Échappées Belles : Marseille, la Méditerranéenne

Samedi 15 juin à 20h35 sur France 5, l’émissionÉchappées Belles est consacrée à Marseille, la Méditerranéenne. Une partie du voyage se fait avec Julie De Muer d’Hôtel du Nord jusqu’à St André où la chambre de Ghislaine et Manu reçoit un passager peu ordinaire…

Rien de mieux qu’une arrivée par la mer pour voir Marseille apparaître… Cette semaine, Jérôme se promène dans les quartiers de la ville : le Panier, les quartiers Nord, La Belle de Mai et les Calanques !

Les quartiers nord de Marseille sont souvent définis comme dangereux ou mal fréquentés, malheureusement tachés par des faits divers. La coopérative Hôtel du Nord essaie de changer cette image. Julie DeMuer, habitante du quartier depuis longtemps, attend Jérôme dans le noyau villageois de St-Antoine (quartier d’ou proviennent Soprano et Psy4 de la Rime) pour lui offrir une visite de ce qu’elle considère être une des plus belles parties de Marseille.

Toujours dans les quartiers nord, Julie et Jérôme poursuivent la visite en suivant le tracé d’une des balades habituellement organisées par la coopérative, qui d’ailleurs recoupe le chemin du GR 2013. Ce tracé longe le bassin de Séon, de Grand Littoral jusqu’à la cité Consolat. La visite les mène jusqu’à une des trois dernières savonneries du véritable savon de Marseille. A cette savonnerie, Le Fer de cheval, Michel Bianconi, savonnier depuis 30 ans, fait découvrir son métier à Jérôme.

Le parfum du savon de Marseille suit Jérôme et Julie qui continuent leur visite des quartiers nord. La coopérative met en place un réseau d’hébergement proposé par plusieurs habitants des 15e et 16e arrondissements. Agnès Maillard et son ami, apiculteurs urbains, font « chambre d’hôtes » dans le quartier. La conversation tourne surtout autour du thème de la réalité du quartier et des luttes récurrentes pour préserver ce lieu incomparable.

 

Vendredi 14 juin, parcours culturel de découverte de l’hôpital Edouard Toulouse.

Vendredi 14 juin matin ou après midi, venez en visite avec Mme le Dr Hodgkinson (chef de pôle) et le Groupe Patrimoine de l’hôpital Edouard Toulouse. Un parcours culturel destiné à faire découvrir au public, l’hôpital Edouard Toulouse, établissement spécialisé en psychiatrie, son histoire, son architecture, son patrimoine.

La visite dure 1h30 et l’inscription est obligatoire (places limitées à 15 personnes par groupe) par téléphone : 04 91 96 98 83  ou par mail : laurence.sampieri@ch-edouard-toulouse.fr

Marianne d’Or de la démocratie locale à Samia Ghali

Mercredi 12 juin 2013, Jean-Louis Debré, président du Conseil Constitutionnel, a remis la Marianne d’Or de la démocratie locale à Samia Ghali pour la politique culturelle qui a été mise en place au sein de la mairie des 15ème et 16ème arrondissement de Marseille.

Créé en 1984, la Marianne d’Or honore les communes qui méritent que leurs initiatives, actions, politiques soient connues et reconnues, et deviennent une référence au niveau national.

L’occasion de revenir sur « la première cité de France à avoir signé la Convention de Faro » grâce « à l’ensemble des marseillaises et marseillais qui participent à ce projet« , processus de démocratie locale qui sera au cœur de la première « Balade de Faro » du Conseil de l’Europe et de l’Union Européenne à Marseille les 12 et 13 septembre 2013.


Remise de la Marianne d’Or à Samia Ghali le… di Samia-Ghali

Vmarseille : Le musée du XXIe siècle?

Vmarseille - copieLe numéro 6 du mensuel d’informations générales Vmarseille édité par la coopérative Vpresse consacre son dossier aux quartiers nord de Marseille « Quartiers Nord nouvel eldorado? ».

