Archives de catégorie : Actualité

Les cheminées des collines, entre pastoralisme et toxic tour

Réalisation par Guillaume Baudoin / Production Hôtel du Nord et l’association environnement Septèmes-les-Vallons et environs – AESE.

Chaque année la coopérative Hôtel du Nord propose de construire à plusieurs, sous le nom collectif du Mille pattes, de nouvelles balades avec ceux qui en ont envie, voisins d’à côté ou d’un peu plus loin.

Ce film restitue de manière sensible une balade construite collectivement à Septèmes-les-Vallons autour des enjeux écologiques d’un territoire partagé entre activités industrielles, péri-urbanisation de Marseille et préservation des milieux naturels.

Textes écrits par les habitants, balade filmée le 16 novembre 2019. Avec Pierre de l’association Septèmes-les-Vallons patrimoine, Isabelle, Anne-Marie, Henri et Bernard de l’AESE, Malika, Agnès, Carole, Georges, Julie, Dominique, Stéphanie, Claire, Agnès, Louis, Virginie, Nathalie et Eric de la Ferme communale de Septèmes-les-Vallons. Merci à Sylvie pour les Fantaisies tricotées de Tata Patchouli, au Bureau des guides du GR2013 et à tous ceux qui sont venus participer ou contribuer à nos recherches. Merci à Guillaume pour ce film. Merci aux cheminées, aux chèvres, au ruisseau, aux pierres et aux herbes folles des collines.

Cher.e.s candidat.e.s

Cher.e.s candidat.e.s

Le programme Archives Invisibles de la biennale Manifesta propose d’ici novembre huit expositions autour d’archives collectées et issues de la collaboration entre artistes et structures citoyennes de quartiers de Marseille afin de refléter la richesse et la multiplicité des récits non-officiels qui construisent la ville. Notre coopérative d’habitants Hôtel du Nord partage jusqu’au 21 mars ses archives invisibles, collectées et racontées en lien étroit avec l’artiste marocain Mohamed Fariji. 

Depuis le 8 août 2015, la Loi NOTRe (Nouvelle Organisation des Territoires de la République) veut que sur chaque territoire, les droits culturels des citoyens soient garantis par l’exercice conjoint de la compétence en matière de culture par l’État et les collectivités territoriales. La « Convention de Faro » du Conseil de l’Europe précise ces droits en matière de patrimoine culturel. Cette responsabilité sera peut être bientôt la vôtre.

Nos demandes sont simples. Comment allez-vous assumer cette nouvelle responsabilité en matière de droit au patrimoine? Connaissez-vous le texte de la Convention de Faro?

Si vous venez visiter nos archives d’ici le 21 mars, vous pourrez découvrir comment ces droits sont interprétés et appliqués à  Marseille. Concernant votre programme, allez-vous reprendre la Mission européenne de patrimoine intégrée (Ville-Etat-Conseil de l’Europe)qui a pris fin en 2013? Allez-vous adopter les principes de la Convention de Faro comme d’autres maires ici avant vous? Allez-vous faire vôtres les recommandations de la Région Nouvelle Aquitaine en matière de droits culturels? 

Au delà de l’aspect légal, ne pensez-vous pas qu’il est temps que Marseille retrace les généalogies et les mémoires non institutionnelles d’initiatives d’habitants, d’histoires de résilience et de synergies collectives ? Des généalogies qui remettent en question les discours « traditionnels » de la ville et appellent à leur reconnaissance, ce patrimoine commun, aujourd’hui souvent invisible et inaperçu des institutions.

Nous vous adressons ces demandes comme à d’autres candidats. Votre réponse sera publiée sur notre site et entrera dans nos archives, visibles jusqu’au 21 mars au Tiers QG. Nous nous tenons à votre disposition si vous souhaitiez vous y rendre.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions d’agréer l’expression de nos salutations coopératives.

Pour la coopérative Hôtel du Nord, Prosper Wanner (sociétaire, gérant), membre et animateur du Réseau européen de la Convention de Faro.

Réponses arrivées :

  • Lettre Printemps Marseillais (10 mars)

Documents à télécharger :

LE SENS DE LA PENTE, récit #3

On vous raconte les aventures du 1000 pattes, groupe d’explorateurs de grande proximité, des voisins qui marchent pour transmettre, comprendre, se rencontrer, créer et finalement mieux prendre soin de nos quartiers… Nous cheminons cette année le long de la pente qui du Massif de la Nerthe finira par nous conduire à la mer…

6 janvier 2020, La Nerthe, Marseille

ÇA COMMENCE PAR UN AVION

Les notes de ce beau lundi de janvier ont été perdues dans la colline. Mais nous avons nos mémoires, nos sensibilités, nos outils (quelques uns dessinent, d’autres enregistrent ou écrivent).
Alors on tente d’assembler nos fragments, en acceptant les trous et les petits glissements de sens parfois… Ça fait partie du sens de la pente!

