territoriale).
Lecture#1 : Texte sur le Nord 2012 écrit par Jean Cristofol
Ce texte présente un questionnement sur les limites géographiques (élargissement du territoire au-delà quartiers nord) de ce qu’est « le nord ». Identité ou état d’esprit ? L’identité n’est pas que géographique.
Il répond au désir de certaines personnes de rejoindre le projet Hôtel du Nord, sans forcément être habitant.e.s des « quartiers nord », notamment via des initiatives prises soit par des habitants soit par des collectivités qui se référaient à la Convention de Faro.
L’élargissement par principe n’a pas vraiment fonctionné, dans le sens où des en l’absence de communauté patrimoniale sur place, il est difficile de porter des hébergements en chambre à la façon Hôtel du Nord. De même, on n’a pas vraiment réussi à fabriquer du réseau avec des communautés trop lointaines, avec lesquelles il n’y avait pas d’expérience de voisinage. Cependant, les échanges au sein du réseau européen de Faro, les rencontres, les voyages, les cadeaux d’amitié (comme la mallette à composte) ont permis de réellement tisser des liens et de partager un état d’esprit au-delà des frontières géographiques.
Lecture#2 : Bilan et perspectives 2013 (rapport écrit par Prosper)
Arpentage par Agnès J.
Objectifs de la coopérative :
Développer une hospitalité participative (active).
Mettre en place une École des hôtes
Commercialiser des séjours pilotes (structurer la possibilité de vendre des séjours, en étant reconnu comme agence de voyage, ce qui a été un long parcours pour avoir le droit, sous le mode vente directe).
Trouver des moyens d’assurer une pérennisation du projet, via une stratégie économique
Stabiliser de la gouvernance
Définir de la Marque
Les résultats de l’année 2013 ont dépassé ceux les prévisions (nombre de balades, de logements etc.).
Il faut rappeler qu’à l’époque, Hôtel du Nord bénéficiait de beaucoup plus de moyens, à la fois sur le terrain (Christine à temps plein), et économiquement grâce aux soutiens d’amorçage. Une fois la « coproduction » avec les pouvoirs publics achevée, le développement économique n’a pas été suffisant pour maintenir une coordination salariée.
Un autre échec a été celui d’autoriser l’accueil en habitat social.
Lecture#3 : Le tourisme de l’écart, 2017 (texte écrit par Julie)
Arpentage par Mathilde
Ce texte affirme la dimension politique de l’accueil touristique et des possibilités de s’en saisir. Il pose la question de la possibilité d’un tourisme qui ne détruit pas la capacité à œuvrer à être acteur et à agir avec nos milieux. Pour cela, il imagine d’autres natures de tourisme, mettant l’accent sur la rencontre, en prenant comme exemple le projet des Oiseaux de Passage.
Il marque aussi l’émergence d’un positionnement pour le « vivant » et nos « milieux » (prendre soin de la vie et des vies qui sont là).
On s’encourage tous et toutes à aller lire ces idées dans le texte ! C’était très stimulant d’entendre ces voix du passé 🙂
Séminaire samedi 8 novembre 2025
Quel scénarios possibles?
Quatre scénarios ont été nourris par le travail sur le budget de la coopérative réalisé en octobre par le groupe « comptes », les réflexions du groupe « hébergeurs », les échanges avec les institutions, avec Christine Breton, ainsi que les nombreuses conversations entre sociétaires.
Scénario 1. Arrêter ?
Si la décision de mettre fin à l’existence d’Hôtel du Nord était prise, nous serions actuellement en capacité de rembourser tous les sociétaires. A condition toutefois de ne pas avoir de mauvaise surprise de la part des financeurs (par ex. un autre coup comme celui du Conseil Général, cette histoire là ayant heureusement été réglée) ou de l’état du stock.
Il faudrait prendre cette décision rapidement, car un autre bilan déficitaire nous empêcherait de réaliser l’intégralité des remboursements.
Scénario 2. Continuer en format association ?
