Correspondence # 9 where we explain in detail the construction of the furnace with the clay…

Finally we were able to manufacture the first oven on Saturday thanks to the Gare Franche and Amora! While we are in full preparation from Sunday to ForestA of June 4 (the program arrives…), guy-neighbor of the Viste and accomplice since the first encounters-, lent himself to the play of the narrative and we thank him.     See you soon, maybe a Sunday:)! Construction of a traditional Cob Oven acknowledgements: • La Tuilerie Monier, which supplied the clay bags graciously • Catherine, Dominique, Zohra for hosting us at the Gare Franche • Amora, her family, her friends and neighbors of the plan D'aou for their valuable experience • Elise • Dominique • Marion • Hakim • Julie • Josiane •… and many others with unknown names 3 indispensable elements • clay • straw • water some will add elbow oil (feet and hands)… page1image8976 page2image384 page2image2368The oven base, already made, is an Assembly of terracotta briquettes, installed in height on a rolling table to facilitate a better movement. Straw is piled on the base to mount a pyramid, compress and round at best, which will serve as a template for the final form of the furnace. page3image376 In a large gamate, the clay is poured, which will be mixed with straw (before or after watering). A good amount of water is required for this mixture to become a more solid and sticky (COB) texture. page4image264To obtain this homogeneous mixture, 2 methods: • at the feet, as practiced in the Maghpage4image432reb countries • by hand, to better feelpage5image384 the consistency from the base on the belt the cob straw, floor by floor, remembering to leave several oven openings: • the door on the mainpage5image3560 side • Windows on each of the remaining 3 sides to monitor the cooking (or even allow better ventilapage6image384tion) 3 wooden wedges are installed to better support the access door, which is useless for Fe smaller area. The oven walls are also wet for a better adhesion of all the assembled elements of the cob. page6image2952 page7image384 You don't forget to leave a final opening on the top, like a chimney. It will be necessary to wait at least one week of drying for the commissioning of the oven, the straw and the wood are burned definitively during this operation. page7image3072 There you go!

Correspondance # 9 où l’on explique dans le détail la construction du four avec l’argile…

Enfin nous avons pu fabriquer le premier four samedi grâce à la Gare franche et Amora !

Alors que nous sommes en pleine préparation du Dimanche à Foresta du 4 juin (le programme arrive…), Guy – voisin de la Viste et complice depuis les premières rencontres-, s’est prêté au jeu du récit et on le remercie.     A très bientôt, peut-être un dimanche 🙂 !

Construction d’un four traditionnel en torchis

Remerciements :
• La Tuilerie Monier qui a fourni gracieusement les sacs d’argile
• Catherine, Dominique, Zohra pour nous avoir accueilli à la Gare Franche
• Amora, sa famille, ses amies et ses voisines du Plan d’Aou pour leur précieuse expérience
• Elise
• Dominique
• Marion
• Hakim
• Julie
• Josiane
• … et bien d’autres aux prénoms inconnus

3 éléments indispensables
• de l’argile
• de la paille
• de l’eau

D’aucuns y ajouteront de l’huile de coude (pieds et mains)…

page1image8976 page2image384 page2image2368Le socle du four, déjà réalisé, est un assemblage de briquettes en terre cuite, installé en hauteur sur une table roulante pour faciliter un meilleur déplacement.

On entasse de la paille sur le socle pour monter une pyramide, on compresse et on arrondit au mieux, ce qui servira de gabarit pour la forme finale du four.

page3image376

Dans une grande gamate, on déverse de l’argile qui sera mélangée à de la paille (avant ou après l’arrosage).
Une bonne quantité d’eau est nécessaire pour que ce mélange devienne une texture plus solide et assez collante (torchis).

page4image264Pour obtenir ce mélange homogène, 2 méthodes :
• aux pieds, comme pratiqué dans les pays du Maghreb

page4image432• à la main, pour mieux sentir la consistance

page5image384

A partir de la base on ceinture la paille de torchis, étage par étage, en n’oubliant pas de laisser plusieurs ouvertures au four :
• la porte sur la face principale

page5image3560

• des fenêtres sur chacun des 3 côtés restant pour surveiller la cuisson (voire permettre une meilleure ventilation)

page6image384

On installe 3 cales en bois pour mieux soutenir la porte d’accès, ce qui est inutile pour les fenêtres de plus petite surface.
On mouille aussi les parois du four pour une meilleure adhérence de tous les éléments assemblés du torchis .

page6image2952

page7image384

On n’oublie pas au final de laisser une dernière ouverture sur le sommet, comme pour une cheminée. Il faudra attendre au moins une semaine de séchage pour la mise en service du four, la paille et le bois seront brûlés définitivement lors de cette opération.

page7image3072

Et voilà!

Correspondance #8 où l’on raconte une semaine prolifique et où l’on vous demande un coup de mains…

Mardi, sous un vent très musclé, nous sommes allés avec les ânes au Plan d’Aou. Construite sur un plateau (qui faisait partie de la propriété du Marquis de Foresta) très exposé, la cité aurait pu ce jour-là sortir les voiles et s’envoler dans le ciel (longtemps les bâtiments ont d’ailleurs porté des noms de bateaux ou de piraterie d’où le nom du snack de St Antoine Le Corsaire…) !

L’idée proposée par Cristina et Nadia du centre social était de fabriquer du pain et d’aller le distribuer aux voisins et passants avec les ânes (Billy a été rejoint par Picasso et Caroline).

petits boulangers plan d'aou

C8 2

Au centre social, une équipe de petits boulangers

C8 3

On part distribuer le pain puis balader sur Foresta

Le lendemain nous voilà avec un mistral plus apaisé à la Bricarde. Cette fois la journée concoctée avec le centre social et l’association Sextant et plus  associe la découverte de Foresta avec les ânes à l’observation photographique grâce à des Sténopés. Les photos ainsi réalisées seront d’ailleurs exposées le 4 juin…

C8 4

C8 5

A partir du jeudi plusieurs équipes s’activent. D’un côté un atelier de conception et construction avec un groupe de jeunes accompagnés par l’AFEV.