L’un des articles du dossier porte sur le patrimoine « Le musée du XXIe siècle?« , l’occasion de revenir entre autres sur les balades urbaines capitales, le projet artistique Bel Vedere entre l’artiste Stéphanie Nava, les hôtes d’Hôtel du Nord et le mac, les balades patrimoniales et l’offre d’hospitalité d’Hôtel du Nord.

  • Le numéro 6 est disponible dans tous les points de vente presse à 3,5 euros.

Samedi 15 juin, experimentez la promenade floue avec l’Agence touriste

Samedi 15 juin après midi, Mathias Poisson et Manolie Soysouvanh de l’Agence Touristevous proposent de participer à Promenade Floue.

Promenade Floue est une expérience d’une heure vingt pour un groupe de quelques spectateurs guidés en silence. Au départ de la promenade, chaque spectateur chausse une paire de lunettes spéciales. Ces lunettes donnent à voir un paysage totalement flou au point de rendre abstraits et méconnaissables des espaces traversés. Le promeneur ne peut plus mesurer les distances ni le temps qui passe. Il s’en remet alors à ses autres sens, à son imagination et à ses guides mystérieux.

Via Sapiens : Des hébergements au plus proche des habitants

La Société Coopérative Participative eco-SAPIENS, structure de l’Économie Sociale et Solidaire, reconnue « entreprise solidaire » et travaillant dans le champ de laconsommation responsable, développeVia-SAPIENS, un projet visant à permettre au public de sortir de la nébuleuse « tourisme responsable » et ainsi de s’en approprier le concept, mais également d’en rencontrer ses acteurs.

Via-SAPI propose 10 bons plans SAPIENS pour de bonnes vacances à Marseille dont Hôtel du Nord : Des hébergements au plus proche des habitants

Vous avez décidé de venir passer quelques jours à Marseille, voire la totalité de vos vacances estivales. Vous faites bien, car Marseille est une très chouette ville pour qui est resté ouvert à l’autre, curieux de tout. Pour ceux qui aiment la ville et la nature aussi : Marseille n’est pas seulement la 1ème plus grande ville de France après Paris et la Capitale européenne de la culture 2013, c’est aussi une ville ouverte sur la nature, sur la méditerranée, sur l’ailleurs et sur l’autre. Alors voilà les 10 bons plans SAPIENS pour de bonnes vacances à Marseille !

Samedi 8 juin 2013 après midi, venez en balade dans les collines le long du Canalet

Samedi 8 juin 2013 après midi, venez participer à une balade sensible dans les collines le long du Canalet avec François Parra.

Cette balade vous propose d’en parcourir un tronçon du canal de Marseille, qui chemine de  l’oppidum de Verduron jusqu’à l’ancienne carrière Paul&Pons (dont il alimentait le concasseur) après avoir consulté l’ouvrage sur le quartier de la Pelouque écrit par Monsieur Jacques Boquet (ethnosociologue) qui nous rappelle que ce quartier vécut autrefois de la culture des fleurs.

Elle se fait équipée de casques fabriqués au moyen de cartouches de chasse glanées sur le site. Nous nous rendrons ensuite au Centre Richebois (centre de rééducation par le travail) ou l’association Voyons Voir a mis en place une résidence d’artistes qui travaille en lien avec le centre. Une occasion d’y voir le travail de l’artiste en résidence cette année. Départ depuis l’école du Verduron haut.

Sixième marche sous l’Etoile.

SIXIÈME  MARCHE : « SOUS l’ÉTOILE » (Hôtel du Nord/ Récits d’hospitalité n°4-– C.Breton/G.Caccavale).

Lundi 3 juin 2013.

