LA PISTE ANIMALE : dernier épisode LA TRANSHUMANCE À SAUTE-QUARTIERS!

Dans l’histoire longue d’Hôtel du Nord, les JEP ont toujours été un moment de retrouvailles et de partage des aventures plus discrètes menées tout au long de l’année.

Cette année on fêtera la toute récente adhésion aux principes de la Convention de Faro par la ville de Marseille, engagement auquel nous travaillons depuis …30 ans…,

On partagera Les pistes animales ouvertes par le Mille pattes, le groupe d’exploration et de fabrication de balades de la coopérative,

On rendra hommage à Lucienne Brun, regrettée pionnière de ces 30 ans de démarche patrimoniale en marchant dans la colline Consolat « sur les traces de nos pas » avec Marc Medhi Amar.

Pour plus d’infos et s’inscrire, cliquez sur les images :

La colline Consolat

La piste animale #1 : Le chemin des bestiaux


La piste animale #Interlude/ Des Chauve-souris au balcon

Le piste animale #2 / La petite transhumance à Saute-cités

Les hospitalités d’Hôtel du Nord ont été au coeur de l’incendie. 

Les hospitalités d’Hôtel du Nord ont été au coeur de l’incendie. La maison bleue mais aussi des maisons du chemin de la Nerthe et des hauts à l’Estaque ont été emportées.  

Des lieux culturels collectifs comme le Pôle nord ou la Déviation ont également été touchés.

Les hébergements Oses Iris, chez Vincent et Brij, et chez Agnès de la Colline y ont échappé de peu. Ceux de l’Estaque gare et plage ou de Mourepiane sont toujours là et ont ouvert leurs portes aux naufragés de Pichou, de Bovis, du vallon du Marinier et du chemin de la Nerthe.

Il est encore difficile de prendre la mesure de l’impact de cet évènement hors du commun sur nos paysages, cadres de vie et hospitalités. Mais, les habitants sont traumatisés qu’ils soient voisins, amis ou plus largement habitants du bassin de Séon.

Cet incendie dévoreur de nos maisons, de nos souvenirs, de notre environnement, nous a rappelé la fragilité croissante de nos habitats face au changement climatique, tout comme l’incroyable solidarité qui existe entre habitants de ces quartiers.Dans les semaines et mois à venir nous poursuivrons toutes les formes d’entraide et contribueront à organiser les solidarités sur le long parcours de reconstruction.

Nous proposerons également au travers des balades et des rencontres d’aller à la rencontre de l’écologie des sols incendiés et de l’histoire du feu dans notre territoire, de sa gestion et des questions que pose la crise écologique, car il nous semble que mieux connaître nous rend plus capable d’agir et de vivre avec.

Une première rencontre organisée par le Bureau des guides du GR2013 et Hôtel du Nord, en contribution à l'émergence du collectif de l'incendie du 8 juillet s'est tenue le 23 juillet à Miramar. Pour en ré-écouter ou lire les interventions cliquez  "Habiter avec le feu"

HABITER avec LE FEU

Récit de la rencontre du 23 juillet à Miramar

Suite à l’incendie du 8 juillet, une première rencontre a été organisée par le Bureau des guides du GR2013, la coopérative Hôtel du Nord et les riverains de Miramar en contribution au Collectif de l’incendie du 8 juillet, pour mieux comprendre le feu, son écologie et la gestion des incendies.

Cette rencontre a été le prémisse de ce qui allait devenir l’Ecole du feu, un projet au long cours associant habitants, chercheurs et artistes pour apprendre et imaginer ensemble à la fois comment mieux se protéger mais aussi comment développer des manières d’habiter les lisières plus en lien avec ce qui nous environne.

En voici un récit dessiné par MathildeH ainsi qu’un lien pour ré-écouter la rencontre.

Et un compte-rendu écrit avec des prolongements de lecture proposés par les intervenants.

Des balades ateliers suivront à la rentrée pour continuer à apprendre, observer et échanger.

