Céline BOURBOUSSON : Hôtel du Nord, Femu Quì : de la quête du sens entre les quartiers Nord de Marseille et la Corse

Céline BOURBOUSSON, Master 2 RH ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE à AIX MARSEILLE UNIVERSITE Faculté d’Economie et de Gestion a présenté et soutenu en septembre 2013 son mémoire ORGANISATION ET PROJET : QUELLE MOBILISATION AU SEIN D’ « ORGANISATIONS-FRONTIERES » ? Hôtel du Nord, Femu Quì : de la quête du sens entre les quartiers Nord de Marseille et la Corse.  Son Directeur de mémoire a été Nadine RICHEZ-BATTESTI, Maître de Conférences en Sciences Economiques.

A tous les héros anonymes des quartiers Nord de Marseille, sociétaires d’Hôtel du Nord et autres citoyens téméraires, qui oeuvrent chaque jour dans l’ombre pour une société meilleure. A vous qui bravez injustices, exactions et spoliations, sans relâchement aucun, avec cette force qui vous caractérise.
Per u populu Corsu, anch’ellu colpu dà l’accanimentu mediàticu, chì lotta per campà di manera dégna, si batte contru à mommificazione di a socultura, l’èsiliu, è a caliata di a so lingua. A voi altri Corsi ammuniti, uniti è cumbattanti, purtati da un spiritu di ghjustizià è di fraternità. Arritti tutti, o ghjenti !

Du 12 au 15 septembre, venez découvrir le GR2013 avec les hôtes d’Hôtel du Nord

GR2013Le GR 2013 est le premier sentier de grande randonnée de Pays explorant le milieu périurbain. Il est long de 365 km et traverse 38 communes. Il a été conçu et tracé avec des « artistes-marcheurs » pour Marseille-Provence 2013 capitale européenne de la culture comme « un musée en plein air » où « l’œuvre serait le chemin ».

Pour terminer sa tournée de temps forts et venir saluer une partie de ses racines à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, le GR®2013 se pose à Marseille du 12 au 15 septembre. Regarder Marseille par son Nord, son Est ou son Sud, marcher sur les pas des artistes, des habitants qui vous guident, assister au Forum de Faro, sont autant d’invitations pour (re)découvrir la Ville et ses richesses insoupçonnées.

Téléchargez le programme détaillé de l’ensemble des événements jour par jour ici :

Plusieurs hôtes de la coopérative d’habitants Hôtel du Nord ont participé à sa création, à son tracé et proposent aujourd’hui sa découverte à travers des balades patrimoniales, artistiques et sensibles comme les animateurs de balades formés par l’ADDAP13. Ils proposent plusieurs de leurs balades à l’occasion du temps fort #6 du GR®2013.

Les 12 et 13 septembre 2013, l’Europe vient sur le terrain

Les communautés patrimoniales, la coopérative d’habitants Hôtel du Nord,  les mairies des 2me, 7me et 8me secteurs de Marseille, la Mairie de Vitrolles, le Conseil Général des Bouches-du-Rhône, Marseille-Provence 2013, la Commission Européenne et le Conseil de l’Europe organisent jeudi 12 septembre et vendredi 13 septembre 2013aux Archives et Bibliothèque Départementale le Forum européen sur la valeur sociale du patrimoine pour la société.

Le but est d’extraire des expériences patrimoniales locales, réalisées en référence à la Convention de Faro, des enseignements européens.

A cette occasion, fort de l’expérience portée par les initiatives locales, des représentants européens et méditerranéens viennent sur le terrain afin de s’enrichir des actions mise en place dans des quartiers populaires de Marseille et Vitrolles.

Réflexions, dialogues et balades urbaines sont au programme dès le jeudi et se prolongeront le long du week-end des Journées Européennes du Patrimoine les 15 et 16 septembre en lien avec la programmation « Patrimoines en partage » de Marseille-Provence 2013 : GR2013, Culture Pilots, etc.