La matinée commence en gare St Charles, comme tous  ces  lundi depuis janvier. Premières douceurs de l’air .Cet hiver a mangé le printemps : pluie et vent depuis des semaines. On descend à la halte-ferroviaire ,déserte, de St Joseph -le Castellas. Depuis les opérations comptables des années 80 , dites de  restructuration des  transports ferroviaires , les cheminots ne se croisent plus que dans les gares. Je ne m’y fais pas à ces déserts-là .Quand les trains relient les hommes entre eux. D’ailleurs ici la billetterie électronique est hors d’usage et il semble établi que les voyageurs  vers St Charles ne paient pas de billet. Curieux  monde, non ?

On suit un sentier abrupt, en talus, sous la voie ferrée, entre coquelicots et déchets oubliés comme cette épave de voiture où somnole un chat jaune. On repasse, comme une fois précédente,  près de  filets  d’eau cristalline  entre les mousses, au-dessus d’un parking,  derrière la cité gérée par la Phocéenne d’Habitation .C’est  Christine Breton  l’érudite qui  le dit : elle déchiffre pour nous  la ville ,l’histoire, la géologie, les faits religieux, salue par leur nom tel et telle, demande des nouvelles à l’équipe d’entretien …La cuisinière du Centre municipal  du Castellas sort de ses fourneaux , sourire éclatant ,qui nous gratifie d’un « Dieu vous bénisse tous ».On est à deux pas d’un mur de Berlin , une autoroute urbaine  vrombissante, près de ce qu’il reste d’une bastide de la famille Falque :un portail monumental, la maison du gardien ,des allées de platanes .Le « fantôme du château « dira Christine hante les lieux :un mur de clôture en  tôles cède , penche, semble s’effondrer :qu’y a –t-il en sous-sol ? Probablement  une ruralité du 19ème siècle  provençal qui a fait  place aux logements sociaux  avec leurs alignements de paraboles et de linge qui sèche. Marseille des campagnes, en périphérie, remodelée par les barres de HLM .Entre 1962 et 1963, lorsque l’Algérie coloniale devient indépendante, il fallut loger 300 000 habitants venus de rive sud : Maghrébins de la main d’oeuvre  pour des chantiers qui poussent alors  partout, Harkis , Pieds- Noirs… .Soit la population de Toulouse ! Bidonvilles puis logements sociaux transformèrent  le paysage péri urbain  et la société. Tout a été très vite et les traces de ces bouleversements géographiques sont aussi sociaux. Il faut l’intelligence et le sens de ce que sont les êtres humains d’un M.Doumé Santhiago (avec un H souligne-t-il ) musicien et inventeur de micro société en bas de chez lui ,cité des Aygalades. Des rencontres   entre Gitans, Haïtiens , Comoriens, Maghébins.. par le travail  des jardins partagés de l’association du bas des immeubles . Elle se nomme :« ça coule de source », dit la pancarte. Estrade pour concerts, grillades et apéros sous des couverts d’arbres et de tôles. Pieds de tomates , courgettes et salades sagement alignées sur la pente. Un petit monde en recherche. Réinvention d’un village-monde. J’y vois un antidote aux enfermements des « origines », »communautés » et autres mythologies des barrières. Le redire encore : construire des ponts ,non des murs.   Ce Doumé  a  donc fait un stage de formation de jardinier..La Ville lui a promis un emploi d’animateur …il y a trois ans… « ça s’est perdu » me dit –il avec un sourire un  peu triste. La vie est forte et « l’espérance violente «  souffle le poète . « Les légumes ça aide, pour les fins de mois »ajoute-t-il , pudique.