L’idée de passer en association pour ne plus avoir les problèmes causés par le statut de SCIC auprès des institutions nous a tenté, mais finalement on s’est rendu compte que ce changement de statut reviendrait à prendre le risque (99,99%) d’être éjecté des dispositifs de droit commun et qu’il nous faudrait plusieurs années pour pouvoir y re-rentrer. La tendance actuelle n’étant pas au financement de nouvelles structures mais plutôt à la fusion, les institutions préférant financer des « gros ».
Le plus malin semble donc de renforcer la logique de coproduction qu’on pratique déjà un peu via la navigation entre la coop et le Bureau des Guides, qui a un statut associatif. C’est ce qu’on a fait par ex. pour la transhumance des moutons, en co-produisant avec le BdG et l’association Trait-d’Union.
Pour autant, il s’agit d’une stratégie insuffisante du point de vue économique. Les scénarios explorés à partir du modèle actuel montre qu’il n’y a pas beaucoup de marge dans l’augmentation des bénéfices, ni dans la réduction des charges.
Scénario 3. Continuer plus ou moins sur la même lancée ?
La piste de répondre à plus de commandes de balades a par ex été évoquée, car dans le cas des balades commandées par des structures d’enseignement supérieur ou des professionnels, on peut facturer une somme intéressante pour la coopérative (entre 350 et 500e environ). Or, ces commandes requièrent un certain niveau d’exigence en termes de contenu, qui dépasse celui de la balade touristique. Il faut donc se former de manière approfondie sur des questions d’urbanisme, de géologie, d’histoire industrielle etc..tout en sachant que le modèle économique actuel est de reverser 50% à la coop. On finit souvent par avoir une dissonance entre le « niveau » des guides et la rémunération proposée. Monter en compétence collectivement est donc souhaitable, mais cela demande un vrai engagement et il faut bien avoir en tête que les commandes de balades sont avant tout orientées vers le soutien au projet coopératif.
En termes de baisse des charges, on est déjà à un niveau assez bas, avec beaucoup de missions bénévoles ou peu rémunérées, donc on n’a pas vraiment de marge de ce côté là, où alors cela signifie diminuer significativement l’activité de la coopérative.
Autrement dit, on a des comptes 2025 qui sont à l’équilibre mais qui ne peuvent pas se permettre d’encaisser de mauvaises surprises. Ce modèle sur le fil n’est pas viable à long terme, d’où la nécessité de penser une réorientation.
Scénario 4. Se réinventer ?
Le modèle historique d’Hôtel du Nord est bâti sur les piliers : accueilli chez, produit par, découvert avec et raconté par.
La programmation de balades, l’hébergement chez l’habitant, la vente de produits sont conçus comme des occasions de créer de la rencontre et de raconter le territoire. La coopérative se positionne au service des coopérateurs, qui sont les producteurs des propositions portées par Hôtel du Nord. Ces piliers déterminent la conception du site web, du logo ou encore l’existence de la marque « Hôtel du Nord ».
Or, ce modèle semble avoir atteint certaines limites : la programmation de balades publiques n’existe quasiment plus en dehors des JEP, les demandes d’hébergement issus du site hôtel du nord sont largement inférieures à celles passant par airbnb ou booking, les produits ne sont plus vendus par les hôtes.
A côté de ça se sont développées d’autres manières de créer de la rencontre et de mettre en commun des ressources, toujours dans l’esprit de la Convention de Faro, mais par des modes d’actions qui ne collent plus très bien avec l’énonciation des piliers initiaux. Ce glissement crée des décalages entre la manière dont Hôtel du Nord est présenté et la réalité de l’activité, entre les personnes actives au sein des projets et celles appartenant au collège des sociétaires..etc ce qui provoque régulièrement des sentiments d’incohérence.
A partir des engagements actuels de la coop, et des compétences spécifiques pour lesquelles elle est sollicitée par des acteurs internes et externes, nous avons tenté de formuler de nouveaux piliers. Selon cette proposition, Hôtel du Nord a pour fonction de répondre à des besoins énoncés par des communautés.