Les constructeurs de Yes We Camp invitent les jeunes à plonger dans le paysage, dans le plan, et dans le projet !

C8 6

On se lance dans la fabrication d’un podium et de médailles Foresta pour l’olympiade du lendemain avec les centres sociaux de la Viste, de Campagne Lévèque et de l’ADDAP !

C8 7

C8 8

C8 9

Et voilà le résultat.

C8 10

C8 11

Et pendant ce temps…

Du côté de la Viste on profite de la douceur pour s’occuper des ânes et discuter avec Bénédicte de ce qu’un animal comme l’âne peut apporter aux humains. Sorte de miroir de nos émotions, il est un excellent médiateur voire un malicieux thérapeute.

Avant de rejoindre Foresta on se balade dans l’histoire et les paysages du quartier, entre histoires de châteaux, d’ermitage et d’architecture (la cité est classée Patrimoine XXème).

C8 13

C8 14

Au même moment sur les parcelles de comestibles sauvages on récolte, on cueille, on trie pour pouvoir cuisiner le lendemain.

C8 15

C8 16

C8 17

C8 18

Le lundi suivant une nouvelle parcelle sera d’ailleurs crée, tressée et inventoriée par les enfants de l’école de la Viste.

C8 19

Et pour finir le vendredi : nous avons d’un côté testé les usages sportifs des terrains avec une petite Olympiade et de l’autre démarré l’épicerie Foresta (sirops de fenouil et d’acacia, tajine de mauve et biscuits au thym) dans les cuisines de la Gare Franche.

Les plus petits ont également préparé les bombes à graines qui serviront à une action collective le 4 juin.

C8 20

C8 21

C8 22

C23
C8 24

C8 27 

                                                 Et l’image de fin promise au début :  Foresta version gâteaux paysages. Vous reconnaissez ?

Correspondence #8 where one tells a prolific week and where one asks you a hand…

Tuesday, under a very muscular wind, we went with the asses to the plan d'aou. Built on a plateau (which was part of the property of the Marquis de ForestA) very exposed, the city could have that day come out of the sails and fly in the sky (long the buildings have also carried names of boats or piracy from where the name of snack of St Antoine Le CORSAIRE…) ! The idea proposed by Cristina and Nadia of the social Center was to make bread and go to distribute it to neighbors and passers-by with donkeys (Billy was joined by Picasso and Caroline). small bakers plan of aou C8 2

At the social centre, a team of small bakers

C8 3

We leave to distribute the bread and then wander on ForestA

The next day we are with a Mistral more appearted to the Bricarde. This time the day concocted with the social Center and the Association Sextant and more associates the discovery of ForestA with the donkeys to photographic observation thanks to pinhole. The photos thus realised will be exhibited on June 4… C8 4C8 5 From Thursday several teams are activated. On the one hand a design and construction workshop with a group of young people accompanied by the AFEV. The builders of Yes we camp invite young people to dive into the landscape, in the plan, and in the projeC8 6ct! We start the production of a podium and medals ForestA for the next day Olympiad with the social centers of the Viste, the Levèque campaign and the ADDAP! C8 7 C8 8 C8 9

And that's the result.

C8 10 C8 11 And during this time… On the side of the Viste we take advantage of the sweetness to look after the donkeys and discuss with Bénédicte what an animal like the donkey can bring to humans. Kind of mirror of our emotions, he is an excellent mediator or even a malicious therapist. Before joining ForestA we walk in the history and the landscapes of the district, between stories of castles, Hermitage and architecture (the city is classified 20Th century heritage). C8 13 C8 14 At the same time on the wild edible plots one collects, one collects, one sorts to be able to cook the next day. C8 15 C8 16 C8 17 C8 18 The Monday following a new plot will be created, braided and inventoried by the children of the school of the Viste. C8 19 And finally on Friday: we have on one side tested the sporting uses of the land with a small Olympiad and on the other started the grocery ForestA (syrups of fennil and Acacia, tajine of mauve and biscuits with thyme) in the kitchens of the Gare Franche. The smaller ones also prepared the seed bombs to be used for collective action on 4 June. C8 20

C8 21

C8 22

C23
C8 24

C8 27 

                                                 And the end image promised at the beginning: ForestA version cakes landscapes. Do you recognize?

Correspondance #6 où l’on raconte ce qu’il s’est vraiment passé le (pluvieux) dimanche 12 mars à Foresta…

Dimanche nous nous sommes donc réunis, malgré la pluie !

La version fût bien chamboulée par le climat (nous avons stoppé les ateliers et activités sur site dès 12h30). Nous avons finalement dressé un banquet dans le parking de Grand littoral, oui oui oui

Et bien cela va peut-être vous paraitre louche mais nous y avons passé un bon moment, à la fois convivial et avec de la discussion.

On vous fait un résumé non pas de tous les échanges mais des points importants. 

Et  pour ceux qui nont pas le temps de lire, cest possible de se limiter à la version roman photo

ForestaC6 14

Prêts à accueillir même la pluie…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Hameau productif : ce matin là nous avons commencé à matérialiser les contours du hameau avec des piquets de châtaigner et de la corde, une sorte de maquette à l’échelle 1. Laprès midi un petit groupe a continué à réfléchir à cette implantation, qui serait donc au bas des terrains, protégé du vent et pas trop loin de la voirie.

