Pascale Raju: The experience of the municipal heritage Commission of the 15th and 16th arrondissements of Marseille

We continue to put online the texts of the speakers at the meeting of 2 March 2013 in Venice following the signing of the Faro Convention by the Italian state (see the presentation of the meeting and see the texts already online). Here is the text of the speech of Raju, deputy delegate for culture, Marseille European Capital of culture and new Technologies. President of the Heritage Commission 15/16. Ladies and gentlemen, following our election in March 2008, I made a diagnosis of territory. Very quickly it became clear that the heritage issue was a fundamental issue for our sector. The work that Mrs. Christine BRETON had done, which we have just heard, has allowed many people to seize this issue. The creation of the heritage Commission, at the request of Mrs Samia GHALI, allowed us to organise all these energies scattered throughout our territory. The Commission shall be composed of:

  • of neighbourhood associations,
  • of independent artists,
  • of cultural associations,
  • Of professional art companies,
  • of business leaders,
  • of cultural mediators,
  • of social workers.

I'm the president, surrounded by the municipal Employees of the Culture department. The first two years we met one morning a month. The themes were numerous and varied. I'll quote you a few.

  • Classification and registration of places, buildings, conservation measure,
  • File deposit as "the soap route" with the MP13 Association,
  • Backing of Vasarely's paintings,
  • Preservation and development of the natural Heritage (Mourepiane, Nerthe, Hill consolate, Cascade Aygalades).

We have had great successes like the ranking of the station of the ESTA, the progress on many dossiers concerning the natural heritage. In our committee, we are experimenting with the conflicting dimension of heritage because it is a place of mediation. In fact, contradictory interests are expressed in a democratic space. The decisions we make are always in the interest of the greatest number. This Commission acts as a mediator between the various bodies to which the heritage communities are confronted: City of Marseille, regional Directorate for Cultural Actions, Communauté Urbaine de Marseille, Marseille Provence 2013. So the locals get answers because they have their interlocutor in front of them. We dedicate 3 to 4 committees to prepare the European municipalities heritage Days, which are the highlight of our annual work. In fact, during these three days, we organize a dozen heritage walks, expos, the book fair, lectures, etc. It is necessary to know, and this is extraordinary, that in 2012, it is 6000 people who participated in these days European municipalities of the heritage of the 15th and 16th arrondissements of Marseille. When we know the history of the northern neighbourhoods, the bad reputation that sticks to its inhabitants, believe me it is a wonder. During these three days, Marseille discover that in this pool of dwellings of 100 000 souls, there are unsung, protected and sometimes splendid natural places. They also discover the economic dynamism (soapy of the Midi, Arnavaux) and cultural (city of the street Arts). And especially the greatest richness of this territory to know its inhabitants. Not only are they the custodians of the industrious past of Marseille but their sense of hospitality, hospitality and sharing are remarkable. It is for them, to highlight them, that we had the idea to create a network of bed and breakfasts. I will let you guess the sarcasm that this project has aroused! "Welcoming tourists to the northern neighbourhoods what a joke!" Well let me tell you, dear listeners, that today this network of bed and breakfast organized by the Coopérative Hotel du Nord is a great success! associated with MP13, distributed by the Guide to the backpacker, Hotel du Nord is an example of alternative economic development. Finally, the heritage Commission of the 15th and 16th arrondissements of Marseille was able to model its functioning, to share it with two other district councils, soon three and the town hall of Trolles (40 000 inhabitants). As such, we are responsible by the Council of Europe and the European Commission for preparing part of the debates which will take place next September at the European heritage Forum. You think that I would never have imagined doing such prestigious actions. But what touches me the most is to be here, in Venice, in front of you. I who came from a popular family, coming for half, from the mountains of Barbagia in Sardinia; It is because Mrs Samia GHALI and I grew up in these quarters, that we know the bitter taste of humiliation, that we understood the issue of integrated heritage. We have been inspired by this concept to restore the dignity of the inhabitants and we have succeeded. I am happy to share this pride with you. Grazie per il vostro. Pascale Raju, Venice March 2013

Christine Breton : La convention de Faro une chance pour les communautés patrimoniales coincées entre petits fronts de guerre sociale et musées

Hôtel du Nord poursuit la mise en ligne des textes des intervenants à la rencontre du 2 mars 2013 à Venise suite à la signature de la Convention de Faro par l’État italien (voir  la présentation de la rencontre et voir les textes déjà en ligne). 