Faire archives : recueillir les archives porteuses de récits dissonants et réaliser les démarches pour leur mise en conservation sous la forme « d’archives vivantes »
Faire récits : être une maison « d’édition » qui rend publiques des manières de raconter les territoires (livrets, balades, formes artistiques..)
Faire hospitalités : proposer des modalités d’hospitalités mettant au centre le soin (dans le sens de care) et la création de liens
Faire communautés : être une « pépinière de communautés patrimoniales », c’est-à-dire accompagner la structuration et l’autonomisation de communautés et de collectifs.
Économiquement, la valorisation de ces 4 compétences principales pourrait se traduire comme tel :
Faire archives : relève d’une politique publique, subvention publique
Faire récits : vente prestation
Faire communauté : financement de projets
Faire hospitalité : taxe de séjour (reste hypothétique mais en train de devenir un vrai sujet), subvention tourisme, fond de formation…
Le séminaire atelier du 8 novembre
Samedi 8 novembre, à la Cité des arts de la rue, nous avons analysé le scénario « Se réinventer » à partir de nos désirs, de nos compétences et de nos ressources afin d’estimer la faisabilité en termes de moyens humains et économiques de cette réécriture.
Un des enjeux a été ce réagencement et de permettre à ceux et celles qui se reconnaissent dans ces propositions de trouver une place qui leur correspond.
Nous avons également posé la question de l’échelle et de l’ouverture au- delà des quartiers nord, à présent que la Convention de Faro a été signée par la mairie de Marseille.
Nous avons acté notre désir de faire à nouveau coopérative ensemble, avec nos voisins et voisines de luttes, d’ouvrir notre sociétariat, de redéfinir nos missions à partir de nos pratiques, de modéliser l’agir dans le cadre de l’action publique, maintenant que la Ville de Marseille a adopté les principes de Faro et que les quartier nord sont sur la carte touristique, et de se donner l’année 2026.
Willy a conclu en slam un résumé de cette journée coopérative.
Séminaire samedi 8 novembre 2025Séminaire samedi 8 novembre 2025
Dans l’histoire longue d’Hôtel du Nord, les JEP ont toujours été un moment de retrouvailles et de partage des aventures plus discrètes menées tout au long de l’année.
Cette année on fêtera la toute récente adhésion aux principes de la Convention de Faro par la ville de Marseille, engagement auquel nous travaillons depuis …30 ans…,
On partagera Les pistes animales ouvertes par le Mille pattes, le groupe d’exploration et de fabrication de balades de la coopérative,
On rendra hommage à Lucienne Brun, regrettée pionnière de ces 30 ans de démarche patrimoniale en marchant dans la colline Consolat « sur les traces de nos pas » avec Marc Medhi Amar.
Pour plus d’infos et s’inscrire, cliquez sur les images :
La colline Consolat
La piste animale #1 : Le chemin des bestiaux
La piste animale #Interlude/ Des Chauve-souris au balcon
Le piste animale #2 / La petite transhumance à Saute-cités
Les hospitalités d’Hôtel du Nord ont été au coeur de l’incendie. La maison bleue mais aussi des maisons du chemin de la Nerthe et des hauts à l’Estaque ont été emportées.
Des lieux culturels collectifs comme le Pôle nord ou la Déviation ont également été touchés.
Les hébergements Oses Iris, chez Vincent et Brij, et chez Agnès de la Colline y ont échappé de peu. Ceux de l’Estaque gare et plage ou de Mourepiane sont toujours là et ont ouvert leurs portes aux naufragés de Pichou, de Bovis, du vallon du Marinier et du chemin de la Nerthe.
Il est encore difficile de prendre la mesure de l’impact de cet évènement hors du commun sur nos paysages, cadres de vie et hospitalités. Mais, les habitants sont traumatisés qu’ils soient voisins, amis ou plus largement habitants du bassin de Séon.
Cet incendie dévoreur de nos maisons, de nos souvenirs, de notre environnement, nous a rappelé la fragilité croissante de nos habitats face au changement climatique, tout comme l’incroyable solidarité qui existe entre habitants de ces quartiers.Dans les semaines et mois à venir nous poursuivrons toutes les formes d’entraide et contribueront à organiser les solidarités sur le long parcours de reconstruction.
