A l’occasion de l’Assemblée des communs qui s’est tenue à Marseille du 12 au 14 novembre, Hôtel du Nord et le Bureau des guides ont proposé une grande balade-atelier pour relier plusieurs initiatives, toutes actuellement en grande fragilité, propices aussi à questionner cette notion qui parle de nos rapports à la propriété, de la place qu’on donne au vivant, de quand et comment on tente de se mettre en commun pour un espace, un bien, une pratique.
En voici un petit récit, plutôt poétique que politique, quoique…
Comme Un matin sur un quai de la Lave, en pied de collines de la Nerthe.
Lumière froide des histoires brûlantes de l’ancien Parc à Bloc, des usines à ciment et à chimies, des projets échoués et des envies de continuer à vivre ici. #Espace commun/Espace public?
Comme Un tiers village noyé dans les tiers lieux.
Quête des vocabulaires pour tenter de nommer ce qui se fait, se vit, se régule, s’agence, s’ajuste, s’invente à l’ombre du Grand Port.
Epuisement du langage, tangage, sillage… #Permaculture des usages #A qui la mer #Habiter les Containers
Comme Une fleur plantée sur une pelle.
Un jardin sauvé une saison, une maison sans mur qui pousse au jour le jour, et au loin la colline qui peine à contenir nos containers errants.
Au milieu des voiries bruyantes, les voix in-finies de Wardia, de Danièle, d’Hamid, de Philippe, de Mlouka, des voisins. #Soin du vivant #Voisinages joyeux et créatifs
Comme Un ancien parc bastidaire.
Comme Une autoroute sur notre tête.
Marcher à la rencontre de ce qui vient, de ceux.elles qui sont là. #Partager les récits #Penser avec ses pieds
Comme Une fissure qui raconte.
Un centre commercial aux pieds d’argile, une aventure qui tient le terrain, une recherche qui explore avec des pinceaux et des baguettes magiques. #Recherche action#L’Art qui active#Auto-organisations
Comme Un coucher de soleil sur une terre.
Ecouter les enfants qui chantent à la lune quand entre chiens et loups les contenairs deviennent des jeux, les propriétaires des partenaires, les politiques des formes floues et Marseille commun mirage. #Communs fonciers#Usages et droits d’usages
Comment faire entrer dans l’histoire officielle de la ville de #Marseille les mémoires et les paroles des habitant.e.s précarisé.e.s et victimes de la violence institutionnelle?
Le droit au patrimoine culturel est inhérent au droit de participer à la vie culturelle, tel que défini dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Toute personne, seule ou en commun, a le droit de bénéficier du patrimoine culturel et de contribuer à son enrichissement. La conservation du patrimoine culturel et son utilisation durable ont comme but le développement humain et la qualité de la vie (Convention de Faro, articles 1 et 4)
Ce vendredi 5 novembre 2021, après l’hommage aux victimes des effondrements du 5 novembre 2018, une déambulation partira de la rue d’Aubagne et se rendra au Musée d’Histoire de Marseille pour l’inauguration du projet PRENDRE PLACE. Cette collaboration entre l’association Noailles Debout! et du Musée d’Histoire de Marseille, accompagnés par Hôtel du Nord, fait entrer dans l’histoire officielle de la ville de Marseille les mémoires et les paroles des habitant.e.s précarisé.e.s et victimes de la violence institutionnelle.
L’invitation à prendre place
Après l’hommage qui se tiendra rue d’Aubagne au matin du vendredi 5 novembre, nous vous invitons à former un cortège qui partira dignement à 10h30 de la Place du 5 novembre jusqu’au Musée d’Histoire, à 700 mètres de marche. Nous porterons le quartier au-dessus de nos têtes, (une grande maquette d’étudiants architectes réparée par des jeunes et enfants du quartier, voir photos dans la discussion).
De 11h à 12h, nous partagerons un verre et l’expression de notre détermination collective à écrire cette histoire ensemble.
PRENDRE PLACE est un projet collectif d’écriture singulière de l’histoire du quartier de Noailles. Il démarre le 5 novembre novembre 2021, trois ans après l’effondrement du 63 et du 65 rue d’Aubagne. Les habitant.es du quartier organisent leurs archives, écrivent leurs mémoires et transforment leur avenir à travers un processus de patrimonialisation réalisé hors et dans les murs du Musée d’Histoire, dans une co-production originale entre habitants, conservateurs, associations, artistes et chercheurs.
LANCEMENT PRENDRE PLACE, ACTE I À PARTIR DU 5 NOVEMBRE 2021
Le 5 novembre 2018, les immeubles 63 et 65 de la rue d’Aubagne dans le quartier de Noailles s’effondrent, emportant des vies et des mémoires. Dans le fracas et le désordre qui suivent cet épisode dramatique et singulier de la vie d’une ville, des habitant.es veillent, s’entraident, se réconfortent. Ils se questionnent et organisent aussi pour « prendre place » dans ce grand vide laissé par les effondrements, en commençant par se rappeler que cet événement brutal s’inscrit dans l’histoire de ce quartier populaire, ancien, hôte d’une diversité culturelle et témoin d’une certaine gestion urbaine.
C’est l’histoire d’une place à prendre dans la ville.
C’est une proposition participative et évolutive basée sur la réparation et la valorisation de la mémoire.
C’est un processus qui vise à inscrire cette place dans l’Histoire collective.
Ce sont des habitant.es qui interpellent le Musée sur la nécessité de faire une place à leur histoire.
Un partenariat de l’association Noailles Debout ! et du Musée d’histoire de Marseille, accompagnés par la coopérative Hôtel du Nord.
la coopérative d’habitants Hôtel du Nord est associée à la pétition « A Marseille, respirer tue » et à la manifestation du 21.10.2021 qui se tiendra à l’entrée de l’Estaque au rond point des pompiers,
A Marseille, respirer tue 2500 personnes par an, 7 personnes par jour.