Hôtel du Nord publie le texte de l’intervention de Christine Breton conservatrice honoraire du patrimoine et sociétaire de la coopérative Hôtel du Nord « Les communautés patrimoniales entre petits fronts de guerre sociale et musées ».

Posons notre héritage et le modèle dominant du musée. Ce vaste cube blanc international peut aussi être un musée local. Il est un accumulateur d’objets décontextués et, par là même, un grand poème baroque à la gloire du savant en son laboratoire, maître du monde et des colonies. Pour la société un tel modèle entre dans la catégorie des utopies collectives basées sur la tabula rasa, tables rases inventées par la modernité, glorieuse ou criminelle. La référence musée incarne le corps national, partout en Europe et en France dés la Révolution en 1792. C’est un récit de fondation. Récit aujourd’hui obsolète quand les nations se fédérent en Europe, quand la décolonisation rétablie ses biens culturels dans leur contexte si possible, quand la richesse se fait en micro-secondes. Nous n’ avons plus besoin du musée, il est une oeuvre héritée, un monument historique

– Totologie de l’isolement.

Posons maintenant la réalité des communautés patrimoniales. Le corps social s’incarne dans l’ensemble des données symboliques héritées. Le musée a le pouvoir sur le symbolique et il fascine d’autant. Un pouvoir absolu de vie et de mort sur toute trace de mémoire collective, le musée décide de ce qui entre ou non dans l’histoire. Faire un musée aujourd’hui aprés la sévère critique construite contre ce modèle obsolète tient de la volonté de puissance personnelle ou de l’ignorance. Ignorer qu’en France, par exemple, le même homme, Jules Ferry, crée l’organisation de l’enseignement primaire obligatoire et celle des musées et qu’il fut aussi le champion de la colonisation.
– Comment être à notre présent social ?

Au moment de cette question, nous sommes passé à l’histoire monde, nous avons inversé les contextes historique. Il est temps pour l’invisible. Alors se met à briller, dans le lointain, tout ce qui fut exclu du grand récit national. Commence à scintiller tout ce qui n’est pas référencé, muséifié ou partie de la Nation. Apparaissent les disparus de la nuit stellaire, les fantômes errant loin de notre roman collectif, ceux qu’avaient si bien su aimer Walter Benjamin en marchant dans les rues de Berlin ou Marseille. Alors, le temps se retourne et la référence se décale vers le tiers exclu
– Frémissement de la raison.

Comment réagi le corps social ? je l’entend souvent gronder dans mon dos, lorsque nous traversons à pied les quartiers de Marseille, lorsque nous passons un petit front de guerre sociale. Ils grondent, mal à l’aise dans le contact physique avec l’exclusion urbaine violente. Et là c’est encore le modèle muséal qui revient en protection face à cette remontée de refoulé collectif : sensation de zoo ou de muséification de la ville. Une sensation qui ne renvoie pourtant qu’à soi-même, à son savoir comme pouvoir ; surpris en inculte de la vie. Alors je suis assurée que cette ville que nous sommes en train de penser avec nos pieds, collectivement dans la marche, ne s’entend plus. Je perçois dans mon dos leur profonde émotion, leur débat intérieur qui les assourdit temporairement
– Impasse sociale.

C’est peut-être cela le musée du 21ème siècle : la capacité à percevoir la greffe-musée en soi, dans l’organique même. Le désordre violent qu’elle y crée. La décision de s’en défaire, d’accepter l’impossibilité de comprendre tant les concepts sont encore immatures et pourtant percevoir la formidable poussée vivante dés que nous lâchons tout pour partir au désert des savoirs. Le corps social bascule dans une pratique collective des savoirs et mémoires. Une pratique écologique, contextuée.
– fin des colonies, débuts du travail des communautés patrimoniales sur le terrain du quotidien habité.