ForestaC6 3

ForestaC6 13

Planter des piquets pour figurer et discuter du hameau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On rappelle que le hameau productif serait une plate-forme, regroupant l’espace de la ferme et des espaces collectifs, des outils pouvant être mobilisés par plusieurs acteurs (habitant, association, centre social ou porteur de projet spécifique…). On y trouverait des fours (pain, céramique), de salles de travail/accueil, une cantine, une épicerie locale, des salles dateliers liés à des savoirs faire locaux…

Le hameau est un aménagement qui tout en restant dans le principe global du projet Foresta de “Faire avec ceux/ce qui est là” nécessite malgré tout une infrastructure technique complexe. Il est au cœur de la demande du financement européen FEDER qui a été faite en décembre. Les réponses arriveront cet été ou en septembre.

Néanmoins un travail sur les réseaux (notamment eau) et sur les voies daccès (mise en conformité voies pompiers) a déjà démarré, doù la terre pas très jolie pour linstant qui est apparue à certains endroits. 

La ferme : ce matin-là, nous avons de manière très artisanale préparé une première bande de terre et semé de l’avoine. Ce test, nous permet d’observer une première zone de culture. La ferme, sera dans le périmètre du hameau. Pour commencer à exister elle n’a plus besoin que d’eau (ce qui n’est pas rien!). La question de l’eau n’est pas facile, entre un ancien canal hors jeu et des sources détournées ou coupées par l’histoire urbaine des lieux. Tout en cherchant à retrouver les sources, nous n’avons pas d’autres choix que d’amener de l’eau par des réseaux. La ferme pourra alors démarrer.

ForestaC6 2

On prépare la terre pour semer lavoine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jardiner la colline : ce matin-là, nous avons tressé des panneaux en cannes de Provence collectées sur le site. Ces panneaux serviront à faire de lombre, protéger du vent, délimiter des parcelles temporairesNous avons également délimité une parcelle de plantes sauvages avec des piquets et un peu de tressage en cannes, et nommé 6 plantes comestibles repérées à l’intérieur. 

P1080474

Fabrication de « Canissos » avec les cannes de Foresta

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons aussi fait des bombes à graines avec largile de la tuilerie Monier, pour pouvoir semer de manière ludique des “plantes compagnes » intéressantes pour les comestibles et pour les terrains.

ForestaC6 16

Bombe ta graine à Foresta!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laprès midi nous avons partagé comment en adoptant (à plusieurs) des parcelles de plantes spontanées on peut : reconnaitre ces espaces, les dessiner en tressant, les observer attentivement, nommer les plantes qui sont déjà là, connaître leurs vertus, leurs usages, en prendre soin. Et comment cette connaissance pourrait participer à la constitution d’une épicerie sauvage!

On a calé des rdv pour continuer, pas besoin de financements européens pour continuer à explorer et à sapproprier ainsi la colline

ForestaC6 5

La première parcelle avec les plantes repérées dans l’’herbier (observer et connaitre ce qui est là)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(a)Ménager la collinece matin là on a constaté qu’on pouvait aussi utiliser les plantes pour faire des petits aménagements dans la colline. L’après midi quelques uns ont commencé à dessiner et réfléchir aux « détournements” possibles des grandes lettres Marseille.

On prévoit dans les prochains mois, toujours en utilisant au maximum les ressources locales, dexpérimenter de la “signalétique créative” (signaler et valoriser les points daccès aux terrains avec des constructions un peu étonnantes, créer des « portes”), de la signalétique plus narrative (raconter des histoires liées aux lieux et à ce quon tente dy faire en ce moment) et des petits soutiens aux cheminements (par ex des rampes originales pour aider dans la pente).

Un premier élément de « micro architecture » en pisé (terre) sera aussi démarré, sans doute sous une forme de workshop mélangeant étudiants et individus motivés (cest physique le pisé!), pour poser les bases du grand four au hameau.

ForestaC6 12

La valise documentaire de Ancrages, qui pourra nourrir le travail de récits et de signalétique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Largile et la céramique : ce matin-là, on a fait la connaissance avec Edwin Cueco, qui est le jeune artiste céramiste en résidence chez Monier avec l’association Voyons voir. Il accueillera ceux qui le souhaitent lors de visites exceptionnelles des tuileries (gratuit sur inscription auprès de Voyons voir- info@voyonsvoir.org) du 20 au 23 mars. Il va commencer également des ateliers Foresta avec les enfants de la Viste et tout cela sera à retrouver sur le week end du Dimanche à Foresta de juin.

Le sport : ce matin-là, Fatima est venue en tenue pour nous faire courir mais on avait tous oublié nos baskets… Pendant ce temps là les enfants ont pu construire et tester la pente des terrains en version montagne d’escalade.

ForestaC6 8

Comment la pente toboggan devient une montagne descalade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On privilégie pour linstant plutôt les usages que les installations, avec une première « Olympiades » pendant les vacances de pâques avec les centres sociaux et associations sportives riveraines. Le vélo VTT sera aussi de retour en juin, et la pluie nous a paradoxalement permis de discuter longuement avec les motards qui utilisent actuellement les terrains le dimanche. Conversation à suivre pour trouver la bonne entente.

Les animaux : ce matin-là, Billy est arrivé pour la première fois à Foresta.

ForestaC6 6

ForestaC6 10Billy Foresta

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre souvenirs de chasse, de parc animalier annoncé ou encore du petit centre équestre, la question des animaux est récurrente et l’âne a souvent été évoqué dans les échanges des mois passés. 

Et cest spontanément et toujours par voisinage que la rencontre sest faîte avec Bénédicte, habitante de St Henri et qui a développé une activité associative autour de l’âne et la médiation animale dans les Alpes. Billy sera bientôt rejoint par plusieurs de ses collègues pour tester dans les mois à venir comment ils pourraient vivre à Foresta et les liens que peuvent créer ces animaux avec les habitants et entre plusieurs aspects du projet (le pain, les plantes, les mémoires des uns et des autres).