Je me suis alors demandé comment nous voient ces habitants  de leur fenêtres, ces femmes furtives revenant des courses ,celles  qui font bouillir les marmites  et aiment les enfants ? Marches et paroles à travers les histoires du temps, regards bienveillants qui ouvrent des yeux et les chemins des consciences. Travaux pratiques  d’approches sans fards  du réel qui cassent tant de clichés sur les « banlieues ».On peut rêver d’un forum  sans tralala officiel , celui des marcheurs, en fin d’année 2013 .Une capitale à nous : celle des  têtes qui se rencontrent et se  racontent.  Avec ceux qui s’associent et se parlent en marchant. Etonnantes, éphémères et précieuses traversées des apparences ! Rencontre qui mêlerait travailleurs sociaux , habitants…juste pour s’écouter, essayer de parler la même langue. C’est si difficile de passer les frontières.

Assis pas loin des arbres , sur un pré où on a dit qu’il y avait tant de sources  sous-terraines  et autres puits disparus (les Aygalades ,aigo ,aquae… l’eau ).Encore une autre  source : on écoute  assis en cercle une dame venue de Haïti ,c’est Josette, de l’association ATD Quart Monde. Son français chante la Caraïbe et articule comme personne : « le corps professoral »,  en parlant du collège et le précieux travail de l’école publique pour les enfants du quartier. Toujours vif l’espoir des humbles pour leur promotion humaine et sociale par le savoir .Tant et si bien qu’un collégien dira, rapporte Josette, « On participe au projet de la France ».C’est pas beau ça ? A côté de moi, Juliette de l’Ecole de l’architecture et du paysage avec son gros carnet , croque ,note, observe. La marche comme école de l’écoute et de l’observation. On reprend le jardin d’Epicure à Athènes, penser en rompant avec la brutalité du monde.

Je n’oublie pas les commentaires savants dans la petite église des Aygalades , la crypte et sa  grotte en tuff , l’histoire de Marie Madeleine,les ermites des grottes cassianites , le mont Carmel ,la Palestine… les récupérations par la hiérarchie catholique au 13èmesiécle .Tout cela est repris patiemment par Christine à partir de ses déchiffrages des « forgeries » et autre trucages savants  des manuscrits qui troublent par leur récurrences et qu’on trouvera plus en détail dans son livre cité comme titre ce petit papier impressionniste.

J’avais un peu  la tête ailleurs : l’odeur vieillotte de l’église  , la pénombre des  voûtes ,l’histoire des reconstruction et de la symbolique du scapulaire, les traces d’encens et de poussières, les regards de douceur du Père Antoine ,le curé de la paroisse qui nous reçoit ,ancien prêtre ouvrier qui a dû voir passer et soutenir  tant de luttes sociales  dans l’après- guerre des quartiers industriels de Marseille…Il était en conversation avec le jovial  président du CIQ des Aygalades , qui parle haut ,préoccupé par le mauvais état du mur de la grotte des Carmes, en haut du ruisseau Caravel (c’est son nom ) ou ruisseau des Aygalades qui longe l’autoroute Nord, au milieu d’un superbe figuière :celle  des mille figuiers .Tu n’imagines pas bien, cher lecteur, de combien de centaines de kilos de figues  est peuplé ce vallon ! Les pluies interminables de ce printemps ont fait leur œuvre …Près  des  cascades  bondissant sur plusieurs niveaux ,un animateur de l’ADDAP 13 (actions de prévention de la délinquance  par le  Conseil Général ) raconte le labeur d’une équipe de jeunes qui a construit avec  force pioches ,pics ,madriers, scies et sueurs un sentier de visite qui croise des aménagements  hydrauliques, escaliers et autres murs  anciens ..Encore les enchevêtrements de l’histoire longue de cette ville-monde : traces des aménagements industriels pour les moulins et savonneries ,chemins des ermites vers les laures et autres refuges qui tournent le dos au monde, eaux  ruisselantes dans les tufs de 1,6 millions d’années du ravin de la Viste,  à travers les lacis de plastiques et autres rejets urbains, vrombissements des moteurs sur l’autoroute A51…  Et  cette porte Nord de Marseille invisible et  qu’on touche presque du doigt à travers les récits des hérétiques et autres rebelles, ce morceau de terre sainte comme le nomme Christine .A partir de son enquête sur un oratoire sur la route d’Aix aux Aygalades, perdu  et retrouvé dans une bibliothèque. Ce petit  livre là  se lit comme toutes ces interprétations qui éveillent nos sens et nos esprits le temps de ces marches .Ou encore de la modification qui s’opère en nous lorsqu’on marche à travers les terres et le temps.