La Ville de Marseille adhère aux principes de Faro

30 ans ans après le lancement de la mission européenne de patrimoine intégré dans les quartiers nord de Marseille, 20 ans après l’adoption par le Conseil de l’Europe de la convention-cadre sur la valeur du patrimoine culturel pour la société, connue comme Convention de Faro, 16 ans après la première adhésion à la Convention de Faro par la Mairie du 8me secteur, 12 ans après le Forum de Marseille sur la valeur sociale du patrimoine pour la société à Marseille, la Ville de Marseille dans son ensemble adhère aux principes de la Convention de Faro. 

Le conseil municipale du 11 juillet approuve l’adhésion de la Ville de Marseille aux valeurs et objectifs de la Convention de Faro du Conseil de l’Europe sur proposition de Perrine Prigent, élue au patrimoine, et Jean-Marc Coppola, élu à la Culture pour toustes.

Extraits :
Riche d’un patrimoine historique, culturel, architectural dense, héritière d’une histoire multimillénaire qui a constitué un patrimoine matériel et immatériel vivant et partagé, la Ville de Marseille attache une importance fondamentale à valoriser l’action des citoyennes et des citoyens qui s’investissent  spontanément dans une action de protection et de préservation des #communs.

⚖️ Engagée en faveur des droits culturels et patrimoniaux, la Ville de Marseille valorise et soutient les initiatives citoyennes, les mémoires plurielles et les cultures locales. Elle défend sans relâche le travail essentiel mené par les associations, entreprises d’insertion, #collectifs citoyens qui agissent tous les jours pour permettre un accès élargi aux trésors patrimoniaux de la ville et construisent une vie culturelle et un patrimoine en partage.

🏛️ Par la mise en œuvre de dispositifs favorisant la concertation et la participation tels que les « Pépites patrimoniales » ou le projet « Rue du Musée/Musée de la Rue », la Ville développe une riche démarche collaborative qu’elle place au cœur de son action.

Ces choix ambitieux s’inscrivent pleinement dans les principes de la Convention de Faro adoptée par le conseil de l’Europe en 2005. Ce texte définit le patrimoine comme un bien commun et reconnaît l’importance de la #mobilisation citoyenne dans la défense, la valorisation et la transmission du patrimoine culturel.

Plusieurs maires de secteur de Marseille ont déjà, en 2009, soutenu la démarche en faisant le choix de s’engager à mettre en œuvre ses principes [dans le cadre de la mission européenne de patrimoine intégrée initiée en 1995].

Aujourd’hui, La Ville de Marseille s’engage et choisit de signer cette convention pour signifier son adhésion aux valeurs et aux principes démocratiques portées par la Convention de Faro (…). Cette reconnaissance revêt une valeur symbolique forte et marque l’engagement de la Ville de Marseille en faveur d’une #vision élargie et participative du patrimoine.

Porté par la Coopérative Hôtel du Nord, membre du réseau de la Convention de Faro qui agit à l’échelle européenne pour faire connaître et défendre ses principes, cette démarche vient renforcer l’engagement de la Ville et lui donner une puissance renouvelée.

Cette signature s’accompagne d’engagements concrets pour déployer à Marseille une politique patrimoniale issue des principes de la Convention. Ainsi, la Ville de Marseille déploiera une démarche ouverte aux acteurs du territoire investis dans la conservation et la valorisation du patrimoine, afin de relier les citoyens, les élus, les acteurs économiques, sociaux ou institutionnels.

Image du Réseau 40xVenezia, de 2009, du Phare de Marseille (Faro) qui éclaire la place Saint Marc à Venise, suite à leur venue dans les quartiers Nord de Marseille à l’occasion de l’adhésion aux principes de Faro de la Mairie de secteur du 15me et 16me arrondissement de Marseille.

Faites Le grand Estaque, avec nous

VENDREDI 13 JUIN

LA PETITE BALADE DU GRAND ESTAQUE!

18h/20h suivie d’un repas partagé

Et si pour s’échauffer à discuter du Grand Estaque on commençait par une petite balade panoramique? On vous propose de se donner un temps de partage à partir du paysage, comme une introduction conviviale, polyphonique et en mouvement aux débats qui suivront.

De la Gare de l’Estaque à la pelouse du stade nous marcheront dans les diverses échelles du territoire, entre port et collines.

RDV à 18h à la Gare de l’Estaque.

Balade suivie d’un repas partagé sur la pelouse du stade Jean-Jacques Vernazza (derrière le centre social de l’Estaque et du bassin de Séon). Amenez de quoi partager !