L’économie : l’après midi on a parlé du montage du projet, et de l’intérêt du propriétaire Résiliance à s’engager sur ce projet atypique. On a reparlé de la réalité géologique des terrains, de la nécessité y compris pour les propriétaires de penser la valorisation symbolique mais aussi économique autrement que par l’immobilier, de la dimension humaine aussi du processus (pas de groupes financiers, des acteurs très divers mais à échelle humaine). Cela nous a amené à parler du fonctionnement économique que pourrait adopter Foresta si le projet émerge au-delà de son processus expérimental, de l’intérêt par exemple de créer une monnaie locale pour valoriser le contributif et mieux servir l’intérêt des habitants. On se propose de mettre un atelier thématique là-dessus prochainement.

ForestaC6 9

Discussion

On sait que cest le ramadan, il tombe juste au printemps. On pense à peut-être  un petit moment festif en fin de ramadan fin juin. A suivre

Discussions en petits groupes

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche à Foresta 4 juin : pour le Dimanche à Foresta du 4 juin, vous qui n’êtes pas venus mais qui lisez jusqu’au bout ce compte rendu (bravo), si vous avez des idées et envies de contribution, de coups de main, de mise en liens qui soient cohérents avec les pistes que nous développons, allez-y faîtes signe ! 

On sait que cest le ramadan, il tombe juste au printemps. On pense à peut-être faire un petit moment festif en fin de ramadan fin juin. A suivre

ForestaC6 7

Banquet parking…

Et puis apr

Banquet parking…

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis après il était déjà 16h, on était toujours un peu humides, on sest distribué des petits mémo avec les prochaines dates sur le terrain, un « tuto » pour faire des bombes à graines par soi-même (on fournit les graines et l’argile si besoin, notamment pour les groupes!) et même le premier numéro dune petite Gazette Foresta…

Le lendemain, il faisait beau!

Forestac6 1

 
 
Hakim et Billy…

Le Port de Saumaty : Explo #5

1saumaty5

La chaleur est arrivée et mercredi on était quelques uns à la saluer d’un bon pas !
Dernière balade d’exploration pour Saumaty côté terre, merci tout particulier à Hayette d’avoir été notre fil d’Ariane et à Lenaig de le faire partager avec ses dessins.

2Saumaty5

3Saumaty54Saumaty55Saumaty56Saumaty57Saumaty58Saumaty59Saumaty510Saumaty511Saumaty512Saumaty5

The port of Saumaty: Explo #5

1saumaty5

The heat arrived and on Wednesday we were a few to greet her with a good step!
Last exploration trip for Saumaty land side, special thanks to Hayette for being our breadcrumb and to Lenaig to share it with his drawings.

2Saumaty5 a. 3Saumaty5a. 4Saumaty5a. 5Saumaty5a. 6Saumaty5a. 7Saumaty5a. 8Saumaty59Saumaty510Saumaty5No. 11Saumaty5a. 12Saumaty5

Le Port de Saumaty : Explo #4

1saumaty4

Il semblerait que dans Saumaty un peu endormi il y a urgence !!

Suite aux témoignages de la balade précédente, nous avons senti le besoin de clarifier ce qu’on avait pu comprendre du fonctionnement de la pêche en méditerranée.

Rémi, qui est devenu assez spécialiste du sujet se lance…

“Il existe encore aujourd’hui sur les côtes méditerranéennes, l’une des plus anciennes institutions maritimes : la prud’homie de pêche. Issue des corporations de l’Ancien régime, la prud’homie a survécu à la Révolution, avant d’être consacrée au niveau juridique au milieu du 19ème siècle. Aujourd’hui, 33 prud’homies sont réparties sur les côtes du Languedoc Roussillon (11 prud’homies), de la région Provence Alpes Côte d’Azur (18 prud’homies) et de la Corse (4 prud’homies) »

2saumaty4

Rémi nous explique comment fonctionne le secteur, pas simple…

  • Des prud’homies qui existent depuis le 10ème siècle et qui ont réussi à traverser les diverses grandes réorganisations des métiers (notamment à la révolution française et après la seconde guerre mondiale)
  • Des comités locaux et régionaux créés en 1945 aux rôles incertains et qui doivent composer parfois avec des Prud’homies pas toujours en état de marche (notamment à Marseille)
  • Des syndicats
  • Une compétence pêche maritime qui est exclusive à l’Union Européenne

Tout cela donne une situation juridique et des situations de faits complexes et pour dire vrai on s’y perd un peu…

Danièle, pour remettre un peu d’ordre dans tout cela, dessine et on se promet de potasser le document de synthèse que nous transmet Rémi sur le statut du pêcheur et l’analyse juridique du secteur (fichier en fin de récit).

3saumaty4

bébé

Ce qu’on retient tout de même c’est que contrairement à l’Espagne ou l’Italie où les pêcheurs ont dû se débrouiller et se sont constitués en coopératives qui ont progressivement structuré le secteur jusqu’à aujourd’hui, la France a connu une présence de l’Etat plus forte qui a eu un rôle de soutien mais aussi une action déstabilisatrice en coupant le développement des capacités d’autonomie (vieux débat).

Pris dans les jeux avec l’institution, les aides à telle filière ou à telle autre, le secteur s’est progressivement désorganisé, divisé et s’est un peu perdu dans des querelles de pouvoirs mortifères aujourd’hui.

Un des symptômes de ce manque d’autonomie serait le constat que des mouvements de réinstallation des jeunes s’expérimentent dans d’autres pays, mais pas ou peu chez nous. Tous les pêcheurs que nous croisons convergent sur le fait que c’est mission impossible…

Pour digérer ce cours de droit et de sociologie du travail nous allons partager un petit déchargement de mulets (muges).