Nous proposerons également au travers des balades et des rencontres d’aller à la rencontre de l’écologie des sols incendiés et de l’histoire du feu dans notre territoire, de sa gestion et des questions que pose la crise écologique, car il nous semble que mieux connaître nous rend plus capable d’agir et de vivre avec.
Une première rencontre organisée par le Bureau des guides du GR2013 et Hôtel du Nord, en contribution à l'émergence du collectif de l'incendie du 8 juillet s'est tenue le 23 juillet à Miramar. Pour en ré-écouter ou lire les interventions cliquez "Habiter avec le feu"
30 ans ans après le lancement de la mission européenne de patrimoine intégré dans les quartiers nord de Marseille, 20 ans après l’adoption par le Conseil de l’Europe de la convention-cadre sur la valeur du patrimoine culturel pour la société, connue comme Convention de Faro, 16 ans après la première adhésion à la Convention de Faro par la Mairie du 8me secteur, 12 ans après le Forum de Marseille sur la valeur sociale du patrimoine pour la société à Marseille, la Ville de Marseille dans son ensemble adhère aux principes de la Convention de Faro.
Le conseil municipale du 11 juillet approuve l’adhésion de la Ville de Marseille aux valeurs et objectifs de la Convention de Faro du Conseil de l’Europe sur proposition de Perrine Prigent, élue au patrimoine, et Jean-Marc Coppola, élu à la Culture pour toustes.
Extraits : Riche d’un patrimoine historique, culturel, architectural dense, héritière d’une histoire multimillénaire qui a constitué un patrimoine matériel et immatériel vivant et partagé, la Ville de Marseille attache une importance fondamentale à valoriser l’action des citoyennes et des citoyens qui s’investissent spontanément dans une action de protection et de préservation des #communs.
⚖️ Engagée en faveur des droits culturels et patrimoniaux, la Ville de Marseille valorise et soutient les initiatives citoyennes, les mémoires plurielles et les cultures locales. Elle défend sans relâche le travail essentiel mené par les associations, entreprises d’insertion, #collectifs citoyens qui agissent tous les jours pour permettre un accès élargi aux trésors patrimoniaux de la ville et construisent une vie culturelle et un patrimoine en partage.
🏛️ Par la mise en œuvre de dispositifs favorisant la concertation et la participation tels que les « Pépites patrimoniales » ou le projet « Rue du Musée/Musée de la Rue », la Ville développe une riche démarche collaborative qu’elle place au cœur de son action.
Ces choix ambitieux s’inscrivent pleinement dans les principes de la Convention de Faro adoptée par le conseil de l’Europe en 2005. Ce texte définit le patrimoine comme un bien commun et reconnaît l’importance de la #mobilisation citoyenne dans la défense, la valorisation et la transmission du patrimoine culturel.
Plusieurs maires de secteur de Marseille ont déjà, en 2009, soutenu la démarche en faisant le choix de s’engager à mettre en œuvre ses principes [dans le cadre de la mission européenne de patrimoine intégrée initiée en 1995].
Aujourd’hui, La Ville de Marseille s’engage et choisit de signer cette convention pour signifier son adhésion aux valeurs et aux principes démocratiques portées par la Convention de Faro (…). Cette reconnaissance revêt une valeur symbolique forte et marque l’engagement de la Ville de Marseille en faveur d’une #vision élargie et participative du patrimoine.
Porté par la Coopérative Hôtel du Nord, membre du réseau de la Convention de Faro qui agit à l’échelle européenne pour faire connaître et défendre ses principes, cette démarche vient renforcer l’engagement de la Ville et lui donner une puissance renouvelée.
Cette signature s’accompagne d’engagements concrets pour déployer à Marseille une politique patrimoniale issue des principes de la Convention. Ainsi, la Ville de Marseille déploiera une démarche ouverte aux acteurs du territoire investis dans la conservation et la valorisation du patrimoine, afin de relier les citoyens, les élus, les acteurs économiques, sociaux ou institutionnels.