L’anthropologue américain Timothy Ingold résume ce triple salto contextuel : « En elle-même, l’information n’est pas un savoir, et son accumulation ne nous rend pas plus savants. Notre capacité à savoir tient plutôt à la possibilité que nous avons de situer une telle information, à comprendre sa signification, au sein d’un contexte de relations perceptuelles, en direct avec nos environnements. Et je soutiens que nous développons cette capacité à condition  qu’on nous montre les choses ». Marchons donc au désert du musée en suivant l’habitant là pour qu’il nous montre. Développons collectivement nos relations perceptuelles avec les petits fronts de guerre sociale rendus si violents par l’invisibilité et le silence assourdissant dominant.
– possibilité de contextes.

Christine Breton
Conservateur honoraire du Patrimoine
Venise mars 2013.

Christine Breton 

Conservateur honoraire du patrimoine, elle a eu la charge de collections publiques au musée de Grenoble (1974-1983), aux Fonds régionaux de Rhône Alpes et de Provence (1984-1987). Conservateur chargée de mission à la Ville de Marseille de 1987 à 2010 elle a créé les programmes d’ateliers d’artistes, d’expositions et de commandes artistiques urbaines ; en collaboration avec le Conseil de l’Europe elle a expérimenté dés 1996, avec les habitants, l’approche intégrée du patrimoine dans les 15-16èmes arrondissements de Marseille. Docteur en histoire en 1981, elle a été invitée dans de nombreuses écoles d’art, instituts de design et d’histoire de l’art ; de 1988 à 1995 professeur associée à l’université d’Aix-Marseille. A la retraite, elle poursuit ses recherches historiques et patrimoniales.

BIBLIOGRAPHIE Sélective

  •  Berriat 83, expositions dans et hors musée, musée de Grenoble,1983 ;
  • Fragments de collections pour la mémoire d’une ville, Le Luc en Provence, FRAC Provence, 1985 ;
  • La galerie de la mer, Ville de Marseille,1987-1995, 7 numéros sur l’art et la ville ;
  • Approche intégrée du patrimoine, valorisation partagée du patrimoine, valeur conflictuelle du patrimoine, comme des saumons, le prince des curieux et l’ermite collection Exos, AGCCPF, 2004 – 2010 ;
  •  école des filles de Saint-André, Marseille, 1998-2005 ;
  • Südraum-Konferenz, Leipzig, 2004 ;
  • Hôtel du nord/ récits d’hospitalité, 8 numéros avec Martine Derain, éditions commune, Marseille, 2010-2012.

Christine Breton: The Faro Convention a chance for heritage communities stuck between small social war fronts and museums