L’activité maritime et croisiériste en est en grande partie responsable … alors que des solutions existent : en finir avec le fuel très polluant par le remplacement par du Gaz Naturel Liquide (GNL) et surtout mettre en place le branchement électrique à quai.
Ces deux moyens sont actés par le port mais à des échéances trop lointaines : électrification en 2022 pour les quais à La Joliette (c’est-à-dire pour Euromed 2) après 2026 pour la forme 10 (les quartiers Nord peuvent bien attendre).
A cette pollution aérienne s’ajoute la pollution sonore créée par les moteurs qui tournent et la pollution de la rade de Marseille avec tous les effluents liquides du port qui s’écoulent directement à la mer sans dispositif ni de traitement ni de rétention.
Pour accélérer vers une activité portuaire propre, pour électrifier en priorité la forme 10 et le quai Léon Gourret (les croisiéristes), à l’initiative du collectif Respire tue et à l’appel des associations signataires, signez la pétition et venez au rassemblement jeudi 21 octobre sur l’esplanade devant Servaux face à la Forme 10:
A partir du rapport d’AtmoSud (l’organisme chargé de la surveillance de la pollution aérienne) sur la situation factuelle de la pollution dans nos quartiers, un capitaine au long cours et le médecin président de l’association santé environnement France (ASEM), cardiologue spécialiste de ces questions, expliqueront les enjeux du problème. Des réseaux de capteurs citoyens seront également présentés.
La fédération des CIQ du 16ème et les associations du 16ème : Cap au Nord, Association Estaque Environnement, Thalasanté, Hôtel du Nord et FNE 13.
Depuis les premières marches collectives avec Christine Breton les Journées Européennes du Patrimoine sont restées un moment symbolique fort pour affirmer et partager une approche vivante du patrimoine, qui relie, tisse les histoires, nous invitant à mieux habiter en renforçant nos voisinages et notre sens des lieux.
Cette année, à l’occasion des JEP 2021, les multiples communautés de la coopérative Hôtel du Nord propose quatre rendez-vous. Ce riche programme est à l’image des multiples rencontres, des projets foisonnants et parfois surprenants issus des nouveaux chantiers d’explorations ainsi que de la poursuite d’anciens. Au programme : balades, pique-niques, expositions, ateliers, interventions artistiques, rencontres avec les voisins (humains mais aussi à feuilles, à plumes, à poils…).
Samedi 18 septembre, St Louis-Les Aygalades/ 14h-17h
Une balade mélangeant histoires jardinières et patrimoniales pour aller à la découverte de ces incroyables jardins partagés du côté de l’ancienne gare de Saint Louis-Les Aygalades.
Samedi 18 et dimanche 19 septembre, St Henri/L’Estaque toute la journée
LES HISTOIRES VRAIES DE MIRAMAR
Balades, expo, ateliers, interventions artistiques, rencontres de voisinage autour d’un site à préserver
Pendant longtemps peu d’habitants de Saint Henri et de L’Estaque savaient où était ou ce qu’était Miramar. Des riverains proches prenaient soin de longue date de ce petit poumon vert, sans pour autant le nommer. Et puis un jour d’avril 2021, en plein confinement, ce reliquat de terrain de campagne faillit devenir une extension des usages de logistique portuaire déjà présents dans le quartier, sous forme de stockage de containers…
Les Journées Européennes du Patrimoine sont l’occasion de restituer ces quelques mois de mobilisation, d’enquêtes et de rencontres.
Samedi 18 septembre [10h-18h]
Balade suivi d’un pic-nic partagés, puis d’un après-midi dans tous les sens…
Une balade qui relie les histoires tuilières , industrielles mais aussi musicales et artistiques de ce côté de l’Estaque pour imaginer Miramar comme un lieu de mise en commun, de rencontres, de poésie et de solidarités.
Pic-nic partagé / 12h30
Tous à Miramar / à partir de 14h
Visites du site, promenades botaniques, interventions artistiques, chants partagés, ateliers…
A l’occasion de la rénovation urbaine en cours, les travaux ont mis à jour au fond du vallon un bel ensemble de fours à chaux, témoins du passé industriel de ces quartiers en bordure du massif de l’étoile. Nous partagerons à la fois l’enquête des habitants et le regard de l’archéologue sur ces vestiges important à une transmission vivante de l’histoire locale.
Après bien des turbulences, la date du 2 mai 2021 finit par arriver et la Balade Harmonique, tant de fois annulée, remaniée, transformée, eu lieu !
Dominique Poulain, la photographe officielle de la coopérative, en a fait une photonovella à même de raconter cette épopée
Tout commence par la photo du bicentenaire
Un siècle nous sépare…
Départ de l’Harmonie de l’Estaque
Arrivée sur le Pont de Bovis et discours du maire du pont
L’histoire du pont et des habitant.e.s des deux rives par Daniele et Agnès
Et puis on chante « Ederlezi » pour souhaiter la bienvenue à Lazlo, le bébé né l’année dernière à la toute fin du confinement
Expérimentations autour du mobilier urbain par Aldo
Pendant que Chloé et Antoine font le mur
On longe le chemin du Balicot et les containers stockés les uns sur les autres
Jean, M’louka et Christine racontent l’histoire de l’invention des containers comme moyen de transport international et efficace des marchandises ainsi que sur les transformations industrialo-portuaires qu’ils génèrent
Sous le pont, on chante en harmonie
Vers Saint-Henri
Notre groupe nombreux et musical ne manque pas d’attirer l’attention des voisin.es
Arrivée place Raphel
Plus d’une histoire à raconter à propos de cette place, et de la mystérieuse ressemblance entre l’Harmonie de la Sainte Cécile et le cinéma l’Alhambra
L’interprétation magistrale du poète Saint Pol Roux par Loïc
Puis la Fanfare des familles nous conduit jusqu’à l’Orphéon, le local où se sont retrouvées les toutes premières chorales ouvrières au début du XIXe
L’histoire des sociétés musicales nous est contée par Jean-Pierre Daniel et Gérard Leidet, questionnés par Danièle et Mathilde
Pendant ce temps, Willy et les choristes se préparent à entamer Indian Red
Par le chant interprété collectivement et sans interruption tout le temps de la montée vers la Montjarde, le groupe se transforme en orchestre..