SOUVENIRS…

Agnès: Je me souviens de Noël qui raconte ses séjours d’été : « Je venais là, à l’époque on l’appelait la Coloniale. On n’avait pas le droit d’aller seuls dans les collines. Les garçons et les filles étaient séparés. Le directeur de la Coloniale, il habitait à Cossimont, on ne devait pas le déranger. Mes parents, ils travaillaient dans les tuileries. Mon père il était dans les mines jusques dans les années 50. Même les enfants de ceux qui travaillaient dans le bâtiment, ils y avaient droit. Là-bas, c’était mon premier baiser. Il est resté longtemps le pin avec le coeur gravé et nos initiales. Mais après il y a eu le feu. C’était plutôt un centre aéré, à la journée. On avait joué « la partie de cartes » de Pagnol, même que je jouais Panisse. On montait avec le bus. La route, c’était pas la même qu’aujourd’hui. C’était étroit mais cimenté et on arrivait direct sur Cossimont. »

Dominique: Je me souviens que Marie-Blanche n’avait pas voulu se garer à quelques pas de notre lieu de RV, jugeant cette route où bien d’autres parmi nous ont installé sans vergogne leurs voitures, interdite aux pauv’péquins que nous sommes, propriété de Lafarge, essentiellement destinée aux camions Lafarge… Durant notre long moment de discussion au tout début de la balade, nous avons constaté que bien des camions sillonnaient la route derrière nous, et s’en est suivi, justement, une longue discussion, assez précise et technique sur les raisons de ce statut de route privée, les frontières exactes de la propriété de LAFARGE, et … de nouveau, sur les luttes des habitants pour sauvegarder tel ou tel périmètre (cf récit précédent).

Julie: Je me souviens avoir alors pensé « Alors la route aujourd’hui accessible a un usage public est une route privée, et la route publique nous est devenue inaccessible, presqu’invisible. »Et je me souviens aussi d’entendre Marie-Blanche nous raconter le tournage du beau film de Jean-Pierre Thorn, Je t’ai dans la peau, dont une des scènes se passe à Cossimont.  Je me souviens alors d’Agnès nous racontant l’histoire de sa mère, qui à la manière de l’héroïne du film s’est « défroquée » pour poursuivre tout d’abord le mouvement des prêtres ouvriers dont l’un des QG était le quartier de St Louis et son église de béton, puis plus tard la lutte dans les cellules communistes actives dans ces quartiers de Marseille. Je me souviens de ces frottements permanents entre ces missions religieuses et ces militances sociales, avec souvent le plafond de l’ »appareil » qui ici et là empêche.  Je nous entends en plein milieu du massif de la Nerthe parler des mouvements de femmes et des premières banderoles d’Agnès formée aux slogans féministes par Lucienne Brun, grande activiste du bassin de Séon décédée la semaine précédente…


Agnès: Je me souviens que le film de J.P Thorn, c’est une histoire vraie qui s’est passée à Lyon et que Marie-Blanche a milité dans les luttes féministes avec l’héroïne du film (pas l’actrice, la vraie).  Et que l’ancienne route s’est trouvée désaffectée car par arrêté préfectoral Lafarge a été obligé de construire une nouvelle route, celle que nous empruntons régulièrement et qui de fait est une propriété privée avec du coup un problème du stationnement le long de cette route. Pourtant c’était la plus ancienne route du Rove, route d’usage de toutes les circulations de hommes depuis bien longtemps… Ce qui nous amène à nous parler du récent compromis de vente des terrains par Lafarge au Conservatoire du Littoral suite à longue lutte des habitants, soutenue également par la mairie de secteur, de la clause suspensive à cette vente qui engage la construction d’un demi-échangeur dans les 5 ans… Lutte gagnée mais résultat pas gagné… (cf récit précédent)

Danièle: Je me souviens  que nous sommes enfin partis en tournant le dos à Cossimont en direction de la ferme Turc, et de Bicou qui tente de situer les différents propriétaires et terrains : Lieutaud, Turc, Lafarge, Lamy…Dans un paysage et une vue magnifiques, nous nous demandons pourquoi ce nom, Turc… On se dit qu’il ne faut pas oublier de rechercher toutes ces étymologies.


Claire: On se souvient qu’après cette halte un peu longue, la marche reprend dans une jolie garrigue. Alors Josiane raconte un souvenir de son mari qui travaillait (pour Lafarge, vrai ou faux ?) au Vénézuela. Avec les pneus, ils fabriquaient des tuyaux poreux pour irriguer le désert à Abou Dabi. S’ensuit une séquence de « téléphone arabe » dont nous avons un enregistrement qui n’est pas piqué des hannetons.

Danièle: Je me souviens des « dinettes » des chasseurs, abris avec un semblant d’air de maisonnettes, il y en avait un qui avait utilisé une planche à repasser…

RÉCIT (à plusieurs voix à partir des enregistrement réalisés par Louise) 

Nous longeons dans un paysage bucolique ce qui fut la carrière Lamy.