Hotel du Nord continues to put online the texts of the speakers at the meeting of 2 March 2013 in Venice following the signing of the Faro Convention by the Italian state (see the presentation of the meeting and see the texts already online).  Hotel du Nord publishes the text of the intervention of Christine Breton curator Emeritus of Heritage and member of the Coopérative Hotel du Nord "Heritage communities between small social war fronts and museums". Let us lay our heritage and the dominant model of the museum. This large white international cube can also be a local museum. It is an accumulator of décontextués objects and thus a great Baroque poem to the glory of the scientist in his laboratory, Master of the world and of the colonies. For society such a model enters into the category of collective utopias based on the Tabula rasa, shaved tables invented by modernity, glorious or criminal. The reference Museum embodies the National Corps, everywhere in Europe and France, as soon as the revolution in 1792. It's a foundation story. Narrative today obsolete when nations fédérent in Europe, when decolonization restores its cultural property in context if possible, when wealth is made in micro-seconds. We no longer need the museum, it is an inherited work, a historical monument-Totologie of isolation. Now let's ask the reality of heritage communities. The social body is embodied in all the inherited symbolic data. The museum has the power over the symbolic and it fascinates so much. An absolute power of life and death on all traces of collective memory, the museum decides what is in or out of history. Making a museum today after the severe criticism built against this obsolete model is due to the will of personal power or ignorance. Ignore that in France, for example, the same man, Jules Ferry, creates the organization of compulsory primary education and that of museums and that he was also the champion of colonization. -How to be in our social present? At the time of this question, we moved to the world history, we reversed the historical contexts. It's time for the unseen. Then begins to shine, in the distance, everything that was excluded from the great national narrative. Begins to twinkle anything that is not referenced, muséifié or part of the Nation. Appear the missing of the stellar night, the ghosts wandering away from our collective novel, those who had so well loved Walter Benjamin by walking in the streets of Berlin or Marseille. Then the time turns and the reference shifts to the excluded third-quivering of the reason. How did the social Corps react? I often hear him scolding behind my back, when we walk through the neighborhoods of Marseille, when we pass a small social war front. They scold, uncomfortable in physical contact with violent urban exclusion. And here it is still the museum model that comes back in protection in the face of this ascent of collective repression: sensation of zoo or museumification of the city. A sensation that only refers to oneself, to its knowledge as power; Surprised in the uncultivated life. So I am assured that this city that we are thinking with our feet, collectively in the walk, does not get along. I perceive in my back their profound emotion, their inner debate which temporarily muted them-social deadlock. Perhaps this is the museum of the 21st Century: the ability to perceive the graft-museum in itself, in the organic itself. The violent disorder she creates. The decision to get away from it, to accept the inability to understand so much the concepts are still immature and yet perceive the formidable thrust alive as soon as we let go everything to go to the desert of knowledge. The social body falls into a collective practice of knowledge and memories. An ecological practice, contextuée. -end of the colonies, beginning of the work of the heritage communities on the ground of the living daily. American Anthropologist Timothy Ingold sums up this contextual triple Salto: "in itself, information is not a knowledge, and its accumulation does not make us more learned." Our ability to know is more about the possibility that we have to situate such information, to understand its meaning, within a context of perceptual relations, live with our environments. And I argue that we are developing that capability as long as we are being shown. " So let's walk to the desert of the museum following the resident there to show us. We are collectively developing our perceptual relations with the small social war fronts made so violent by invisibility and the deafening silence prevailing. -Possibility of contexts. Christine Breton Honorary curator of Heritage Venice March 2013. Christine Breton Curator Emeritus of Heritage, she has been responsible for public collections at the Musée de Grenoble (1974-1983), the regional funds of Rhône Alpes and Provence (1984-1987). Curator in charge of mission to the city of Marseille from 1987 to 2010 she created the programs of workshops of artists, exhibitions and urban artistic commissions; In collaboration with the Council of Europe she experimented 1996, with the inhabitants, the integrated approach of the heritage in the 15-16th arrondissements of Marseille. Doctor of History in 1981, she was invited to many art schools, design and art history institutes; From 1988 to 1995 associate professor at the University of Aix-Marseille. At retirement, she continues her historical and heritage research. Selective bibliography

  •  Berrit 83, exhibitions in and out of museum, Musée de Grenoble,1983;
  • Fragments of collections for the memory of a city, Le Luc en Provence, FRAC Provence, 1985;
  • The gallery of the Sea, city of Marseille,1987-1995, 7 issues on art and the city;
  • Integrated heritage approach, shared valuation of heritage, conflicting value of heritage, such as Salmon, Prince of the Curious and hermit collection Exos, AGCCPF, 2004 – 2010;
  •  School of the Daughters of Saint-André, Marseille, 1998-2005;
  • Südraum-Konferenz, Leipzig, 2004;
  • Nord Hotel/Tales of hospitality, 8 issues with Martine Derain, Joint editions, Marseille, 2010-2012.

Le 16 mars, venez en balade des bastides à l’habitat social avec Lucienne Brun.

Le 16 mars au matin, venez participer à lalade patrimoniale  Des bastides à l’habitat social avec Lucienne Brun.