VOILES PEINTES

21h / 23h : Espace Mistral

Exposition de voiles peintes, dégustation, musique et autres surprises du quai…

Une proposition : Goel’en et la route du Za’atar

SAMEDI 14 JUIN

FEUTREZ! Atelier pour (re)découvrir la (vraie) laine des moutons

9h30/16h Parc de la Jougarelle (derrière la Castellane)

En préparation d’une transhumance interquartiers qui se déroulera entre le Plan d’aou et Saint Henri pour les Journées européennes du patrimoine, on retrouve les savoirs de la laine. Les animaux sont aussi nos voisins et cette année le 1000 pattes d’Hôtel du Nord explore le bassin de Séon sur la Piste animale. Cet atelier autour de laine brute (cardage, feutrage et filage) sera animée par le collectif d’artistes SAFI.


Inscriptions :  https://bureaudesguides-gr2013.fr/evenement/atelier-balade-filez-avec-le-collectif-safi/

Une proposition de la coopérative Hôtel du Nord et du Bureau des guides du GR2013, avec l’association 3.2.1.

DÉAMBULATION MANIFESTE

10h30 / 12h : Rendez-vous au rond point du littoral Fenouil (dit « rond point des pompiers) et marche jusqu’au quai de la Lave en passant par le Chaudron (11h), le marché, l’Espace Mistral

Slogans poussés et informations dites le long du chemin

Accompagnement de la marche par la Fanfare des familles de l’Harmonie Estaque Gare

Haltes chantées par l’Estacanti de l’Harmonie Estaque Gare

Passage des Échassiers à l’Espace Mistral

Prises de paroles au quai de la Lave

Une proposition : Faites le Grand Estaque avec Nous !

LA GRANDE SARDINADE DE L’ÉCOLE DE L’ESTAQUE GARE

Midi et soir sur le terrain de boules de l’Estaque

Une proposition de l’association enfants Citoyens de Demain

POUR UN LITTORAL PARTAGÉ, OUVERT ET PROTÉGÉ (des pollutions)! Expositions, performances, conversations

10h/19h : Espace Mistral

Avec les associations : Aire Marine Éducative, Association Environnement Estaque, Cap au Nord, Déviation, Fédération des CIQ du seizième arrondissement de Marseille, Goel’en, Hôtel du Nord, Les Libres nageurs, Thala, Rendez-nous la Digue (du large) et d’autres encore !

Une proposition : Faites le Grand Estaque avec Nous !

LE TEMPS DES USINES (exposition)
DESSINES TON GRAND ESTAQUE ! (Atelier enfants et grands)

14h/19h : Villa Mistral

Une proposition : Syndicat des Initiatives et de l’association UNISéon.

LES GRILLES DU PORT (ligne de fuite #1)

15h/18h: Promenade entre urbain et portuaire, terriens et marins, histoires et devenir

Cette promenade dans les traces du passé du « Grand Estaque » et sa projection est une proposition qui se suffit à elle-même mais qui peu-être aussi comme une introduction aux discussions qui se tiendront ensuite à la Villa Mistral.

15h / 18h : Rendez-vous au Chaudron à 15h, balade jusqu’au quai de la Lave en passant par Sacoman, la « plage » et l’espace Mistral.

Une proposition : Michel Teule (Fédération CIQ 16 )

Contact : 06 83 27 45 50

QUELS PATRIMOINES POUR QUELS PARTAGES ET DEVENIR ?  (ligne de fuite #2)

19h30 / 22h30 : Villa Mistral

Soirée débat au cours de laquelle il sera question de la décision publique, de la fabrication des projets et des espaces de la participation.

Introduction chorale : Académie du chant populaire

Ouverture et modération Michel Teule

René Borruey (historien du port) , esquisse d’une histoire de la fondation des docks

Christian Marion (architecte), le roman de Marseille piège d’architecte

et des usages de la participation dans les décisions locales …

Discutants : Gilbert Spinelli, Jean-Marie Sanchez, Bernard Genet et chacune et chacun qui sera là…

Une proposition : Fédération CIQ 16

Contact : 06 83 27 45 50

DIMANCHE 15 JUIN

RASSEMBLEMENT CYCLISTES

9h30 : Dans le cadre de la Fête du Vélo, regroupement, petit déjeuner offert par la Marie 15/16

Départ Salué par la fameuse Bande à Séon (chant choral)

Une proposition : Vélo en ville

DIAGNOSTIC SENSIBLE EN MARCHANT

10h / 11h : Entre l’espace Mistral et le Quai de la Lave

Depuis l’espace Mistral jusqu’au quai de la Lave : quel état de la route 568, quel état de la Lave et de la mise à l’eau ?