On y apprend les différences entre mulets jaune, gris et noir, que le noir est meilleur que le loup alors que le gris ne vaut pas trop le coup, et que s’il y avait eu une chance de trouver du jaune dans ce banc de gris, Esposito le négociant aurait fait trier un à un les poissons…

4saumaty4

Après avoir erré à la recherche du “l’usine à crevettes » pour finalement trouver une conserverie à l’abandon (Unimer a fermé ses portes il y a 6 mois après avoir perdu le marché de la SNCM), nous finissons par trouver David Revel et son entreprise familial de cuisson de crevettes.

6saumaty45saumaty4

Rendez-vous est finalement pris pour la prochaine séance, mardi 26 avril, qui débutera donc sous le signe de la crevette, dégustation à l’appui. Nous enchainerons alors avec la rencontre du directeur du port pour aborder notamment les projets de transformation des lieux et des activités.

Et d’ici là on peut potasser…

The port of Saumaty: Explo #4

1saumaty4 It seems that in Saumaty a little asleep there is urgency!! Following the testimony of the previous walk, we felt the need to clarify what we had been able to understand about the operation of the Mediterranean fishery. Rémi, who has become a specialist of the subject is launching… "It still exists today on the Mediterranean coasts, one of the oldest maritime institutions: the prud'homie of fishing. Stemming from the old regime's corporations, the prud'homie survived the revolution, before being consecrated to the legal level in the mid-19th century. Today, 33 prud'homies are spread over the coasts of Languedoc Roussillon (11 prud'homies), the region Provence Alpes Côte d'Azur (18 prud'homies) and Corsica (4 prud'hoa. 2saumaty4mies)» Rémi explains how the sector works, not simple…

  • Prud'homies that have existed since the 10th century and which have succeeded in crossing the various major reorganizations of trades (especially in the French Revolution and after the second world war)
  • Local and regional committees created in 1945 with uncertain roles and who must sometimes deal with Prud'homies not always in working order (notably in Marseille)
  • Trade unions
  • A maritime fishing competency that is exclusive to the European Union

All this gives a legal situation and situations of complex facts and to tell the truth we get lost a little… Danièle, to put a little order in all this, draws and promises to bone up the synthesis document that Rémi transmits to us on the status of the fisherman and the legal analysis of the sector (file at the end of the story). a. 3saumaty4 baby What is still remembered is that unlike Spain or Italy where fishermen had to cope and formed in cooperatives that gradually structured the sector until today, France experienced a presence of the State more strong who has had a supportive role but also a destabilizing action by cutting the development of autonomy capacities (old debate). Caught up in the games with the institution, the aid to such a stream or to another, the sector gradually disorganized, divided and got a little lost in quarrels of deadly powers today. One of the symptoms of this lack of autonomy would be the observation that resettlement movements of young people are experimenting in other countries, but not or little at home. All the fishermen we cross converge on the fact that it is impossible mission… To digest this course of law and sociology of work we will share a small unloading of mules (muges). We learn the differences between yellow, grey and black mules, that black is better than the Wolf while the grey is not worth too much, and that if there had been a chance to find yellow in this gray bench , Esposito the trader would have made sort oa. 4saumaty4ne to one fish… After wandering in search of the "shrimp factory" to finally find a cannery to abandon (Unimer closed its doors 6 months ago after losing the SNCM market), we end up finding David revel and his family business of cooking CR evettes. a. 6saumaty4a. 5saumaty4 Appointment is finally taken for the next session, Tuesday, April 26th, which will start under the sign of shrimp, tasting in support. We will then be in touch with the port Director's meeting to discuss the projects of transformation of places and activities. And by then we can potasser…

Le Port de Saumaty : du mille-pattes au mille-palmes… Explo #3

3Saumaty1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du Régali on a une vue imprenable sur le petit port de pêche de Saumaty qui étale ses 4 hectares de plan d’eau non loin au pied du phare de Mourepiane depuis 1976.
Tous ces bateaux de pêche, tous ces filets multicolores enguirlandés de flotteurs entreposés sur les quais, ce bruit de la tour à glace, l’écho des hauts parleurs de quelque chalutier, ce va et vient perpétuel sur les quais, ce fourmillement d’activité ; bref : tout ce petit univers, m’est familier en apparence. Et ce n’est qu’apparence en effet car j’habite à côté et si je le vois tous les jours, je ne fais que l’entrevoir de loin. En réalité c’est pour moi un illustre inconnu dont je ne capte que l’image et parfois le son sans rien y comprendre…

Il y a comme un fossé entre mon univers sur la colline de Mourepiane et le monde maritime de Saumaty, au-delà de la barrière qui interdit l’accès à toute personne étrangère à cette zone d’activité, il y a surtout un gouffre d’ignorance réciproque qui nous sépare.

Je me dis qu’il n’y a pas plus frustrant qu’une proximité inaccessible…

3Saumaty2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce matin avec les amis du Mille Pattes, nous allons franchir le gué pour accéder à cette rive inconnue et découvrir ses habitants : les pêcheurs…. Quels liens allons-nous tisser entre nous ?

Saumaty est le port de pêche de Marseille qui accueille chalutiers, thoniers et « petits métiers », ainsi qu’une criée au cœur d’un marché de négoce important et des installations adaptées à la conservation du poisson dans les meilleures conditions en attendant leur transit rapide vers les lieux de vente.

Patrick Fernandez, membre de la Prudhommie de Pêche de Marseille,  armateur et patron pêcheur, capitaine du Marie Bernard,  a eu la gentillesse de nous recevoir sur les quais pour nous parler de son monde, en précisant qu’il partageait une démarche de « pescatourisme »… En trouvant les modalités juridiques pour permettre aux pêcheurs d’embarquer des « civils » à bord, certains pêcheurs (avec Rémi et son association Marco Polo) ont décidé de voir dans le Pesca tourisme non pas une possible reconversion mais plutôt une opportunité de diversification et de transmission de la culture de la pêche traditionnelle.