A partir de la Villa Favorite, peinte par Monticelli, cette balade évoque, en un kilomètre et demi et un siècle et demi, l’urbanisation d’un territoire encore rural au milieu du 19° siècle.Ensuite : – la Cité St Louis : premier habitat social de Marseille, – la colline Consolat : histoire du domaine Consolat, histoire de l’habitat social, une colline comme espace de liberté à proximité des cités et le Saut-de-Marot et « la roche percée » de Monticelli.

Ce matin, avant le point du jour…

Ce matin, avant le point du jour, dans la Gare Franche apaisée, Kino a aboyé…

Le silence s’est suspendu dans la maison qui penche.
Le visage paisible et doux, Wladyslaw Znorko, se tient là, assoupi.
De la fenêtre du grenier, on voit le poulailler grand ouvert…
Coq et oies se pavanent dans les jardins.

Aujourd’hui, le ciel s’est fait gris et le mistral, tempête.
Les Cosmonautes ont la mine sombre, leur capitaine les a quittés…
Sans doute pour quelque tunnel labyrinthique, là-bas du côté du Rove…
A moins que, tout occupé d’un Spoutnik,
Il ne soit resté cette nuit à l’heure des étoiles.

Les Cosmonautes et tous leurs amis
Cosmos Kolej – La Gare Franche, Marseille, Mardi 5 mars 2013

La Gare Franche est sociétaire de la coopérative d’habitants Hôtel du Nord depuis 2011
tout comme Zohra Adda Atou de la Gare Franche.

La cérémonie aura lieu ce vendredi 8 mars,
à 14h30 – A la Gare Franche – 7 chemin des Tuileries 13015 Marseille
à 16h – Au funérarium du Cimetière Saint-Pierre 13005 Marseille

Zibeline : « Hôtel du Nord : découvrir les quartiers autrement. »

Ce lundi 4 mars 2013, la journaliste Gaëlle Cloarec a participé à la troisième marche dans les récits d’hospitalité qui a réunie une quarantaine de participants. Cette marche a suivi le tout nouveau tracé du GR2013 dont des sociétaires de la coopérative ont participé au balisage.

Voici le lien vers l’article sur le site de Zibeline publié le 5 mars 2013 : Hôtel du Nord : découvrir les quartiers autrement.

La quatrième marche dans les récits d’hospitalité d’Hôtel du Nord aura lieu le lundi 1 avril (lien pour s’inscrire).

Après Venise, rendez vous à Marseille en septembre 2013 pour parler de Faro.

Les 1, 2 et 3 mars, suite à la signature de la Convention de Faro par l’État italien, le Conseil de l’Europe et l’association Faro Venezia ont co organisé 3 journées dédiées à la Convention de Faro (voir l’article à ce sujet).

Le droit au patrimoine culturel, l’usage durable du patrimoine, les balades patrimoniales et la démocratie participative ont été au coeur des échanges auxquels se sont associés les institutions, les professionnels et la société civile. Tous les participants ont pris rendez vous en septembre 2013 à l’occasion des rencontres euro méditerranéennes de Faro à Marseille pour poursuivre ces échanges.

Hôtel du Nord publiera dans les prochains jours les textes des interventions de Samia Ghali, sénatrice-maire des 15/16,Pascale Reynier, élue à la culture des 15/16 et présidente de la Commission Patrimoine 15/16, Christine Breton conservatrice honoraire du patrimoine et sociétaire de la coopérative Hôtel du Nord,  Nicole Meyer-Rodrigues  de l’unité d’archéologie de Saint-Denis, Kouider Metair de l’association Bel Horizon , deVincenzo Casalli, Cristina Gregorin et Francesco Calzolaio de l’association Faro Venezia et de Prosper Wanner, gérant de la coopérative Hôtel du Nord et co fondateur de Faro Venezia.

A l’initiative de l’association Faro Venezia, plusieurs associations et le Conseil de l’Europe ont fondé la commission vénitienne des communautés patrimoniales. 