Une proposition : Fédération CIQ 16 et association RiO

TCHATCHADES « Quel littoral veut-on ?  De quel littoral parle-t-on ? « 

11 h/12h30 : Square Bettini (angle de la montée Castejon et du chemin du littoral)

Habitants, simples passants, visiteurs, élus, travailleurs, minots, chômeurs, inactifs, étudiants, tchatcheur invétéré ou taiseux ! 

Qu’importe, car tous citoyens ! Venez partager votre pensée, votre envie de littoral !  

Accompagné par le comédien Jean-Marie Arnaud-Sanchez, laissez-vous aller à l’echange, à la tchache.

Une proposition de l’association RiO

Tchatcher : v. intr. (de l’espagnol chachare) parler beaucoup (surtout pour ne rien dire), avec volubilité, pour convaincre, impressionner. Particularisme marseillais ayant tendance à se mondialiser. 

APÉRITIF ET PAELLA

Les discussions pourront se poursuivre par un apéritif offert sur place.

Une proposition : Mairie des 15° et 16° arrondissements

Paella : 10 euros

Une proposition : Handestau

CARNAVAL DE LA MER

14h/18h : Espace Mistral 

Ce Carnaval est une fête pour rassembler et faire de nouvelles rencontres. Il est porté par l’association Hatoup qui a pour objet de permettre l’accès à la mer pour tous et pour le droit à un usage populaire de la mer.

« Face à un mouvement général de peur et de fermeture sur soi, on essaie comme on peut de faire valoir ce qui nous semble être l’essence même d’un port et du littoral : un espace ouvert sur l’autre qui favorise la rencontre et les échanges ».

Information : https://youtu.be/2cX50e623oc?si=yjPt7Fv-IIuP46D1

Une proposition : association Hatoup !

LA PISTE ANIMALE DES ENFANTS : Bestiaire des quartiers nord #2

Les ateliers « Bestiaire des quartiers nord » proposent aux enfants (petits et grands) de mener l’enquête sur la présence plus ou moins visible des animaux près de chez eux. Ces rendez-vous, animés par Chloé Mazzani, Jeanne Alcaraz, Willy Le Corre et Julie de Muer, sont l’occasion d’explorer la ville, de partager des connaissances et d’élaborer collectivement des formes (chansons, histoires, dessins, enregistrements) qui seront restituées lors de la « Grande Transhumance » le samedi 20 septembre.

Le 2e et le 3e épisode des ateliers à la bibliothèque ont permis de mener à bien l’enquête sur le loup de Saint-André et d’affirmer : il y a bel et bien des fauves qui habitent le quartier !

Cette fois-ci, Marie, Elsa et Elisabeth sont venues prêter main forte à Chloé et Jeanne pour faire face à la meute de chats-loups-garous-mi-lapins-mi-guépards. Ces spécimens hybrides, parfois inquiétants mais souvent rigolos, se sont matérialisés après avoir été invoqués à force de chants, de chorégraphies d’essaim d’abeilles et d’histoires sur les grands fauves. La transformation s’est définitivement opérée lorsque chaque enfant a eu choisi son animal totem du jour.



Recette pour faire apparaître son animal totem :

Choisir le 1e animal qui nous vient en tête
lorsqu’on se regarde dans la glace le matin.
Ajouter une couleur qu’on porte sur ses vêtements.
Et finir par son humeur de l’instant.

Fourmi-Violette-Râleuse, Baleine-Jaune-Contente, Eléphant-Noir-Cruel, Chat-Bleu-Enervé..

On s’est mis d’accord sur le fait qu’on avait envie que les animaux soient plus présents dans notre quotidien. Qu’il y ait des animaux dans la rue, dans notre salle de classe, dans notre chambre pour s’amuser, ou encore dans notre lit pour nous protéger des mauvais rêves.



