Le Port de Saumaty : Explo #5

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La chaleur est arrivée et mercredi on était quelques uns à la saluer d’un bon pas !
Dernière balade d’exploration pour Saumaty côté terre, merci tout particulier à Hayette d’avoir été notre fil d’Ariane et à Lenaig de le faire partager avec ses dessins.

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The port of Saumaty: Explo #5

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The heat arrived and on Wednesday we were a few to greet her with a good step!
Last exploration trip for Saumaty land side, special thanks to Hayette for being our breadcrumb and to Lenaig to share it with his drawings.

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Le Port de Saumaty : Explo #4

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Il semblerait que dans Saumaty un peu endormi il y a urgence !!

Suite aux témoignages de la balade précédente, nous avons senti le besoin de clarifier ce qu’on avait pu comprendre du fonctionnement de la pêche en méditerranée.

Rémi, qui est devenu assez spécialiste du sujet se lance…

« Il existe encore aujourd’hui sur les côtes méditerranéennes, l’une des plus anciennes institutions maritimes : la prud’homie de pêche. Issue des corporations de l’Ancien régime, la prud’homie a survécu à la Révolution, avant d’être consacrée au niveau juridique au milieu du 19ème siècle. Aujourd’hui, 33 prud’homies sont réparties sur les côtes du Languedoc Roussillon (11 prud’homies), de la région Provence Alpes Côte d’Azur (18 prud’homies) et de la Corse (4 prud’homies) »

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Rémi nous explique comment fonctionne le secteur, pas simple…

  • Des prud’homies qui existent depuis le 10ème siècle et qui ont réussi à traverser les diverses grandes réorganisations des métiers (notamment à la révolution française et après la seconde guerre mondiale)
  • Des comités locaux et régionaux créés en 1945 aux rôles incertains et qui doivent composer parfois avec des Prud’homies pas toujours en état de marche (notamment à Marseille)
  • Des syndicats
  • Une compétence pêche maritime qui est exclusive à l’Union Européenne

Tout cela donne une situation juridique et des situations de faits complexes et pour dire vrai on s’y perd un peu…

Danièle, pour remettre un peu d’ordre dans tout cela, dessine et on se promet de potasser le document de synthèse que nous transmet Rémi sur le statut du pêcheur et l’analyse juridique du secteur (fichier en fin de récit).

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Ce qu’on retient tout de même c’est que contrairement à l’Espagne ou l’Italie où les pêcheurs ont dû se débrouiller et se sont constitués en coopératives qui ont progressivement structuré le secteur jusqu’à aujourd’hui, la France a connu une présence de l’Etat plus forte qui a eu un rôle de soutien mais aussi une action déstabilisatrice en coupant le développement des capacités d’autonomie (vieux débat).

Pris dans les jeux avec l’institution, les aides à telle filière ou à telle autre, le secteur s’est progressivement désorganisé, divisé et s’est un peu perdu dans des querelles de pouvoirs mortifères aujourd’hui.

Un des symptômes de ce manque d’autonomie serait le constat que des mouvements de réinstallation des jeunes s’expérimentent dans d’autres pays, mais pas ou peu chez nous. Tous les pêcheurs que nous croisons convergent sur le fait que c’est mission impossible…

Pour digérer ce cours de droit et de sociologie du travail nous allons partager un petit déchargement de mulets (muges).

On y apprend les différences entre mulets jaune, gris et noir, que le noir est meilleur que le loup alors que le gris ne vaut pas trop le coup, et que s’il y avait eu une chance de trouver du jaune dans ce banc de gris, Esposito le négociant aurait fait trier un à un les poissons…

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Après avoir erré à la recherche du « l’usine à crevettes » pour finalement trouver une conserverie à l’abandon (Unimer a fermé ses portes il y a 6 mois après avoir perdu le marché de la SNCM), nous finissons par trouver David Revel et son entreprise familial de cuisson de crevettes.

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Rendez-vous est finalement pris pour la prochaine séance, mardi 26 avril, qui débutera donc sous le signe de la crevette, dégustation à l’appui. Nous enchainerons alors avec la rencontre du directeur du port pour aborder notamment les projets de transformation des lieux et des activités.

Et d’ici là on peut potasser…

The port of Saumaty: Explo #4

1saumaty4 It seems that in Saumaty a little asleep there is urgency!! Following the testimony of the previous walk, we felt the need to clarify what we had been able to understand about the operation of the Mediterranean fishery. Rémi, who has become a specialist of the subject is launching… "It still exists today on the Mediterranean coasts, one of the oldest maritime institutions: the prud'homie of fishing. Stemming from the old regime's corporations, the prud'homie survived the revolution, before being consecrated to the legal level in the mid-19th century. Today, 33 prud'homies are spread over the coasts of Languedoc Roussillon (11 prud'homies), the region Provence Alpes Côte d'Azur (18 prud'homies) and Corsica (4 prud'hoa. 2saumaty4mies)» Rémi explains how the sector works, not simple…

  • Prud'homies that have existed since the 10th century and which have succeeded in crossing the various major reorganizations of trades (especially in the French Revolution and after the second world war)
  • Local and regional committees created in 1945 with uncertain roles and who must sometimes deal with Prud'homies not always in working order (notably in Marseille)
  • Trade unions
  • A maritime fishing competency that is exclusive to the European Union

All this gives a legal situation and situations of complex facts and to tell the truth we get lost a little… Danièle, to put a little order in all this, draws and promises to bone up the synthesis document that Rémi transmits to us on the status of the fisherman and the legal analysis of the sector (file at the end of the story). a. 3saumaty4 baby What is still remembered is that unlike Spain or Italy where fishermen had to cope and formed in cooperatives that gradually structured the sector until today, France experienced a presence of the State more strong who has had a supportive role but also a destabilizing action by cutting the development of autonomy capacities (old debate). Caught up in the games with the institution, the aid to such a stream or to another, the sector gradually disorganized, divided and got a little lost in quarrels of deadly powers today. One of the symptoms of this lack of autonomy would be the observation that resettlement movements of young people are experimenting in other countries, but not or little at home. All the fishermen we cross converge on the fact that it is impossible mission… To digest this course of law and sociology of work we will share a small unloading of mules (muges). We learn the differences between yellow, grey and black mules, that black is better than the Wolf while the grey is not worth too much, and that if there had been a chance to find yellow in this gray bench , Esposito the trader would have made sort oa. 4saumaty4ne to one fish… After wandering in search of the "shrimp factory" to finally find a cannery to abandon (Unimer closed its doors 6 months ago after losing the SNCM market), we end up finding David revel and his family business of cooking CR evettes. a. 6saumaty4a. 5saumaty4 Appointment is finally taken for the next session, Tuesday, April 26th, which will start under the sign of shrimp, tasting in support. We will then be in touch with the port Director's meeting to discuss the projects of transformation of places and activities. And by then we can potasser…