Balade patrimoniale sur la création contemporaine à Venise
Photo de groupe : Silvia Costa député au Parlement Européen, Yolanda Valle-Neff directrice de l’Unesco Venise, Christine Breton, conservatrice du patrimoine à Marseille et sociétaire Hôtel du Nord, Pascale Reynier, élue à la culture des XV e XVI Arrondissement de Marseille, Erminia Sciacchitano du Ministère de la culture, Michela Zanon du musée ébraique de Venise, Daniel Thèrond du Conseil de l’Europe, l’ambassadeur Umberto Vattani président de l’université internationale de Venise, Alberto D’Alessandro du Conseil de l’Europe, Kouider Metair, de l’association Bel Horizon à Oran, Lauso Zagato, professeur de droit international à l’Université de Ca’ Foscari et les membres de l’association Faro Venezia : Cristina Gregorin, Manuela Cattaneo della Volta, Vincenzo Casali, Prosper Wanner, Walter Fano, Adriano de Vita.
Journée de travail à la bibliothèque Marciana sur la Convention de Faro.

Balade patrimoniale sur les religions à Venise « io credo ».

Prosper Wanner : La Commission Patrimoine 15/16, espace de démocratie participative.

Hôtel du Nord initie la mise en ligne des textes des intervenants à la rencontre du 2 mars 2013 à Venise. 

Voici le texte de l’intervention de Prosper Wanner, gérant de la coopérative d’habitants Hôtel du Nord et co fondateur de l’association Faro Venezia.

Le processus coopératif Hôtel du Nord a été voulu et lancé en 2009 à l’initiative de membres de la Commission Patrimoine 15/16 présidée par l’élue à la culture Pascale Reynier comme plateforme commune de valorisation économique des patrimoines.

Le 2 mars, les vénitiens créeront la Commission vénitienne des communautés patrimoniales. En 2010, c’était la mairie de secteur de Marseille 2/3 qui créait le collectif Patrimoine et création suivi en 2012 par la mairie du 13/14 et la mairie de Vitrolles qui a fondé l’Atelier de Faro.

Le 2 mars est l’occasion pour Hôtel du Nord de revenir à traversune série d’articles sur ces processus de démocratie participative et de gestion de la valeur conflictuelle du patrimoine, ou dit autrement sur ce qu’est une commission patrimoine.

Ces articles sont préparatoires à la Rencontre de Faro qui aura lieu en septembre 2013 à Marseille à l’initiative du Conseil de l’Europe et de l’Union Européenne.

Le premier article proposé a été écrit par Prosper Wanner, gérant d’Hôtel du Nord et membre de l’association Faro Venezia, pour expliquer « en pratique » ce qu’est la commission patrimoine 15/16 en vu de la création de la Commission vénitienne des communautés patrimoniales (voir la version italienne).

Ma che cosa é questa commissione patrimoniale?

La Convention de Faro pose la question du droit au patrimoine culturel. Quelle est la place des citoyens dans les choix patrimoniaux ? Elle reconnait à chaque personne, seule ou en commun, le droit de bénéficier du patrimoine culturel et de contribuer à son enrichissement[1].

C’est cette reconnaissance du droit au patrimoine qui motive l’engagement d’élus et de citoyens : reconnaître à chacun, dans le cadre de l’action publique, le droit de désigner de ce qui fait patrimoine pour soi, de contribuer à son interprétation, de prendre part aux choix de sa mise en valeur ou d’être associé à l’usage qui en est fait.

Les motifs de cette reconnaissance sont largement exprimés dans la Convention de Faro : prévention des conflits, dialogue interculturel, démocratie participative, développement soutenable, etc

La Convention de Faro est un cadre de référence qui permet une coopération entre les institutions publiques, les citoyens, les élus et le secteur privé[2].

A Marseille,  en 1995 a été lancé une mission expérimentale européenne de patrimoine intégré. Elle s’est traduite par la mise à disposition des habitants d’un poste de conservateur du patrimoine à plein temps. Ce conservateur a assumé durant 15 années une mission de service public auprès des habitants en mettant à disposition ses compétences de chercheur et de fonctionnaire.

