Archives de catégorie : La coopérative

Marche-anniversaire chez nos voisins de l’Est!

Voilà plusieurs années que les habitants marcheurs de Rives et cultures, qui oeuvrent dans les quartiers Est de Marseille, et ceux d’Hôtel du Nord correspondent à l’échelle de leurs pieds.

Balades croisées, recherches communes autour de nos fleuves industriels ou de nos oppida, transformations urbaines en tension, les occasions de se trouver des sujets de conversations ne manquent pas. Mais en voici une un peu particulière puisque l’association Rives et Cultures fête ses 10 ans. Les initiatives complices la rejoindront donc sur le terrain pour une grande balade à plusieurs voix et territoires…

Rives & Cultures a le plaisir de vous inviter à sa Marche-anniversaire des 10 ans le dimanche 3 février :
Permanences et transformations urbaines dans l’est marseillais
Hommage au géographe Marcel Roncayolo
Avec la participation des associations partenaires Bureau des Guides du GR2013, Chantepierre, Hôtel du Nord, Momkin, Robins des villes !

RDV 10H30 au niveau du 126, Bd Pont-de-Vivaux.
accessible par bus n°18 arrêt Pont-de-Vivaux- Sidolle voire bus 15 proche (arrêt St Loup-Florian)
Pique-nique à prévoir !
Fin de la balade vers 16H30 au Métro La Fourragère 
Inscriptions par courriel : rivesetcultures@live.fr ou Tel : 06.74.59.13.39

Sur les hauteurs de la cité Air Bel – Mai 2013

Anniversary walk at our eastern neighbours!

It has been several years since the marchers of Rives and cultures, who work in the Eastern quarters of Marseille, and those of Hôtel du Nord correspond to the scale of their feet.

Cross-walks, joint research around our industrial rivers or our oppida, urban transformations in tension, opportunities to find topics of conversations are not lacking. But here is a bit peculiar since the Association Rives et cultures celebrates its 10 years. The accomplices initiatives will join her on the ground for a great walk with several voices and territories…

Rives & cultures is pleased to invite you to its 10-year anniversary March on Sunday, 3 February:P erma
nences and urban transformations in the East of Marseille tribu
te to the geographer Marcel Roncayol
owith the participation of partner associations Bureau des guides du GR2013, Chantepierre, Hotel du Nord, Momkin, Robins of the cities!

RDV 10.30 at the level of the 126, BD Pont-de
-Vivaux. accessible by bus n ° 18 stop Pont-de-Vivaux-Sidolle even bus 15 near (stop St Loup-Flo
rian) picnic to expect!
End of the trip around 4.30 pm at the Metro the f
odder inscriptions by email: rivesetcultures@live.fr or Tel: 06.74.59.13.39

On the heights of the City Air Bel-may 2013

La balade des voeux…

Chez Hôtel du Nord on arrive toujours se mettre d’accord sur une histoire qui nous parle à tous, mais on a aussi toujours du mal à renoncer complètement à la multitude des autres histoires. Alors on vous envoie une série de voeux, pluriels, protéiformes, pour cheminer à votre guise dans ce qui fut notre année partagée et se donner envie de continuer. Dans tous les cas on y sera!

Conception et photos Dominique Poulain, archives Hôtel du Nord

 

The walk of vows…

At Hotel du Nord we always come to agree on a story that speaks to us all, but it is also always hard to give up completely the multitude of other stories. Then we send you a series of vows, plurals, proteiformes, to walk at your leisure in what was our shared year and make us want to continue. In any case, we'll be there! [Gallery IDs = "12188, 12185, 12186, 12207, 12206, 12205, 12199, 12191, 12201, 12198, 12204, 12203, 12202, 12200, 12196, 12195, 12194, 12193, 12192, 12190, 12189, 12187, 12208,12209"]

Sauver la Machine Pneumatique

Agissant pas à pas et à l’échelle du pied, Hôtel du Nord invite à partager nos histoires et à développer nos envies de conversation, d’échanges, d’entraide, d’expériences communes. Pour ça il faut des habitants motivés, des espaces à explorer mais aussi des lieux collectifs pour se retrouver, discuter, imaginer, découvrir, fabriquer…

Plusieurs expériences réjouissantes se sont développées ses dernières années au nord de Marseille, tentant d’inventer des aventures humaines, culturelles mais aussi économiques. La Machine pneumatique fait partie de ces lieux fragiles et précieux.  Nous relayons son appel à soutien pour la sauver d’une prochaine fermeture en janvier prochain, ce qui représenterait la fin bien trop précoce d’un de ces espaces nécessaires à notre devenir commun.