Cette réflexion s’est manifestée notamment après la récente crise du thon dont les quotas de pêche ont été grandement réduits pour assurer son repeuplement. Aujourd’hui sa biomasse est estimée à 585 000 tonnes alors qu’elle n’était plus que de 150 000 t en l’an 2000. On a frôlé l’extinction…
Patrick Hernandez commence par nous décrire en quelques phrases un horizon quelque peu bouché du monde de la pêche, et qui continue à s’assombrir malheureusement…

3Saumaty3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Beaucoup d’activités ont disparu, la question de la valorisation des métiers survivants se pose ! »

« Les pêcheurs vieillissent, la moyenne d’âge est aujourd’hui au-dessus de 45 ans. »

« Les jeunes ne sont plus intéressés par ce métier devenu peu attractif, pénible, voire parfois dangereux. Il impose des contraintes trop élevées pour un revenu très fluctuant. C’est un métier chronophage soumis aux aléas de la nature à l’instar des métiers agricoles. »

« Pour une bonne pêche pouvant rapporter 600 euros dans la nuit – ce qui n’arrive plus très souvent – combien d’autres sorties pour pas grand-chose ou pour rien……et les jours de mauvais temps on reste bloqué au port, et il y a aussi les avaries qui empêchent de sortir. »

« Les matelots sont payés au pourcentage sur la pêche effectuée, les jours sans sortie ils ont droit à une indemnité de 88 € brut. »

« Question formation la France compte 12 lycées professionnels maritimes dont un lycée de la mer à Sète, et un autre à Bastia, sinon il y a des stages de matelot d’une durée de 4 mois à raison de 20 h de cours par semaine dont le coût et de 1500€. »

Patrick Fernandez a l’allure dynamique du gars qui sait ce qu’il veut et qui en veut….. Il parle de son métier avec passion, le regard plein de ces souvenirs de prises miraculeuses qui marquent la vie d’un pêcheur, mais n’oublie pas non plus les galères qui ont émaillées son parcours. La quarantaine passée, le teint halé, marqué par la vie au large, il arpente le pont des bateaux depuis l’âge de 16 ans. Il aime ce qu’il fait et ce qu’il fait c’est ce qu’il est…Pêcheur !

Le Mille Pattes s’enroule autour de Patrick, sa multitude d’oreilles à l’écoute attentive de son discours passionnant, le groupe est tout frissonnant de froid à cause du mistral déchaîné. Le ciel est d’un bleu merveilleusement limpide mais ça caille…..Du coup, les quais sont déserts et aucun bateau n’est de sortie aujourd’hui.

Patrick souligne avec regret le fait que son monde se soit refermé progressivement, que ce n’est pas seulement dû aux barrières qui limitent l’accès du MIN de Saumaty aux seuls professionnels y ayant une activité, mais aussi à cause des réglementations locales ou européenne de plus en plus sécuritaires et exigeantes, il faut répondre également à un souci de protection de l’espace économique et des biens. Beaucoup de ports réputés pour leur ouverture ont suivi ce mouvement de repli sur soi. L’évolution sociétale a tendance à provoquer l’enfermement de certains univers….  « C’est bien de recréer du lien au-delà des barrières ! » s’exclame Patrick.

2Saumaty4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et c’est justement ce que nous souhaitons rétablir…. Autrefois Mourepiane avait un lien étroit avec la mer et le port, sans la moindre barrière ni sociale ni physique. Ici on était un pied sur terre et un pied en mer, tous imprégnés de la vie des gens de mer, matelots, dockers, pêcheurs, poissonniers, ouvriers des tuileries ou de la chimie estaquéenne, vivant tous d’un même élan le plaisir de l’accès libre à la grande bleue. Ici tout le monde mangeait plus souvent du poisson que de la viande. Et du poisson pêché à proximité, une ressource hyper économique et apparemment inépuisable. La marée remontait jusque sur les tables de la colline….   Depuis la modernisation du port dans les années 60 et l’arrivée des pêcheurs à Saumaty en 1976, la colline de Mourepiane et les quartiers environnants ont perdu progressivement leur lien direct avec leur mer, les grillages ont marqué la frontière entre les nouveaux territoires établis. Mêmes les quelques habitants d’ici, marins ou passionnés de pêche et heureux possesseurs de bateaux, ont fini par refermer derrière eux les barrières de leurs clubs nautiques respectifs où ils ont pu trouver un amarrage. Le Club Nautique de Mourepiane qui n’est pas très éloigné de là, reste tout aussi fermé.

Patrick nous initie brièvement aux types et aux techniques de pêche en prenant soin de ne pas nous noyer dans un jargon professionnel trop pointu……et le pointu ici on connait bien ! Il nous fait part également de ses préoccupations quant à la diminution de la ressource.

« On distingue essentiellement trois types de pêche, la pêche côtière pratiquée le long du littoral à l’intérieur des 12 milles, la pêche hauturière pratiquée sur le plateau et le talus continental au-delà des 12 milles, et la pêche lointaine ; Le chalutage s’effectue à 50 milles de la côte. Un mile marin équivaut à 1852 m. »

« A Saumaty on pratique le chalutage, la pêche au lamparo, le filet maillant et le palangrier. Le monde de la pêche est confronté autant qu’il est sensibilisé aux problèmes écologiques affectant la mer et par voie de conséquence la ressource des pêcheurs. On constate que si le nombre des poissons ne semble pas diminuer beaucoup, en revanche sa biomasse se réduit nettement, car la taille des poissons adultes est de plus en plus petite, le calibre est donc plus petit. Sardines et anchois, base alimentaire essentielle, sont au premier rang des espèces touchées par ce problème. Pour faire le même poids de pêche, tu prends donc beaucoup plus de têtes, et tu appauvris. Je pense que ce n’est pas que la surpêche qui est à l’origine du phénomène, et l’IFREMER ne dévoile pas le fond du problème, on ne sait pas pourquoi le poisson se met à devenir adulte prématurément. Pollution, raréfaction du plancton, modifications climatiques, surpêche, stress lié à l’activité marine touristique …… une chose est certaine : c’est qu’on constate l’appauvrissement général progressif de la ressource même en ce qui concerne les espèces peu ou pratiquement pas pêchées. »