Programme et inscriptions vers le forum :

·      sur le site de Marseille-Provence 2013 : http://www.mp2013.fr/patrimoines-en-partage/

·      sur le site du Conseil de l’Europe :http://www.coe.int/t/dg4/cultureheritage/heritage/identities/marseille_fr.asp

·      sur le site d’Hôtel du Nord : http://hoteldunord.coop/balade-de-faro/forum-de-marseille/

Prosper Wanner : pourquoi un forum sur la valeur sociale du patrimoine à Marseille?

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Face à une crise de la représentativité politique, à un modèle de développement de moins en moins soutenable et à des tensions sociales croissantes, le 12 et 13 septembre 2013 à Marseille, pour le Forum de Marseille un large panel comprenant notamment des élus locaux, le Conseil de l’Europe, des acteurs de la société civile, des artistes et de simples citoyens vont énoncer le rôle qu’ils souhaitent voir jouer aux patrimoines culturels pour une amélioration de leur cadre de vie, une économie solidaire, un dialogue social renforcé et une démocratie participative.

Ce rôle attribué aux patrimoines culturels en Europe est le fruit de 30 années de travaux du Conseil de l’Europe sur « la valeur du patrimoine culturel pour la société » qui se sont traduits en 2005 par l’adoption d’une convention-cadre, dite Convention de Faro.

Cette Convention de Faro commence à sortir de l’anonymat depuis que l’Italie l’a signée en mars 2013. Pour autant, les colloques et articles qui l’abordent en Europe montrent qu’elle reste difficile à interpréter. La place centrale qu’elle réserve aux citoyens, seul ou en commun est mise en avant sans pour autant que cela clarifie ses enjeux.

Est ce une nouvelle catégorie du Patrimoine, un « patrimoine citoyen » proche du petit patrimoine ou du patrimoine immatériel ?Une nouvelle Convention sur le patrimoine immatériel dans la lignée de celle de l’UNESCO? Défend elle une meilleure prise en compte des publics « prioritaires » dans la gestion du patrimoine ?

Le Forum de Marseille va permettre au Conseil de l’Europe de revenir sur cette Convention-cadre, d’en faire la promotion en Europe et d’actualiser ses enjeux. Ce Forum est la première d’une série de « Balades de Faro » que le Conseil de l’Europe programme pour promouvoir cette Convention-cadre et créer les conditions du suivi de son application. Il portera sur la valeur sociale du patrimoine pour la société.

L’arrière port marseillais est pauvre en patrimoine protégé qu’il soit inscrit ou classé comme petit patrimoine, patrimoine immatériel, paysage, archive, …. tout comme il est en Europe l’un des principaux foyers d’initiatives citoyennes patrimoniales qui mobilisent élus, entrepreneurs, artistes, scientifiques, associations et simples habitants.

L’arrière port marseillais dépasse les limites administratives des arrondissements de Marseille concernés pour s’étendre sur plusieurs communes avoisinantes. Il est riche de récits liés aux flux et reflux migratoires, à l’évolution du port, au développement industriel, aux anciennes bastides de la bourgeoisie marseillaise,  …. Ses habitants sont porteurs de ces récits tous comme les érudits locaux et les scientifiques qui s’y intéressent. Pour autant, la somme des récits ne fait pas récit collectif.

Cette absence de récit collectif favorise pour les habitants le sentiment d’abandon, d’exclusion et de ségrégation sociale : nouveaux arrivants versus habitants des cités versus noyaux villageois versus nouvelles entreprises. Pour les décideurs qui ont en charge l’avenir de ces quartiers, l’absence de récit collectif propre à ceux qui vivent là participe à les rendre « invisibles » : ils construisent au désert. Cet abandon doublé d’une ignorance génère de la violence qui se traduit dans la dégradation du vivre ensemble et la défiance vis à vis du politique et de l’institution.