L’exercice du droit au patrimoine, dans le cadre de l’action publique, c‘est à dire le droit individuellement ou en groupe devaloriser le patrimoine culturel à travers son identification, son étude, son interprétation, sa protection, sa conservation et sa présentation, nécessite des compétences scientifiques et une connaissance des procédures administratives que possède essentiellement l’institution publique : recherches et suivi scientifique en lien avec les professionnels du patrimoine ; coordination avec l’autorité scientifique ; accompagnement des procédures d’archivage, de classement et d’inscription, préparation d’expositions. Ces compétences sont celles des scientifiques, historiens, conservateurs, archéologues, géologues, etc.

Au terme de cette mission expérimentale s’est posée la question de la continuité de ce service public qui répondait alors à une demande croissante des habitants. Cette continuité s’est faite en trois parties : une continuité politique via l’adhésion du maire aux principes de la Convention de Faro, une continuité de service public via la création d’une commission patrimoine réunissant élus, institutions et habitants  et une continuité scientifique via l’engagement de chercheurs auprès des habitants.

Samia Ghali, sénatrice maire du 8me secteur de Marseille a signé symboliquement son « adhésion en aux principes énoncés par la Convention-cadre sur la valeur du patrimoine pour la société du Conseil de l’Europe » (Convention de Faro) en présence du Conseil de l’Europe, des représentants des collectivités locales et des habitants, associations et entreprises impliqués dans la mise en valeur des patrimoines.

Cette signature reste symbolique dans le cas d’un maire dans la mesure où seul l’Etat peut ratifier la Convention. Elle permet de qualifier et de légitimer une stratégie patrimoniale intégrée au niveau local et de prendre un cadre de référence commun.

A ce jour, 4 maires ont signés symboliquement la Convention de Faro. Comme premier acte, ils ont eux aussi mis en place un espace de démocratie participative comme Patrimoine et Création dans le 2me et 3me arrondissement de Marseille ou l’Atelier de Faro à Vitrolles.

La première commission patrimoine, créée en 2009 par Samia Ghali, est présidée par Pascale Reynier, élue à la culture. Elle mobilise un large partenariat de personnes impliquées sur la défense du cadre de vie : les communautés patrimoniales, les comités d’intérêts de quartiers et les acteurs culturels.

La composition de la commission patrimoine a été réalisée sur les bases suivantes : l’élue à la culture préside la commission patrimoniale et, forte de l’adhésion de la maire de secteur aux principes de la Convention de Faro, est garante du cadre politique de référence. Le service culture assure le secrétariat de la commission patrimoniale.

Les communautés patrimoniales au nombre de 8 ont chacune un relais au sein de la commission patrimoine. Au sens de la Convention de Faro, une communauté patrimoniale se compose de personnes qui attachent de la valeur à des aspects spécifiques du patrimoine culturel qu’elles souhaitent, dans le cadre de l’action publique, maintenir et transmettre aux générations futures[3].

Les communautés patrimoniales présentes à la commission patrimoine sont des collectifs qui rendent compte publiquement des recherches patrimoniales qu’elles mènent durant l’année à l’occasion des journées européennes du patrimoine.  Elles sont une douzaine représentées dans la commission patrimoine : associations de défense du cadre de vie, amicales de locataires, collectifs d’entreprises, associations de parents d’élèves, acteurs culturels.  Toute nouvelle communauté patrimoniale peut demander à être présente dans la commission. Les acteurs culturels (cinéma, théâtres, etc) impliqués dans des actions patrimoniales, réunis au sein d’un collectif « outils commun », ont un représentant à la commission patrimoine.

La coopérative Hôtel du Nord, créée à l’initiative de membres de la commission patrimoine comme plateforme commune de valorisation économique du patrimoine est représentée. La coopérative réunis une trentaine de sociétaires qui développent de l’économie via le patrimoine (chambres d’hôte, balades, publications) et mutualisent une marque, un site internet, une école des hôtes et la commercialisation.

Enfin, sont présents les représentants des deux collectifs de comités d’intérêts de quartier, instance para public de représentation des habitants auprès de la ville.