Arrivée en fin d’exploitation cette carrière fut rebouchée, plutôt par gravats que terre végétale, et réhabilitée comme l’oblige aujourd’hui la loi quand une carrière arrive au terme de son exploitation. Cet espace a successivement été l’objet d’un désir d’extension de Lafarge, d’utilisation en zone de stockage de déchets inertes, puis en zone de stockage de containers. Les collines et terrains privés sont depuis longtemps une économie foncière à Marseille, le port se refusant à accueillir les stockages de conteneurs à moindre prix et les entreprises de conteneurs se refusant à payer le prix que pourraient leur demander le port…Les projets ont jusqu’alors été toujours abandonnés, cet espace étant également classé en zone naturelle au titre de ses qualités écologiques.

En contigu sur notre droite, nous voyons un monticule de terre. C’est ce qui reste de la « montagne de pneus, qui empêchaient de voir les arbres » nous dit Noël.

Lafarge brulait les pneus du temps de l’usine. Quand on l’a fermé en 1985 pour ne garder qu’une zone d’extraction, ils ont continué à être stockés là.  Il y aurait eu des projets du côté de Lafarge pour en faire un ré-usage industriel, un recyclage sous forme de poussière pour en faire du combustible qui aurait assuré une économie de 10 à 15% de fioul à la cimenterie Lafarge de la Malle qui se trouve dans le massif de l’Etoile.

Ces projets n’ont pas abouti et à partir de 1991 par arrêté préfectoral Lafarge les a enterré là.  Résultat, la collinette sur laquelle nous marchons, et qui a ensuite été revégétalisée.

La ferme dite Turc, ou Ferme en briques ou L’Ermitage, est une grande bâtisse blottie dans le vallon, à l’architecture comparable à certaines bâtisses de Cossimont (avec les fenêtres en ogive). Cette bastide est devenue successivement campagne de chasse puis bâtiment à usages agricoles.

Elle appartenait au docteur L’Homme qui s’en servait essentiellement pour chasser, puis a été achetée par les Turc en 1920, qui en exploitent alors surtout les terres agricoles, “plus de quatre cent oliviers dans le vallon”, et y gardent les mulets.
Ils s’y sont pourtant déplacés les deux dernières années de la guerre en 43-44, leur propre ferme en bas au côté de l’église étant réquisitionnée par les allemands.Par la suite, la bâtisse reprend usage comme bâtiment agricole. Le rez de chaussée notamment est prêté aux bergers “jusqu’à ce que’un jour leurs brebis en liberté bouffent tout le blé des prés exploités par les Turc ».

Agnès nous raconte son expérience de cette ferme en 1974, lieu favori de virées nocturnes adolescentes, emplie de charrettes, de herses, de trucs, de bagnoles, « dont une merveilleuse voiture, une Delage Delahaye » dira plus tard Noel. Avec ses copains de virée, elle y découvre un temps étrangement suspendu : la maison est toujours meublée, la casserole est restée sur le feu, le stylo et le livre de compte ouverts sur la table.

La maison perdure dans ce « semi abandon », est prêtée un moment à deux jeunes qui y organisent des fêtes gigantesques et est protégée au quotidien par Monsieur Simoni Sirio ( frêre de Mme Turc née Simoni) et de son neveu Daniel Simoni qui ont entretenu les près et l’oliveraie, les préservant par exemple de l’incendie de 2001 en les arrosant plusieurs fois par jour, en les taillant et les traitant contre les mouches, jusqu’à ce que leur santé les en empêche, il y a maintenant trois ans.

Le devenir de cette campagne est incertain. Elle bénéficie, comme tout le massif, de la double classification en zone agricole et PPRIF qui interdit d ‘y étendre l’urbanisation au-delà de ce qui existe. La bâtisse ne peut donc pas être raccordée à l’eau, ni à l’électricité et n ‘a de valeur que celle de ses terres agricoles, c’est a dire, pécuniairement parlant, nada.
« C’était censé autrefois valoir beaucoup, donc quand il y avait un héritage autrefois on donnait les terre agricoles aux garçons et les terres en cailloux au bord de la mer aux filles, parce que ça ne sert à rien. »
(On apprendra plus tard par Marie Blanche des précisions sur les modalités de  ce classement en zone agricole. L’auto construction , les caravanes, les constructions nouvelles, les entreprises travaux publics, stockage de véhicules de travaux publics, y sont interdits jusque dans le hameau et pourtant…).

