Balade contée en barquette traditionnelle : le port de Saumaty et le tunnel du Rove

Le samedi 27 avril, venez vous balader en mer à bord de barquettes traditionnelles de l’association Boud’mer et découvrir le port de Saumaty et le tunnel du Rove.

Le pilote, membre de l’association Boud’mer, vous fera la traversée du port de l’Estaque, depuis le port de pêche de Saumaty jusqu’à l’entrée du tunnel du Rove en vous racontant des détails et des anecdotes recueillies auprès des habitants et des travailleurs sur ces sites si particuliers pour l’histoire de la pêche à Marseille.

La balade en mer est à 26 euros. Le nombre de places est limité (6 par barquette). La réservation est obligatoire : 6 euros frais de réservation en ligne et une participation de 20 euros payée sur place et comprenant l’adhésion des personnes embarquées à l’association Boud’mer.

Départ du Vieux Port à 9h15 précise ou du Port de l’Estaque à10h30. Retour à 12h à l’Estaque et à 13h30 au Vieux Port.

Faux-bourgs de Yohanne Lamoulère s’expose

Après 3 mois d’exposition à la FNAC de Marseille, l’exposition Faux-bourgs de l’artisteYohanne Lamoulère sera à partir du 16 avril à la FNAC de Nantes. Faux-bourgs est aussi un numéro spécial des récits d’hospitalité d’Hôtel du Nord édité par les éditions Commune et disponible dans des chambres d’hôtes d’Hôtel du Nord comme en librairie.

Ce travail, conduit depuis quatre ans dans les XV° et XVI° arrondissements de Marseille interroge le rapport entre la mémoire et l’esprit des lieux d’un côté, et les opérations d’urbanisme et d’aménagement de la ville de l’autre. Faux-Bourgs a pour objectifs de favoriser l’appropriation de l’image de ces quartiers par ceux qui y habitent, rendre visible leur diversité, s’interroger sur leur couverture médiatique, et valoriser les pratiques populaires de la ville.

Dans le cadre de Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture, la Fnac s’associe à ce projet pour soutenir la région et la création locale.

Du bassin de Séon aux contreforts de l’Étoile, le long du ruisseau des Aygalades ou de la rue de Lyon, le Nord de Marseille porte une mythologie singulière, médiatique et contradictoire. Alors que l’identité bourgeoise et oisive du XIXe siècle a cédé depuis longtemps la place à une identité industrielle et ouvrière, le mélange de hasard, de contrastes et de ruptures qui caractérise aujourd’hui les quartiers Nord est en passe de s’effacer au profit d’une ville plus cadrée et planifiée. Reconquête, ANRU, TGV, Euroméditerranée, rénovation urbaine, Marseille-Provence 2013… sont autant de slogans qui se succèdent depuis 15 ans comme une litanie visant à exorciser une malédiction.

Pourtant certains continuent à déployer leur génie, leur intuition ou leur pragmatisme pour faire vivre les rues. Indifférents aux statistiques et aux articles de presse, les jeunes investissent leur ville avec entêtement, et opposent la fronde amicale ou sauvage à la froideur de la ville à venir. À l’heure où cette dernière devient une affaire d’image et de label, à l’heure où « Marseille accélère » pour se transformer en capitale, la vie de quartier insaisissable qui anime le Nord de la ville est encore la meilleure réponse aux forces de l’amnésie et de l’effacement.

Jérémy Garniaux

Parcours

Après des études d’histoire de l’art et un diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie à Arles, Yohanne Lamoulère choisit de vivre et de travailler à Marseille. En 2007 elle décide de pallier à l’isolement et intègre le collectif Transit ainsi que l’agence Picturetank. Depuis 10 ans ses champs d’investigations privilégiés sont ceux de l’isolement, elle témoigne du processus migratoire en France et à l’étranger (La Roue ou la Noria des saisonniers agricoles, ed. Khiasma), du monde du travail dans le Nord de la France avec Jean-Bernard Pouy (Bord à Canal, ed. Invenit), et de la vie de banlieue avec Faux-Bourgs(ed. Communes).