Le Port de Saumaty : du mille-pattes au mille-palmes… Explo #3

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Du Régali on a une vue imprenable sur le petit port de pêche de Saumaty qui étale ses 4 hectares de plan d’eau non loin au pied du phare de Mourepiane depuis 1976.
Tous ces bateaux de pêche, tous ces filets multicolores enguirlandés de flotteurs entreposés sur les quais, ce bruit de la tour à glace, l’écho des hauts parleurs de quelque chalutier, ce va et vient perpétuel sur les quais, ce fourmillement d’activité ; bref : tout ce petit univers, m’est familier en apparence. Et ce n’est qu’apparence en effet car j’habite à côté et si je le vois tous les jours, je ne fais que l’entrevoir de loin. En réalité c’est pour moi un illustre inconnu dont je ne capte que l’image et parfois le son sans rien y comprendre…

Il y a comme un fossé entre mon univers sur la colline de Mourepiane et le monde maritime de Saumaty, au-delà de la barrière qui interdit l’accès à toute personne étrangère à cette zone d’activité, il y a surtout un gouffre d’ignorance réciproque qui nous sépare.

Je me dis qu’il n’y a pas plus frustrant qu’une proximité inaccessible…

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Ce matin avec les amis du Mille Pattes, nous allons franchir le gué pour accéder à cette rive inconnue et découvrir ses habitants : les pêcheurs…. Quels liens allons-nous tisser entre nous ?

Saumaty est le port de pêche de Marseille qui accueille chalutiers, thoniers et « petits métiers », ainsi qu’une criée au cœur d’un marché de négoce important et des installations adaptées à la conservation du poisson dans les meilleures conditions en attendant leur transit rapide vers les lieux de vente.

Patrick Fernandez, membre de la Prudhommie de Pêche de Marseille,  armateur et patron pêcheur, capitaine du Marie Bernard,  a eu la gentillesse de nous recevoir sur les quais pour nous parler de son monde, en précisant qu’il partageait une démarche de « pescatourisme »… En trouvant les modalités juridiques pour permettre aux pêcheurs d’embarquer des « civils » à bord, certains pêcheurs (avec Rémi et son association Marco Polo) ont décidé de voir dans le Pesca tourisme non pas une possible reconversion mais plutôt une opportunité de diversification et de transmission de la culture de la pêche traditionnelle.

Cette réflexion s’est manifestée notamment après la récente crise du thon dont les quotas de pêche ont été grandement réduits pour assurer son repeuplement. Aujourd’hui sa biomasse est estimée à 585 000 tonnes alors qu’elle n’était plus que de 150 000 t en l’an 2000. On a frôlé l’extinction…
Patrick Hernandez commence par nous décrire en quelques phrases un horizon quelque peu bouché du monde de la pêche, et qui continue à s’assombrir malheureusement…

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« Beaucoup d’activités ont disparu, la question de la valorisation des métiers survivants se pose ! »

« Les pêcheurs vieillissent, la moyenne d’âge est aujourd’hui au-dessus de 45 ans. »

« Les jeunes ne sont plus intéressés par ce métier devenu peu attractif, pénible, voire parfois dangereux. Il impose des contraintes trop élevées pour un revenu très fluctuant. C’est un métier chronophage soumis aux aléas de la nature à l’instar des métiers agricoles. »

« Pour une bonne pêche pouvant rapporter 600 euros dans la nuit – ce qui n’arrive plus très souvent – combien d’autres sorties pour pas grand-chose ou pour rien……et les jours de mauvais temps on reste bloqué au port, et il y a aussi les avaries qui empêchent de sortir. »

« Les matelots sont payés au pourcentage sur la pêche effectuée, les jours sans sortie ils ont droit à une indemnité de 88 € brut. »

« Question formation la France compte 12 lycées professionnels maritimes dont un lycée de la mer à Sète, et un autre à Bastia, sinon il y a des stages de matelot d’une durée de 4 mois à raison de 20 h de cours par semaine dont le coût et de 1500€. »

Patrick Fernandez a l’allure dynamique du gars qui sait ce qu’il veut et qui en veut….. Il parle de son métier avec passion, le regard plein de ces souvenirs de prises miraculeuses qui marquent la vie d’un pêcheur, mais n’oublie pas non plus les galères qui ont émaillées son parcours. La quarantaine passée, le teint halé, marqué par la vie au large, il arpente le pont des bateaux depuis l’âge de 16 ans. Il aime ce qu’il fait et ce qu’il fait c’est ce qu’il est…Pêcheur !

Le Mille Pattes s’enroule autour de Patrick, sa multitude d’oreilles à l’écoute attentive de son discours passionnant, le groupe est tout frissonnant de froid à cause du mistral déchaîné. Le ciel est d’un bleu merveilleusement limpide mais ça caille…..Du coup, les quais sont déserts et aucun bateau n’est de sortie aujourd’hui.

Patrick souligne avec regret le fait que son monde se soit refermé progressivement, que ce n’est pas seulement dû aux barrières qui limitent l’accès du MIN de Saumaty aux seuls professionnels y ayant une activité, mais aussi à cause des réglementations locales ou européenne de plus en plus sécuritaires et exigeantes, il faut répondre également à un souci de protection de l’espace économique et des biens. Beaucoup de ports réputés pour leur ouverture ont suivi ce mouvement de repli sur soi. L’évolution sociétale a tendance à provoquer l’enfermement de certains univers….  « C’est bien de recréer du lien au-delà des barrières ! » s’exclame Patrick.