Ces animaux rêvés sont bien souvent hybrides, mélange d’espèces -comme le Sinchapin issu du croisement du singe, du chaton et du lapin-, voire créatures siamoises -comme « Marie Pierre », dont la moitié du corps est guépard, et l’autre moitié renard.

Pour donner de la matérialité à ces histoires, nous avons fait le portrait de toute cette faune.

Le lapin-vampire a rapidement fait des petits.

La baleine-cyclope a mobilisé beaucoup d’efforts et de pots de peinture.

Nous avons à présent tout une ménagerie, prête à être lâchée dans les rues de Saint-André ! Mais..comment faire pour être sûre que la cohabitation se passe bien ? Il y a beaucoup de voitures, le Sinchapin ne risque t-il pas de se faire écraser ? Et si le lapin-vampire faisait des bêtises et mordait quelqu’un pour son petit-déjeuner ?
On se souvient alors qu’en meute, en troupeau, en banc on est plus fort et que le mieux à faire serait de réunir tous nos animaux sous la protection de deux grands fauves !

C’est la symbiose.

Mais on ne va pas s’arrêter là ! Maintenant que notre Super Animal Totem est prêt, on part en expédition pour le remettre en liberté dans le quartier.

L’art du camouflage n’est pas réservé aux caméléons.

Nous partons (discrètement) en mission en direction du « petit terrain », qui abrite depuis les premiers pas du Caminando en 2023 les élans de vitalité et de folie des habitant.e.s

Face à un si beau mur, comment résister à l’envie d’encoller…Marie prend les rênes et nous enseigne, du haut de son expérience de colleuse d’affiches, la meilleure technique : celle qui consiste à plonger les mains dans le saut !

La jungle urbaine est devenue réalité.

Quand vous passerez à Saint-André, ouvrez l’oeil et tentez d’apercevoir les grands fauves qui se tapissent.
Ahooooooooooou !

LA PISTE ANIMALE#5 : du chemin des lycéens au chemin des gammares…

Une balade dans laquelle les yeux de deux photographes semblent nous pister. Parfois au cœur de l’échange, parfois en lisière, ils portent attention à leur vision périphérique, jouent avec les distances, font corps avec la petite meute ou s’éloignent en solitaires, faisant apparaitre les autres corps qui traversent, évitent, passent, vivent ici.

L’un est plutôt loup, l’autre est plutôt chat. Pourrait-on reconnaitre le regard d’elle, l’attention de lui ? Elle s’appelle Evangeline, il s’appelle Franck. Pour ce récit ce sont leurs images qui seront la trace de notre nouvelle recherche du petit Chemin des Bestiaux.

PARTIE 1 : Le centenaire, le chien et l’enfant

Il était une fois un paysage. Ce paysage n’était pas ce ceux qu’on voudrait croire immortel. Depuis sa naissance il s’était tant et tant transformé que parfois il devait rappeler qu’il était toujours là, toujours vivant, toujours avec nous, fais de nous et dans nous. Ainsi le « nous » essayait de se rappeler, ce n’était pas facile. 

Ce jour-là nous avons réussi, un peu, grâce à l’alliance que le paysage avait passé avec le centenaire, les enfants et le chien.

Le centenaire et la mémoire

Pierre tient son chemin, celui des bestiaux, celui des hommes qui conduisent à l’abattoir. « Gorge Cœur Ventre », il nous invite à plonger dans le regard de la mise à mort industrielle puis nous lit presqu’en sautillant la fable « Le cochon, la chèvre et le mouton ».

Evangeline le chat parfois se faufile entre les humains pour les observer de près, Franck le loup regarde autour. A notre tour de pister leurs photos !

Zoom sur un extrait du film Gorge Cœur v-Ventre de Maud Alpi

Une Chèvre, un Mouton, avec un Cochon gras,
Montés sur même char s’en allaient à la foire :
Leur divertissement ne les y portait pas ;
On s’en allait les vendre, à ce que dit l’histoire : 
Le Charton n’avait pas dessein
De les mener voir Tabarin
Dom Pourceau criait en chemin
Comme s’il avait eu cent Bouchers à ses trousses.
C’était une clameur à rendre les gens sourds
Les autres animaux, créatures plus douces,
Bonnes gens, s’étonnaient qu’il criât au secours ; 
Ils ne voyaient nul mal à craindre.