Quelle relève pour ce bâtiment et ces terres inexploitées, « la provence de Giono » dit Bicou? Hors micro, on traverse ces jolis champs, on retrouve un puit caché sous une végétation bien irriguée encore, on parle d’agriculture multiforme, d’apiculture,  d’oliviers, d’amandiers, d’élevage, de ferme pédagogique, d’horticulture et de cultures de plantes médicinales, …

Le bucolique s’interrompt brusquement au remblai qui soutient la route des camions de Lafarge. Monsieur Turc, le père d’André et Denise, n’avait pas voulu vendre à la coloniale et s’est farouchement opposé toute sa vie à l’entreprise d’exploitation minière précédent Lafarge. Il semble qu’il voulait y préserver ce paysage agricole et végétal.
Au dessus sur la crête, dans notre dos dit Noël, c’est l’ancienne voie romaine qui reliait Marseille à l’étang de Berre. On la dessine à la cime des pins qui y dessinent une ligne. « Cette partie est restée intacte encore, en parallèle au chemin moderne avec les rayures dans la roche des charrettes ».
Le chemin en contrebas de la route devient blanc de cette poussière qui vole des camions qui la sillonne, aller-retour.
Le lac apparaît à droite en contrebas de falaises plus ou moins défendues par des barrières. Certains les franchissent, d’autres interpellent sur l’instabilité des matériaux de la falaise.

Le lac est beau. Il a un usage depuis des dizaines d’années, bien qu’interdit, de loisir. L’eau est bleue, bleue, bleue.  Elle a surgit dans cette ancienne carrières de marnes par remontée des nappes phréatiques et sources dans le vide créé. Aujourd hui, elle participe toujours à la logistique industrielle de Lafarge en lui permettant d’arroser les poussières issues de la carrière encore exploitée derrière nous plutôt que d’utiliser de l’eau dite de ville, soit traitée, donc potable.
L’entreprise Lafarge a diversifié ses activités en récupérant le (abondant) marché de gestion de déchets inertes de Marseille (multiples gros chantiers type Euromed, L2…). Elle a commencé à combler le lac avec ces déchets issus du bâtiment, répondant à la réglementation qui exige de reformer les volumes défaits après exploitation minière. Les déchets inertes ne sont pas dangereux et sont très contrôlés, dit Marie Blanche, mais des matériaux se diffusent malgré tout dans les sols et les ruissellements, et le plastique qui y est contenu remontait à la surface de l’eau, y flottait et en a abimé la qualité.
Lafarge interrompt le comblement et en 2016 adopte une autre stratégie en stockant les déchets à l’arrière du lac, le laissant diminué, encerclé de barrières, mais toujours lac.

A présent, les camions enfouissent la colline, que l’on voit en arrière plan du lac, sous ces gravats de travaux public en y dessinant depuis la base jusqu’au sommet un serpentin de restanques blanches. On voit encore le sommet de la colline surgir boisé de cette nouvelle fausse montagne minérale. Agnès voit de son oeil d’aigle des plantations à la base de cette nouvelle fausse montagne minérale.
Un nouvel enjeu d’occupation de ces espaces est abordé : les conteneurs…
Quand on redescend vers le hameau et avant de découvrir avec Daniel Simoni la petite chapelle de la Galline en mangeant la Galette (nous sommes le 6 janvier!), Noël nous montre « le chien qui regarde la lune ».

ET ÇA FINIT PAR UN AVION

Value of the invisible archives for society

For the third edition of the #InvisibleArchives of the Manifesta Biennal, Moroccan artist Mohamed Fariji (b. 1966, MA) is collaborating with our cooperative of inhabitants from the northern districts of Marseille Hôtel du Nord.

Involved in the exploration of urban myths and collective memory, Mohamed Fariji, develops participatory artistic projects over a long period of time. After a three-week residency hosted by Hôtel du Nord, the artist will present his collaboration and work on the collective’s archives at Tiers QG, for Invisible Archive # 3. This collaboration happens during upcoming local elections and reflects upon “Oh Bonne Maire”, the political story project of Christine Breton, heritage curator and retired Professor of History.

#InvisibleArchives represent selected genealogies and non-institutional memories of various civil initiatives, histories of resilience and community synergies originated and located in particular areas of Marseille. Challenging the city’s “mainstream” discourses, these genealogies re-narrated by an invited artist or a collective, inhabit the space of Tiers QG in a year-long sequence of  exhibitions and public programmes. Selected archives are used as departure points for artists and exhibitions. The public programme takes place in the ecosystem of Marseille, as well as in relation to foreign initiatives and practices. 

Hôtel du Nord invite four initiatives from the european Faro convention network to share their experiences about #InvisibleArchives: Patrimoni in Psain, Cabbage Field in Lituania, Almašani in Serbia and Machkhaani en Gorgia.

The Faro convention of the Council of Europe on the value of cultural heritage for society is about people, places and stories and to make invisible visible (Faro moto). The Faro convention network members try to implement human rights, rules of law and democracy in sometimes difficult circumstances (clientelism, corruption, rural emigration, gentrification, speculation). To manage these situations, in addition to judicial procedures, manifestations and petitions, they choose to use heritage and archives. What is the value of invisible archives for the society? For heritage communities, education, quality of life, social dialogue, regeneration of communities? They will share their experiences during an Aogora on Saturday 22th of Febbruary from 2 pm to 5 pm a the Tiers QG.

De la valeur des archives invisibles pour la société.