3Saumaty4

 

 

 

 

 

 

Patrick dénonce, le niveau de pollution important des calanques, médiatisée par les boues rouges qui sont loin d’être les seuls rejets, prône le zéro rejet et regrette toutes les dérogations dont jouit la France quant aux rejets en mer. Il nous fait part également de ses préoccupations en ce qui concerne les métaux lourds présents chez les grands prédateurs comme les dauphins ou les thons et surtout l’espadon, mais qu’on retrouve aussi dans toute la chaine alimentaire jusqu’au plancton.

Patrick Fernandez nous entraine vers les quais battus par le mistral à la découverte d’un Lamparo. Il nous fait découvrir la Pêche au Lamparo, pratiquée déjà dans l’antiquité à l’aide de naphtes et de résines à cette époque-là, on l’appelait aussi « pêche au feu ». La lumière produite par de puissants spots installés au bout d’un bras articulé attire le poisson dont le banc se resserre dans la zone éclairée, la capture est réalisée en encerclant les poissons avec un filet que l’on referme ensuite par en dessous pour les emprisonner dans une nasse qui est remontée à bord. Les poissons pêchés sont ensuite déposés dans des bacs d’eau et de glace, le choc thermique tue la capture rapidement, la fraîcheur et la qualité sont ainsi garanties dans les meilleures conditions.

3Saumaty5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le thon qui est pêché à l’aide de thoniers senneurs peut être gardé vivant en cages sur le bateau. Le thon c’est le poisson roi, un grand migrateur qui se reproduit dans trois régions du globe : en Atlantique, dans le Pacifique vers l’Australie, et autour des Baléares en Méditerranée. Cette précieuse ressource est sous étroite surveillance de la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique, et les captures autorisées pour le thon de l’Atlantique et de la Méditerranée ont été limitées à 15 821 tonnes en 2015. Les pêcheurs dénoncent les sévères restrictions qui leur sont imposées et profitent cependant en Méditerranée de la résistance importante des pays orientaux, où la pêche fait encore vivre une bonne partie de la population, aux interdictions et qui revendiquent vivement le droit à cette pêche traditionnelle. Sinon sa pêche serait probablement totalement interdite en Méditerranée qui se verrait alors progressivement transformée en « sanctuaire » à thon… au grand dam des pêcheurs.

Patrick Fernandez prône une gestion de la pêche qui se fait en temps réel et en liaison étroite entre le capitaine et le mareyeur qui s’occupe à terre du négoce des produits de la mer, ainsi on ne pêche pas plus que de raison. Si la capture ne peut pas être vendue dans des conditions satisfaisantes au moment de sa pêche, elle est remise à l’eau vivante. Il n’y aura pas de vente à perte, la ressource n’est pas appauvrie inutilement et le poisson relâché pourra être repêché une autre fois. Le produit de la pêche est donc optimisé par un prélèvement ajusté à la demande. Les aides précieuses apportées par les sonars et autres dispositifs de repérage du poisson permettent également de gagner considérablement en efficacité.

« On dénombre actuellement 150 bateaux de pêche dans les Bouches du Rhône, dont une quarantaine à Saumaty…. »

3Saumaty6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui il reste à Saumaty 2 chalutiers, 7 lamparos et une trentaine de « petits métiers » …

Petits métiers….grande activité locale.

La pêche aux « petits métiers », qui désignent les embarcations de moins de 12 mètres à bord desquels elle se pratique, représente près de 80% de l’activité locale. C’est une pêche très sélective avec des filets adaptés aux différents poissons recherchés, qui s’effectue dans la bande côtière et souvent de nuit. On la nomme aussi « pêche artisanale » ou « pêche côtière ».

Le « mille patte » quitte Patrick à regret pour aller à la rencontre de deux autres pêcheurs. Ça bourdonne entre les oreilles et ce n’est pas le fait du vent …il va falloir assimiler toutes ces informations !

2Saumaty7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous partons à la rencontre de Mohamed Gabsi, la soixantaine passée, 40 ans de mer à son actif : 20 ans en tant que second et 20 ans sur son fileyeur, un « petit métier » qu’il chérit comme sa propre épouse. C’est même sa deuxième maison, il pourrait profiter d’une retraite tranquille, mais ne se résout pas à quitter son bateau et passe son temps en mer ou à Saumaty quand il n’est pas chez lui : Il continue à pêcher pour « mettre du beurre dans les épinards ». La mer et la pêche ont régi sa vie jusqu’à présent et « Momo » n’a pas envie que cela change… Après ses sorties nocturnes dans le golfe phocéen, son épouse continue toujours à vendre le produit de sa pêche au vieux port sur le quai des Belges. Ce circuit traditionnel de vente au public a fort heureusement été sauvegardé au nom de la tradition, Marseille n’a presque plus de poissonneries ; tout juste une trentaine digne de ce nom aujourd’hui contre près de 850 autrefois… Ce considérable maillage de diffusion assurait une forte relation avec les quartiers environnants et favorisait le développement de pleins de petits boulots connexes. Hayette qui nous a rejoint nous rappelle ce temps où son frère – toujours employé à Saumaty- ramenait au bidonville de Fenouil où ils habitaient des cagettes entières de poissons données en guise de salaire et tout le monde en profitait…