L’arrivée à la Montjarde
Le Vacarme Orchestra donne le rythme et représente le centre ville, à travers les initiatives qui associent musique et cohésion du territoire
On souffle un peu dans le petit théâtre de Verdure.
Tchatchade avec Jean Marie, Bernard Jeunet et Michel Teule à propos de la Montjarde, bastide, usine et lieu d’habitat collectif
Grand8 en pleine impro libre sous les arbres
Miramar, c’est par ici !
Le Grand final : Bienvenue à Miramar
Les choristes entraîné.es par Willy entament des chants de carnaval
Des visiteurs venus de Foresta
Moment de lyrisme avec Marie
Puis on se déchaîne avec le tube du moment « Danser encore » de HK
Tout finit toujours par un pique nique
Derrière les arbres, le containers voisins, dont la prolifération menace le terrain de Miramar. Qu’importe, les habitant.es, les voisin.es, les ami.es sont là pour protéger ce poumon vert des quartiers nord
Deux ans, deux reports et trois confinements. C’est bien le temps qu’il faut pour tracer un chemin. Deux ans, c’est bien peu de temps pour relier des communautés. Et pour jouer de la musique, combien en faut-il d’années ? Deux ans pour imaginer collectivement une balade, non pas pour chercher à devenir musicien.nes mais pour l’être dès qu’on prend part à l’élan collectif.
Etape 1 : au commencement, le bicentenaire de l’Harmonie de l’Estaque
En 2020, l’Harmonie de l’Estaque a soufflé sa deux centième bougie. Sise à proximité de la gare de l’Estaque, ce lieu raconte l’histoire de la sociabilité ouvrière, des rapports complexes avec les patrons (qui le fondèrent et le financèrent avant que des groupes de travailleurs, souvent lié aux mouvements communistes très actifs dans les quartiers , ne le prennent en main) , et témoigne du dynamisme artistique de ce territoire. Toujours active mais un peu lasse de ses habitudes, l’Harmonie a trouvé grâce à la nomination de son actuel président, Henri Gil, un nouveau souffle. Le bicentenaire est alors devenu l’horizon et le cadre d’un vaste désir de maillage et de coopération avec de nombreuses associations, les écoles, les artistes voisins. De nouveaux usages sont naturellement apparus dans cet élan (ateliers de chants populaires, de danses trad ont commencé à animer les locaux régulièrement, à venir la reprise avec la Fanfare des familles d’un orchestre ouvert à tous.tes…).
De là est née l’envie de fêter dignement cet anniversaire, par une grande balade qui mettrait en perspective histoire tuilière et musique. La thématique tuilière faisant le lien avec le parc urbain de Foresta, l’idée d’une marche autour de l’Harmonie a pris des proportions inhabituelles : faire une traversée, de l’Estaque à Foresta, sans jauge limitée côté public. Une balade qui aurait lieu une seule fois et qui occuperait une journée complète. Des musicien.nes habitant.es ont été sollicité.es pour ponctuer le passage des baladeur.euses. Pour faciliter l’autonomie au sein d’un groupe très large, on a imaginé un carnet de bord contenant des informations multiples ainsi que des incitations à découvrir par soi-même en portant son attention sur tel ou tel détail discret.
Prévue pour le 2 mai 2020, la matinée devait permettre de rejoindre l’école primaire de Saint-Henri où les élèves, très impliqués dans l’étude de l’histoire tuilière, auraient présenté avec leurs camarades de l’Estaque-Gare le fruit de leurs recherches. On aurait ensuite rejoint Foresta en ligne droite. Là, la balade se serait terminée par une grande fête, « la fête du marquis de Foresta », version moderne et carnavalesque. Cette jonction aurait été l’occasion d’une fête de quartier, impliquant l’équipe de Foresta, les enfants qui gravitent autour du centre équestre, des groupes de musique et de danse et tout le public volontaire. Cette balade était donc vraiment placée sous le signe du ralliement, et du mélange des genres voire de l’inversion des rôles…
Reportée du fait du confinement#1, la balade harmonique a été reprogrammée en mai 2021, toujours dans le même esprit de rassemblement et de mouvement collectif.
Etape 2 : de la persévérance en temps de confinement
Le confinement de mars-mai 2020 a complètement bouleversé le programme de balades et d’explorations de la coopérative. Toutefois, dès le mois de juin, une série de « balades des confinés » voit le jour : les coopérateur.ices créent une forme de balade inédite, destinée à partager leur propre expérience du confinement. Au cœur de cette reprise intense, on parle aussi du report de la balade harmonique et des moyens de la transformer pour qu’elle intègre les changements récemment vécus. Le 6 août 2020, Julie De Muer envoie un mail collectif pour informer des décisions prises lors de la réunion du 22 juin à propos du report de la balade harmonique.
<Julie Demuer> jeu. 6 août 2020 08:58
Bonjour à tous.tes,
J’ai tellement pris de retard sur pas mal d’aventures à relancer après le confinement que je ne trouve que maintenant le temps de raconter ce qu’on s’est dit lors de nos retrouvailles autour de la Balade harmonique.
Ceux qui étaient là: Julie, Danièle, Dominique, Jean, Jean-Marie, Henri, Mathilde
CONTEXTE POST CONFINEMENT
• L’Harmonie décide d’étendre le bicentenaire à 2021.