Pour Sauver la Machine Pneumatique: Ici

Save the pneumatic machine

Acting step by step and on the scale of the foot, Hotel du Nord invites us to share our stories and to develop our desires for conversation, exchanges, mutual assistance, common experiences. For this it takes motivated inhabitants, spaces to explore but also collective places to meet, discuss, imagine, discover, make… Several delightful experiences have developed in recent years North of Marseille, attempting to invent human, cultural but also economic adventures. The pneumatic machine is part of these fragile and precious places.  We are relecting its call for support to save it from a forthcoming closure in January, which would represent the far too early end of one of these spaces necessary for our common fate. To save the pneumatic machine: here

Restons branchés! Récit d’exploration #2

Les récits d’exploration mettent en partage les conversations et recherches des balades en cours de construction. 

Cette fois ça commence par un pique-nique sur la terrasse de Dominique.

Chacun a amené une histoire à raconter, une production à goûter ou un bouquin à partager autour de sa relation à l’arbre.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Après le pique quasi gastronomique on revient dans l’enquête.
 
La mémoire des fractures…
 
D’abord l’histoire du Robinier Faux acacia. Dans la vieille ferme que Dominique et Jean viennent habiter il y a déjà un paquet d’années, ils devinent deux ronds entourant ce qui devait être deux arbres, abritant agréablement la terrasse et donnant des airs de bastides à l’endroit. 
 
Mais il faut bien vivre et l’activité de la ferme évolua, avec notamment du stockage de charbon. On coupa les arbres pour laisser la place au camion venant livrer le combustible. Des années après, Jean et Dominique partent donc en quête d’un nouvel arbre à planter là, pour donner un peu de fraicheur au lieu où nous pique-niquons. 
Alors qu’ils espéraient un micocoulier, c’est finalement un robinier qui emménagera avec eux. Ils apprendront avec lui à accompagner la « fracture » (c’est un arbre très cassant), ce qui va nous permettre d’arriver à notre premier adage/slogan inventé de la journée (il y en aura d’autres…):  « Ça casse mais ça pousse »…
 
 
 
 
 
 
Ça vaut des nèfles…
 
Pas très loin du robinier, on trouve un très vaillant néflier qui a tout particulièrement l’affection de Jean. 
 
Serait-ce par goût pour ce qui n’est pas très valorisé (comme un peu chacun de nous dans ces balades)? Ou par intérêt pour l’activité permanente dont cet arbre fait preuve (Jean est aussi un grand travailleur)? 
 
En tous cas il nous amène notre deuxième adage: « Super, ça vaut des nèfles »…
 
 
 
 
 
 
 
 
Le Palmier du ghetto…
 
Josyane a bien préparé son résumé de ses recherches sur l’Aillante! Outre ce qu’on savait déjà (que c’est une plante qui s’installe dans les terres remuées, qui résiste à des conditions très dégradées de sol et de pollution, qu’on peut au choix y voir une nuisible ou une championne de la survie), on apprend que cet arbre fut donc importé de Chine (on verra que la Chine est récurrente dans cette histoire…) comme arbre d’ornement mais aussi, mais surtout, dans l’espoir d’une exploitation économique via son Bombyx, un papillon de nuit capable de produire de la soie.
Quand cette production n’a plus trouvé d’intérêt économique on l’a peu à peu trouvé moins sympathique…
Pour continuer à lister ses qualités, et pas seulement ses défauts (notre goût pour les nèfles…), on remarque sa capacité à pousser rapidement, les qualités musicales de son bois,  ses capacités à inhiber la germination d’autres plantes (ce qui peut être un défaut comme une qualité…).
 