Prosper Wanner : Lettre à l’attention de Benoit Hamon, Ministre délégué chargé de l’Économie sociale et solidaire et de la Consommation

Benoit Hamon, Ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation

Monsieur le Ministre,

Nous vous contactons en votre double qualité de Ministre de l’Economie Sociale et Solidaire et Ministre de la Consommation.

Située dans les quartiers nord de Marseille, « Hôtel du Nord » est une coopérative créée par des habitants de ces quartiers. Elle met en relation directe des touristes et leurs hôtes, habitants qui font découvrir leur ville et leur quartier au-delà des clichés véhiculés, favorisant une économie dans l’intérêt de ceux qui vivent, travaillent et habitent dans ces quartiers.

Aujourd’hui une cinquantaine d’hôtes proposent des chambres d’hôtes, des balades urbaines, des ouvrages et des productions locales. Cette offre de nature coopérative connaît un succès grandissant, notamment avec l’année Marseille-Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture.

Marseille-Provence 2013, la Fondation de France et les Collectivités Locales coproduisent cette aventure coopérative, sans oublier les nombreux soutiens d’artistes, de designers, de scientifiques, de professionnels du tourisme et d’habitants dont bénéficie la coopérative.

La coopérative est conseillée et reconnue par les opérateurs du tourisme et a en interne les compétences professionnelles nécessaires à son activité. Créée en 2011, elle poursuit son développement et des groupes de randonneurs, des agences de voyages solidaires, des comités d’entreprises la sollicitent pour des offres groupées.

Aujourd’hui, l’avenir de la coopérative est menacé par un problème d’interprétation réglementaire sur l’articulation entre sa forme juridique en coopérative et la nature de son activité.

Atout France, consultée par notre assureur La Macif, a répondu que pour garantir la sécurité des consommateurs, la coopérative devait passer par une agence de voyage ou bien s’immatriculer comme agence de voyage.

Atout France ne prend pas en compte les spécificités coopératives. Elle considère les sociétaires de la coopérative comme de simples sous-traitants et non des coproducteurs. Elle rend la coopérative dépendante des agences de voyages et refuse de reconnaître sa qualité de société de personnes en considérant que seul le gérant en tant que personne physique doit être qualifié (obligation de l’immatriculation agence de voyage).

La question qui vous est posée est de savoir si lorsque une coopérative vend les prestations de ses sociétaires, elle est à ce titre elle-même producteur, et donc, dans notre cas, non assujettie à cette obligation que voudrait nous imposer Atout France (article Art.L. 211-3 du Code du tourisme).

Atout France dépend de votre Ministère comme celui du Ministère des Finances que nous avions sollicité à ce sujet il y a un an et qui après nous avoir répondu favorablement, est revenu sur sa décision, faute de connaissance des spécificités coopératives (il nous a été conseillé de faire jurisprudence sur le sujet).

De l’arbitrage de votre Ministère dépend l’avenir de notre coopérative.

Nous vous invitons à visiter notre site internet hoteldunord.coop, à venir bénéficier de notre hospitalité et nous serions heureux de vous accueillir lors du forum européen que nous co organisons les 12 et 13 septembre 2013 où Marseille-Provence invite l’Europe autours de la Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour la société.

Pour la coopérative « Hôtel du Nord »

Prosper Wanner, gérant.

Gilbert Latour et Prosper Wanner : le patrimoine législatif du savon de Marseille

Savon réalisé par la Savonnerie du Midi en 2009 à l’occasion de l’adhésion au principes de la Convention de Faro de la Mairie de Marseille 15/16

En 2007, la Savonnerie du Midi, située dans le vallon des Carmes aux Aygalades, après avoir souffert d’un acte de vandalisme, est dans une situation critique. Gilbert Latour, PDG de Chimitex et actuel sociétaire de la coopérative Hôtel du Nord décide néanmoins de poursuivre l’activité de la savonnerie.