Image du Réseau 40xVenezia, de 2009, du Phare de Marseille (Faro) qui éclaire la place Saint Marc à Venise, suite à leur venue dans les quartiers Nord de Marseille à l’occasion de l’adhésion aux principes de Faro de la Mairie de secteur du 15me et 16me arrondissement de Marseille.
Arrivée avec Gérard à l’Estaque en 1993, elle a réalisé à ses côtés le rêve d’habiter une maison hospitalière avec vue sur la mer. C’est dans leur Maison bleu de l’Estaque qu’ils ont proposé l’hospitalité dans un gîte urbain niché dans la verdure de leur jardin, parmi les figuiers, chèvres-feuilles, jasmin, bougainvillées …
Ensemble ils ont ouvert l’une des premières chambres d’accueil chez l’habitant de la coopérative Hôtel du Nord.
Janine a été une petite main discrète et essentielle de notre coopérative d’habitants et d’habitantes. Que ce soit lors de nos assemblées générales comme lors de nos balades et explorations patrimoniales.
Elle a été une hôte attentionnée, accueillante, disponible, aux petits soins, chez qui ont revient et de chez qui il ne faut pas partir sans avoir goûté à sa confiture de figues …pour reprendre les mots des nombreux passagers et passagères accueillis dans la maison bleu.
La bénédiction aura lieu en l’église de l’Estaque mardi 13 mai à 15:45. Pour celles et ceux qui le souhaitent, le moment de la bénédiction sera le plus approprié pour rendre un dernier hommage à Janine
Janine sera ensuite incinérée au cimetière Saint-Pierre au sortir de l’église.
Qu’elle repose en paix. Nous avons une pensée toute particulière pour Gérard et ses proches.
Galerie d’images de Dominique Poulain.
2013. Durant l’affichage de Stéphanie Nava.2013. Durant l’affichage de Stéphanie Nava.2013. Durant l’affichage de Stéphanie Nava.27 mars 2019. HdN accueille les landais Visite de la savonnerie du Midi)27 mars 2019. HdN accueille les landais Visite de la savonnerie du Midi)2017 séminaire HdN 2 décembreApéro HdN chez Brij et Vincent 23 juin 2014Apéro HdN chez Brij et Vincent 23 juin 2014AG HdN du 9 avril 2014: portraitAG HdN du 9 avril 2014: TrioAG HdN du 9 avril 2014Jeux de mains (celles de Jeanine en haut, celles de Michèle en bas)AG HdN du 9 avril 2014: LE couple
Après le « hors tourisme », puis le « tourisme de l’écart », Hôtel du Nord se pense pleinement aujourd’hui en hospitalités, « au-delà du tourisme ».
Le Nord de nouveau visible
Depuis que la Ville de Marseille a récupéré la compétence tourisme en janvier 2023, le nord semble avoir réapparu dans l’imaginaire touristique de Marseille, 120 ans après la dernière carte touristique le prenant en compte en 1902 dans le Guide Joanne du Syndicat d’initiative de Provence.
Guide Joanne 1902
Carte touristique Office du tourisme, Couverture de Marseille 2023
Des passagers viennent dans nos chambres via l’office du tourisme de Marseille. Ses agents d’accueil nous ont demandé des plaquettes et, lors de notre dernière visite test mi 2024, ils ont recommandé de contacter la coopérative Hôtel du Nord pour découvrir Marseille par son Nord!
A cela s’ajoute en juillet la publication de sa nouvelle carte touristique de Marseille dans le bon sens et avec toute la ville. L’élu au tourisme a même proposé que la prochaine version soit co-construite.
Carte touristique de Marseille, Office du tourisme, juillet 2024
On en profite pour partager plusieurs de nos cartes dans cet article et donner de l’élan à cette nouvelle coopération. A voir quand les balades, les ouvrages et les produits d’Hôtel du Nord auront à leur tour une place?
Enfin, le service tourisme de la villede Marseille a accordé pour la première fois une subvention à Hôtel du Nord à hauteur de 5.000 euros, sans oublier les invitations à intervenir dans des conférences et auprès du groupe tourisme de la Convention citoyenne du futur. Cela fait beaucoup de premières fois.