Le Charton dit au Porc : Qu’as-tu tant à te plaindre ?
Tu nous étourdis tous, que ne te tiens-tu coi ?
Ces deux personnes-ci plus honnêtes que toi,
Devraient t’apprendre à vivre, ou du moins à te taire.
Regarde ce Mouton ; a-t-il dit un seul mot ?
Il est sage. Il est un sot,
Repartit le Cochon : s’il savait son affaire,
Il crierait comme moi, du haut de son gosier, 
Et cette autre personne honnête 
Crierait tout du haut de sa tête.

Ils pensent qu’on les veut seulement décharger,
La Chèvre de son lait, le Mouton de sa laine.
Je ne sais pas s’ils ont raison ;
Mais quant à moi qui ne suis bon
Qu’à manger, ma mort est certaine.
Adieu mon toit et ma maison.
Dom Pourceau raisonnait en subtil personnage :
Mais que lui servait-il ? Quand le mal est certain,
La plainte ni la peur ne changent le destin ;
Et le moins prévoyant est toujours le plus sage.

A la fable, Danièle répond par le chant et la ballade popularisée par Joan Baez « Donna Donna », dont beaucoup d’entre nous découvrent la signification. Et une fois encore, nous chantons avec le paysage…

Dans un wagon rempli pour le marché,
Il y a un veau avec un œil morne.
Au-dessus de lui, une hirondelle
Bat des ailes rapidement dans le ciel.

Comment les vents rient-ils ?
Ils rient de toutes leurs forces !
Rire et rire toute la journée,
Et la moitié des nuits d’été.

Donna, Donna, Donna, Donna
Donna, Donna, Donna, Don
Donna, Donna, Donna, Donna
Donna, Donna, Donna, Don

« Arrêtez de vous plaindre », dit le fermier.

« Qui vous a dit d’être veau ?
Pourquoi n’avez-vous pas d’ailes pour voler avec ?
Comme l’hirondelle si libre et fière ? »

Comment les vents rient-ils,
Ils rient de toutes leurs forces !
Rire et rire toute la journée,
Et la moitié des nuits d’été.

Donna, Donna, Donna, Donna
Donna, Donna, Donna, Don
Donna, Donna, Donna, Donna
Donna, Donna, Donna, Don

Les veaux sont facilement attachés et abattus,
Ne sachant jamais pour quelle raison.
Mais celui qui chérit la liberté,

Comme l’hirondelle a appris à voler.

Comment les vents rient-ils ?
Ils rient de toutes leurs forces !
Rire et rire toute la journée,
Et la moitié des nuits d’été.

L’enfant et le jeu

Thais et Hiacinte volent autour de nous à la manière des hirondelles. Soudain ils deviennent chevaux, araignée, tous les animaux à la fois. Ils sont vivants et évoquent dans leurs jeux libres et aventureux nos conversations sur les relations, entre apprivoisement, domestication, ensauvagement… Et leurs corps mettent en mouvement le paysage, rendent intéressant une barrière, passionnant un muret, apprenant un escalier. 

Evangeline attrape quelques moments au vol !

Luna et Tania

La Tania et la Luna. Tout de suite ça sonne !

Evangeline a fait leur portrait et c’est Franck qui a pisté leur relation. Dans cette relation, on est parfois ensemble, à deux ou en collectif, on se touche, on cohabite serré, et d’autres fois on prend le large. Luna la chienne laisse alors Tania à ses conversations humaines et rejoint le paysage des enfants. Elle aussi révèle sa vitalité et une manière d’habiter en activant les espaces et le mobilier urbain.

PARTIE 2 : L’autre chemin des bestiaux

Maintenant que nous sommes un peu plus un « nous », on part en direction du petit chemin des bestiaux en explorant les traverses de Saint-Louis. Chacun observe à sa façon, on s’imbrique enfants, chien, oiseaux, habitants d’ici ou de plus loin. À partir de là nos photos se mélangent, celles d’Évangéline et Franck mais quelques-unes aussi de Julie qui complètent le parcours.