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Et c’est justement ce que nous souhaitons rétablir…. Autrefois Mourepiane avait un lien étroit avec la mer et le port, sans la moindre barrière ni sociale ni physique. Ici on était un pied sur terre et un pied en mer, tous imprégnés de la vie des gens de mer, matelots, dockers, pêcheurs, poissonniers, ouvriers des tuileries ou de la chimie estaquéenne, vivant tous d’un même élan le plaisir de l’accès libre à la grande bleue. Ici tout le monde mangeait plus souvent du poisson que de la viande. Et du poisson pêché à proximité, une ressource hyper économique et apparemment inépuisable. La marée remontait jusque sur les tables de la colline….   Depuis la modernisation du port dans les années 60 et l’arrivée des pêcheurs à Saumaty en 1976, la colline de Mourepiane et les quartiers environnants ont perdu progressivement leur lien direct avec leur mer, les grillages ont marqué la frontière entre les nouveaux territoires établis. Mêmes les quelques habitants d’ici, marins ou passionnés de pêche et heureux possesseurs de bateaux, ont fini par refermer derrière eux les barrières de leurs clubs nautiques respectifs où ils ont pu trouver un amarrage. Le Club Nautique de Mourepiane qui n’est pas très éloigné de là, reste tout aussi fermé.

Patrick nous initie brièvement aux types et aux techniques de pêche en prenant soin de ne pas nous noyer dans un jargon professionnel trop pointu……et le pointu ici on connait bien ! Il nous fait part également de ses préoccupations quant à la diminution de la ressource.

« On distingue essentiellement trois types de pêche, la pêche côtière pratiquée le long du littoral à l’intérieur des 12 milles, la pêche hauturière pratiquée sur le plateau et le talus continental au-delà des 12 milles, et la pêche lointaine ; Le chalutage s’effectue à 50 milles de la côte. Un mile marin équivaut à 1852 m. »

« A Saumaty on pratique le chalutage, la pêche au lamparo, le filet maillant et le palangrier. Le monde de la pêche est confronté autant qu’il est sensibilisé aux problèmes écologiques affectant la mer et par voie de conséquence la ressource des pêcheurs. On constate que si le nombre des poissons ne semble pas diminuer beaucoup, en revanche sa biomasse se réduit nettement, car la taille des poissons adultes est de plus en plus petite, le calibre est donc plus petit. Sardines et anchois, base alimentaire essentielle, sont au premier rang des espèces touchées par ce problème. Pour faire le même poids de pêche, tu prends donc beaucoup plus de têtes, et tu appauvris. Je pense que ce n’est pas que la surpêche qui est à l’origine du phénomène, et l’IFREMER ne dévoile pas le fond du problème, on ne sait pas pourquoi le poisson se met à devenir adulte prématurément. Pollution, raréfaction du plancton, modifications climatiques, surpêche, stress lié à l’activité marine touristique …… une chose est certaine : c’est qu’on constate l’appauvrissement général progressif de la ressource même en ce qui concerne les espèces peu ou pratiquement pas pêchées. »

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Patrick dénonce, le niveau de pollution important des calanques, médiatisée par les boues rouges qui sont loin d’être les seuls rejets, prône le zéro rejet et regrette toutes les dérogations dont jouit la France quant aux rejets en mer. Il nous fait part également de ses préoccupations en ce qui concerne les métaux lourds présents chez les grands prédateurs comme les dauphins ou les thons et surtout l’espadon, mais qu’on retrouve aussi dans toute la chaine alimentaire jusqu’au plancton.

Patrick Fernandez nous entraine vers les quais battus par le mistral à la découverte d’un Lamparo. Il nous fait découvrir la Pêche au Lamparo, pratiquée déjà dans l’antiquité à l’aide de naphtes et de résines à cette époque-là, on l’appelait aussi « pêche au feu ». La lumière produite par de puissants spots installés au bout d’un bras articulé attire le poisson dont le banc se resserre dans la zone éclairée, la capture est réalisée en encerclant les poissons avec un filet que l’on referme ensuite par en dessous pour les emprisonner dans une nasse qui est remontée à bord. Les poissons pêchés sont ensuite déposés dans des bacs d’eau et de glace, le choc thermique tue la capture rapidement, la fraîcheur et la qualité sont ainsi garanties dans les meilleures conditions.

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Le thon qui est pêché à l’aide de thoniers senneurs peut être gardé vivant en cages sur le bateau. Le thon c’est le poisson roi, un grand migrateur qui se reproduit dans trois régions du globe : en Atlantique, dans le Pacifique vers l’Australie, et autour des Baléares en Méditerranée. Cette précieuse ressource est sous étroite surveillance de la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique, et les captures autorisées pour le thon de l’Atlantique et de la Méditerranée ont été limitées à 15 821 tonnes en 2015. Les pêcheurs dénoncent les sévères restrictions qui leur sont imposées et profitent cependant en Méditerranée de la résistance importante des pays orientaux, où la pêche fait encore vivre une bonne partie de la population, aux interdictions et qui revendiquent vivement le droit à cette pêche traditionnelle. Sinon sa pêche serait probablement totalement interdite en Méditerranée qui se verrait alors progressivement transformée en « sanctuaire » à thon… au grand dam des pêcheurs.

Patrick Fernandez prône une gestion de la pêche qui se fait en temps réel et en liaison étroite entre le capitaine et le mareyeur qui s’occupe à terre du négoce des produits de la mer, ainsi on ne pêche pas plus que de raison. Si la capture ne peut pas être vendue dans des conditions satisfaisantes au moment de sa pêche, elle est remise à l’eau vivante. Il n’y aura pas de vente à perte, la ressource n’est pas appauvrie inutilement et le poisson relâché pourra être repêché une autre fois. Le produit de la pêche est donc optimisé par un prélèvement ajusté à la demande. Les aides précieuses apportées par les sonars et autres dispositifs de repérage du poisson permettent également de gagner considérablement en efficacité.

« On dénombre actuellement 150 bateaux de pêche dans les Bouches du Rhône, dont une quarantaine à Saumaty…. »

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Aujourd’hui il reste à Saumaty 2 chalutiers, 7 lamparos et une trentaine de « petits métiers » …

Petits métiers….grande activité locale.

La pêche aux « petits métiers », qui désignent les embarcations de moins de 12 mètres à bord desquels elle se pratique, représente près de 80% de l’activité locale. C’est une pêche très sélective avec des filets adaptés aux différents poissons recherchés, qui s’effectue dans la bande côtière et souvent de nuit. On la nomme aussi « pêche artisanale » ou « pêche côtière ».

Le « mille patte » quitte Patrick à regret pour aller à la rencontre de deux autres pêcheurs. Ça bourdonne entre les oreilles et ce n’est pas le fait du vent …il va falloir assimiler toutes ces informations !