Carte quartiers nord, Civic City pour Hôtel du Nord. 2011.
Doucement, mais surement le nord se fait une place dans l’imaginaire :
29 ans après la création de la mission européenne de patrimoine intégré suite au Manifeste de Christine Breton , Conservatrice du patrimoine, qui tire alors l’alarme dans les quartiers nord sur la rapidité avec laquelle les projets de reconversion urbaine détruisent un patrimoine présent non considéré par l’action publique (lien).
19 ans après les premières balades patrimoniales au Nord de Marseille à l’occasion des journées européennes du patrimoine ;
18 ans après l’adoption d’un rapport sur « patrimoine et économie » par le Conseil Départemental de Concertation des Bouches-du-Rhône qui propose de dépasser l’opposition entre bien commun (inaliénable) et usage privé (profitable)dans l’intérêt commun (lien).
Ateliers de révélation urbaine au ruisseau des Aygalades, 2009
16 après la création de la création d’une Commission patrimoine par la Mairie du le 15 et 16me arrondissement de Marseille qui décidera de la création d’Hôtel du Nord ;
15 après l’hospitalité offerte au 40xVenezia et au Conseil de l’Europe à l’occasion des journées européennes du patrimoine et de l’adhésion de la Mairie du 15/16 aux principes de Faro ;
14 ans après le premier séjour pilote « eau et jardin » commercialisé avec succès pour tester l’hospitalité au Nord de Marseille avec 5 chambres pilotes et 17 personnes accueilles ;
Carte du séjour Eaux et jardins. Civic City, 2010
13 ans après la promesse d’ouvrir 50 chambres chez l’habitant et 50 itinéraires pour « découvrir Marseille par son nord » à l’occasion de Marseille Capitale européenne de la culture.
11 ans après l’accueil de 10.000 personnes au nord de Marseille en balade, chez l’habitant et en séjour et la promesse tenue avec plus de cinquante chambres et balades patrimoniales proposées par les habitants.
Carte Bel Vedere. Stéphanie Nava, 2013.
10 ans après la création du Réseau européen de Faro et l’autorisation par l’État de vendre directement nos propres séjours ;
9 ans après la création de la coopérative Les oiseaux de passagepour mener des travaux de recherche et développement afin de penser l’hospitalité de toutes les personnes de passage (lien).
Carte des hospitalités à Marseille, plateforme coopérative Les oiseaux de passage, 2021
Une année après l’appel à des Assises marseillaises de l’hospitalité pour que Marseille soit la première ville à changer le paradigme de l’accueil en termes de justice sociale et climatique (lien).
L’occasion pour notre coopérative de faire un point sur qui elle accueille.
Accueilli chez
Les hôtes de la coopérative d’habitants Hôtel du Nord ont fait un bilan des personnes qu’iels ont accueillies sur le premier semestre 2024 et qui reflète la diversité des motifs de passage ainsi que des personnes accueilles et accueillantes.
La coopérative Hôtel du Nord compte différents types d’hébergements : 16 chambres d’hôte, 4 gîtes urbains, 1 auberge de jeunesse, 1 halte pèlerin et 1 voilier (qui conteste l’interdiction qui lui est faite par la Métropole d’exercer l’accueil associatif) pour une capacité totale de 80 places.
Civic City, Accueilli chez, 2011.
Trois nouveaux hébergements sont en cours d’ouverture. Depuis 2011, 26 hôtes ne sont plus référencés par la coopérative suite à un déménagement, l’arrêt de l’activité, …. Au total, une cinquantaine de lieux d’hébergement chez l’habitant ont été accompagnés et proposés depuis 2010.
Au fur et à mesure que s’ouvraient les chambres chez l’habitant, une pluralité de personnes sont venues toquer à leur portes à l’image de la diversité des personnes qui habitent, travaillent et séjournent dans ces quartiers : entreprises, habitat social, noyaux villageois, milieu associatif, ….