 
Un instrument pour sonder les corbeaux en Ailante
 
 
L’Ailante a aussi beaucoup de noms différents, qui expriment la difficulté de clairement le classer du côté des bons ou des mauvais…
 
Outre le « Palmier du Ghetto », « Faux vernis du Japon », « Arbre du ciel » et « Arbre du paradis, il a aussi deux noms d’usage en Chine: 
Pour le chinois de la campagne il est l »’Arbre du printemps » (car sa période de « renaissance » annuelle est tardive et annonce avec certitude le printemps) quand il est pour le chinois des villes « l’Arbre puant » (parce qu’il dégage une odeur nauséabonde quand on froisse ses feuilles). 
Les chinois l’utilisent aussi comme métaphore à la fois du père de famille (par allusion à son côté imposant quand il est mature) et du fils dévergondé (en faisant allusion à la croissance un peu fofolle des rejets de souche).
 
Alors l’adage qui nous vient pourrait être : « Oui mais non ».
 
Entre Terre et Ciel…
 
Et l’on finit notre petit tour de table de nouveau avec la Chine, mais aussi la langue arabe et le dessin, avec Stéphanie qui nous montre les idéogrammes qui correspondent à « arbre » mais aussi « racine », « cime », « forêt »… 
Elle nous fait également partagé le beau livre Nous n’’irons plus au bois » dessiné par Zeynep Perinçek. 
 
 
Pour l’adage, les chinois nous invitent à réfléchir à Si j’étais un arbre…

 

 
 
 
 
 
 
 
 
Et puis on part en balade sur Foresta…
 
 
C’est pour commencer le retour du robinier, dans une autre situation. 
Dalila nous raconte alors que cet arbre, grâce à la présence de nodosité et de bactéries symbiotiques sur ses racines, a la particularité comme toutes les Fabaceae (légumineuses), d’être capable de capter l’azote de l’air (ce que la plupart de végétaux ne peuvent pas faire bien que l’atmosphère en contienne 78%). 
Une partie de cet azote sera utilisé pour fabriquer ses protéines, et l’ autre restera dans le sol et deviendra assimilable par les autres plantes.
Le Robinier, en agissant comme un engrais, en fait ainsi profiter les autres.
 
Donc c’est super… Oui! 
 
Mais il prend aussi possiblement la place d’autres plantes à cause de ses gousses pleines de graines… Non! 
 
« Oui mais non »…
 
 
Bon, on apprend aussi qu’il peut remplacer le teck pour faire de chouette terrasse mais aussi des bâtons du jardinier car son bois est imputrescible.
 
Quelques mètres plus tard voici le peuplier. 
 
Potentiellement marqueur d’eau, mais oui mais non nous dit la compagnie, car c’est le peuplier blanc, pas le vert. 
Mais savez-vous que le peuplier blanc c’est le peuplier de peintres de la Renaissance italienne, l’arbre avec lequel ils fabriquaient leur retable pour peindre sur bois? Ceux du nord utilisaient le chêne. 
Clin d’oeil aux nombreuses histoires italiennes de ces quartiers?
 
Et puis voilà le Frêne et ses histoires de Fresnette (idée pour l’Epicerie Foresta?) mais aussi de fourmis qui nettoient l’arbre en buvant le liquide sucré contenu dans des pucerons à partir du suc de l’arbre… euh… vous m’avez compris??
 
Et toujours ces plantes qui indiqueraient l’eau, en dessous… 
 

Le mystère du Savonnier. Pourquoi ça s’appelle comme ça? On ne sait pas mais on sait que, encore une fois, cet arbre vient de Chine… 
Troublante cette récurrence de la Chine, quand on sait que le projet MIF 68, qui indirectement a provoqué le projet Foresta, est largement lié aux investisseurs chinois et aux stratégies des nouvelles routes de la soie…
 
 
 
Tiens cette fois un Troène du Japon. Ils furent à la mode dans les bastides marseillaises, taillés en boule et recouverts de filets afin de permettre « Les chasses aux dames » , les oiseaux étant ainsi plus faciles à chasser pour la gente féminine…Hum Hum…
 

Nous voilà à l’orée de l’incendie. Un drame et une chance… Nous échangeons sur les impacts de l’incendie, à la fois traumatiques pour les hommes dans la modification du paysage qu’il provoque, mais aussi accélérateur pour certaines plantes qui vont profiter de la lumière retrouvée.
On se dit qu’il faudra approfondir cette question de l’incendie, de sa gestion aussi, notamment en invitant le chercheur Thierry Tatony à converser avec nous.
 