La commission patrimoine établit chaque année un planning précis sur l’année d’une demi douzaine de rencontres définis collectivement. En fonction des sujets abordés, sont invités les institutions compétentes.

En 2011, les sujets abordés ont été les suivants : une commission avec les services des Monuments historiques pour faire le point d’avancement des dossiers de demandes de classements ou labellisations, une commission sur journées européennes du patrimoine pour choisir le thème et construire le programme commun, une commission sur les dossiers cadre de vie en lien avec les institutions publiques concernées et une commission sur la valorisation économique du patrimoine avec la coopérative Hôtel du Nord.

Des commissions patrimoniales « réduites » sont programmées sur des sujets précis : une demande de classement, la construction d’un programme commun culturel, etc.

Chaque commission est co préparée par un membre de la commission et le service culture. L’ordre du jour est envoyé un mois avant pour leurs préparations en amont avec les habitants, le compte rendu ou relevé de décisions une semaine après.

La commission patrimoine est l’espace politique de concertation, de gestion des conflits, d’alerte, de proposition et d’échanges de savoirs entre les citoyens, leurs élus et les institutions sur l’application du droit au patrimoine culturel, c’est à dire l’application de la Convention de Faro.

Prosper Wanner, gérant d’Hôtel du Nord et membre de Faro Venezia.


[1] La Convention de Faro reconnait que toute personne a le droit, tout en respectant les droits et libertés d’autrui, de s’impliquer dans le patrimoine culturel de son choix comme un aspect du droit de prendre librement part à la vie culturelle consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies (1948) et garanti par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966).

[2] Elle encadre les limites dans lesquels peuvent s’expérimenter de nouvelles pratiques patrimoniales. Elle énonce les objectifs, définitions et principes partagés (Titre 1), elle expose les apports du patrimoine culturel à la société et au développement humain (Titre 2) et elle fixe les responsabilités partagées envers le patrimoine culturel et participation du public (Titre 3).

[3] Convention de Faro, article 2.

L’Italie signe la Convention de Faro !

Aujourd’hui, ce mercredi 27 février 2013 à 10h00, dans le bureau de la Secrétaire Générale Adjointe et en sa présence, M. Manuel Jacoangeli, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, représentant permanent de l’Italie auprès du Conseil de l’Europe, a signé la Convention Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour la société (STCE n° 199).

Cet événement sera au centre des trois journées du 1, 2 et 3 mars 2013 à Venise organisées sur la Convention de Faro par le bureau du Conseil de l’Europe à Venise en collaboration avec l’association Faro Venezia. Les citoyens vénitiens avaient traduit dès 2008 la Convention de Faro en italien, traduction qui a servie pour celle officielle.

Comme nous l’avions annoncé précédemment, Samia Ghali, Pascale Reynier, Christine Breton, Prosper Wanner et leurs partenaires de la Seine Saint-Denis et d’Oran sont invités à cette occasion à partager leur expérience (voir article).

Toute personne, seule ou en commun, a le droit de bénéficier du patrimoine culturel et de contribuer à son enrichissement ; l’exercice du droit au patrimoine culturel ne peut faire l’objet que des seules restrictions qui sont nécessaires dans une société démocratique à la protection de l’intérêt public, des droits et des libertés d’autrui. (article 4 de la Convention de Faro).

  • Télécharger la traduction officielle en italien ici.
  • Télécharger le programme en italien :


Saint Mauront, 72% extra pur

Samedi 2 mars, venez découvrir avecNicolas Mémain Saint Mauront, 72% extra pur.

Avec ses courées ouvrières et ses anciennes usines, Saint-Mauront, en lisière d’Euroméditerranée, se pose comme un lieu emblématique de la culture industrielle marseillaise où se concentrait une grande partie de la production du fameux savon « extra pur marseillais ». A la veille d’un profond remaniement urbain, documents d’archives et balade révèlent la mémoire d’un quartier.

Voir l’article de la Marseillaise : 2011-Sur les sentes d’une butte ouvrière – La Marseillaise