Il partage son intérêt pour le savon de Marseille en organisant de nombreuses manifestations : Il ouvre la savonnerie au public chaque année lors des journées européennes du patrimoine et via le projet de la route du savon de Marseille à Marseille ; il accueille les jeunes accompagnés par l’ADDAP13 dans le cadre des ateliers de révélation urbaine ainsi qu’une artiste en résidence ; il participe activement à la commission patrimoine Marseille 15/16 ;  il soutient un travail réalisé sur un musée du savon à la savonnerie par les étudiants de l’école d’architecture de Paris la Villette sous la conduite de Véronique Bigo.

Gilbert Latour fait alors le pari de redonner au savon de Marseille ses lettres de noblesse issues de l’édit de Colbert en 1688 et d’un décret de Napoléon Ier en 1812. Ce dernier donne une marque spécifique au savon de Marseille fabriqué à Marseille : le pentagone où est inscrit «huile d’olive, le nom du fabricant et celui de la ville de Marseille ». Le procédé de fabrication et l’origine ne sont pas pour autant protégés et l’utilisation des graisses animales, des parfums ou des colorants est malheureusement aujourd’hui monnaie courante. Gilbert Latour décide de remettre le pentagone à l’ordre du jour sur ses savons fabriqués à Marseille à base d’huile d’olive.

Il interpelle les élus locaux.  Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône, interroge en 2011 le Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie pour « savoir si l’édit de Colbert du 5 octobre 1688 et le décret de Napoléon du 22 décembre 1812 font partie de notre droit positif.« . La réponse ministérielle confirme  que « le décret du 22 décembre 1812 que vous citez semble toujours en vigueur, bien que les amendes n’aient pas été actualisées. » mais que « à ce jour, le savon de Marseille n’est protégé par aucun des dispositifs protégeant une appellation d’origine ou d’indication géographique.« (Voir la question et la  réponse).

Alors que l’article 3 de l’édit de Colbert du 5 octobre 1688 définit les conditions de fabrication du savon en Provence sans aucune graisse animale, que le décret de Napoléon Ier du 22 décembre 1812 précise que la ville de Marseille possède une marque pour ses savons à l’huile d’olive constituée par un pentagone et que deux arrêts de la cour d’appel d’Aix-en-Provence – celui du 28 décembre 1927, confirmé par la Cour de cassation le 24 octobre 1928, et celui du 12 novembre 1928 – disposent que la dénomination savon de Marseille est connue du public, usitée dans le commerce et s’applique à un produit bien déterminé à base d’huiles végétales[1], certaines industries de savon et de détergent utilisent la dénomination « savon de Marseille » sur des savons à base de graisses animales avec des parfums et des colorants. Ainsi les fabricants du savon de Marseille traditionnel réalisé avec 72 % d’huiles végétales et sans aucune graisse animale, ni parfum, ni colorant, sont confrontés à une concurrence déloyale de la part des industries du savon et du détergent.

Cette situation constitue également une tromperie à l’égard des consommateurs. En effet, seule la recette traditionnelle du savon de Marseille lui confère ses vertus hypoallergéniques et écologiques (biodégradable en moins de vingt-huit jours – méthode OCDE) en raison de l’utilisation d’huiles végétales et de l’absence d’additifs, de parfums et de colorants.

Quatre savonneries  témoignent encore des quatre-vingt-dix fabriques, installées près des cours d’eau, soit plus de quatre cents chaudières, qui produiront cent quatre-vingt mille tonnes au début du XXe siècle. Des centaines d’ouvriers, les « fatiguons », ont alimenté d’immenses chaudrons où cuisaient les pâtes composées de soude et d’huiles.