Carte le partage des eaux. Julien Rodriguez, 2010
La coopérative a réalisé un questionnaire pour savoir qui venait, sur quelle durée et avec quelles retombées pour les hôtes et le territoire. Il est ressortie huit grands motifs de passage avec :
Le « tourisme » qui rassemble les personnes qui viennent pour un départ en croisière, un festival ou un match, en vacances, en randonnées sur le GR 2013 et pour un congrès.
L’« hôpital » qui regroupe les personnes qui se rendent à l’Hôpital Nord pour un examen, accompagner un proche, en formation ou comme commerciaux.
Le « travail » comprenant les personnes qui viennent dans les nombreuses entreprises, administrations et associations des quartiers nord de Marseille pour un contrat court, de manière régulière, en stage, en résidence ou sur un chantier.
Les « voisins » qui invitent des personnes à leur rendre visite et qui sont en recherche d’hébergement pour les accueillir à l’occasion d’une fête de famille, d’une cousinade ou d’un évènement.
Carte jeu de l’oie Un jour à la Castelane. Association 3.2.1.
Les « études » que ce soit à l’université, en apprentissage ou à l’occasion d’un stage sur place.
Le « pèlerinage » le long du chemin de Marie-Madeleine des Saintes-Maries-de-la-Mer jusqu’à la Sainte-Baume et qui règlent leur nuitée souvent avec le donativo.
Le « transit » des personnes venues s’installer sur Marseille et dans l’attente d’un logement.
Le « non-marchand » avec l’accueil gratuit chez-soi de proches, par solidarité avec des personnes (réfugiés, mises à l’abri, transit) et dans le cadre de réseaux d’échange : échange de maisons, warmshower pour les cyclistes.
Carte Caminando Saint André 2023
Savoir qui vient, combien de temps et pourquoi?
Si on regarde en termes d’attractivité, sur un peu plus de 300 séjours réalisés entre janvier et juin 2024, la moitié des séjours ont un motif touristique et les deux tiers des passagers sont des touristes.
Cela change quand on regarde en termes de retombées économiques pour les hébergeurs, c’est-à-dire en nombre de nuitées, alors les nuitées pour le travail, le transit et les études représentent quasi la moitié des nuitées.
Le fait qu’au final seulement un quart des nuitées est touristique s’explique par la courte durée des séjours touristiques marchands à Marseille qui est en moyenne en dessous de deux nuitées depuis des années.
Enfin, si l’on regarde en termes de fréquentation de Marseille, les accueils à titre non-marchands représentent presque la moitié des personnes présentes à Marseille via Hôtel du Nord. Cela s’explique par la longue durée des séjours gratuits.
En France, les chercheurs Saskia Cousin et Sébastien Jacquot ont rappelé que plus de la moitié des français et françaises voyageaient dans le non marchand (lien). Plusieurs études commencent à évaluer l’impact sur l’économie locale de l’hébergement non-marchand qui se révèle souvent aussi important que le marchand avec des séjours plus nombreux et plus longs.
C’est tout l’enjeu des assises de Marseille hospitalités que de favoriser à la fois un accueil digne et soutenable de toutes personnes de passage à Marseille et d’accompagner la transition du secteur de l’hospitalité dans le respect des Accords de Paris.
Carte sensible Voyage 6 Demi-tour. Juliette Loquet, 2014.
Découvert avec
Les membres de la coopérative Hôtel du Nord continuent à proposer l’hospitalité dans les lieux, les récits et avec les personnes pour découvrir Marseille par son Nord. Iels partagent les résultats de leur travail d’enquête collective au Mille-pattes à travers des balades patrimoniales ouvertes notamment lors des journées européennes du patrimoine. Et iels se saisissent des demandes de balades et séjours qui lui sont faite pour coconstruire des propositions d’hospitalité que ce soit sous forme de balades en demi journée ou lors de séjours apprenants.
Carte ruisseau des Aygalades. La Gazette du ruisseau. Les Gammares et Bureau des guides GR2013
En 2023, les hôtes ont accompagné la découverte de Marseille par son nord à la demande de collèges, d‘universités (Université Aix-Marseille, Université Berlin, Université Louvain, Centre Norbert Elias, Université Sierre, CNRS), d’institutions culturelles (Ensemble Télémaque, Bureau des guides GR2013), de l’Agence Régionale de Santé pour accompagner à la réinstallation de personnel soignant.