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Nous partons à la rencontre de Mohamed Gabsi, la soixantaine passée, 40 ans de mer à son actif : 20 ans en tant que second et 20 ans sur son fileyeur, un « petit métier » qu’il chérit comme sa propre épouse. C’est même sa deuxième maison, il pourrait profiter d’une retraite tranquille, mais ne se résout pas à quitter son bateau et passe son temps en mer ou à Saumaty quand il n’est pas chez lui : Il continue à pêcher pour « mettre du beurre dans les épinards ». La mer et la pêche ont régi sa vie jusqu’à présent et « Momo » n’a pas envie que cela change… Après ses sorties nocturnes dans le golfe phocéen, son épouse continue toujours à vendre le produit de sa pêche au vieux port sur le quai des Belges. Ce circuit traditionnel de vente au public a fort heureusement été sauvegardé au nom de la tradition, Marseille n’a presque plus de poissonneries ; tout juste une trentaine digne de ce nom aujourd’hui contre près de 850 autrefois… Ce considérable maillage de diffusion assurait une forte relation avec les quartiers environnants et favorisait le développement de pleins de petits boulots connexes. Hayette qui nous a rejoint nous rappelle ce temps où son frère – toujours employé à Saumaty- ramenait au bidonville de Fenouil où ils habitaient des cagettes entières de poissons données en guise de salaire et tout le monde en profitait…

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Mohamed pratique une pêche saisonnière au gré des migrations du poisson dans la bande côtière. Il pêche tout sauf le thon. Il utilise des filets spécifiques selon les espèces qu’il cherche à capturer : filet trémail, filet maillant, filet à merlan, filet à daurades…. Ce type de pêche saisonnière nécessite une parfaite connaissance des habitudes du poisson et de son environnement. Si autrefois il alternait par exemple la sole et le merlan aujourd’hui, le pêcheur au petit métier cumule souvent plusieurs types de pêche simultanément pour assurer ses revenus…

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Et le « mille Patte » s’emmêle dans tous ces filets soigneusement entreposés sur le quai au droit du bateau de Momo….

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Autorisé à la pêche aux petits métiers en zone de protection renforcée, il est bien sensibilisé à la protection de l’espace naturel et de la ressource. Mais les réglementations mettent un peu Momo en rogne, comme beaucoup de ses confrères, il n’apprécie guère les contraintes européennes jugées trop bureaucratiques et non adaptées aux spécificités régionales. Tout cela complique singulièrement sa gestion de la pêche….
Le thon est bien sûr au centre des préoccupations, ce super prédateur qui augmente ses effectifs progressivement du fait des restrictions imposées par l’Europe, est accusé d’effectuer un prélèvement trop important sur les prises potentielles des pêcheurs aux petits métiers. Il affecte leur ressource cible. Il va sans dire que les points de vue divergents sur cette question, du camp des pêcheurs au camp des écologistes en passant par les organismes chargés des problématiques de la pêche et de la mer le discours n’est pas le même…d’ailleurs aux yeux de certains pêcheurs : « Greenpeace ne sont pas des écolos mais des politicards ! »… Le ton est donné !

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Boris nous rejoint aux côtés de Mohamed.

La quarantaine, grand et mince, je lui trouve un petit air de Renaud et de Gavroche de la mer avec sa casquette en Jean bleue rabattue sur les yeux….Boris et un passionné de la mer mais regrette de ne pas pouvoir vivre de sa passion à temps plein, il mène de front deux vies professionnelles différentes pour s’en sortir.

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Son discours se veut très humaniste et social aussi : « la mer n’est à personne et le poisson est à tout le monde ! »

Boris aime Saumaty et considère que ce port est bien adapté à leur activité, mais regrette quelques lacunes dans la gestion de cet espace : problèmes récurrents comme « la malpropreté, le désordre, les épaves de bateaux coulées, certains bâtiments bloqués à quai toute l’année. Du matériel à l’abandon ou stocké à long terme … tout cela finit par nuire aux capacités de ce port. »

Boris, qui est pêcheur aux petits métiers, nous explique que depuis la crise de la grande pêche, il y a de plus en plus de pêcheurs qui se reconvertissent à la pêche artisanale. Ce n’est pas sans conséquences car cela induit finalement une grave surpêche dans la bande côtière, et beaucoup de ceux qui viennent aux petits métiers par nécessité ne sont pas initiés aux bons usages pour se consacrer à cette activité dans le respect de la ressource. La bande côtière ne l’oublions pas est une zone particulièrement sensible car c’est la nurserie de la majorité des espèces. Une crise en déclenche une autre…. on finit par se retrouver avec une vingtaine de km de filets devant la Redonne alors que seulement 5 sont autorisés ! Et que fait la prudhommie de pêche ? Elle qui doit assurer de front des fonctions d’auxiliaire de police judiciaire, de régulation, de gestion des conflits, semble bien à la peine pour remplir sa mission. Cette structure, qui remonte au moyen âge, joue pourtant un rôle central dans la défense des spécificités régionales mises à mal par la réglementation européenne. Elle permet l’association de la pêche aux outils réglementaires.

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A la crise interne il faut encore ajouter des facteurs extérieurs qui prennent une ampleur préoccupante. L’activité touristique perturbe beaucoup trop le milieu maritime. La cohabitation entre « petits métiers » et loisirs nautiques est de plus en plus difficile et conduit à une perte de relation loisir/pêche « il y a une méconnaissance des bons usages et une absence de culture commune d’un territoire et d’un milieu qu’il faut pourtant partager, seule cette culture commune permet de conserver à la mer sa nature de Bien commun ». La pêche de plaisance s’est considérablement développée hors du cadre règlementaire strict imposé aux pêcheurs professionnel et cela impacte aussi le milieu. 80% des prises ne font pas la maille.

Boris est très conscient de la précarisation de son métier qui s’aggrave du fait de tous ces facteurs confondus : appauvrissement des ressources, pollution, dégradation du milieu marin, réchauffement climatique, pression touristique… Boris ne baisse pas les bras pour autant, il est pêcheur acteur de son territoire, et entend bien le défendre de toute la force de ses convictions.