En 2011, avec ces trois autres savonniers des Bouches-du-Rhône, il fonde l’Union des Professionnels du Savon de Marseille (UPS) pour défendre, promouvoir et faire connaître le véritable savon de Marseille(voir le site). Le savon de Marseille est  au coeur d’une proposition de Loi du 6 février 2013 visant à créer un dispositif d’enregistrement des indications géographiques pour les produits industriels dont les caractéristiques seront strictement définies par décrets pris après une enquête publique et consultation des organisations ou groupements professionnels directement intéressés.

igp-ressource-ppaleMarie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux handicapés et à la lutte contre l’exclusion, en visite à la Savonnerie du fer à cheval en février 2013, a annoncé à l’UPS qu’elle allait appuyer la demande d’ajouter le savon de Marseille à la liste des Indications Géographiques Protégées (IGP), proposition déjà faite par la députée des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer en février 2013 (voir la proposition de Loi).

L’indication géographique protégée (IGP) est un signe officiel européen d’origine et de qualité qui permet de défendre les noms géographiques et offre une possibilité de déterminer l’origine d’un produit alimentaire quand il tire une partie de sa spécificité de cette origine.

Le 12 juin 2013, les députés ont voté en commission une extension des indications géographiques protégées aux produits manufacturés, et non plus seulement aux produits alimentaires, dans le cadre du projet de loi sur la consommation présenté par le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon. Le projet de Loi confie à l’INPI (Institut national de la propriété intellectuelle) le soin de gérer les dossiers d’indications géographiques protégées.

A suivre… en découvrant notamment les balades de la route du savon de Marseille.

Gilbert Latour et Prosper Wanner, avril 2013, misa à jour juillet 2013

 


[1] Le savon doit être fabriqué avec un mélange d’huiles végétales contenant, après la fabrication, approximativement 62 % à 64 % d’acide gras et de résine, 8 % à 8,5 % d’alcalis combinés, 1,35 % d’alcali libre – soude –, du chlorure de sodium et de la glycérine, 28 % à 29 % d’eau.

Femina : Sur les chemins avec Julie…

La revue Femina Sud, supplément de La Provence de cette semaine, présente les bonnes adresses dans les quartiers nord de Marseille de Julie De Muer, artiste associée au GR2013, sociétaire de la coopérative d’habitants Hôtel du Nord : le chambres et balades d’Hôtel du Nord, la savonnerie du Midi, les sound walk de Radio Grenouille, le café de la gare et La Gorgée de Soleil, nouveau sociétaire de Hôtel du Nord.

Le 20 avril, venez en balade Vue sur mer.

Le samedi 20 avril après midi, venez en balade Vue sur mer avec Julie De Muer suivre le premier niveau des « crêtes », quand on remonte du port industriel vers l’intérieur des terres.

Il n’y a alors pas une vue mais plusieurs: celles que l’on a des cités (à Marseille les grands ensembles ont longtemps eu les plus belles « vues » sur la rade), celles des nouvelles résidences aux noms évocateurs (« terrasses », « balcons »…), celle du centre commercial Grand Littoral, celle de la colline en friche ou en jardins partagés…

Cette promenade dans les premières hauteurs permet de traverser différents usages et valeurs, parfois en conflits, liés à la vue sur mer. Elle utilise et présente également des travaux d’artistes qui ont séjourné et travaillé sur ces territoires.

Odile Richard : La gare de l’Estaque, un modèle d’inscription au titre des monuments historiques initié par une association de bénévoles.

La gare est composée d’un bâtiment voyageur construit en1851, sur la ligne PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) ainsi que d’un ensemble d’annexes de style « Art Déco » avec  passage souterrain édifiés vers 1925.

Cette gare est également le point de départ de la ligne  dite de la Côte Bleue vers Port de Bouc et Miramas.