A l’occasion du programme du Tiers QG #Archives invisibles de la biennale Manifesta13, Hôtel du Nord est invité à partager ses archives invisibles, collectées et racontées avec Mohamed Fariji, artiste et porteur d’un projet de Musée collectif à Casablanca. 

Les #ArchivesInvisibles retracent les généalogies et les mémoires non institutionnelles d’initiatives d’habitants, d’histoires de résilience et de synergies collectives originaires et situées dans des zones particulières de Marseille. Ces généalogies qui remettent en question les discours « traditionnels » de la ville, sont racontées par un artiste invité ou un collectif. À travers cette mise en valeur artistique, les #ArchivesInvisibles réactivent ces histoires et récits en dialogue les unes avec les autres et appellent à leur reconnaissance comme patrimoine commun, souvent invisible et inaperçu des institutions.

Hôtel du Nord a invité d’autres initiatives d’habitants en Europe pour qui le patrimoine culturel est un moyen d’action politique pour la défense de leur cadre de vie, la lutte contre l’exode rural, le dialogue post conflit, le renforcement de la société civile : Patrimoni en Espagne, Cabbage Field en Lituanie, Almašani en Serbie, Machkhaani en Géorgie. Ces initiatives font partie du Réseau européen de la Convention de Faro animé par le Conseil de l’Europe sur de la valeur du patrimoine culturel pour la société.

Elles cherchent à rendre visible l’invisible, les personnes, les lieux et leurs histoires (Faro moto). Dans des contextes souvent difficiles – clientélisme, corruption, exode rurale, gentrification, spéculation foncière -, elles contribuent à renforcer le respect des droits humains, l’État de droit et la démocratie. Face à ces situations, au coté d’actions en justice, de manifestations et de pétitions, elles s’appuient sur les patrimoines culturels et naturels pour agir collectivement. La question qui leur est posée est de savoir pourquoi le patrimoine. Quelle est la valeur de ces archives invisibles pour la société? Pourquoi choisissent ils ce mode d’action? Que permet-il? Ces question leurs seront posées comme à Hôtel du Nord, Manifesta et le Musée collectif lors d’une Agora samedi 22 février de 14h à 18h– Au Tiers QG (57 rue Bernard Dubois) : traces et récits visibles et invisibles des communautés.

Pour préparer ce débat, voici une présentation brève du Conseil de l’Europe, de la Convention de Faro et des initiatives qui seront présentes.

Le Conseil de l’Europe et la Convention de Faro

La Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour la société, dite Convention de Faro, est avant tout une convention sur la société et pour la société. Elle s’inscrit dans le dispositif du Conseil de l’Europe visant à aider les 47 États membres à relever les enjeux sociétaux auxquels ils font face : une crise de la représentativité politique, une crise des modèles économiques et une crise culturelle ou identitaire.

Le Réseau européen de la Convention de Faro réunit une vingtaine de personnes – élus locaux, coopératives, associations, artistes, institutions publiques, …  – qui comme nous sont engagées sur la reconnaissance du droit au patrimoine culturel comme droit humain, c’est à dire pour chaque personne, seule ou en commun, du droit de bénéficier du patrimoine culturel et de contribuer à son enrichissement.

Les travaux du Réseau  portent notamment sur le respect de la diversité des interprétations, la mise en valeur du patrimoine culturel comme  ressource de coexistence pacifique, de développement humain et de qualité de la vie et le  développement de pratiques innovantes de coopération des autorités publiques avec les communautés patrimoniales. Hôtel du Nord est membre de ce réseau et participe activement à ce processus continue de recherche action coordonné par le Conseil de l’Europe.

Le Conseil de l’Europe

La Convention de Faro

Le Plan d’Action Faro

Cabagge field, Kaunas, Lituanie

Kaunas est la seconde ville de Lituanie avec environ 300 000 habitants. Comme l’ensemble du pays, elle a connu depuis les années 90 un important déclin démographique, stabilisé depuis quelques années. Marquée par les multiples occupations et annexions du pays, Kaunas garde aussi en mémoire son passé de capitale de la Lituanie indépendante entre 1920 et 1940 et de première ville juive du pays avant la guerre. Ville étudiante, riche de ce patrimoine XXème mais ayant des difficultés à fixer sa jeunesse au-delà du temps des études ainsi qu’à attirer un tourisme aimanté par la Capitale Vilnius, la ville tente une redynamisation de la ville par la culture, notamment via sa biennale et son titre de capitale européenne de la culture en 2022.

Du côté de la société civile, une tension existe entre une posture plutôt passive issue des années de fort contrôle social, et une évolution des aspirations citoyennes vers des postures plus actives et une meilleure prise en compte de la population notamment dans les décisions liées au développement urbain. Le processus autours du Cabagge field (champs de choux) porté par deux artistes et s’inspirant du community art anglo-saxon, fait émerger une communauté patrimoniale via des actions artistiques comme la co création d’un opéra patrimonial, prélude à un réveil des consciences et à l’engagement d’actions politiques collectives sur la défense de leur cadre de vie. Invités : Vita Geluniene et Ed Caroll, artistes.