Essayez !

Gérard Perrier, à  Puyloubier 5 juin 2013.

Lundi 3 juin, Hôtel du Nord vous invite à participer à la 6me marche dans les récits d’hospitalité

couvSmallEtoileLundi 3 juin, Hôtel du Nord vous invite à participer à la 6me marche dans les récits d’hospitalité « à la recherche de l’oratoire carme » avec Christine Breton, conservateur honoraire du patrimoine.

 

Comme chaque premier lundi du mois, durant l’année 2013, les Récits d’hospitalité se lisent en marchant ; avec Martine Derain artiste-éditrice pour leur conception et Christine Breton, conservateur honoraire du patrimoine, pour vous accompagner. Cette promenade a été créée à partir du récit d’hospitalité d’Hôtel du Nord : Sous L’Étoile, en collaboration avec l’ordre des Carmes.

Départ 8h15 Métro Bougainville (Les billets de train ne sont pas compris dans le tarif).

L’Europe discute des « Balades de Faro » qui auront lieu à Marseille le 12-13 septembre 2013

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GB

Session plénière Comité Directeur de la Culture, du Patrimoine et du Paysage (CDCPP) La deuxième réunion duComité directeur de la Culture, du Patrimoine et du Paysage (CDCPP) du Conseil de l’Europe a eu lieu à Strasbourg du 27 au 29 mai. Les hauts fonctionnaires représentant des États membres du Conseil de l’Europe se sont réunis pour discuter notamment du Plan d’action visant à promouvoir la Convention-cadre de Faro sur la valeur du patrimoine culturel pour la société dont fait pleinement partie leForum de Marseille sur la valeur du patrimoine pour la société et la valeur sociale du patrimoine les 12 et 13 septembre 2013.

  • Voir le Forum : lien

Nous publions des extraits  du Plan d’action visant à promouvoir la Convention-cadre de Faro et de la Note de concept pour le Forum de Marseille proposés à la discussion du CDCPP, l’occasion de revenir sur les progrès de cette convention au niveau européen et sur les motivations du Conseil de l’Europe pour ce Forum de Marseille. La totalité du document est téléchargeable ici et la présentation en anglais est ici.

Plan d’action visant à promouvoir la Convention-cadre de Faro

Le Secrétariat du Conseil de l’Europe lance une série d’initiatives visant à promouvoir la Convention de Faro en vue d’augmenter le nombre de ratifications et d’assurer la mise en œuvre de la Convention.

Plusieurs textes ont été circulés ces dernières années pour illustrer et présenter les objectifs de la Convention de Faro. Tous soulignent la richesse et la nouveauté de ses principes. La Convention de Faro est de fait une “convention-cadre” qui définit les enjeux, les objectifs généraux et les champs possibles d’intervention dans lesquels les États membres sont invités à progresser. Chaque partie-contractante peut décider des moyens qui conviennent le mieux pour la mise en œuvre, en fonction de ses cadres législatifs et institutionnels, ses pratiques et son expérience spécifique. Comparée aux autres conventions, la “convention-cadre” ne crée pas d’obligation d’action. Elle suggère plus qu’elle n’impose. La “convention-cadre” est également plus souple en termes de suivi de sa mise en œuvre. Elle envisage davantage ce suivi plutôt comme un processus dynamique et volontaire de partage et de développement de bonnes pratiques, qu’une obligation de produire desRapports périodiques. Elle invite les parties contractantes à développer des réseaux de coopération pour l’échange d’expérience et le lancement de nouveaux projets.