Face à la dégradation des édifices, à l’intérêt architectural de l’ensemble et au rôle passé et actuel de cette gare , l’association « Action Environnement Estaque » (AEE) depuis 2008 collecte de la documentation sur la gare. Ce travail de recherches auprès de divers organismes, archives, bibliothèques, revues, particuliers se poursuit encore.

Depuis 2009 la gare de l’Estaque est l’élément patrimonial central desbalades découvertes, axées sur les industries, l’habitat ouvrier et bourgeois, les peintres, la pêche, les viaducs, les tunnels, organisées par  l’AEE, dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine.

L’association a constitué un dossier préliminaire joint à sa  demande de protection  faite auprès de la DRAC (Direction Régionale des Affaires culturelles) qui l’a jugée opportune fin 2011. Cette demande a été relayée au sein de la Commission Patrimoine présidée par l’élue à la Culture de la mairie de secteur, Pascale Reynier qui avait organisé une visite in situ avec la Drac.
La chargée d’études documentaires DRAC/CRMH a rédigé et présenté le dossier de demande de protection  devant la CRPS réunie en commission plénière en  juillet 2012, La commission régionale du patrimoine et des sites (C.R.P.S.) qui rassemble des représentants de l’administration, des élus locaux, des professionnels et historiens de l’art a émis un avis favorable

L’arrêté d’inscription de la gare de l’Estaque au titre des Monuments Historiques a été signé fin 2012.

La procédure d’inscription ou de classement

La demande peut être faite par un particulier,une association, une collectivité locale, etc.

Cette demande doit être complétée par un dossier comportant un volet administratif (cadastre, propriétaire..), un volet historique  et descriptif (photos plans,archives…) pour une évaluation de l’immeuble. Elle est soumise à une commission (CRPS) qui se prononce sur l’opportunité de poursuivre la procédure.

Ensuite ce sont les services de la DRAC qui se chargent de la constitution du dossier et sollicitent l’avis de l’architecte en chef des monuments historiques, de l’architecte des bâtiments de France, du conservateur régional des monuments historiques. Le dossier est soumis à l’avis  de la CRPS , cet avis est soumis au préfet de région qui prend , le cas échéant l’arrêté d’inscription ou transmet le dossier au ministère de la Culture pour un classement.

La protection au titre des monuments historiques, classement ou inscription, constitue une servitude qui suit l’immeuble et génère un périmètre de visibilité de 500m à l’intérieur duquel tout projet de  construction ou de modification de l’environnement ou du bâti doit faire l’objet d’un avis de l’architecte des bâtiments de France.

Dans certains cas une aide financière peut être obtenue de l’Etat et une défiscalisation est possible pour le propriétaire.

L’association «Action  Environnement Estaque »  présentera, in situ, la gare de l’Estaque dans le cadre du Forum Européen du Patrimoine  qui se tiendra les 12 et 13 Septembre 2013 aux Archives départementales Gaston Deferre à Marseille.

Rédaction : Odile RICHARD – Association « Action Environnement Estaque »

  • Journées du Patrimoine 2012 : L’Estaque, un site industriel d’exception


L’Estaque, un site industriel d’exception… di journeesdupatrimoine

  • LCM 2011 : Il faut sauver la gare de l’Estaque !


Il faut sauver la gare de l’Estaque ! (Marseille) di LCM

Récit illustré des marches dans les récits d’hospitalité

Gérard Perrier, passager des balades d’Hôtel du Nord, propose un petit récit illustré des marches dans les récits d’hospitalité avec Christine Breton  et fait réagir Philippe Foulquié.

Petit récit illustré  d’une marche  le 1 avril 2014 avec la coopérative HOTEL DU NORD (Marseille quartiers Nord  ) et ses balades patrimoniales  .

On a pris le train à St Charles sur cette ligne PLM ( dont on reparlera plus avant )  avec le célèbre tunnel de la Nerthe ,le plus long du monde lors de sa construction en 1843-48.On passe la gare de l’Estaque.