« Un pêcheur peut devenir une sentinelle, il exploite, mais aussi il gère et fait partie du milieu. »

Le « mille pattes »  quitte Momo et Boris, est prend rendez-vous pour une prochaine visite et pourquoi pas aussi pour une sortie en mer sur un «  petit métier »  (après enregistrement de rigueur aux affaires maritimes bien sûr…)  La sympathique bestiole multicolore longe les quais, se faufile entre les filets, les caisses de matériel divers, s’attarde auprès des thoniers, reluque un lamparo, rêve aussi de pêches extraordinaires et finit par se décider à quitter Saumaty poussée par le vent qui ne faiblit pas… Quelle belle balade dans le monde de la mer, à quand le « mille palmes » ?

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2 # Récit exploration La Savine : De La Savine à la Campagne Mouret

Malgré un beau soleil, une journée froide et venteuse qui a visiblement découragé les dames de La Savine. Aucun enfant ne joue dehors… Seuls quelques jeunes encapuchonnés se tiennent debout à l’entrée de la cité…

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déjà un pied sur le terrain…

 

 

 

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img22D’abord le petit terrain de foot dans ce qui fut un bassin réserve d’eau, puis un arrêt à la chaufferie à côté du fantôme du bâtiment A, lui-même construit à l’emplacement de la fontaine, vestige de la ferme des origines.

 

 

 

 

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img27Aménagement à l’ancienne : pierre sèche ! Grâce au chantier d’insertion, Louis et Agnès apprécient en connaisseurs : leur terrain aux Mayans est tout en restanques.

 

 

 

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img30Savine, Palanque et hôpital Nord.  D’un 14 juillet à l’autre, les arbres qui entouraient le terrain de foot (stade) ont brûlé.

 

 

 

 

img33Vue sur l’Etoile et Les Peyrards : notre regard se tourne aujourd’hui vers la colline.

 

 

 

 

 

 

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img31Deux portails à franchir et un petit goût d’interdit….

 

 

 

 

 

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Locataire depuis 1960 de la Campagne Mouret (propriété de la ville), madame SOS-CIA, ainsi que Mme Soscia épelle malicieusement son nom, accueille gentiment notre petite troupe.

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Le corps principal de la ferme qu’elle occupe.

 

img37img41En fait, un véritable hameau…

 

 

 

 

 

img38img39img44img42Un essai de rocaille et un four réussi.

 

 

 

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img40img43La petite troupe en mouvement… et à la pause tisanes !

Bravo à Emilie qui a porté son petit tout au long de ces chemins escarpés.

 

 

 

 

 

img47img50Sur le chemin du retour…

Il n’y a pas qu’aux Mayans qu’il y a des abeilles !

 

 

 

 

 

img48img51Quand même…beaucoup de grillages ! Avec parfois – heureusement – quelques… trous.

 

 

 

 

 

 

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Jardin oriental.

 

 

 

 

 

 

A suivre…

 

 

1# Récit exploration La Savine : Et si nous allions marcher ?

Cette envie de balade est comme une rivière formée de multiples initiatives et désirs de se relier : entre le haut et le bas, ceux qui vivent à La Savine et ceux des vallons, entre les immeubles et la colline, entre des temporalités aussi qui souvent s’entrechoquent : la mémoire, le temps que l’on vit comme habitant, les temporalités du projet urbain, et les temps suspendus…

Alors qu’un Plan de rénovation urbaine est en cours, et refaçonnera le visage du territoire, sans doute est-il temps de retracer ce qu’il a été jusque-là, pour laisser une trace et saisir ses continuelles transformations parfois douces et longues et parfois plus profondes et rapides.

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Un travail de recueil des mémoires a été commencé : d’un côté par Fabio, qui fût plusieurs mois  en stage au Cerfise et qui est maintenant l’animateur de la Maison du Projet du PNRU. Il a fait de nombreux entretiens avec des habitants, recherché les données urbaines, historiques et cartographiques, avec l’envie aujourd’hui de trouver des formes de mises en partage de ce travail.

Et il y a aussi Jean Pierre qui a réunit un fond impressionnant de cartes anciennes, Agnès et Louis qui arpentent depuis le Vallon des Mayans, Hadri et ses dessins, et tous ceux qui compilent chacun à leur manière connaissances des lieux et souvenirs.

Notre première balade fût en fait une balade « sur la carte », pour se rencontrer entre voisins, partager la démarche et envisager ensemble comment pourraient commencer les balades d’exploration.

Dans la Maison du Projet à La Savine se trouve en effet une photo aérienne géante posée au sol !

Nous avons pu ainsi « marcher immobile » dans 50 m2, tout en se racontant quelques histoires !

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Julie indique sur la carte-sol les lieux que chacun propose d’aller visiter collectivement, avec deux types de marquages : un pour les lieux bâtis et un autre pour les lieux d’évènements, d’histoires, de souvenirs … La colline attire beaucoup  avec sa végétation, sa faune et ses points de vue.

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Des souvenirs d’enfance, des lieux de jeux dans des ruines qui autrefois ont été des maisons de campagne, des bastides.

Des souvenirs de faits historiques liés à des histoires personnelles comme les oncles de Hadri Bougherara qui sont venus d’Algérie libérer la France en 1945.

 

Le désir de connaitre ses voisins est motivé et motivant, et l’invitation faite par Till pour la visite de L’Annonciade, où il habite mais aussi cultive avec le collectif Chiendent, est reçue avec enthousiasme.

A ce premier stade, nous avons pu répertorier presqu’une vingtaine de lieux possibles pour nourrir nos  balades :

  1. L’Annonciade (bastide ou campagne)
  2. Plaque en hommage aux 7èmes Tirailleurs d’Algérie
  3. Bd des 7èmes Tirailleurs d’Algérie (il a 180 pas de longueur !)
  4. Four à Chaux
  5. La pagode
  6. Industriel Bouchard (conserves)
  7. Bastides famille Fine : La Sumiane – L’Hospitalière – Val Brise – Castel Bonnette – La Bonnette
  8. Ferme Mulateri
  9. Ferme Albin
  10. Plantes sauvages (cueillette)

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#3 Récit exploration Saint-Louis : Que le Jeu Commence…

D’un côté 3 personnages que nous retrouvons facilement dans le tarot.

L’Evêque (carte du Pape)

Le Maire (carte de l’empereur)

Le Squatteur (carte du Mat/Fol)

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Guidés par la lecture d’un texte de Christine Breton, perchés au dessus du Bassin de Séon, percevoir les 3 portes qui nous entourent, celles de 3 campagnes qui au milieu du 19ème racontent l’histoire:

Campagne Consolat (le Maire), Campagne Mazenod (L’évèque), Campagne Tornési.