Le chemin des bestiaux de Pierre, c’était aussi l’idée d’un « chemin de conscience ». Il a été emprunté pour les manifestations contre l’incinérateur qui devait être installé au bord du ruisseau des Aygalades, a été le support des nombreuses chansons qui racontent les quartiers nord et que Pierre aime à nous partager.

Le «chemin des lycéens » que nous empruntons semble alors étrangement en résonance, et les luttes d’aujourd’hui émergent au fil du chemin. Gaza, luttes féministes, défense du quartier, on longe aussi l’usine d’où est partie la fuite au chrome 6 qui a pollué l’ensemble de la nappe phréatique, le ruisseau et ainsi les animaux qui y vivent ou les humains qui auraient par exemple jardiné avec l’eau de leur puits. On ruisselle alors vers des histoires géologiques, on passe les barrières pour plonger dans le tuf…

Alors que la pluie nous rattrape, on se transforme en essaim sous le porche d’un immeuble, gentiment accueillis pas les petits joueurs de foot.

Pierre nous partage un dernier texte témoin des solidarités auxquelles il nous invite et c’est en partageant l’imaginaire des gammares, crevettes du fleuve côtier et nom du joyeux collectif qui s’est mobilisé pour en prendre soin, que la divagation sur le chemin des bestiaux se conclue.

Photos Evangeline Allize, Franck Pourcel et Julie de Muer

Janine est « née au ciel » cette nuit. 

Janine est « née au ciel » cette nuit. 

Arrivée avec Gérard à l’Estaque en 1993, elle a réalisé à ses côtés le rêve d’habiter une maison hospitalière avec vue sur la mer. C’est dans leur Maison bleu de l’Estaque qu’ils ont proposé l’hospitalité dans un gîte urbain niché dans la verdure de leur jardin, parmi les figuiers, chèvres-feuilles, jasmin, bougainvillées …

Ensemble ils ont ouvert l’une des premières chambres d’accueil chez l’habitant de la coopérative Hôtel du Nord. 

Janine a été une petite main discrète et essentielle de notre coopérative d’habitants et d’habitantes. Que ce soit lors de nos assemblées générales comme lors de nos balades et explorations patrimoniales. 

Elle a été une hôte attentionnée, accueillante, disponible, aux petits soins, chez qui ont revient et de chez qui il ne faut pas partir sans avoir goûté à sa confiture de figues …pour reprendre les mots des nombreux passagers et passagères accueillis dans la maison bleu. 

La bénédiction aura lieu en l’église de l’Estaque mardi 13 mai à 15:45. Pour celles et ceux qui le souhaitent, le moment de la bénédiction sera le plus approprié pour rendre un dernier hommage à Janine

Janine sera ensuite incinérée au cimetière Saint-Pierre au sortir de l’église.

Qu’elle repose en paix. Nous avons une pensée toute particulière pour Gérard et ses proches.

Galerie d’images de Dominique Poulain.

LA PISTE ANIMALE DES ENFANTS : Bestiaire des Quartiers Nord #1

Les ateliers « Bestiaire des quartiers nord » proposent aux enfants (petits et grands) de mener l’enquête sur la présence plus ou moins visible des animaux près de chez eux. Ces rendez-vous, animés par Chloé Mazzani, Jeanne Alcaraz, Willy Le Corre et Julie de Muer, sont l’occasion d’explorer la ville, de partager des connaissances et d’élaborer collectivement des formes (chansons, histoires, dessins, enregistrements) qui seront restituées lors de la « Grande Transhumance » le samedi 20 septembre.

Date des prochains ateliers :
à la bibliothèque de Saint-André
mercredi 21 et samedi 24 mai
14h30-16h30

au parc de la Jougarelle
mercredi 7, 14 & 28 mai
mercredi 11 juin
14h-16h

Atelier #1
mercredi 23 avril 2025 à la bibliothèque de Saint André

Ouf ! Il fait beau ! On va pouvoir mettre le nez dehors sans risquer de s’enrhumer.

Aujourd’hui, Chloé, Jeanne et Elodie comptent les minots venus participer à l’atelier dans la cour de la bibliothèque : il y en a bien 25. Il faut dire que le centre aéré est venu en force.