Une marche  qui met l’esprit en mouvement avec les récits d’histoires de  fondation  «  improvisés »  par  Christine Breton (conservateur honoraire du patrimoine et sociétaire de la coopérative ) . Le corps et les sens dans le déchiffrement de l’espace .

Donc on marche ce matin venteux et plombé. Vers l’oppidum celte de La Cloche  ( 3ème siècle de notre ère  jusqu’à sa destruction par Trébonius en  49 av JC lors du siège de Marseille), celui de ce réseau de villes perchées  sur les collines de calcaires ,pins d’Alep et chêne kermès ,autour de Marseille.  Celles des Celtes.  On n’en parle plus guère, au profit des Romains et des Grecs, les vainqueurs .Ceux qui écrivent l’histoire ,comme ailleurs.

Ici , autour de Marseille   cet oppidum  contrôlait  l’une des entrées Nord .celle de la plaine de Marignane et de l’étang de Berre, au-dessus de la brèche  dite du » Pas des Lanciers »  (déformation française du provençal : Pas de l’Ansié ou passage de l’anxiété ,de l’inquiétude ,de la peur ).On  en sait  un peu grâce aux travaux de fouilles archéologiques conduites de 1967 à 2001 par une équipe d’ amateurs éclairés sous la conduite de Louis Chabot,  de l’usine Aérospatiale puis Eurocopter  à Marignane, qui vinrent  sur le site tous les dimanches en familles…J’y suis d’ autant plus sensible que dans les environs du Toulon de mon enfance, mes parents avec  mon frère allions aussi voir à la fin des années 50 , les vestiges d’un autre oppidum celto ligure, celui de  la COURTINE ,au-dessus d’Ollioules. Lieu de fabrication des grandes serres de Rastoin ,on le verra plus loin  la mention  sur une photo de porte.

Ici on voit la fin d’une époque récente  celle de la propriété agricole (vin et maraîchage) de la famille RASTOIN .On traverse le domaine ,ses traces de vie enfuie. Ce monsieur chauve  qu’on voit   est d’une famille de chrétiens de gauche dont l’un d’eux fut adjoint de G.Defferre  .Un autre, Pierre,  président de la Ligue des Droits de l’homme. Tout se croise dans ces lieux  .Cet homme  nous accueille avec  l’histoire de son travail, l ’agriculture, achevé avec l’âge, et tient à dire qu’il   est de gauche , adhérent de la Confédération paysanne  et soutient les AMAP… et  qu’il est obligé de vendre le domaine… J’ai appris par d’autres agriculteurs eux  aussi  AMAP, Françoise Sinoir  et Pierre Follet ,  près de Pertuis ,autrefois riche plaine agricole (une pomme de terre fameuse porte ce nom :sur le marché d’Aix des années 70 on vendait « La «  Pertuis)  que ,dans la commune de VILLELAURE ,110 agriculteurs sont retraités ,10 en activité … Ce monde-là meurt.  Autre désastre écologique et social.

Les fouilles citées  ont montré que des  échanges  commerciaux ont eu lieu de la côte catalane au centre de la Gaule à la Bohême allemande ,la Slovaquie. Les constructions des cases celtes  (murets de pierres sèches exhumées) adossées aux remparts se retrouvent dans les mêmes dispositions dans les villages berbères du Maghreb ,les fours et citernes de même .On a aussi trouvé comme à Roquepertuse et Entremont  des crânes humains avec clous, liés à des rites magico religieux qu’on connaît mal. Croisements encore :la cheminée de briques voisine de l’oppidum est l’une de la série des aérations du tunnel de la Nerthe .Lequel contribua  aussi aux découvertes ultérieures des œufs de dinosaures bien connus des aixois….
NB la marche est du 1 avril 2013 et non par anticipation en 2014…

Retour des hauteurs de l’oppidum de   la « Cloche »  : cheminée de briques pour l’aération du tunnel de la Nerthe, la ferme Rastoin et ses serres d’Ollioules qui seront démolies..