Carte des balades d’Hôtel du Nord, 2020
Par exemple, en avril 2024, Hôtel du Nord et l’Agence Régional de Santé renouvelaient leur coopération pour inviter les futurs médecins en fin de formation à réfléchir en marchant aux diverses manières de penser le soin et de développer des projets de santé dans ces territoires qui en ont fort besoin.
Après le Bassin de Séon en 2023, c’est du côté de Notre-Dame Limite , que la balade jalonnée de temps d’ateliers a embarqué une trentaine de personnes à la rencontre des histoires des lieux, de ceux et celles qui y vivent et des diverses initiatives qui souvent sous les radars maillent et se relient malgré tout.
Alice Durot, jeune et talentueuse dessinatrice marcheuse nous en livre une carte sensible à partager….
Carte sensible Alice Durot. Prendre soin de Marseille Nord, 2024
La coopérative Hôtel du Nord et le Mille-pattes ont partagé, à l’occasion des journées européennes du patrimoine, les résultats d’une année d’enquête à Saint Louis-Consolat sur l’hospitalité.
Les résultats ont été partagés sous forme d’une balade patrimoniale « L’ultime demeure » et d’un livret de 80 pages revenant sur les récits, les cadres législatifs et les archives collectées.
Cette enquête à été menée à partir du mouvement marseillais des squatteurs de l’après guerre, qui donnera naissance à la première loi française sur le sujet, en passant par les Castors et les copropriétés dégradées, l’habitat social d’hier et d’aujourd’hui, jusqu’au projet d’implantation d’un “village d’insertion” pour les populations roms.
La coopérative a eu comme ressources en 2023 hors bénévolat 70.000 euros financés :
pour un cinquième par la contribution économique des hôtes : réversion sur la vente de nuitées, ventes de produits, balades et séjours,
pour un quart par des subventions de fonctionnement :Service Patrimoine de la Ville, Département,
et pour moitié par la coproduction d’actionspatrimoniales avec la DRAC, l’Epage Huca, l’Université de Huelva et l’association Noailles Debout!.
Pour réaliser son action, la coopérative a dépensé en 2023 plus de 78.000 euros dont les deux tiers ont servi à financer le travail de ses membres (nuitées, missions, éditions, …) et un tiers les frais généraux (expert comptable, déplacement, site internet, …).
En 2023, la coopérative a eu une perte exceptionnelle sur une subvention FNADT de 2021 (2.700 euros) et un report d’une action sur 2024. Au final, l’exercice 2023 s’est terminée sur une perte de 8.000 euros.
La coopérative avait avant cette perte 48.000 euros de fonds propres composés pour un tiers de l’apport financier de ses 82 sociétaires et pour deux tiers de ses réserves financières accumulées au cours des 14 premiers exercices. Un tiers de ces fonds est immobilisée au capital de la SCIC Les oiseaux de passage dont elle est cofondatrice.
Carte programme Journées européennes du patrimoine 2010.
Extrait : Avec les Aygalades, cette relation a débuté par la marche, «le pas de côté», «l’urbex qui ne dit pas son nom», comme le raconte Julie de Mueur, engagée dans la coopérative d’habitants Hôtel du Nord. C’est que le ruisseau ne se donne pas facilement à voir. La construction du canal de Provence, au XIXe siècle, est passée par là, le rendant inutile aux grandes bastides. Puis les industries – encore aujourd’hui la cimenterie Lafarge – et la construction de l’autoroute. Quand il n’est pas canalisé, busé, il est perçu comme un égout à ciel ouvert. Mais en 2007, le cours d’eau devient un «véritable personnage» par l’entremise de Christine Breton, conservatrice du patrimoine, qui mène toute une démarche avec les habitants des quartiers Nord. Sur d’anciens plans, elle identifie l’existence d’une galerie souterraine et se rend compte qu’elle débouche sur… une chute d’eau.