Le rôle du Secrétariat est d’accroître la visibilité et la compréhension de la Convention de Faro, et de générer des références communes et des indicateurs, qui permettront d’estimer la valeur des différentes initiatives développées dans les pays. Afin de lancer ce processus, le Secrétariat a publié une première brochure dans le cadre d’une série à venir qui propose une interprétation partielle et provisoire de laConvention de Faro articulée autour de trois axes prioritaires1 qui offrent une explication cohérente de la contribution de cette Convention par rapport aux objectifs politiques du Conseil de l’Europe.

  1. Renforcer la cohésion sociale par la gestion de la diversité ;
  2. L’amélioration du cadre et de la qualité de vie ;
  3. Le développement de la participation démocratique.

Les actions de promotion déjà prévues comportent trois volets :

1. Les “Balades de Faro” sont inspirées de l’idée des “balades patrimoniales” qui sensibilisent le public à travers une expérience directe des lieux tout en encourageant les participants à réfléchir sur la valeur du patrimoine. Les “Balades de Faro” serviront d’intitulé pour des événements qui seront organisés en rapport avec des aspects spécifiques de la Convention de Faro.

La première « Balades de Faro » aura lieu à Marseille (France) le 12-13 septembre 2013 lors du « Forum de Marseille sur la valeur du patrimoine pour la société et la valeur sociale du patrimoine » (voir la note de concept), qui est soutenu par le Conseil de l’Europe et la Commission européenne.

2. Les “Initiatives de Faro” seront lancées lors de la réunion plénière du CDCPP le 27-29 mai 2013. L’appel à contribution des Etats membres et des observateurs visera à rassembler autant d’informations que possible au sujet des idées, des expériences, et des projets réalisés ou en cours, susceptibles d’illustrer et d’expliquer les principes et objectifs de la Convention de Faro en rapport avec les trois axes prioritaires. Il s’agit de projets qui ont été promus au niveau national, régional ou local, à l’initiative des ministères, des élus locaux, des institutions spécialisées, des associations, des collectifs d’entreprises ou d’artistes, ou de simples citoyens dans tous les pays membres, même ceux qui n’ont pas signé la convention. La collection de ces exemples permettra d’identifier les différentes interprétations proposées pour laConvention de Faro, les situations dans lesquelles ces projets s’inscrivent, et pourra progressivement aider à définir les indicateurs pour suivre la mise en œuvre de la convention dans les États membres.

Le Secrétariat souhaite qu’une première vague de contributions puisse être envoyée avant le  1er  août 2013 afin qu’elles soient présentées dans le cadre du Forum de Marseille. Une seconde vague de contributions sera attendue avant la fin de l’année 2013 en vue d’une publication ou d’une exposition. Cette activité continuera en 2014 afin de permettre au plus grand nombre possible de porteurs de projet de partager leurs expériences.

3. Les résultats des “Balades de Faro” et des “Initiatives de Faro” seront systématiquement publiés et diffusés.

Note de concept pour le “Forum de Marseille »

Note de concept pour le  “Forum de Marseille sur la valeur du patrimoine pour la société et la valeur sociale du patrimoine” Marseille (France), 12-13 septembre 2013 avec le soutien de la Commission européenne et du Conseil de l’Europe dans le cadre des « balades de Faro », action du Conseil de l’Europe pour le suivi de la mise en œuvre de la « Convention-cadre sur la valeur du patrimoine culturel pour la société »

Une convention innovante

La Convention-cadre sur la valeur du patrimoine culturel pour la société (ou Convention de Faro) a été adoptée par le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe le 13 octobre 2005 et ouverte à la signature des Etats membres à Faro (Portugal) le 27 octobre de la même année. Elle est entrée en vigueur le 1er juin 2011. A ce jour, 14 États ont ratifié la convention : l’Arménie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Géorgie, la Hongrie, la Lettonie, le Luxembourg, la République de Moldova, le Monténégro, la Norvège, le Portugal, la Serbie, la Slovénie et « l’ex-République yougoslave de Macédoine ». Par ailleurs, 7 autres États ont signé la Convention : l’Albanie, la Belgique, la Bulgarie, l’Italie, Saint-Marin, la République slovaque et l’Ukraine. La procédure de signature est en cours dans un certain nombre d’autres États membres du Conseil de l’Europe.