Enfin  séance d’explications finales  dans le froid de cette petite gare sans personnel SNCF comme souvent ,hélas, en attendant le passage du train, une heure après celui escompté, supprimé pour cause de travaux. .

Christine Breton sur les oppida celtes en réseau ; Jean Cristofol sur la philosophie générale des réseaux et ceux des Saint Simoniens notamment , grands constructeurs de réseaux capitalistiques (canal  de Suez ,voie du PLM pour acheminer d’abord  le charbon de la Grande Combe près d’Alès pour les bateaux à vapeur de l’Empire colonial naissant à partir du port colonial,Marseille en pleine extension … ) et sur la hauteur à +90m /niveau de la mer ,de la gare St Charles, pour des raisons de déclivité des voies ferrées aux débuts de la locomotion à vapeur ,faible en puissance, par l’auteur d’un livre de référence sur cette gare,  Gérard Planchenault  qui a partagé avec nous son savoir…

Bref si vous voulez vivre un de ces incroyables moments d’humanités insérées dans l’histoire sociale inédite et transversale  de la région marseillaise , allez voir le site www.hoteldunord.coop (balades patrimoniales diverses toute l’année 2 fois par semaine ) inscrivez- vous sur site  ..Lisez les 6 «Récits d’hospitalité »  écrits par C.BRETON et alii  publiés à Marseille par les  Editions communes :editionscommune.over-blog .com déposés à la librairie l’Odeur du Temps, L’Encre Bleue à l’Estaque, à la Friche … et dans les chambres d’hôtes de la coopérative des habitants des 15-16. Qui est en lien avec des constructions coopératives  similaires toutes nées dans les quartiers populaires   d’ORAN (Bel Horizon ) VENISE  ( Faro Venezia )  et SEINE ST DENIS  (Plaine Commune). Sur la base de la convention de FARO de l’Union Européenne laquelle dispose que le patrimoine  culturel est l’affaire de tous les citoyens…

Là où : «… les prolétaires n’ont ni histoire ni patrimoine, eux étaient seulement faits pour reproduire des enfants qui seraient des ouvriers ».. écrit dans de belles pages de conclusion de la « VILLE PERCHEE » (Hôtel du Nord n°2 )  l’auteure pré- citée ,parlant de la rencontre, dans un bistrot marseillais ,  rue de Lyon (dans le 15ème)de Hannah Arendt et Walter Benjamin  en 1940 .W. Benjamin lui remet son manuscrit des « Thèses sur la philosophie de l’histoire «  pour Adorno réfugié à New-York (….) » …juste avant la catastrophe innommable ».

Vous voyez bien comment ces balades parlent de bien d’autre chose que des pierres et des histoires ..Elles nous parlent de nous.GP

PS On trouvera les conclusions des travaux  de LOUIS CHABOT ,  le chef de file des archéologues amateurs d’Eurocopter  (qui ont fouillé le site durant 34 années de 1967 à 2001 !  ) sur PERSEE via Internet  (texte intégral ).

promenade récit

De : Philippe FOULQUIE
Date : 3 avril 2013

Gérard bonjour,
Et merci pour ces compte-rendus de parcours Hôtel du Nord. Je dis depuis longtemps que cet Hôtel du Nord est une magnifique initiative portée par des personnalités dont l’engagement n’a jamais été démenti.
Une sorte de collectif liant habitants et représentants d’institutions qui ont mis en commun compétences, responsabilités et convictions citoyennes pour aboutir à cette merveilleuse histoire de gens. Il convient d’analyser cette histoire, non pour en faire un modèle qu’il suffirait de déraciner pour la planter ailleurs, mais bien plutôt pour montrer comment des projets de gens, de société civile réelle, de citoyens peuvent porter les espérances que n’assument plus des partis et leurs démélés d’affaires ou de renoncements, qui les empêchent de se reconstruire.