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Je veux être au sommet du vide…

Dans sa continuité, c’est ici aussi là que 10 ans plus tard les architectes Rozan et Eigger gagneront le concours pour construire 800 logements au centre de la même « Campagne-L’évêque ».

Trois grands domaines seront en1945 les portes du « mouvement des squatteurs », alliant militants chrétiens du Mouvement Populaire des Familles et communistes dans une ville mise à mal par la guerre, en manque de tout et notamment de logements.

Les trois campagnes seront squattées pendant plus de 10 ans et le mouvement des squatteurs, fondé en 1946, s’étend rapidement dans les autres quartiers.

Combinaisons de cartes

De ce 19ème siècle déjà bien avancé on aperçoit l’alliance d’une église bâtisseuse du territoire (L’évêque de Mazenod crée 22 nouvelles paroisses et fera construire 40 églises dont la cathédrale de la Major et Notre Dame de la Garde, un vrai plan d’urbanisme…) à l’ingénierie industrielle des grandes familles (Consolat déclenche la construction du Canal de Marseille, et le voisin Jules Mirès crée ses hauts-fourneaux à St-Louis, tout en lotissant la Baie d’Arenc).

Le 20ème siècle prolonge la combinaison : l’église Saint-Louis construite en 1933 incarne la grande Mission, la  «croisade » (nom du bulletin paroissial) se construit tout en innovations de béton, et s’affiche à la fois locale et internationale. Rapidement, le regard se trouble…

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Les hauts fourneaux fondés par Jules Mirès, face au cimetière. Leur activité démarre en 1856 mais Mirès fait faillite en 1861. La production se poursuivra pour s’arrêter en 1905.

 

 

 

 

 

 

 

 Le bulletin paroissial La Croisade et l’un des vitraux de l’église St Louis
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Le Moulin et le canal, personnages récurrents de nos histoires…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mirage (nouvelle combinaison?)

Que voit-on?

Une mosquée, une église?

Saint Louis le roi missionnaire ou le plus modeste Saint Louis d’Anjou?

Une mission ou du militantisme?

De l’action religieuse ou de l’action sociale? Et l’art dans tout ça?

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1945 les prêtres ouvriers s’installent à Saint Louis, suivant de près le mouvement des squatteurs.

Patrick vient de là et nous raconte, avec André de l’association La Fraternité de St Louis.

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La JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) tient les rennes, on choisit dans le calendrier de la JOC des images et l’on demande à des affichistes oranais installé au centre ville d’en faire des affiches géantes à encoller dans l’église, juste au dessus du chemin de croix peint par Martin Ferrières en 1937 comme nous l’explique Jean Claude, et récemment restauré par Laure qui nous raconte aussi la technique particulière de la peinture à la fresque.

La bataille des images est engagée dans cette autre guerre de religion. Ce n’est plus la Croisade que l’on fait circuler mais les Semailles, le journal du Diocèse dont vont se servir les militants et paroissiens pour constituer le support aux encollages !

 

Nouvelle combinaison de cartes…

De l’histoire de cette paroisse ouvrière devenue chef d’œuvre d’art contemporain, nous tirons une combinaison de 3 cartes :

le Soleil  (la solidarité), le Bateleur (le figure populaire) et l’ange Gabriel (commun aux 3 religions monothéistes).

Cette combinaison nous guide intuitivement dans nos rencontres d’aujourd’hui :

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Al Insaf  est un centre culturel musulman très engagé dans l’action sociale (distribution de vêtements et de repas à Saint-Louis et au centre ville, soutien scolaire, temps partagés etc.), accueillant également une mosquée dans son niveau inférieur.

Rahim nous raconte ce qu’il sait du passé du bâtiment (du métal à la chaussure), son rachat par sa famille et la mobilisation progressive des habitants, principalement des parents d’élèves pour « faire quelque chose ».

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Le Rocher, associée à la Fondation des apprentis d’Auteuil anime la Maison des familles ainsi que diverses actions sociales notamment à Campagne Lévèque. Membre de la communauté de l’Emmanuel (clé de voûte du Renouveau charismatique en France elle a une influence croissante au sein de l’Eglise catholique depuis sa création en 1976 et est très présente sur le terrain animée par sa mission évangélisatrice), elle s’occupe également aujourd’hui du culte à L’Église Saint-Louis.

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La « famille » a dans tous les cas remplacé l’ouvrier.

Les usines sont encore là, mais ce sont des maisons vides…

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.Huileries Salador (Huileries Augustin Roux, qui devient Salador en 1965 et fournira la marque Lesieur). Usine des femmes de la Cité Saint-Louis.

 

 

 

 

 

 

26stLouis3Robert, lui aussi né à la Cité Saint Louis, y a fait ses jobs d’été.

« Cette grande salle c’était pour l’embouteillage. Moi je devais vérifier que les bouchons était bien vissés, sinon au bout de la chaine tu avais de l’huile partout. Mais parfois je m’endormais, et  les femmes m’engueulais quand arrivaient là bas des bouteilles toutes dégoulinantes… ».

 

« La grande maison c’était la facturation, et celle dans coin là bas le directeur. »

 

 

 

 

 

 

Emilie a des envies de fêtes foraines dans cette énorme cour oubliée. Un théâtre?

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Justement ! Philippe28stLouis3 Caubère, qui deviendra l’un des comédiens les plus connus de sa génération et avant tout apprécié pour sa capacité à mettre seul en scène sa propre vie a grandi ici, dans la maison en friche.

Son père fut directeur l’usine.

« On l’invite à la Fête Foraine? »

 

 

 

 

 

De l’autre côté du mur, l’ange Gabriel déploie toujours ses ailes. Et les tours de la Viste nous ramènent au squatteur.

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Essayons de changer les cartes…

Et que se passe t-il si on rajoute à nos 3 cartes( Soleil/Ange/Bateleur) la carte du « Fol » (autrement appelé du « Mat »), qui est la figure du marcheur libre, de l’imagination débordante, de l’exploration et que l’on retourne à l’église Saint Louis ?

On retrouve le théâtre et Armand Gatti !

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Scène de théâtre dans la crypte de l’église Saint Louis. Pendant quelques années, au début des années 2000, le prêtre alors en fonction avait souhaité développer un centre multiculturel en ces lieux. La crypte a depuis toujours accueilli des activités culturelles, mais aussi sportives puisque le mythique Boxing club de Saint Louis, toujours très actif,  y a été fondé.