Les États signataires constatent que les sociétés européennes se transforment par les effets combinés des changements économiques et politiques, de la transition énergétique, et la réduction des ressources. Cette situation soulève des enjeux qui appellent à la proposition de nouveaux modèles de sociétés et de développement. L’Europe a besoin d’innover afin de créer le cadre pour une nouvelle société stimulée par plus de démocratie, une participation directe des citoyens accrue, et une meilleure gouvernance reposant sur des institutions plus efficaces et des partenariats public-privé dynamiques. Dans ce contexte de changement profond qui génère des inquiétudes, notre patrimoine commun donne une cohérence aux sociétés européennes ; il est le socle de l’identité sur laquelle se bâtit l’Europe d’aujourd’hui, et un repère fondamental, un facteur de stabilité et de continuité. La notion de patrimoine devient un levier de développement durable. Le patrimoine est une ressource à mobiliser pour et par les citoyens pour agir et contribuer à la transformation de leur environnement. Hérité du passé, il est l’expression des valeurs, croyances, savoirs et traditions qui ont façonné les villes et les territoires par l’interaction continue entre les personnes, les communautés et les lieux.

Dans cette perspective, la Convention-cadre du Conseil de l’Europeest innovante à plusieurs titres. Elle consolide la notion de « patrimoine commun de l’Europe », en la rapprochant des droits de l’homme et des libertés fondamentales qui éclairent également les questions liées au « vivre ensemble », à la qualité et au cadre de vie dans lequel les citoyens veulent prospérer. Trois axes prioritaires mettent particulièrement en valeur la contribution de la Convention-cadre aux enjeux sociétaux tels qu’ils se posent dans un grand nombre de pays :

  1. Renforcer la cohésion sociale par la gestion de la diversité
  2. L’amélioration du cadre et de la qualité de la vie
  3. Le développement de la participation démocratique

Une initiative locale qui interpelle l’Europe

A la lumière de ces axes prioritaires, les élus des 2e, 7e et 8e secteurs de Marseille et le maire Vitrolles ont signé symboliquement laConvention-cadre afin d’inscrire les initiatives sociales et patrimoniales mises en œuvre localement dans une perspective européenne. Ces initiatives créent les conditions permettant aux différents acteurs locaux de se rassembler afin d’agir contre les discriminations et les pauvretés qui affectent certains quartiers en dégradant les conditions de vie et en générant une détresse sociale et psychologique des populations.

Les acteurs impliqués sont des amicales de locataires, des associations locales, des regroupements d’entreprises, des collectifs d’artistes ou de simples citoyens engagés tous ensemble au sein de «communautés patrimoniales » dans la défense de la qualité et du cadre de vie de leurs quartiers, auquel ils s’identifient au point de se percevoir eux-mêmes avec leur environnement comme un patrimoine à défendre et à valoriser. Pour cela, ils mènent des recherchent sur leurs histoires, éditent des ouvrages (récit d’hospitalité), proposent des rencontres (balades patrimoniales, « sound walk »), produisent des créations artistiques (Fenêtre augmentée, le Pont, cartes postales, balades sensibles), offrent leur hospitalité (Hôtel du Nord), mutualisent leurs moyens et expérimentent des espaces de démocratie participative (commission patrimoine). De ces rassemblements nait un dialogue ouvert à la participation de tous, et un sens aigu de la communauté. La démarche encouragée dans le cadre de l’action publique mais conduite par les habitants, est considérée comme une démarche « patrimoniale » visant à initier des actions citoyennes comme autant de réponses pragmatiques aux difficultés permanentes vécues dans ces quartiers.