Comme les Gabians, comme les Feuillants, comme tous ces lieux qu’inventent des gens soucieux de vivre et las d’attendre l’ouverture de portes de plus en plus verrouillées, comme toutes ces initiatives et ces laboratoires sociaux, culturels ou citoyens que Marseille propose dans tous ses quartiers.

Au moment où la poursuite politicienne par la Gauche des renoncements de la Droite avoue ses misères, quant la continuité du mensonge institutionnel est ça et là interpellée, ce rappel peut encore être salutaire.
Encore merci.

Philippe Foulquié

Marseille-Provence invite l’Europe les 12 et 13 septembre 2013

Le 12 et 13 septembre 2013, les communautés patrimoniales, le collectif des élus engagés dans la mise en œuvre des principes contenu dans la Convention de Faro, Marseille Provence 2013 et Hôtel du Nord invitent l’Europe.

Ces journées, soutenues par leConseil de l’Europe et l’Union Européenne, seront l’occasion de se familiariser avec les principes de la Convention-cadre sur la valeur du patrimoine dans la société, dite « Convention de Faro ».

Elles permettront notamment de mettre en valeur la richesse des expériences locales qui s’en inspirent (commission patrimoinerécits d’hospitalité, balades patrimoniales, coopérative d’habitants, séjours participatifs) et qui sont mises en œuvre dans le cadre de l’année capitale européenne de la culture. Certaines (GR2013Culture pilots) seront particulièrement valorisées pendant les Journées Européennes du Patrimoine les 14 et 15 septembre 2013 (site web).

Elles permettront en outre de découvrir d’autres initiatives, menées dans les pays européens qui ont signés la Convention de Faro, et de se familiariser avec les programmes de l’Union Européenne vers lesquels les pays peuvent se tourner pour rendre leurs projets possibles.

La Convention de Faro, adoptée en 2005, est entrée en vigueur le 1er juin 2011. 14 États membres du Conseil de l’Europe l’ont ratifié, et 7 l’ont signé. Ces journées s’inscrivent dans le cadre d’une action de promotion de la Convention de Faro (page web).

Le samedi 13 avril après midi, venez participer à un duo de balades.

Le samedi 13 avril aprés midi, venez participer à un duo de balades : une balade sensible le long du Canalet avec François Parra et uneenquête-jeu à l’oppidum du Verduron avecNathalie Cazals.

La balade sensible le long du Canalet vous propose d’en parcourir un tronçon du canal de Marseille, qui chemine de l’oppidum de Verduron jusqu’à l’ancienne carrière Paul&Pons (dont il alimentait le concasseur) après avoir consulté l’ouvrage sur le quartier de la Pelouque écrit par Monsieur Jacques Boquet (ethnosociologue) qui nous rappelle que ce quartier vécut autrefois de la culture des fleurs.

Elle se fait équipée de casques fabriqués au moyen de cartouches de chasse glanées sur le site.

L’enquête-jeu à l’oppidum gaulois du Verduron avec Nathalie Cazals – Durée 1h30 : depuis les hauteurs du Verduron, le mythe fondateur de Marseille prend d’autres réalités : là où les gaulois regardent Massalia la grecque se posent des questions d’identité, de territoires, de celui qui était là, de celui qui arrive… C’est l’endroit rêvé pour parler de contacts culturels entre les mondes celtes, grecs et romains au III eme siècle avant J.C. qui résonnent jusqu’à ceux d’aujourd’hui. Ces bribes d’histoire, elles arrivent de manière ludique tout en apprenant à lire les ruines d’un site archéologique, le plan d’un village ou en menant une enquête pour en savoir davantage sur les gaulois qui résidaient sur cette hauteur dominant la rade de Marseille.

  • Balades avec François Parra
Aucun évènement disponible…

 

  • Balades avec Nathalie Cazals