Dans l’état d’esprit, les présents à la réunion étaient tous d’accord qu’il ne s’agissait pas tant de reporter ce qui aurait du avoir lieu le 3 mai mais de le transformer en en reprenant bien sur les ingrédients mais en s’autorisant à modifier les contenus et la manière de faire.
• Concrètement nous sommes arrivés à un scénario qui proposerait de prendre comme socle et horizon la grande balade (qui pourrait avoir lieu début mai 2021), mais qui se déclinerait en 3 balades publiques intermédiaires, correspondant aux 3 séquences qui existaient déjà dans notre premier version, et qui correspondent aussi à un ensemble d’acteurs, d’habitants, à une sensibilité, une couleur.
• Pendant le confinement, des relations se sont tissés dans des micro-voisinages.
Hôtel du Nord en a proposé en juin des mises en forme collective au travers de 7 « balades des confinés », portées par des voisins à partir de leur vécus.
Elle s’est déroulée le 28 juin (très très bien) et amène une nouvelle énergie pour la balade Harmonique en construction.
Il semble aussi que du côté de St Henri les enseignants ont repris la thématique tuilière pour élaborer un projet pédagogique pour l’an prochain. Si c’est bien le cas (Amandine n’était pas à la réunion, on s’en est parlé rapidement en se croisant) il y a la encore sans doute un niveau de « tricotage » qui pourra se faire entre balades qui relient et actions de la communauté active localement.
Seulement voilà : dès novembre advint le confinement#2, lequel emporta notre programmation de balades intermédiaires, du fait de l’interdiction de manifestation publique ainsi que de la démobilisation qui touchait les personnes investies dans le projet de la célébration du bicentenaire. Cependant, la balade continuait de faire son chemin dans nos esprits et au fil des rencontres, elle continuait à prendre forme. Nous avons ainsi gagné de nouveaux complices notamment le collectif de musiciens et danseurs improvisateurs du Grand 8, qui suite au confinement s’est découvert un vrai goût pour le plein air et qui s’associe du coup aux expériences de balades. Le 24 octobre 2020, à l’occasion de la balade du Sens de la Pente#1 (qui échappait de justesse au reconfinement), le collectif accompagnait ainsi l’exploration du massif de la Nerthe proposée par Hôtel du Nord, la Déviation et Thalassanté dans le cadre de l’événement Non Site/On site.
Les échanges et les rencontres (notamment avec Laura Spica du Vacarme Orchestra, Olivier Bost du Grand8/Fanfare des familles, Manu Théron et Claude Freyssinet de la FAMDT) ont fait se recentrer la thématique de la balade sur la musique populaire et ses modes de transmission. Aux vues des difficultés à travailler avec les écoles dans le contexte sanitaire, certains aspects initialement prévus ont été mis en suspens au profit d’une forme musicale et participative. L’idée étant que cette balade soit un concert ambulatoire de l’Estaque à Foresta et que le groupe de marcheur.euses se transforme au fil des rencontres musicales en un orchestre total au sein duquel chacun.e aura un rôle rythmique et mélodique. A Foresta, la journée pourrait alors se prolonger par des ateliers de musique et de danse et se terminerait par une représentation collective, où les frontières entre spectateurs et artistes seront brouillées.
Ces multiples reprogrammations et annulations, transformations au grès des rencontres, exercices de souplesse pour tenter de s’adapter aux multiples et changeantes directives gouvernementales étaient à la fois porteuses de créativité et d’affinage de la proposition, mais également facteurs d’essoufflement. Au début de l’année 2021, la question devint dès lors de savoir si la dimension collective était toujours présente et si suffisamment de personnes étaient prêtes à s’impliquer une nouvelle fois. Le 8 mars, une date est alors fixée pour la « réunion de la dernière chance ». Il en ressortit que nous étions nombreux.ses à être prêt.es à se faire confiance et à s’engager collectivement dans la réalisation d’une Balade Harmonique prévue pour le 2 mai, et ce malgré les incertitudes.
Etape 3 : être en harmonie, déf : capacité à marcher ensemble
<Mazzani Chloe> mar. 9 mars 18:27
Hello,
Afin de raccrocher les absents et de remettre en commun ce que nous avons partagé lundi autour de la table, voici un petit récap de la balade harmonique telle qu’elle se dessine à l’heure actuelle :
La balade démarre de l’Harmonie de l’Estaque et chemine jusqu’à Foresta, à travers des paysages reliés par l’histoire tuillière mais visuellement,auditivement, urbanistiquement, socialement aussi sans cesse en rupture.
Cette mise en mouvement est initiée par un prétexte qui reste à préciser : débat autour de la création de l’Harmonie ? recherche d’une tradition de transhumance orchestrale perdue ? Invitation à la fête du marquis ?
Cette version de la balade place la musique au centre : la musique fait partie de la marche elle-même, elle souligne, fait sonner le paysage en même temps qu’elle participe à la narration des histoires que nous voulons raconter.
Cette marche est aussi un moyen de faire l’expérience de la musique en tant que moment de faire-ensemble, de fabrication d’un corps collectif. Cela par la rencontre du groupe de marcheur.euses avec des formes musicales collectives, par l’endossement d’accessoires sonores, par jeu avec le mobilier urbain, par tout ce qui peut permettre de transformer le rythme de la marche en rythme musical.
Afin d’également transmettre des connaissances sur l’histoire et le patrimoine des espaces traversés, de partager des témoignages, des protocoles, des jeux etc un livret va être fabriqué collectivement et distribué aux participant.e.s, tel un conducteur d’orchestre réunissant les multiples lignes de chant.
Pour l’instant on est parti sur une forme de 3-4h de marche (départ de la balade à 9h30 pour une arrivée à 13/14h). Le pique nique aura lieu à Foresta, où la balade sera accueillie et pourra devenir un après midi partagé autour des histoires d’argile et de tuiles. On a aussi évoqué l’hypothèse de ré-exposer à Foresta les travaux des écoles (ce qui avait été fait avec Jean François il y a deux ans).