Laboratoire patrimoni en zone rurale, Castillan, Espagne

Le programme Patrimoni de l’Université Jaume concerne un territoire rural de 100.000 habitants et 126 villages de moins de 5.000 habitants situés dans l’arrière pays. L’économie y est essentiellement tertiaire (retraités, zones résidentielles) et le tourisme, très présent sur la côte, y est peu développé tout comme l’agriculture. Quelques industries persistent comme la céramique.  Depuis 1992, Patrimoni fait partie d’une réponse plus globale de l’université à sa « dette » envers le monde rural auquel elle enlève une population jeune et qualifiée.

Patrimoni accompagne des initiatives patrimoniales « à la demande » des villageois pour lutter contre l’exode rural en valorisant leurs patrimoines naturels et culturels : l’eau (fontaines, circuits, etc), la laine (industrie, tradition, …), l’art rupestre (patrimoine mondial de l’humanité), la guerre civile (bataille de Levante), l’art contemporain (musée, itinéraire), la céramique (Real fabrica), la musique (festivals, pratiques), la Cartuja de Valldecrist, les oliviers (millénaires), la pédagogie (musée), la faune et la flore (parc naturel), les hippies, … Invité : Ángel Portolés, animateur du programme Patrimoni.

Café citoyen, Machkhaani, Georgie

L’ONG Civic initiative fait émerger une communauté patrimoniale en Géorgie autour du théâtre de Machkhaani et l’animation d’un café de la connaissance. Machkhaani, village de 400 habitants, peu accessible et où le quotidien des habitants reste difficile (absence d’eau potable), possède un théâtre à l’italienne construit il y a deux cents ans par les villageois. La rénovation de ce théâtre, sa symbolique sur la capacité des citoyens à se mobiliser et sa réactivation à travers notamment un festival national mobilise une communauté qui dépasse le seul village et réunie plus de 20.000 personnes aujourd’hui. Cette communauté patrimoniale, face au peu d’intérêt des institutions publiques, s’organise, finance et faire revivre ce récit collectif. Invitée : Nana Bagalishvili, coordinatrice de Civic initiative.

Novi Sad, Serbie

Novi Sad, seconde ville de Serbie, future capitale européenne de la Culture en 2021, compte 400.000 habitants, vingt et une communautés, quatre langues officielles, deux alphabets officiels et neuf religions pratiquées. En 2005, les habitants du quartier central de Almašani ont mené collectivement une bataille contre à un projet de création de boulevard venant couper en deux leur quartier “villageois”. Pour se protéger à l’avenir de ce type de risque, ils mettent depuis en valeur les patrimoines de leur quartier. Cet engagement leur a permis d’être le principal interlocuteur de l’équipe de la Capital Européenne de la culture. Le quartier est au centre des enjeux européens de « migrations, conflits et réconciliation, chômage des jeunes, discrimination des rom et égalité homme-femme » identifiés pour 2021. Les défis à relever par la communauté locale sont nombreux : exode des jeunes face au chômage, discriminations de la communauté rom, présence de « logements sociaux horizontaux » issus de la période socialiste, risque de gentrification accentué par 2021, manque de confiance dans la classe politique, ….   La communauté mène de nombreuses actions pour inclure davantage d’habitants comme le festival « Découvrez les arrières jardins de Almaš » et depuis un an la gestion d’une station culturelle installée dans une ancienne fabrique du quartier.

Invités : Violetta Đerković et Filip Vlatkovic de la communauté.

Le Musée Collectif, Casablanca

Le Musée Collectif résulte d’un travail de recherche, de collecte, de réflexion et de création mené par des groupes composés d’artistes, d’activistes, d’étudiants, d’enfants et d’habitants qui engagent des actions dans leurs quartiers visant à faire émerger des récits peu connus. Dans un processus partagé d’écriture d’une histoire de la ville par ses citoyens, le Musée Collectif accueille des objets, documents, archives et témoignages des habitants sur la mémoire de leurs quartiers en valorisant la macro-histoire, l’intime, l’oublié et les marges. (extrait site internet du musée).

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ARCHIVES INVISIBLES #3 HÔTEL DU NORD (Marseille-Casablanca): la programmation

A l’occasion du programme du Tiers QG de la biennale Manifesta13, la coopérative Hôtel du Nord vous invite à découvrir ses archives invisibles, collectées et racontées avec Mohamed Fariji, artiste et porteur d’un projet de Musée collectif à Casablanca. 

Entre pas à pas et pas de côté, c’est par la marche que s’est exprimée il y a plus de 20 ans au nord de Marseille le besoin d’une autre manière d’observer, de penser et de finalement renouer activement avec les traces du passé.  Alors forcément il fallait sortir, partir à pied…

En prolongement de l’exposition, nous vous proposons de partager chemins de traverse, recherches, hospitalités et récits, au cours d’une rencontre et de 3 balades qui remonteront peu à peu de Noailles jusqu’aux Aygalades.