Des Chênes blancs, Chênes Kermes, de la Filaire, du Neprun, Viorne tin, Salsepareille, c’est tout un milieu qui vit là, face aux Ailantes et aux buissons d’Atriplex.
 
 
 
 
L’un grignotera t’il l’autre?
 
 
Nous y serons attentifs et pour prendre soin de cette incroyable relique nous proposons également d’entamer une procédure de classement au titre de la protection du biotope, rien que ça!!
 
 
 
A suivre…
 

Let's stay tuned! #2 exploration story

Exploration stories share conversations and searches of walks under construction. 

This time it starts with a picnic on the terrace of Dominique.

Each has brought a story to tell, a production to taste or a book to share around its relationship to the tree.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
After the almost gastronomic pique we return to the investigation.
 
The memory of fractures…
 
First the story of the Robini faux Acacia. In the old farmhouse that Dominique and Jean come to live there is already a pack of years, they guessed two rounds surrounding what had to be two trees, pleasantly sheltering the terrace and giving airs of bastides to the place. 
 
But we must live well and the activity of the farm evolved, especially with the storage of coal. The trees were cut to give way to the truck coming to deliver the fuel. Years later, Jean and Dominique went on a quest for a new tree to plant there, to give a little freshness to the place where we picnic. 
As they hoped for a micocoulier, it is finally a Robinia who will move with them. They will learn with him to accompany the "fracture" (it is a very brittle tree), which is going to allow us to arrive at our first adage/slogan invented of the day (there will be others…): "it breaks but it grows"…
 
 
 
 
 
 
It's worth a few Nevers…
 
Not very far from the robinier, we find a very valiant neflier who has particularly the affection of John. 
 
Would it be by taste for what is not very valued (like a little each of us in these walks)? Or by interest in the permanent activity that this tree shows (John is also a great worker)? 
 
In any case he brings us our second adage: "great, it's worth the Nevers"…
 
 
 
 
 
 
 
 
The ghetto Palm tree…
 
Josyane has well prepared his summary of his research on the Aillante! Besides what we already knew (that it is a plant that settles in the disturbed land, which withstands very degraded conditions of soil and pollution, that one can choose to see a pest or a champion of survival), we learn that this tree was therefore imported from China (it will be seen that China is recurring in this story…) as an ornamental tree but also, but above all, in the hope of an economic exploitation via its Bombyx, a moth capable of producing silk.
When this production no longer found any economic interest it was little by little found less sympathetic…
To continue to list its qualities, and not only its flaws (our taste for Nevers…), one notices its ability to grow rapidly, the musical qualities of its wood, its abilities to inhibit the germination of other plants (which can be a defect as a quality…).
 
 
An instrument to probe Ravens in Ailante
 
 
The Ailante also has many different names, which express the difficulty of clearly classifying it on the side of good or bad…
 
Besides the "ghetto Palm", "false varnish of Japan", "tree of heaven" and "tree of paradise", it also has two names of use in China: 
For the Chinese of the countryside it is the "tree of spring" (because its annual "Renaissance" period is late and announces with certainty the spring) when it is for Chinese cities "the stinking tree" (because it exudes a foul odor when one crummy leaves). 
The Chinese also use it as a metaphor for both the father of the family (by allusion to his imposing side when he is mature) and the unturned son (alluding to the somewhat fomad growth of the stump releases).
 
Then the adage that comes to us could be: "Yes but no".
 
Between Earth and heaven…
 
And we finish our little round of table again with China, but also the Arabic language and the drawing, with Stephanie who shows us the ideograms that correspond to "tree" but also "root", "CIME", "forest"… 
It also makes us share the beautiful book we will not go to the wood "designed by Zeynep Perinçek. 
 
 
For the adage, the Chinese invite us to think about whether I was a tree…

 

 
 
 
 
 
 
 
 
And then we go for a stroll on ForestA…
 
 
It is to begin the return of the robinier, in another situation. 
Dalila tells us that this tree, thanks to the presence of nodosity and symbiotic bacteria on its roots, has the particularity like all the Fabaceae (legumes), to be able to capture the nitrogen of the air (which most plants can not make sure the atmosphere contains 78%). 
Some of this nitrogen will be used to make its proteins, and the other is to remain in the soil and become assimilated by other plants.
The Robinier, acting as a fertilizer, makes it so enjoy the others.
 