L’itinéraire que nous allons explorer dimanche est le suivant :
Harmonie de l’Estaque – pont de la gare – chemin le long de containers – clairière de l’ancienne bastide Miramar – la Monjarde – place Raphel – les Castors – gare de St Henri – rond point en bas de la Castellane (vers la piscine) – montée vers Grand Littoral et passage sous les fondations – Foresta
Rendez-vous dimanche 14 mars à 9h au 22 traverse de l’Harmonie (devant chez Danièle qui offre le café) pour parcourir cet itinéraire ensemble et faire jaillir les idées !
C’est le dimanche 14 mars que reprirent enfin les explorations marchées. En réalité, le démarrage fut long et quelque peu laborieux : nous venions de prendre conscience que la date du 2 mai tombait cette année en plein milieu du mois de ramadan, ce qui compromettait la participation de nombreuses personnes, notamment celle des enfants et des mamans de la Castellane que l’on voulait explicitement rallier. Pour autant, impossible de changer la date, fixée depuis plus d’un an, car on perdait à nouveau des membres clefs de l’équipe. Après moult tempêtes de cerveau, il décidé de simplement changer l’horaire de la balade : qu’elle ait lieu l’après midi et non plus le matin, de manière à pouvoir faire la rupture du jeun à Foresta.
<Dominique Poulain> dim. 14 mars 2021 18:40
Je ne résiste pas, mes amis… quand on réfléchit ensemble à une date plausible pour la balade, ça donne …ça !
Une fois résolu ce problème nous partons explorer le parcours afin d’imaginer les interventions parlées et musicales. Une attention particulière est portée à la fin du parcours : à la colline-remblais de Grand Littoral/Foresta. Il apparaît comme vraiment important de relier ce territoire à notre point de départ de l’Estaque-Saint Henri, du fait de l’histoire tuilière commune et de l’envie d’effectuer la traversée pédestre du bassin de Séon, alors même que la zone du remblais a été aménagée exclusivement pour la voiture et que le piéton ne s’y sent pas très invité. Relier Foresta grâce à la balade Harmonique apparaît aussi comme un moyen de contribuer au processus d’intégration du parc urbain à son voisinage, comme le projette l’Assemblée de Foresta
<Julie Demuer> dim. 14 mars 20:45
Une dernière petite image/texte issu du bouquin de Valérie Jouve, en écho à celui que je vous ai lu devant la Gare de St Henri. Le secret de fondation de l’effondrement de Grand Littoral.
Ce petit texte résonne fort pour moi avec ce qui s’est exprimé très récemment lors des dernières assemblées collectives qui se sont déroulées à Foresta, et qui ont laissé surgir l’importance d’œuvrer à partager nos histoires.
Dans sa nouvelle version, la balade se structure notamment autour d’un chant « Indian Red », qui tisse l’évolution du groupe vers sa « transformation » en corps collectif et en orchestre. Le chant est transmis aux participant.e.s en amont grâce aux sessions de chant animées par Willy une fois par semaine au cinéma l’Alhambra.
A partir de cette semaine, tous les jeudis, la session chant animée par Willy commencera par un temps de transmission du chant. La prochaine fois sera sur le plateau de l’Alhambra ce jeudi à 19h.
<Le Corre Willy> lun. 29 mars 08:36
Salut a tous.
Tout d abord, bravo a toutes ces enquêtes lettrées, imagées, imaginées et partagées.
Un petit mot concernant la chanson Indian Red qui sera un des fils conducteurs harmoniques de la ballade.
Je mène par ailleurs des cessions de transmissions de chants de carnavals dont « Indian Red ».
Je voulais donc vous convier dès ce jeudi 19h/22h à l’alhambra afin que vous puissiez l’apprendre également. Je commencerai la cession par ce chant.
Vous pouvez évidemment rester toute la séance et tenter de monter en route dans ce « char » chanté en cours de construction.
Des bises.
Willy
Début avril, un nouveau confinement est mis en place : mais il est trop tard, le groupe a trouvé son rythme de croisière et se met à l’ouvrage pour préparer la journée du 2 mai…fusse t-elle sous le coup des restrictions.
On se met alors à travailler par petits groupes afin d’avancer sur les différents chantiers :
Willy et Jef préparent de quoi déjà assembler une centaine d’instruments (bâtons sonnaille, ceintures ou bracelets avec des tessons d’argile…) qui seront distribués aux participant.e.s durant la balade afin de contribuer à leur transformation.
Un chant continue à se transmettre et être enseigné par Willy aux habitants chanteurs et par Olivier à la Fanfare des familles.
Une session de travail a lieu en petit comité pour préciser la trame qui permettra d’articuler toutes les interventions durant la marche et la narration.
Une première réunion à Foresta a permis de commencer à dessiner la manière d’accueillir la balade le 2 mai mais aussi de trouver les manières d’impliquer les enfants et les familles qui fréquentent le parc dans la préparation.
Willy a repris contact avec l’Ecole Rabelais et finalement ils vont pouvoir malgré la situation sanitaire préparer une partie des instruments avec les enfants.
Des nouvelles rencontres ou retrouvailles ont eu lieu avec Nathan qui a passé 5 mois en immersion en 2020 à Foresta pour expérimenter des manières de mettre en récit les histoires à partir des savoir-faire des habitant.es, de l’argile et de la fête, avec Rama Diallo qui, avec ses collègues sénégalais, transmets dans les quartiers les traditions musicales et les contes d’Afrique de l’Ouest toujours en circulation à Marseille, avec Julien qui habite à Saint-Henri mais est aussi le fondateur de la Rara Walib, et bien sur avec Chadly, Hamida, les mamans super actives de l’école Amasie qui composent aujourd’hui une partie de ce qui s’appelle l’Assemblée Foresta.
Olivier, Willy et Laura ont continué à échanger sur l’imbrication des formes musicales.