Paradoxalement, la défense du cadre de vie y est devenue prétexte à débuter le récit collectif. Là où il y a des tensions déclarées ou latentes liées au cadre de vie, il y a des groupes constituées : amicales de locataires, associations de quartier, regroupements d’entreprises, collectifs d’habitants et des élus mobilisés … La narration du récit collectif commence avec celle des récits liés à ces tensions.

Ce travail de narration collective a commencé dès 1995 grâce à la mise en place d’une mission européenne expérimentale de patrimoine intégré entre la Ville de Marseille et le Conseil de l’Europe. Un « service public patrimonial » a été expérimenté via la mise à disposition des habitants d’un poste de conservateur du patrimoine pour écrire avec eux leur récit collectif.

Ce processus d’écriture continu révèle des sources des tensions : savoir populaire contre savoir scientifique, usage économique contre cadre de vie, récit national contre récits minoritaires, etc.

La convention de Faro permet de donner un cadre de régulation commun de ses tensions. Elle fait de la capacité développée en l’Europe à gérer ses propres conflits son patrimoine commun, celui de tous les européens : ce sont la démocratie, l’état de droit et les droits de l’Homme. Ce patrimoine commun devient la modalité de gestion des tensions liés à la construction du récit collectif : démocratiquement et dans l’intérêt général. Il n’y a plus d’arbitrage descendant sur ce qui est patrimonial ou pas mais des processus de conciliation et re conciliation autour d’un projet de société, d’un « vivre ensemble ».

La « valeur sociale » – vivre ensemble – du patrimoine est reconnue comme l’une des valeurs du patrimoine  au même titre sa valeur esthétique, scientifique, symbolique, économique, etc

La Convention-cadre de Faro est devenue dans ces quartiers le cadre commun qui permet l’action politique. Les maires du 2me, 7me et 8me secteurs de Marseille et celui de Vitrolles ont signé leur adhésion aux principes énoncés par la Convention de Faro. Ses élus locaux et les citoyens réunis en « communautés patrimoniales » ont collectivement adhéré aux principes de la convention pour se doter d’un cadre et d’une perspective commune et faire récit collectif.  Ce processus d’écriture continu tisse lentement  des liens et contribue à faire communauté.

Ces communautés patrimoniales, faisant récit collectif, produisent de la citoyenneté. La construction du récit collectif confronte les récits, les interroge et les agence : elle permet une compréhension de l’environnement dans lequel vivent les personnes. Les représentations, les positionnements et les modes d’actions évoluent en même temps que se construit le récit collectif. Il permet le passage du mode de la dénonciation singulière à l’action collective. Chacun est porteur de savoirs et savoir-faire, une reconnaissance sociale dans des quartiers où elle n’existe plus par le travail faute d’emplois.

Ce processus patrimonial contribue par là à « faire société ». Il contribue à une ré appropriation du bien commun et développe de l’imaginaire collectif, préalable à l’action politique. Le récit devenu collectif acquière une dimension patrimoniale qui le rend légitime et partagé. Du cas particulier, l’enjeu devient de société.

Le processus patrimonial donne accès à des ressources symboliques et à une identité collective qui rendent l’action politique possible. La communauté patrimoniale devient un interlocuteur visible, légitime et doté de ressources, ce qui lui permet d’exister et d’agir.

Dans la durée, ces processus patrimoniaux s’avèrent de puissants leviers de transformation : ils  contribuent à modifier les plans d’urbanisme comme dans le cas de la cascade des Aygalades, à obtenir une protection légale comme dans le cas du savon de Marseille, à faire reconnaitre de nouveaux patrimoines et ont permis le développement de projets de la capitale européenne de la culture comme le GR2013, Culture Pilots et Hôtel du Nord.