Afin de faire connaissance et de commencer à former notre troupeau, on nomme notre animal préféré et on imite son cri, sa manière de se tenir, de bouger. Les cris de panthères commencent à résonner dans la cour, tandis que des cobras sillonnent le sol. Les quelques timides du groupe haussent les sourcils : est-ce un zoo ou bien un cirque ?

Chloé propose un jeu :
Que chacun choisisse son animal totem. Puis une qualité -ou un défaut- qui le représente le mieux. On assemble les deux et voilà, on obtient son nom indien !

Tous les enfants ont disparu, à la place se tiennent Tigre Indécis, Cobra Puissant, Rossignol Nerveux, Girafe Maigre, Ours Fatigué, Otarie Joyeuse, Chat Rigolo…
Est-ce une nichée, un ban, un essaim ?

Non ! C’est une meute ! Une meute de loups, que guide Jeanne au rythme de la bourrée :

Je mène les loups, mène les loups laissez donc faire
Je mène les loups, mène les loups loin de chez vous

Je n’irai pas au bord de la rivière
Je n’irai pas si mon amant n’y est pas
Je n’irai pas au bord de la rivière
Je n’irai pas si mon amant n’y est pas

Je mène les loups, mène les loups laissez donc faire

Il y aurait donc des loups à Saint-André ? Pas facile de les repérer puisqu’ils ne sortent que la nuit. Le plus simple est peut-être d’aller chercher des indices là où ils sortent pour boire ou se nourrir.
Mais qu’est-ce que ça mange un loup ? Des moutons ! Zut, le troupeau n’est pas repassé depuis la transhumance de septembre dernier.. Heureusement il y a des poules ! Juste derrière la bibliothèque !

Elodie nous conduit jusqu’à une maison qui se trouve dans la rue derrière l’église : dans le jardin, une bonne quinzaine de poules de toutes les couleurs. Les propriétaires sont très gentils et ouvre à la meute hirsute qui gratte à son portail.

A-t-on déjà vu un loup dans le poulailler ?

Non jamais.

Un renard alors ?

Même pas. Les seuls qui cause du tord aux poulettes ce sont..les rats !

Nous voilà reparti.e.s « Ahoooooooou » à la recherche du Loup de Saint-André. En chemin Cobra Puissant nous avoue qu’il a peur des loups…

Il y a t-il des créatures cachées dans les buissons ? Nous voilà au parc Emmanuel Vitria : on cherche la petite bête sur les figuiers, entre les feuilles, dans l’herbe fraîchement tondue.

Un débat s’installe à propos de la « cabane perchée » : est-ce qu’il s’agit d’un abris pour les pigeons ou bien pour les abeilles ? Chacun y va de sa théorie. Marie-Agnès nous souffle que c’est bien un pigeonnier. « La ville de Marseille récupère les fientes et fertilise les plates bandes alors ? Mais c’est formidable » s’exclame Chloé. Il semblerait qu’en réalité le but de ce Bed and Breakfast ait pour objectif de distribuer de la nourriture contenant des produits contraceptifs, afin de limiter la reproduction des volatiles.Les services municipaux ne sont donc pas aussi à la page des gestes de cohabitation humains-animaux qu’on l’espérait.

Nous continuons notre déambulation dans les rues du quartier, telle une meute de jeunes loups.

En passant devant un portail, nos effluves de bêtes des bois déchaîne l’ire de trois chiens féroces.

Au croisement de la traverse Rey et de la rue Régine Crespin, un autre spectacle nous attend : le domptage des fauves ! A l’aide de sa pâtée et de ses croquettes, Mme Mamie a su apprivoiser les chats sauvages du quartier. Elle connaît leurs noms, leurs histoires et s’occupe d’eux plusieurs fois par jour.

Après le spectacle, la dompteuse prononce un discours salutaire sur la prévention de la maltraitance des animaux.

La meute retourne à la bibliothèque en chantant « Je mène les loups ».

Pour finir, nous retraçons notre aventure sur une carte de Saint-André : les rues et les bâtiments sont dessinés mais où sont les animaux ?
En quelques coups de crayons, nous rajoutons tout ce qui manque sur la carte.

Lors de la prochaine séance, nous continuerons à nous raconter des histoires d’animaux des villes et d’animaux des champs (des chants), et nous les peindrons grandeur nature (et même au delà).