Les uns et les autres ont envoyé de la doc, des photos, partagé des enquêtes, des idées ou des lectures.
Concernant la narration, une bascule est proposée par le groupe: au lieu d’aller à la Fête du marquis (qui demande finalement beaucoup d’explication pour devenir compréhensible à qui n’est pas natif ou spécialiste d’histoire locale), ils ont proposé de repartir d’une question à la fois simple et complexe: « c’est quoi l’harmonie? ».
Toute cette activité est accompagnée de l’écriture intensive du livret par Julie et Chloé, qui condensent les recherches menées autour de l’histoire de l’Harmonie de l’Estaque, l’histoire ouvrière et tuilière du bassin de Séon, l’évolution industrielle des collines, les bidonvilles, la renaturation du remblais de Foresta, dans une déclinaison de la définition d’harmonie. Le livret est accessible : ICI
Etape 4 : dernières minutes
Selon l’endroit où chacun se trouve, la réalité du confinement et des « risques » du maintien d’un événement public affecte différemment. Ainsi, quelques jours avant la date de la grande balade, l’équipe de Foresta décide de se retirer, ne se sentant pas en mesure d’accueillir du public sur le site. Au dernier moment le parcours change et prend pour point d’arrivée le parc de l’ancienne bastide de Miramar qui a attiré un intérêt croissant au cours de la construction de la balade. Ce changement de dernière minute déçoit quelque peu les efforts investis pour rallier Foresta. Cependant, la réalité de Miramar, un espace arboré et fréquenté par le voisinage, menacé par une acquisition privée manquant de transparence et par des projets d’extension industrielle, fait écho de manière frappante avec la réalité foncière du parc urbain Foresta. La transformation de l’itinéraire apparaît dès lors comme un jalon qui permettra de renforcer les liens avec la communauté de Foresta.
L’émulation créée par la Balade Harmonique a permis la mise en place d’une mobilisation citoyenne rapide et efficace au moment où les pins de Miramar se sont retrouvés sous la menace de trançonneuses. Marie, Agnès, les habitant.e.s de la Monjarde et tout une constellation de voisin.e.s plus ou moins proches ont commencé à s’investir pour la préservation et l’animation du lieu. Leurs aventures sont en ligne sur la page Sauvons Miramar et bientôt viendra un récit complet !
Pour le 2 mai, il est décidé de ne pas communiquer officiellement, mais d’inviter chacun.e à informer son cercle, tout en expliquant la démarche particulière de cette balade dont l’adresse est avant tout destinée aux habitant.e.s mêmes du territoire traversé.
Prêt.es pour la levée de rideau en ce 1e mai ! L’équipe se réunit à l’Harmonie de l’Estaque-gare juste avant d’entamer un dernier repérage sous une pluie battante
Nouveau folklore et culture industrielle au nord de Marseille
3 séries d’ateliers artistiques autour du patrimoine tuilier du bassin de Séon à Foresta
Et si on partait à en voyage ici?
Et si on inventait ensemble un pays imaginaire, le fabuleux pays des tuiles et de l’argile?
En l’explorant on pourrait écouter et raconter les multiples histoires de ceux et celles qui vivent et ont vécu là, on pourrait aussi écouter ce que nous disent les plantes, la terre et aussi les caddies et le béton . Peut-être même qu’on pourrait peu à peu inventer des fêtes, des chants, des traditions à ce drôle de pays à la fois si réel et accueillant à nos rêves?
Et si l’argile pouvait donner matière et formes à l’envie de tisser avec toutes ces voix une histoire collective?
Pendant tout l’été, une première série d’ateliers vous propose de partir à la recherche des histoires et des savoirs-faire liés au passé tuilier de Foresta et des quartiers environnants. C’est aussi vers les usages d’aujourd’hui que ce voyage nous conduira, pour peu à peu vivre une aventure collective et pourquoi pas imaginer un nouveau folklore pour se relier?
Renseignements et inscriptions aux ateliers (gratuits) : 06 09 87 98 75ou 07 68 23 59 91
Le festin argileux Atelier proposé par Nathan Bonnaudet (artiste designer)
Il y a quelques dizaines d’années, Foresta était une carrière d’argile dans lequel on récoltait la terre servant à fabriquer les tuiles de Marseille. Cet été une tuilerie d’un nouveau genre s’installe sur le parc, des outils traditionnels et un four à céramique primitif vous invitent à découvrir l’histoire industrielle locale. Le temps d’une semaine, venez fabriquer de la vaisselle inspirée des techniques de fabrication des tuiles et réaliser un festin célébrant le sol de Foresta.
du 26 au 30 juillet: 9h30-12h30 du lundi au jeudi, Vendredi 9h30-18h avec goûter de restitution en fin de journée. Visite des réserves du Mucem le mercredi 28 juillet.
Pour les Familles, enfants à partir de 9 ans et adultes
Rouge Atelier proposé par Louise Nicollon (artiste plasticienne)
Au pied de Foresta, l’usine Monier. Dernière industrie tuilière marseillaise, elle appartient à un récit où le paysage, les femmes et les hommes ont fabriqué ensemble une histoire et une forme à la ville : l’un fournit la matière première, l’ argile, les autres apportent leurs savoir-faire, artisanaux puis industriels… Nous vous proposons d’enquêter ensemble sur cette histoire en recherchant et collectant avec et auprès des habitants les différentes voix et formes que prend cette histoire (souvenirs, savoir-faire, luttes, archives…).
du 19 au 28 juillet : 9h30-12h30 lundis et mardis matin, mercredi 9h30-18h
Familles, enfants à partir de 9 ans et adultes
Les bolides Atelier proposé par Nathan Bonnaudet (artiste designer)
Foresta est depuis des années le terrain de jeu des motards de tout Marseille. Il n’est pas rare de croiser les passionnés entre les collines naturelles et les remblais entassés là. Mais depuis quelques mois, des chevaux se sont installés sur le site et se confrontent aux moto cross. Venez réaliser des costumes et drapeaux en textile et participer à une parade mettant en scène la rencontre de ces deux groupes.