Pour revenir à la Convention de Faro, dans tous ces processus, le récit précède l’objet patrimonial. Le Patrimoine reste un prétexte ou un résultat possible d’un processus patrimonial mais non sa finalité. L’objet patrimonial peut symboliser ces récits collectifs comme d’autres formes comme la balade urbaine, une publication (récits d’hospitalité), l’intervention artistique ou l’action de prévention (les ateliers de révélations urbaines), etc

En ce sens, il ne s’agit pas d’ajouter une nouvelle catégorie de patrimoine, de recommander une meilleure prise en compte des publics ou de contribuer à une meilleure protection du patrimoine immatériel.

La Convention de Faro s’intéresse au patrimoine en tant que processus pour « faire société ». Elle considère que chaque citoyen détient seul ou en commun une part du récit collectif qui mérite d’être pris en compte pour mieux vivre ensemble ;

L’écriture du récit collectif – faire société – se fait au niveau des citoyens (communauté patrimoniale / principes de subsidiarité), « dans le cadre de l’action publique », garante des modalités d’écriture de ce récit (Convention de faro / principe de suppléance).

Prosper Wanner, aout 2013

Christine Breton : 13/9/13

HOTE Christine Breton

Les 12 et 13 septembre 2013 aura lieu le Forum de Marseille sur la valeur sociale du patrimoine pour la société.

L’occasion de faire l’historique : accumuler 19 années de faits et leur interprétation. Reconstituer le processus collectif qui se déploie jusqu’aux balades qui seront partagées avec les membres du Forum.

Non, comme un cri ! Cette évidence là est un contre-sens ! Car s’échapperait ainsi le cœur du processus, le travail de toutes et tous nos précurseurs. S’échapperait le socle théorique que nous traquons en ce retour de balades. Il me reste donc à vous faire un récit pour que vous accédiez non à 19 années de faits énoncés dans le faire semblant historique mais à un escalier secret, un accès aux fondations implicites qui nous font marcher.

Voici un récit pour une description implicite du processus Faro depuis 15 ans dans les quartiers derrière le port. Une invitation aux discussions qui s’ouvriront le 13 septembre au retour des 4 balades.

Elle était arrivée d’Allemagne la veille.
Lui était à Marseille depuis plusieurs semaines déjà.
Il venait de faire une formidable découverte, renversant le sens de la ville, renversant les certitudes académiques capables de définir le temps. Elle appelle cela un « gaps », une faille dans le temps et lui parle d’un fantôme échappé là.
Il venait de retrouver la rue de Lyon, dans les faubourgs, dans une partie de la ville où l’on ne va que pour y épuiser sa vie au travail. En décrivant, pour son journal, la sensation de retournement que le corps ressent alors, il comprenait que c’était la figure parfaite, la forme urbaine de ses « thèses sur la philosophie de l’histoire » qu’il était en train d’achever.
La rue de Lyon incarnait ses plus extrêmes intuitions abstraites ; la rue de Lyon devenait l’icône moderne du 20e siècle, juste avant la grande catastrophe innommable, les totalitarismes, les guerres et l’ultime rebond de la guerre civile européenne. Il avait à la fois l’intuition de cette catastrophe collective et celle de sa vie propre, de ce ça qui n’avait à voir qu’avec lui. Il le savait maintenant, il l’avait compris ici, à Marseille, ville de temps et non d’espace. Il vivait la conjonction entre un moment de présent et un moment de passé, il avait retourné le temps en remontant la rue de Lyon.
– Fin du langage –
Il savait que son intuition de départ était juste mais il ne pouvait incorporer cette découverte, alors, sans un mot, il l’a prise par la main et il l’a emmené marcher sur la route de Lyon, dans ses pas, pour qu’elle comprenne, qu’elle croise sa vision fulgurante.
Il était devenu un sans-parole.