So it's great… yes! 
 
But it also possibly takes the place of other plants because of its pods full of seeds… no! 
 
"Yes but no"…
 
 
Well, we also learn that he can replace the teak to make a nice terrace but also of the gardener's sticks because his wood is unputrescible.
 
A few meters later here is the Poplar. 
 
Potentially water marker, but yes but no tells us the company, because it is the White Poplar, not the green. 
But do you know that the White Poplar is the Poplar of painters of the Italian Renaissance, the tree with which they made their altarpiece to paint on wood? The northern ones used oak. 
Wink at the many Italian stories of these neighborhoods?
 
And here is the ash and its stories of Fresnette (idea for the Epicerie ForestA?) but also of ants that clean the tree by drinking the sweetened liquid contained in aphids from the tree's soot… Uh… you understand me??
 
And always these plants that would indicate the water below… 
 

The mystery of the Savonnier. Why is it called that? We do not know but we know that once again, this tree comes from China… 
Troubling this recurrence of China, when we know that the project MIF 68, which indirectly caused the project ForestA, is largely linked to Chinese investors and strategies of new Silk roads…
 
 
 
This time, here's a Trojan from Japan. They were fashionable in the Marseille Bastides, cut into a ball and covered with nets to allow "the hunts to the ladies", the birds being thus easier to hunt for the female… Hum hum…
 

Here we are at the edge of the fire. A drama and a chance… We exchange on the impacts of the fire, both traumatic for men in altering the landscape that it causes, but also Accelerator for some plants that will enjoy the light found.
It is said that it will be necessary to deepen this question of the fire, of its management also, in particular by inviting the researcher Thierry Tatony to converse with us.
 
White Oaks, Kermes Oaks, wireframe, Neprun, Viorne Tin, sarsaparilla, it is a whole environment that lives there, facing the Ailantes and the bushes of Atriplex.
 
 
 
 
Will one nibble on the other?
 
 
We will be attentive and to take care of this incredible relic we also propose to start a procedure of classification for the protection of the biotope, just that!!
 
 
 
To follow…
 

Conversation marchée à Foresta #1

Les conversations marchées sont une invitation à regarder ce qui est là avec un scientifique qui ne connait pas forcément les lieux mais avec qui nous pensons avoir des « sujets de conversation »…

Récit de la Conversation marchée #1, 7 novembre 2018
 
Qui vit là et comment?
 
Alors c’était un mercredi matin, ciel menaçant, et une colline Foresta particulièrement verte pour la période de l’année. But de jeu de la matinée: regarder ensemble avec les chercheuses du laboratoire le LPED (laboratoire population environnement développement) Magali Deschamps-Cottin et Carole Barthelemy ce qui est là, dans un espace naturel profondément modifié par l’homme et aux conditions difficiles (pente, embruns, vent…). 
 
Toutes deux travaillent sur la nature en ville, et plus particulièrement à Marseille. 
Magali est écologue, elle regarde les relations et interactions entre les plantes, les animaux…et les hommes, avec une prédilection pour les papillons. 
Carole est sociologue, elle travaille sur les relations entre la nature et la société plus particulièrement dans les quartiers populaires de Marseille. Ça veut dire les usages qu’ont les habitants de la nature, les représentations mais aussi les modes de gestion de cette nature urbaine qui n’est pas toujours perçue ou nommée comme telle (les délaissés, les friches, les collines habitées…).
 
Après une petite introduction presque polémique à propos des prédateurs domestiques que sont les chats (qui en trop grand nombre affaiblissent la biodiversité), nous partons marcher.
 
A Foresta on se trouve majoritairement dans ce qu’on appelle un milieu ouvert. Or les papillons aiment bien ces milieux, plus que les forêts… Ils ont par contre besoin d’habitats diversifiés, notamment pour passer l’hiver.
 
Par exemple certains papillons passent l’hiver à taille adulte en ce cachant dans des vieux murs ou dans les ronces (donc oui, les ronces c’est important et pas que pour ramasser des mûres…).
 