Les mercredis de septembre
14h30-18h30
Adolescents (à partir de 13 ans)
Argiles est un projet évolutif qui aimerait relier les histoires, les quartiers et les initiatives autour d’un patrimoine à la fois multiple et commun. Il prendra de multiples formes (ateliers de pratiques artistiques, fêtes, balades, parades…) au fur et à mesure des idées, expériences et énergies partagées. Il est porté par la coopérative d’habitants Hôtel du Nord, avec les artistes impliqués, Foresta, Yes We Camp et ses partenaires, l’Harmonie de l’Estaque, l’Ecole de musique de Séon, l’association Voyons Voir et de multiples collectifs d’habitants actifs dans leur territoire.
Le projet Argiles est soutenu par Rouvrir le Monde, un dispositif de la DRAC PACA dans le cadre de l’été culturel 2021 du Ministère de la Culture et par le programme Culture et lien social du Ministère de la Culture et de la préfecture des Bouches du Rhône.
Mythologie : Une mythologie est un ensemble de mythes qui forment un système doté d’une certaine cohérence, sous-tendu par la logique propre au système de pensée développé par une communauté donnée, dans un endroit et à une époque donnés.
Folklore : Le folklore (de l’anglais folk, peuple et lore, savoir, connaissances, science) est l’ensemble des productions collectives émanant d’un peuple et se transmettant d’une génération à l’autre par voie orale et par imitation. Ces arts et traditions populaires comprennent la culture littéraire (contes, récits, chants, musiques et croyances), figurative (rites, costumes, danses, décors, représentations), et matérielle (habitation, outillage, techniques, instruments, etc.).
Assemblée : Espace de dialogue rapproché pour personnes impliquées, mais aussi s’assembler (mettre ensemble, unir).
Troisjours pour prendre soin du fleuve côtier Caravelle/Aygalades
Extrait du récit photographique La mauvaise réputation, de Geoffroy Matthieu, éditions Zoème
Les humains, depuis le début des temps, se sont rassemblés là où il y avait de l’eau douce. C’est là que se trouvent aujourd’hui nos villes. Quand dans la fraîcheur d’une ripisylve urbaine, vous prêtez l’oreille au roulement de l’eau et des cailloux qu’il transporte, quand, au détour d’une ruelle, vous saisit la vue d’une petite cascade, cela ne vous apaise-t-il pas ?
La ville a besoin que circule l’eau fraîche et limpide qui relie les collines et la mer, et plus son trajet est libre, plus profond est ce lien.
Avec pour emblème la crevette bio-indicatrice nommée Gammarus Pulex, et en rêvant qu’à nouveau abondent les eaux depuis les roches calcaires, nous allons relier par la marche tous les ramassages de déchets de l’Opération Calanques Propres organisés dans le ruisseau Aygalades en aval, Caravelle en amont.
Relier l’amont à l’aval, se rassembler dans un même récit et une même déambulation à fleur du ruisseau, nous a permis de comprendre à quel point son histoire raconte les histoires de nos villes et leurs dépendances. Pour prendre soin de nos urbanités et des eaux qui les rendent vivantes, il nous faut nous assembler et échanger entre tous les habitant.e.s qui vivent dans le bassin versant de ce fleuve, depuis les vallées du massif de l’Etoile jusqu’à la calanque d’Arenc.
C’est pourquoi, nous voudrions vous inviter à notre fête du ruisseau, qui sera rythmée par l’action simple et fédératrice qu’est le ramassage de déchets sur ses rives. La fête se déroulera trois jours durant, les 4, 5 et 6 juin de l’année 2021. Le vendredi, des ramassages seront organisés vers l’aval, le samedi vers l’amont, et deux grandes marches, l’une depuis Arenc, et l’autre depuis Septèmes, conflueront en fin d’après-midi à la Cité des Arts de la rue en une assemblée de bassin versant. Une journée de fête et de débat s’y déroulera le dimanche.
Riverain.e.s du ruisseau, de proche ou de plus loin, viendrez-vous célébrer notre petit fleuve-côtier si important dans notre histoire et pour notre futur ?
Le collectif des Gammares réunit des associations et acteurs actifs le long du ruisseau pour favoriser un meilleur partage des connaissances, relier les initiatives et les territoires du bassin versant, proposer des actions communes et prendre soin du fleuve côtier. Il réunit à ce jour le Bureau des guides du GR2013, l’ApCAR (Association pour la Cité des Arts de la Rue), la coopérative Hôtel du Nord, les CIQ riverains, les AAA (Association des Amis des Aygalades), l’association AESE (Action Environnement Septèmes et Environs), l’association Jardinot, l’école de jardinage du jardin des cheminots, les artistes-voisins, le collectif SAFI et espère bien grandir encore.