Sur la rue de Lyon, ils ont marché longuement, elle commençait à entrevoir elle aussi cette faille asphyxiante de notre vivant collectif. Notre désastre. Elle le suivait, elle mettait ses pas dans le déroulé de sa pensée. Et la rue d’un coup l’a prise, elle se récita le texte écrit par lui quelques années auparavant : “Plus nous nous éloignons du centre et plus l’atmosphère devient politique. C’est le tour des docks, des bassins, des entrepôts, des cantonnements de la pauvreté, les asiles éparpillés de la misère (…) ce combat n’est nulle part aussi impitoyable qu’entre Marseille et le paysage provençal (…) la longue rue de Lyon est la mine que Marseille creuse dans le paysage pour le faire voler en éclats…”

Alors elle a su que l’intuition était juste, que son invention fulgurante devait prendre forme au plus vite, que les jours étaient comptés.
Ils se sont assis dans un bistrot d’ouvriers au niveau de Saint-Louis. Ils avaient déjà bien avancé dans la sape urbaine, ils s’y étaient dissous. Ils se sont assis dans la peur et le tremblement. Ils se sont mis au travail. Il a sorti de sa poche un manuscrit hâtif, ils sont restés penchés sur les 17 paragraphes de ses  » thèses sur la philosophie de l’histoire « .

Une femme les observait depuis un moment. Une vaste femme hospitalière comme seul le labeur sait les rendre.
Les femmes d’ici ont appris la divination dans la colline et celle-ci devinait quelque chose. Quand ils étaient entrés, elle s’était demandé ce que venaient faire ici ces étrangers bohèmes, ces “bobos” dirait-on aujourd’hui. L’homme tremblait et elle faisait un immense effort pour le soutenir. Comme Pierre et Marie Curie, se disait-elle. Elle avait vu cela dans le journal du Parti qui traînait sur une table du café. Elle les regardait travailler, c’est-à-dire souffrir beaucoup avec les mots comme eux et elle souffrait sur les chaînes de fabrication alentour.

Elle s’approcha quand elle comprit que leurs efforts étaient vaincus par l’énormité du désastre de la pensée qu’ils mesuraient dans sa plénitude.

Alors elle s’est approchée d’eux, elle s’est autorisée et leur a dit, sans trop savoir comment, de ne pas arrêter leur marche, qu’elle voulait bien garder ce papier sur lequel ils travaillaient.
Que les prolétaires n’avaient pas d’histoire ni de patrimoine, eux étaient seulement faits pour produire des enfants qui seraient aussi des ouvriers.
Que ce papier, c’était une pierre de fondation pour ici.
Qu’ils sauraient se le transmettre en le vivant, en se le racontant.
Qu’un jour d’autres le comprendraient, l’incorporeraient.

Et ils lui ont donné sans savoir pourquoi, ils lui ont donné, retrouvant dans ce geste la force nécessaire pour le finir.

Elle est partie à New York avec le texte deux jours plus tard et lui est parti mourir par lui-même sur la frontière espagnole. À New York, le texte a bien été un peu remanié, un peu édulcoré ; les humains sont affaiblis en 1940.
Il reste sa version de feu quelque part sur la rue de Lyon, dans l’hospitalité du temps “pris à rebrousse-poil” qui fait du patrimoine un processus prospectif autant que rétrospectif. En un mot le récit de l’environnement.

Cette presque-fiction est fondée sur un fait réel peu connu : c’est à Marseille que Walter Benjamin rencontre sa presque cousine Hannah Arendt en été 1940. Il lui remet son manuscrit des « Thèses sur la philosophie de l’histoire » pour qu’elle le donne à Adorno alors réfugié à New York.

Et elle la vaste femme hospitalière, c’est Faro qui permet son apparition et maintenant son existence.
C’est nous ici qui incorporons la version de feu restée rue de Lyon.
C’est par la fiction que se transmet le processus collectif Faro entrepris depuis 1995 dans la complexité des quartiers le long de la rue de Lyon.