 

 

 

 

 

 

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« C’est ainsi, que dans les premiers jours de 1990, conduit jusque-là par cet orchestre de passeurs qui avait mis plus de deux ans à se constituer, Gatti pénétra dans la crypte de l’église St Louis. 

L’y attendaient une vingtaine de jeunes (et moins jeunes) « exclus sociaux » qui, pour quelques mois (du moins pour ceux qui iraient jusqu’au bout), allaient se lancer dans une aventure dont la seule chose qu’ils savaient, c’est qu’elle ne leur procurerait pas un travail ».

Extrait Armand Gatti à Marseille. Metteur en scène et auteur d’origine espagnole, anarchiste.

Est-on encore dans la « Mission » qui semblait au fil de nos rencontres être la seule façon d’agir ici ?

Emilie a pu retrouver le livre et les cassettes VHS témoignant de cette expérience radicale d’utopie émancipatrice. Visionnage collectif dans les prochaines semaines…

Deux photos pour conclure, en ouverture…

31stLouis3Le sourire de Marthe, rencontrée le long du chemin et de son jardin. Trajectoire arménienne, générosité et réciprocité d’un échange. Nous reviendrons partager du miel et des feuilles de vignes.

 

 

 

 

 

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La station service AGIP où le pompiste nous a accueilli fier de nous prévenir qu’elle était l’oeuvre d’un architecte « très connu ».

Entre temps nous nous sommes souvenus qu’il s’agissait de Jean Prouvé. C’est à cet endroit, pile dans le triangle des 3 portes, que nous reprendrons notre chemin la prochaine fois…

 

 

#2 Récit d’exploration à Saint-Louis : de l’Atelier Galapagos au Cimetière de Saint-Louis

Chaque lieu et ses cartes associées (avec les sténopées de Tony et les tarots de Emilie)

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On rencontre ces lieux (avec les photos de Dominique)

L’Atelier Galapagos (associé à la carte du Bateleur)

Ancien garage, Tony et Emilie qui habitent juste à côté en ont fait leur atelier, un lieu à la fois intimiste et ouvert qui cultive avec patience ses relations de voisinage. Régulièrement le dimanche on peut y voir des petites spectacles et bientôt en février on pourra y apprendre à faire des sténopées (les photos juste au dessus sont des sténopées faites avec des boites à sucre). Nous partageons ce que nous avons échangé avec Christine Breton lors de la séance précédente et le début de la recherche avec les cartes de tarots…

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La Maison du Peuple (associée aux cartes du Bateleur et du Soleil)

Acquise en 1938 par souscription populaire, la Maison du Peuple est une trace encore bien active du passé communiste de ces quartiers. La section locale du parti se trouve toujours à l’étage mais l’association de la Maison du Peuple agit aujourd’hui principalement pour maintenir une sociabilité locale autour de la danse ! Nous espérons bien pouvoir convaincre quelques uns des adhérents que marcher avec nous, à l’occasion, serait une belle danse collective aussi, de transmission…

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Le cimetière de Saint-Louis (associé à la carte du Pape)

Avec une vue imprenable sur St Louis et notamment sur l’Eglise, le cimetière raconte à sa façon l’histoire des hommes et des habitants.

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Du Viaduc aux hauts-fourneaux 

Chaque lieu et ses cartes associées (avec les sténopées de Tony et les tarots de Emilie)

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On rencontre ces lieux (avec les photos de Dominique)

Le viaduc (associé aux cartes de la Roue de Fortune et de l’Etoile)

Le viaduc nous ramène à l’histoire industrielle du quartier, après l’eau du ruisseau l’eau du canal, les moulins, les turbines, les myriades de fabriques qui sous-tendent l’histoire sociale et collective des lieux.

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L’église St Louis (associée aux cartes du Pape, du Soleil et du Bateleur)

Avec ses airs de Mosquée Sainte Sophie, son béton témoin des innovations et idéologies architecturales du début du XXème siècle, son histoire oscille entre reconquête des populations immigrées susceptibles de basculer vers le marxisme et expérimentation cléricale avec sa prise en main après la guerre par les prêtres ouvriers. Elle raconte merveilleusement bien ce quartier et on la retrouvera sur notre chemin…

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Les hauts-fourneaux (associés à la carte de la Roue de Fortune)

Au-delà d’être la trace d’activité industrielle, ils nous relient au point de départ de notre enquête, le Ruisseau des Aygalades, puisqu’ils étaient l’entreprise de Mr Mirès, le même qui posera la trame d’urbanisation de la Baie d’Arenc une fois remblayée (la Baie d’Arenc étant l’embouchure du ruisseau)…

On y découvre un beau point de vue sur le bassin de Séon, Consolat et la cité St Louis et la balade se finit joyeusement à bord d’un hors bord…

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CE QUE PEUVENT DIRE LES CARTES

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AMUSONS-NOUS À ESSAYER DES COMBINAISONS, ÇA MARCHE !

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#1 Récit d’exploration à Saint-Louis : le tarot du ruisseau…

#1 explo st louis 1 Premier pas de notre re(découverte) de St Louis. Il fait mauvais, vraiment tristounet.

Du coup, on rebat les cartes pour explorer autrement : un dialogue entre une carte blanche, pour accueillir la recherche de Christine Breton, et des cartes de tarots de Marseille, que pratique Emilie. Dans le petit garage intimiste transformé en atelier-archipel des possibles (Emilie et Tony l’ont surnommé Galapagos), nous commençons la plongée dans les cartes !

Au fil du récit de Christine, Emilie propose des cartes de tarot (qu’elle choisit intuitivement soit pour leur simple valeur iconographique, soit pour leur valeur iconographique et symbolique). Elles pourront être analysées plus profondément au gré des explorations à suivre.

On vous en livre quelques unes.

Le premier trait que pose Christine sur la carte blanche est la ligne du Ruisseau. Celui qu’on appelle des Aygalades, Caravelle mais aussi de l’Ermitage.

Dans une première histoire, on pourrait raconter que c’est la ligne du blé, celle des moulins.

Celui qui se trouve à l’embouchure, dans la Baie d’Arenc s’appelle le Moulin de l’Evêque.

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 En remontant le long du ruisseau, moulins de l’évêque, du Riquetti, des Crottes, Caravelle, Chaudelle, de la Commanderie, des Aygalades.
L’occasion de rappeler que Marseille fût longtemps 3 villes : la ville des vicomtes (de Marseille), la ville des consuls et la ville de l’évêque.