Fin 2019 a été marquée par la rencontre avec Mohamed Fariji, l’artiste marocain qui sera notre principal complice, dés janvier 2020, dans le montage de l’exposition Faire semblant, Faire archive au Tiers QG de Manifesta (https://manifesta13.org/tiers-programme/tiers-programme-invisible-archives ). Une exposition qui débute le 21 février et n’arrivera pas tout à fait à son terme, « premier confinement » oblige…
Cela ne nous a pas empêcher de nous plonger, « avant », (comme jamais nous ne l’avions fait!) dans les archives de notre coopérative, de tenter diverses – magnifiques – dérives exploratoires dans l’idée de célébrer un jour, enfin, le bi-centenaire de l’Harmonie de l’Estaque, de nous relier plus que jamais aux associations de nos quartiers et cités pour aider les uns et les autres comme nous le pouvions durant les périodes de confinement, d’imaginer de joyeuses balades de « déconfinement » en compagnie de nos voisins , et de multiplier amitiés et partenariats (avec, par exemple, La Déviation, ou encore Thalassanté) gambadant de la crête des collines (celle de la Nerthe en particulier) vers la mer, suivant Le sens de la pente en leur compagnie, chaque fois que nous en avions l’autorisation!…
En attendant notre programmations de balades 2021 (oui, oui!), nous vous avons concocté, comme les deux années précédentes, une balade … « de vœux pluriels et vivants, un petit récit en images pour partager l’année écoulée »…
Conception et photos Dominique Poulain, archives Hôtel du Nord
La coopérative Hôtel du Nord a été créée il y a dix ans par des personnes issues de sept communautés patrimoniales des quartiers nord de Marseille. Ces communautés patrimoniales, au sens de la Convention de Faro, réunissent des personnes qui attachent de la valeur à des aspects spécifiques du patrimoine culturel qu’elles souhaitent, dans le cadre de l’action publique, maintenir et transmettre aux générations futures.
Hôtel du Nord a été depuis un outil coopératif pour de nombreuses communautés patrimoniales de la métropole marseillaise. C’est pourquoi aujourd’hui Hôtel du Nord soutient l’initiative du Comité d’Intérêt de Quartier (CIQ) des Trois Vallons concernant les fours à chaux du Vallon des Tuves. Ces fours sont un des témoignages du passé industriel de nos quartiers. Ensemble nous avons réussi à réunir des acteurs d’horizons très différents : M. Fourès de la fondation du patrimoine, Mme D’Ovidio, archéologue de la ville de Marseille, M. Delpalillo, conservateur restaurateur, Mme Van Bost, chercheur patrimoine industriel Région Sud, Kheira Miloud, maison du projet, M. Narcante, chargé d’opération de la Métropole, M. Olmos, chef de projet MRU de la Métropole, Mme Giraud de la DRAC, monuments historiques, Mme Baussan, service inventaire du patrimoine de la Région, M. Esposito de la SOLEAM, ainsi que 11 étudiants en architecture avec leurs enseignants du MAP-GAMSAU /ENSA Marseille.
L’archéologue a commenté les visites des fours à chaux, en exposant les documents d’archives regroupés, le contexte économique et local – nouvelle gare des Aygalades, canal – expliquant le fonctionnement théorique du four, son approvisionnement, les matières premières, le processus de fabrication de la chaux, invitant à la restitution du four dans son état originel, pointant les affaiblissements structurels, les transformations post activité. Des échanges ont pu ainsi avoir lieu entre les différents participants. Les rencontres successives ont ainsi permis de rencontrer des personnes en responsabilité.
Le CIQ et Hôtel du Nord continuent à rassembler les documents utiles aux informations relatives au Four à chaux, à ses propriétaires, aux utilisateurs ainsi qu’à son environnement au cours du temps. Une autre visite publique était prévue dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, malheureusement annulées. Quatre étudiants travailleront sur le long terme sur ce site sur les ébauches de sujets suivantes : Julien sur le relevé du four, Charaf sur le mode de construction du four à chaux, Clothilde sur l’insertion dans le site et modélisation du four à chaux et Miruna sur le patrimoine industriel face aux enjeux de la restauration.
Pour notre part, le CIQ et Hôtel du Nord, attendons beaucoup des personnes et institutions présentes. Le nombre conséquent de participants – vingt sept – prouve l’intérêt suscité par ces fours. Nous souhaitons donc que le travail entrepris, sous des angles différents, puisse permettre aux « décideurs » de tout mettre en œuvre pour les préserver et les mettre en valeur. Ils pourraient servir à illustrer l’évolution du monde du travail pour les plus jeunes.
Nous avons été souvent choqués par la promptitude des pouvoir publics, notamment de la ville de Marseille, à détruire les traces du passé de notre ville. Ainsi en a-t-il été de l’hôpital Hôtel-Dieu transformé en hôtel de luxe, du projet de la bastide Valmer et de son parc promis au même destin et, bien sûr, la carrières antique sacrifiée aux promoteurs. Aussi sommes-nous très attentifs aux décisions de la nouvelle municipalité en matière de préservation du patrimoine.
Pour le moment ces actions n’ont pas fait bouger les positions des décideurs. En mars 2020, Hôtel du Nord avait interpellé l’ensemble des candidats à l’élection municipale sur leur responsabilité en matière de droits culturels suite à la Loi NOTRe d’août 2015, et plus particulièrement sur le patrimoine culturel au regard de la Convention de Faro (voir l’article à ce sujet). Le printemps marseillais a répondu à cette lettre en mars 2020.
Dans sa réponse, Michèle Rubirola, pour Le Printemps Marseillais, dit son attachement aux récits partagés et aux patrimoines cachés et s’engage à respecter la Convention de Faro (voir la lettre de réponse). Nous avions fait des propositions dans cette lettre qui n’ont pas eu pour le moment de suite. La situation des fours à chaux remet à l’ordre du jour ces propositions comme celle de reprendre la Mission européenne de patrimoine intégrée qui a pris fin en 2013 ou la création de commissions patrimoines qui associeraient de nouveaux les communautés patrimoniales aux choix d’urbanisme, de développement économique ou d’actions culturelles en lien avec les communautés patrimoniales concernées.
La Convention de Faro, à peine ratifiée par l’Italie, sera en juin 2021 entrée en vigueur en Europe depuis dix ans. Marseille qui a accueilli en 2013 le premier forum européen sur Faro pourrait s’associer à cet anniversaire aux côté d’autres villes. La prise en compte des fours à chaux est une occasion d’avancer dans cette voie.
Les fours à chaux du Vallon des Tuves aujourd’hui
Ce texte a été élaboré avec Patricia Gristi, présidente du CIQ et Agnès Maillard, sociétaire de la coopérative Hôtel du Nord.