BALADES

GBA du bas, GBA du haut, Balade #1 dans le centre-ville        

22.02.20 /9h30-12h30

Une balade polyphonique sur l’asséchement des flux de vie en ville. 


Remonter la mer
, Balade #2 en direction du Nord

14.03.20 /  14h-17h

Une traversée pédestre d’une zone arrière portuaire adossée à un fleuve côtier.

Se relier malgré tout, Balade #3 en direction du Nord, un peu plus loin

21.03.20 / 14h-17h30

Une remontée entre ruisseau et tufs jusqu’aux racines d’Hôtel du Nord.

RENCONTRE AGORA

2.02.20 -/ 14h-18h– Au Tiers QG (57 rue Bernard Dubois)

Traces et récits visibles et invisibles des communautés

Agora modérée par Prosper Wanner (coopératives Hôtel du Nord et Les oiseaux de Passage) 

Discussions autour d’expériences de réactivation de traces et de murs. Histoires de territoire à Marseille, Casablanca (Maroc), Kaunas (Lituanie), Castille (Espagne), Machkhaani (Georgie) et Novisad (Serbie).

Les rencontres de Faro à Venise les 3 et 4 décembre 2019

Dans le cadre du Plan d’Actions de la Convention de Faro, Hotel du Nord a été invité par le Conseil de l’Europe à participer aux quatrièmes rencontres du Réseau de Faro à Venise les 3 et 4 décembre 2019. Virginie Lombard était ravie d’y participer pour représenter la coopérative.

Une trentaine de participants venus d’Italie, d’Espagne, d’Autriche, de Lituanie, de Serbie, d’Arménie, de Géorgie et de France, représentant leur communauté patrimoniale, sont venus échanger à partir de leur projet spécifique tout en partageant les principes de Faro.

Dans les locaux du Conseil de l’Europe

Les échanges permettent de consolider et d’accroître les liens de notre réseau. C’est aussi l’occasion de présenter les nouveaux partenaires européens de la coopérative des Oiseaux de Passage au réseau de Faro.

Balade sur la musique à Venise au 18éme siècle

Après les débats, une bonne manière de vivre Faro : une balade vénitienne sur le thème de la musique au 18ème siècle, à l’époque de Vivaldi.

Visite de L’Eglise de la Pieta, un ancien refuge pour les femmes de Venise ou elles apprenaient la musique et jouaient dans le choeur de l’église, avec le maître Vivaldi.

A Venise on marche ou on prend le bateau
Dans la cour de l’Ospedale

Puis direction l’Ospedale, un lieu dédié à l’accueil des étrangers et plus particulièrement aux musiciennes de l’époque.

Salon de musique de l’Ospedale
Le plafond du salon de musique

Ensuite nous sommes invités au Palazzo Rossini pour écouter des chansons populaires du 18ème siècle à Venise, jouées par 2 musiciens avec des instruments historiques. Apéro dinatoire au Palazzo Rossini !

Encore de belles discussions lors du dernier dîner
Le quartier sympa ou je logeais

Les échanges se sont conclus sur des projets communs, une plateforme de réseau social pour partager et expliquer les principes de la Convention de Faro, une invitation pour les Archives Invisibles en février à Marseille dans le cadre de Manifesta…

Et pour visiter Venise en toute tranquillité, le mois de décembre, c’est l’idéal.

Du droit au patrimoine aux droits culturels des personnes

Le 24 novembre 2020, notre coopérative aura 10 ans. Dix années d’expérimentation sur l’interprétation et l’application du droit au patrimoine culturel, comme droit humain, dans le cadre coopératif et dans le cadre de l’action publique. Les élections municipales sont l’occasion de constater que en dix ans la question des droits culturels a grandement évoluée au niveau législatif et timidement au niveau des institutions.

Il y a dix ans, leur prise en compte relevait d’une expérimentation patrimoniale dans les quartiers nord de Marseille et de la volonté politique avec une demi douzaine de maires qui ont adhéré à Marseille, Vitrolles et Septèmes les Vallons aux principes de la  convention du Conseil de l’Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour la société, dite convention de Faro. Une initiative reprise par d’autres élus en Italie et en Espagne.

Aujourd’hui, les droits culturels sont inscrits dans la Loi (NOTRe, CAP) et relèvent de la responsabilité des collectivités locales comme de l’État. Hôtel du Nord fait partie du réseau européen de Faro sur ces droits, créé dans la foulée du séminaire Faro organisé dans les quartiers nord de Marseille en 2013 et auquel ont participé une trentaine de pays. Ce réseau s’est réuni dernièrement à Saint-Denis avec des chercheurs européens autours des enjeux des pratiques d’hospitalité au regard de l’économie de l’altérité.

Au niveau de l’application, Hôtel du nord a co fondé en 2016 la coopérative Les oiseaux de passage qui promeut la prise en compte au niveau européen de ces droits dans les activités d’hospitalité, dont le tourisme. Cette plateforme coopérative du « droit au voyage »  est reconnue jeune entreprise innovante sur ces enjeux et accueil un doctorant en anthropologie. Elle a participé activement au programme de prise en compte des droits culturels par la Région Nouvelle Aquitaine.