J’aurai aussi bien pu vous projeter vers le personnage de Louis Massignon arrivé à Marseille le 2 août 1930. C’est aussi le plein été. C’est la rencontre annuelle des « semaines sociales de France » , les SSF créées en 1904. Les SSF auraient du se tenir à Alger et Marseille est un Alger de substitution. 1930, centenaire de l’Algérie coloniale, impossible d’y vivre une rencontre ayant pour titre : le problème social aux colonies.
Louis Massignon, islamologue, professeur au Collège de France, rentre d’Alger, envoyé pour enquête. Il fait la conférence de clôture des SSF le 3 août 1930. Puis il part pour Paris et y commence son enseignement à Aubervilliers : il a rejoint l’urgence des « équipes sociales » qui viennent d’être créées et procurent un enseignement aux travailleurs nord africains en métropole.
Je peux incorporer sa parole aux quartiers, elle nait de leur expérience transnationale.

Il importe de se projeter à l’envers dans l’industrialisme international, dans l’intuition du plus jamais ça, dans la mémoire de faits institutionnels depuis 1994, dans presque 20 ans de construction aussi lente qu’Europe ; c’est tout cela la genèse du processus Faro.

Christine Breton, août 2013

Lundi 2 septembre, participez à la 9me marche dans les récits

Lundi 2 septembre au matin, participez à la 9me marche dans les récits à Arenc : l’impossible embouchure et Marseille terre d’accueil de l’association Ancrages avec Christine Breton, conservateur honoraire du patrimoine.

Cette balade créée à partir du récit d’hospitalité d’Hôtel du Nord : Le livre d’un Ruisseau, revu et augmenté, en collaboration avec les archives départementales.

Le Nouvel Observateur : Marseille : j’accueille des touristes dans les quartiers nord, ce n’est pas le ghetto

Le 22 août 2013, le Nouvel Observateur a publié une interview de Michèle Rauzier, hôte de la coopérative d’habitants Hôtel du Nord :Marseille : j’accueille des touristes dans les quartiers nord, ce n’est pas le ghetto.

France 3 National, le 19/20 en reportage à Hôtel du Nord

19_20Le 19-20 de France 3 national du samedi 19 août 2013 a consacré un reportage à Hôtel du Nord, l’occasion d’une découverte des hôtes d’Hôtel du Nord, de leurs lieux d’hospitalité et de leur environnement patrimonial.

Le tournage a débuté par une visite chez Ghislaine dans sa chambre d’hôtes au cabanon de mémé à Saint-André pour l’arrivée de passagers venus du Vaucluse. Ensuite, il s’est poursuivi à l’oppidum du Verduron pour une lecture sur toute la ville avec les passagers bretons accueillis chez Dominique à Verduron dans la résidence associative d’écritures Höfn.

Le tournage a continué le lendemain avec un petit déjeuner avec ces même passagers amenés à St André pour rencontrer Samia déléguée générale de l’association Ancrages qui a présenté l’histoire du quartier et des tuileries.

Le reportage est visible sur le site internet de France3 : http://www.france3.fr/jt/19-20/17-08-2013 (à 16 minutes 25 du début des JT).

Samedi 31 août, venez en balade martime avec Boud’mer

Samedi 31 août au matin, venez au départ de l’Estaque participer à une Balade en mer en barquettes traditionnelles vers le port de Saumaty avec l’association Boud’mer.

Le tarif est de 26 euros par personne. La réservation est obligatoire : 6 euros frais de réservation en ligne et une participation de 20 euros payée sur place et comprenant l’adhésion des personnes embarquées à l’association Boud’mer.

Kaizen – Tourisme participatif : privilégier la rencontre

Le magazine bimestriel Kaizenmagazine pour construire une société écologique et humaine, consacre dans son numéro de juillet août 2013 un dossier « Tourisme participatif : privilégier la rencontre » (page 14 à 17). L’occasion de revenir sur l’expérience des greeters notamment à Marseille, sur celle du 93 (CDT93, Accueil banlieue).

Le dernier article du dossier « J’irai dormir dans les quartier nord de Marseille » est consacré à la coopérative Hôtel du Nord, ses chambres d’hôtes et ses balades patrimoniales.