Venant comme une confirmation de la valeur de ces initiatives, Marseille-Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture (association qui regroupe les villes et partenaires de l’année Capitale européenne de la culture) s’est appuyée sur les ressources citoyennes locales ainsi créées pour mettre en place des projets structurants ambitieux appelés à durer au-delà de l’année 2013 : le premier « chemin de grande randonnée » (GR) périurbain français, long de 365 kilomètres sur 38 communes (GR2013) ; « Culture Pilots », programme d’insertion professionnelle d’habitants-animateurs touristiques et culturels ; « Hôtel du Nord », la première coopérative d’habitants en Europe, propose une offre de tourisme solidaire dans les quartiers populaires de Marseille avec une cinquantaine d’hôtes qualifiés.

L’expérience marseillaise développée en référence à la Convention-cadre est effectivement porteuse d’enseignement et par extension suggère des réponses possibles à la crise sociale qui se généralise un peu partout en France et en Europe. Cette expérience pourrait nourrir une réflexion sur la façon d’encourager d’autres initiatives dans les pays signataires de la Convention-cadre. Le processus patrimonial qu’elle offre converge vers la mission et les valeurs de la Commission européenne et du Conseil de l’Europe. Il privilégie notamment une approche innovante des problèmes sociaux, politiques et économiques utilisant la culture et le patrimoine pour atteindre l’ensemble des acteurs de la société, y compris les plus défavorisés.

Un forum pour promouvoir et mettre en œuvre la convention

Initié par les quatre maires de Marseille et sa région, et coordonné par la coopérative « Hôtel du Nord », soutenu par Marseille-Provence 2013, le Conseil général des Bouches-du-Rhône, la Commission européenne et le Conseil de l’Europe, le « Forum de Marseille » développera les questions relatives aux Droits de l’Homme, à la diversité et à l’identité culturelles, à l’intégration des minorités et des moins favorisés, à la prévention des intolérances et de la discrimination, au dialogue inter-religieux, aux interventions dans les zones urbaines et péri-urbaines défavorisées, etc. Le « Forum » se donne notamment pour objectifs principaux :

  • d’extraire de cette expérience de terrain une interprétation de laConvention-cadre qui souligne ses aspects les plus innovants, notamment en ce qui concerne les « valeurs sociales du patrimoine » et les « valeurs du patrimoine pour la société » ;
  • d’offrir un cadre de référence commun aux initiatives en cours ou à venir dans les pays européens susceptibles de contribuer à la mise en œuvre des principes de la Convention-cadre de manière à répondre aux enjeux sociétaux auxquels est confrontée l’Europe ;
  • de lancer  une action de communication autour des principes de laConvention-cadre afin d’en promouvoir la ratification auprès des Etats ;
  • de mettre en œuvre un suivi approprié des résultats du Forum, notamment en identifiant des orientations pour les politiques publiques et des axes de réflexion pour l’élaboration d’indicateurs multicritères pour l’évaluation de la mise en œuvre de laConvention-cadre dans les pays ou d’identifier de bons exemples d’initiatives.

Le « Forum de Marseille » réunira avec les acteurs locaux (autorités publiques, habitants, Marseille-Provence 2013, société civile) un panel international constitué des représentants des 21 États membres du Conseil de l’Europe qui ont signé la Convention-cadre (ambassadeurs, autorités nationales, élus, fonctionnaires), des autres pays intéressés, et des représentants des différentes directions du Conseil de l’Europe et de la Commission européenne. Pendant le jour et demi du Forum, le panel ira d’abord à la rencontre de ces communautés patrimoniales et de leurs actions en participant à 4 « balades urbaines » illustrant de manière vivante les principales thématiques soulevées par le Forum. Le panel restituera ensuite son expérience marseillaise dans une perspective européenne.