La Loi ne suffit pas pour autant à ce que les droits culturels soient pleinement pris en compte. La convention de Faro n’a toujours pas été signée par la France alors que la Loi NOTRe est entrée en vigueur et que leur base juridique et leur intention sont les mêmes. L’importance du travail réalisé en région nouvelle Aquitaine pour définir ne serait ce que la terminologie confirme qu’il s’agit bien d’une « révolution copernicienne » pour les institutions comme pour les initiatives. Il aura fallu 18 mois pour s’entendre sur le sens des termes au regard des droits culturels : publics, offre culturelle, besoin culturel, création, démocratisation de la culture, culture, médiation culturelle et transversalité.

A l’occasion de notre collaboration avec Manifesta13 et l’artiste Mohamed Fariji, archives invisibles #3  Hôtel du Nord (Marseille-Casablanca), cinq initiatives du réseau européen de Faro d’Espagne, Géorgie, Lituanie, Italie et Serbie seront présentes à Marseille pour débattre avec Hôtel du Nord, Mohamed Fariji et Ancrages des « archives invisibles » et remettre une note au Conseil de l’Europe sur cet enjeu.

L’occasion de partir en balade avec Hôtel du Nord et de découvrir le dernier ouvrage de Christine Breton Oh Bonne Maire! aux Éditions Communes, une mise en perspective, dans le présent le plus urgent d’une élection, des racines les plus anciennes de la coopérative quand elle était en gestation dans le programme européen de patrimoine intégré.

Nous vous invitons à venir marcher et penser avec nous les droits culturels des personnes.

La balade des voeux 2020

2019 a été une année foisonnante d’explorations, de créations de nouvelles balades, de liens toujours plus forts et de nouvelles chambres qui sont venues enrichir nos possibilités d’accueil.

2020 commence par une plongée dans la généalogie de la coopérative, avec l’invitation de la biennale d’art contemporain Manifesta à participer aux Archives Invisibles.

En attendant cette nouvelle aventure qui débutera le 21 février, nous vous avons préparé une balade de vœux pluriels et vivants, un petit récit en images pour partager l’année écoulée.

Conception et photos Dominique Poulain, archives Hôtel du Nord

Sur les traces de nos pas ….

«Sur les traces de nos pas. Mémoire du quartier né entre Saint André et Saint-Louis» est le titre du livre écrit par Lucienne Brun en 2008 à partir de portraits, parcours, images d’une culture ouvrière fondée sur l’immigration : un livre comme un miroir où les habitants aient envie de se regarder.

Ce livre fait partie de la bibliothèque d’Hôtel du Nord avec le livre «L’église Saint-Louis. L’art et la foi rencontrent le monde ouvrier», première coédition d’Hôtel du Nord en 2010 avec la Fraternité Saint-Louis. Ce livre coécrit avec Christine Breton est le reflet d’une histoire tressée d’espoir, de luttes sociales et de foi chrétienne.

Lucienne a réalisé de nombreuses visites et balades autours de l’histoire de cette église, premier monument historique protégé des quartiers nord de Marseille. Hôtel du Nord obtiendra de la part de l’Archevêché l’autorisation d’organiser ses visites où Lucienne déroulait sur quatre-vingt ans les relations complexes que l’église catholique a entretenu avec le monde ouvrier, de la croisade des années trente à l’aventure des prêtres-ouvriers.

Elle fait partie des sept personnes qui ont co fondé la coopérative Hôtel du Nord le 24 novembre 2010. Elle a contribué à imaginer l’aventure coopérative Hôtel du Nord et à la rendre possible notamment de manière moins visible dans la mise en place de son organisation et dans l’écriture de ses statuts et principes fondateurs.

Les vénitiens, venues en délégation lors des journées européennes du patrimoine à Marseille en septembre 2009, se rappellent la nuit passée à chanter sous l’orage dans sa maison les chants révolutionnaires italiens et à évoquer l’enchevêtrement des liens qui unissent Marseille à Venise où elle se rendra à leur invitation en 2011 pour les journées européennes du patrimoine. Son intervention enregistrée à cette occasion est l’occasion de revenir avec elle sur les traces de nos pas… et sur ses luttes et questionnements, toujours d’actualité.

Lucienne nous a laissé le 6 janvier 2020. Un hommage lui sera rendu samedi 11 janvier – en l’église St-Louis – à 10h30 –  suivi de l’inhumation au cimetière de St Henri.

Nos pensées vont à sa compagne et à ses proches. O bella, ciao.

Voir l’interview vidéo de Lucienne réalisée par Images et Paroles engagées, sociétaire de la coopérative en 2008 pour la sortie de son livre Sur les taces de nos pas … et le texte Lucienne Brun écrit par Nathalie Cazals, sociétaire d’Hôtel du Nord.