3Saumaty8

 

 

 

 

 

 

 

 

Mohamed pratique une pêche saisonnière au gré des migrations du poisson dans la bande côtière. Il pêche tout sauf le thon. Il utilise des filets spécifiques selon les espèces qu’il cherche à capturer : filet trémail, filet maillant, filet à merlan, filet à daurades…. Ce type de pêche saisonnière nécessite une parfaite connaissance des habitudes du poisson et de son environnement. Si autrefois il alternait par exemple la sole et le merlan aujourd’hui, le pêcheur au petit métier cumule souvent plusieurs types de pêche simultanément pour assurer ses revenus…

3Saumaty93Saumaty103Saumaty11

 

 

 

 

 

 

3Saumaty123Saumaty13

 

 

 

 

 

Et le « mille Patte » s’emmêle dans tous ces filets soigneusement entreposés sur le quai au droit du bateau de Momo….

3Saumaty14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autorisé à la pêche aux petits métiers en zone de protection renforcée, il est bien sensibilisé à la protection de l’espace naturel et de la ressource. Mais les réglementations mettent un peu Momo en rogne, comme beaucoup de ses confrères, il n’apprécie guère les contraintes européennes jugées trop bureaucratiques et non adaptées aux spécificités régionales. Tout cela complique singulièrement sa gestion de la pêche….
Le thon est bien sûr au centre des préoccupations, ce super prédateur qui augmente ses effectifs progressivement du fait des restrictions imposées par l’Europe, est accusé d’effectuer un prélèvement trop important sur les prises potentielles des pêcheurs aux petits métiers. Il affecte leur ressource cible. Il va sans dire que les points de vue divergents sur cette question, du camp des pêcheurs au camp des écologistes en passant par les organismes chargés des problématiques de la pêche et de la mer le discours n’est pas le même…d’ailleurs aux yeux de certains pêcheurs : « Greenpeace ne sont pas des écolos mais des politicards ! »… Le ton est donné !

3Saumaty15

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Boris nous rejoint aux côtés de Mohamed.

La quarantaine, grand et mince, je lui trouve un petit air de Renaud et de Gavroche de la mer avec sa casquette en Jean bleue rabattue sur les yeux….Boris et un passionné de la mer mais regrette de ne pas pouvoir vivre de sa passion à temps plein, il mène de front deux vies professionnelles différentes pour s’en sortir.

3Saumaty17

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Son discours se veut très humaniste et social aussi : « la mer n’est à personne et le poisson est à tout le monde ! »

Boris aime Saumaty et considère que ce port est bien adapté à leur activité, mais regrette quelques lacunes dans la gestion de cet espace : problèmes récurrents comme « la malpropreté, le désordre, les épaves de bateaux coulées, certains bâtiments bloqués à quai toute l’année. Du matériel à l’abandon ou stocké à long terme … tout cela finit par nuire aux capacités de ce port. »

Boris, qui est pêcheur aux petits métiers, nous explique que depuis la crise de la grande pêche, il y a de plus en plus de pêcheurs qui se reconvertissent à la pêche artisanale. Ce n’est pas sans conséquences car cela induit finalement une grave surpêche dans la bande côtière, et beaucoup de ceux qui viennent aux petits métiers par nécessité ne sont pas initiés aux bons usages pour se consacrer à cette activité dans le respect de la ressource. La bande côtière ne l’oublions pas est une zone particulièrement sensible car c’est la nurserie de la majorité des espèces. Une crise en déclenche une autre…. on finit par se retrouver avec une vingtaine de km de filets devant la Redonne alors que seulement 5 sont autorisés ! Et que fait la prudhommie de pêche ? Elle qui doit assurer de front des fonctions d’auxiliaire de police judiciaire, de régulation, de gestion des conflits, semble bien à la peine pour remplir sa mission. Cette structure, qui remonte au moyen âge, joue pourtant un rôle central dans la défense des spécificités régionales mises à mal par la réglementation européenne. Elle permet l’association de la pêche aux outils réglementaires.

3Saumaty18

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la crise interne il faut encore ajouter des facteurs extérieurs qui prennent une ampleur préoccupante. L’activité touristique perturbe beaucoup trop le milieu maritime. La cohabitation entre « petits métiers » et loisirs nautiques est de plus en plus difficile et conduit à une perte de relation loisir/pêche « il y a une méconnaissance des bons usages et une absence de culture commune d’un territoire et d’un milieu qu’il faut pourtant partager, seule cette culture commune permet de conserver à la mer sa nature de Bien commun ». La pêche de plaisance s’est considérablement développée hors du cadre règlementaire strict imposé aux pêcheurs professionnel et cela impacte aussi le milieu. 80% des prises ne font pas la maille.

Boris est très conscient de la précarisation de son métier qui s’aggrave du fait de tous ces facteurs confondus : appauvrissement des ressources, pollution, dégradation du milieu marin, réchauffement climatique, pression touristique… Boris ne baisse pas les bras pour autant, il est pêcheur acteur de son territoire, et entend bien le défendre de toute la force de ses convictions.

« Un pêcheur peut devenir une sentinelle, il exploite, mais aussi il gère et fait partie du milieu. »

Le « mille pattes »  quitte Momo et Boris, est prend rendez-vous pour une prochaine visite et pourquoi pas aussi pour une sortie en mer sur un «  petit métier »  (après enregistrement de rigueur aux affaires maritimes bien sûr…)  La sympathique bestiole multicolore longe les quais, se faufile entre les filets, les caisses de matériel divers, s’attarde auprès des thoniers, reluque un lamparo, rêve aussi de pêches extraordinaires et finit par se décider à quitter Saumaty poussée par le vent qui ne faiblit pas… Quelle belle balade dans le monde de la mer, à quand le « mille palmes » ?

3Saumaty19