 
 
 
 
Tiens, là le vieux mur qui sous tend aujourd’hui le Lycée de la Viste, relique bâtie de la colline d’origine. Un bon gite…
D’autres papillons passent l’hiver sous forme de chenilles ou de chrysalide, directement sur les plantes.
 
Dans le fenouil qui poussent un peu partout ici on trouve le Machaon. La Machaon aime le fenouil. Les papillons ont en effet des plantes hôtes, des plantes spécifiques que chaque espèce choisira pour pondre ses oeufs et qui sera la base alimentaire de la chenille. Les plantes sauvages parfois considérées comme mauvaises herbes peuvent ainsi être précieuses vues par une autre espèce…
On se fait un petit tour des espèces qui apprécient les friches et les zones abandonnées de nos contrées. Certains sont migrateurs, traversant la Méditerranée et élargissant ainsi leurs capacités à trouver le bon climat, la bonne plante… 
Et beaucoup ont des noms plein d’imaginaire…
Le Grand voilier, le Vulcain, la Belle dame ou encore le Pacha, qui n’accepte comme plante hôte que l’arbousier. Nous pourrions même rencontrer un papillon dont la femelle est appelée la Mégère quand son mâle se nomme le Satyre… 
Bon, en l’absence d’arbousier pas d’espoir de Pacha pour l’instant à Foresta…
 
On croise sur la dyplotaxie (la roquette sauvage) des chenilles de Pierrides, un papillon plutôt « tout terrain « .
 
 
Ici il faut se mélanger…
Un terrain artificialisé comme Foresta est le lieu de vie des champions de l’adaptation, de ceux (plantes, animaux et… humains…?) qui arrivent à trouver des stratégies pour faire avec les difficultés et qui finalement en font une opportunité.
En profitant de la « coupe » provoquée par l’installation des lettres de Netflix, on peut voir que la couche du sol vivante, propice à la vie, est très fine. En dessous les remblais des multiples modifications du site. La présence de l’argile joue aussi sur la perméabilité des sols. En gros soit c’est trop sec, soit c’est noyé… 
 
La réponse qu’ont trouvée les plantes à cette situation est de faire des cycles courts, aller vite pour réussir à se reproduire dans les deux périodes « viables » le printemps et l’automne. On voit aussi que dans ces terrains remués urbains qui ont constitué le terroir marseillais avec ses bastides et ses fermes, les plantes se mélangent, les espèces héritées des jardins cotoyant les spontanées reines de l’adaptation.
 
 
 
 
La planque du moustique…
Globalement, on est toujours agréablement surpris de constater que Foresta, tout en étant resté un espace ouvert, est plutôt « propre ». Peu de déchets, quelques bagnoles abandonnées de temps en temps mais finalement rien de trop alarmant au regard de la taille des lieux.
 
Mais malgré tout on trouve des petits amoncellements de temps à autres qui sont des vrais villas pour moustique, notamment les tigres qui adorent les humains et leur capacité à laisser trainer des récipients d’eau stagnante. Un peu d’eau qui traine dans une canette suffit à installer une nurserie, un cycle de reproduction pouvant se dérouler en 1 semaine. Si une partie des espèces de moustiques sont nécessaires dans un milieu, Magali nous invite quand même à sérieusement éviter ce genre d’habitat collectif qui dérégule les équilibres entre les espèces et nous bouffe quand même un peu la vie 🙂
 
Adopter un âne ou un quadra…
Nous arrivons devant l’un des quadra installés par SAFI dans Foresta. L’idée est d’avoir une petite zone d’observation détaillée des plantes pour que son inventaire exhaustif dans le temps nous apprenne comment évolue le terrain, par exemple suite à la venue des ânes qui depuis cette année se chargent du débroussaillage de printemps. Est-ce que les ânes vont modifier les plantes et le terrain? Affaire à suivre…

Cet inventaire est participatif et ses résultats sont consignés sur le site du mouvement « Tela botanica », où des milliers de personnes en France inventorient les plantes sauvages de leur quartier.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ailantes Versus Chênes?
 Nous nous trouvons à la lisière entre une relique de la colline ancienne et de la colline transformée. D’un côté un bout de forêt avec des chênes pubescents, de l’autre une prairie sèche peuplée d’Aillantes qui ont réussi, c’est l’une de leur caractéristiques, à s’installer sur cette terre appauvrie. L’Ailante est considérée comme invasive. En même temps elle a la qualité d’arborer des zones dégradées par les hommes et où il est difficile d’habiter quand on est un arbre. Un petit débat démarre sur la menace, ou pas, que l’Aillante représente pour les chênes de l’autre côté du chemin. Battle à poursuivre lors de la prochaine balade d’exploration à partir des arbres…
Les écologues nous invitent à observer la dynamique d’évolution de cette micro-forêt:  Y a t’il de jeunes arbres ? Progresse t’elle ou régresse t’elle ?
 