 

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En haut de la carte, la porte nord, la porte et tour de Sainte Paule (une ermite dont la grotte était à Bethléem), dans la ville de l’évêque, dans le rempart au nord de l’ancienne cathédrale sur laquelle sera construite la Major.
Là aussi où jusqu’au 17ème siècle un rite de femmes aux seins nus se déroulait en hommage à Marie Madeleine.

 

 

 

La Roue de fortune, lame 10 

Pour représenter les moulins à eau qui longeaient tout le ruisseau des Aygalades / Caravelle. Si on étend l’iconographie, cette roue peut représenter l’industrie en général, l’activité productive des hommes. Dans les Tarots, rien à voir avec la production humaine. Représente les moments de transition.

Le Pape, lame 5 

Pour représenter l’évêque.

Dans les Tarots, le Pape est une figure de sagesse morale et de transmission, transmission de celui qui a étudié puis agi et qui aujourd’hui tire de ses actions dans le monde des enseignements à diffuser. Dans son extrême négatif, cette sagesse morale devient moralisation, prosélytisme.

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Vers le Nord, la massif de l’Etoile.

Dans les tarots, toujours en lien avec l’environnement, la nature. Si on associe la roue de la fortune et l’étoile, du moins dans ce que dégagent l’association de ses images, on est en plein dans l’histoire des moulins (l’étoile représente une femme près d’une rivière), des jardins, de la présence d’une nature nourricière. On peut y associer les notions d’écologie (prendre soin de l’environnement que l’on a fait sien, harmonie avec la nature).

 

Marie Madeleine, personnage clé de notre histoire. Elle part de ce qui deviendra la porte Sainte Paule, où se trouve la pierre qui porte son nom : Marie Madeleine.

C’est un récit fondateur de la christianisation de Marseille qui déroule alors une nouvelle ligne le long du ruisseau et sur la carte blanche, la ligne spirituelle, érémitique. Après avoir prêché en ville, sur les restes de l’ancien temple grec, Marie Madeleine veut quitter l’urbain, partir au désert. Elle remonte le ruisseau, rencontre ainsi les grottes (les crottes, les baumes), 7 km pour une escale aux Aygalades. 

 

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La Papesse, lame 2

Pour imager Marie-Madeleine.

Dans les Tarots, c’est celle qui étudie, qui est réfléchie dans la discipline des voiles qui la couvrent. Représente la couvaison, la gestation, le temps pris à mûrir un projet, une pensée avant d’en engager la réalisation, de passer à l’action.

Ces mêmes Aygalades où, bien plus tard, au 12ème siècle, s’installeront les Carmes venues elles aussi de Palestine, suivant les pas d’un personnage historique du 4ème siècle partie de sa laure palestinienne, Cassien, qui fonda à Marseille les premiers établissements érémitiques. Un pèlerinage subsistera longtemps, et c’est les habitants qui retrouveront sa trace et celle de la grotte-ermitage dans les années 2000. Les Aygalades, c’est le seuil de la ville.

Alors Marie Madeleine ira de nouveau au désert et poursuivra sa route vers le nord, pour finalement aboutir à la Sainte Baume : une grotte regardant vers le nord sur un massif en crête, qui s’allonge d’Ouest en Est.

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Le Mât ou le Fol, lame 0

Le bouffon sacré, le vagabond fou et sage, l’autre pèlerin mais créatif, libre, libéré. Peut représenter ceux qui allaient voir les Ermites pour vivre une expérience mystique libératrice ou alors nous-même en tant que marcheur. Le fol prend les petits chemins de traverse, ne suit pas l'(auto)route tracée et droite. Il va voir ailleurs, accepte de ne pas savoir et de fabriquer sa pensée au fur et à mesure de ses expériences. Il accepte l’erreur, adapte son chemin, le fait évoluer au gré des rencontres. Il peut parfois errer. Il met le processus avant le résultat.

Figure intéressante à mettre face au Pape. L’alternatif versus l’institution(nalisation), la frange vs la voie tracée, planifiée.

#1 explo st louis 8L’Est. C’est là que regardent les navigateurs, mais c’est aussi la direction de Jérusalem. 

Etre ermite là, ce serait refaire Jérusalem là où on est, sans croisade, sans y aller. Ce serait la Jérusalem céleste.

Mais d’autres y vont à Jérusalem, par exemple l’ordre hospitalier et militaire de Saint Jean de Jérusalem, qui fonde la commanderie dont le Moulin porte le nom, toujours le long du ruisseau. Pour les croisades, on produit ici le blé, les armes, et on prépare les chevaux.

Ruisseau spirituel, ruisseau productif, ruisseau industriel.

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Le Chariot, lame 7 

Choisi pour dire, de manière plus iconographique que symbolique, l’activité de fabrication et de livraison d’armes qui venait du côté de Digne et de la Chartreuse jusqu’au port de l’anse d’Arenc pour les croisades.

 

 

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Du moulin à blé d’une ligne spirituelle nous passons à un moulin industriel qui organise les dérivations du ruisseau.

 

 

 

 

Le Moulin Chaudelle alimente en énergie l’huilerie savonnerie du côté de la Cabucelle, la commanderie est cédé en 1845 et deviendra une usine moderne.

Les hauts fourneaux de Mr Mires tournent à bloc à Saint Louis, et il peut investir sa richesse dans les projets Saint Simoniens du port, remblayant le port d’Arenc pour lotir selon ce qui deviendra « la trame Mires ».

Le ville s’installe.

Le Bâteleur, lame 1 

Choisi pour représenter la créativité, la culture présente à St Louis : les anciens Abattoirs, les lieux d’éduc pop (Maison du peuple, Cercle populaire, ex-squatt Mirabeau, l’atelier Galapagos), la salle de boxe…

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Le ruisseau pourrait s’appeler alors la Vis sans fin, ce procédé inventé par Archimède pour que les paysans irriguent leurs terres à partir du Nil.

 

 

 

 

Ouverture ?

Le Diable, lame 15 vs le Soleil, lame 19 

Réfléchir d’autres cartes pour dire et relire une histoire des mentalités locales ?

Par exemple, le Soleil pourrait signifier cette solidarité d’avant, celle dont témoignent tous les anciens, alors qu’aujourd’hui règne l’individualisme (le Diable), le chacun pour soi, la déliquescence de la convivialité, de la solidarité.

A essayer sur le terrain maintenant !

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