Dans le même ordre d’idée, posant ainsi la question des régulations qui deviennent parfois complexes pour la nature anthropisée, Magali nous raconte que quand on met trop de ruches d’abeilles domestiques, ce qui ne semble au premier abord qu’une bonne idée, on met la pression sur les espèces sauvages. On crée une concurrence autour de la ressource des lieux avec d’un côté des abeilles sauvages qui butinent seules, et de l’autre des abeilles domestiques qui fonctionnent en colonies et qui « ratissent » très efficacement les zones de pollen. Tout est histoire d’équilibres…
 

Un peu plus loin on découvre un « arrangement » entre deux cèdres de l’Atlas plantés trop serrés et des mûriers à papier. Ré-équilibrer la répartition en taillant fragiliserait surement l’équilibre de l’ensemble, notamment racinaire, les rendant ainsi plus vulnérables au vent…
Dans ce cas on conclue qu’il faut au contraire laisser faire, observer, faire régulièrement des photos pour documenter et se rendre peu à peu compte de comment ces arbres et ce paysage vit.
 
 
Un bassin à ménager…
Nous finissons devant l’un des deux bassins de rétention de Foresta. Ces ouvrages techniques sont aussi des lieux de vie, notamment celui-ci qui a la qualité de ne pas être bétonné, ce qui le rend beaucoup plus hospitalier pour plein d’espèces de plantes et d’animaux. Tout peut y circuler, il crée un milieu dynamique, plein d’interactions. Nous nous promettons de rechercher les résultats de l’enquête sur les oiseaux nicheurs, réalisé récemment par le LEPD et l’association la Chevèche.
On regarde également la ressource que représente les cannes, que nous apprenons à tresser et à utiliser comme ressource de construction à Foresta.
 
Nous concluons notre conversation en se confirmant avec nos deux scientifiques qui découvraient les lieux pour la 1ère fois que cet espace naturel, pivot également dans les enjeux de corridors écologiques (trames), était vraiment précieux. 
Vaste, usager, à la fois marqueur historique et révélateur de toutes les stratégies de la nature pour s’adapter, cet endroit peut participer à nommer et à prendre soin d’une nature urbaine qu’on ne valorise pas ou peu et qui souvent devient un enjeu, conflictuel, au moment où on la perd (pour une construction).
 
On se dit que plus qu’une « Zone à Défendre », c’est une belle « Zone à Ménager », qu’on a du temps pour ça et qu’il faut en profiter…
 
 
A suivre!
 
 
Prochain Récit d’exploration à suivre: Restons branchés #2
Photos Sheryl Debourg

Dernière balade patrimoniale de la saison automnale : L’Estaque : son patrimoine industriel et culturel, samedi 24 Novembre.

Une grande boucle pédestre à travers l’Estaque, à la découverte de son histoire industrielle (tuileries, cimenterie, industries chimiques), de son patrimoine culturel (de Cézanne à l’invention du cubisme de Braque et Duffy), et de son rôle de précurseur dans l’archéologie sous-marine (du Cdt Cousteau à la COMEX et au DRASSM).

Type de balade : patrimoniale.
Thématique(s) ou notions abordée(s) : histoire des loisirs : L’Estaque, premier lieu de villégiature de la Côte Bleue (années 1850), histoire de la pêche, histoire industrielle, histoire de la peinture moderne, histoire de l’archéologie sous-marine.
Sites, monuments, lieux visités : accueil à l’Écomusée du Syndicat des Initiatives, ruelles, courées, bureaux de la Coloniale, ancien site de la Comex.
Secteur géographique : Littoral, Marseille 16e

Inscriptions ICI.