France Inter, Le Grand Bazar : le tourisme participatif.

Le 10 janvier 2013, l’émission Le Grand Bazar sur France Inter a porté sur le tourisme participatif.

Un reportage qui présente la coopérative d’habitants Hôtel du Nord et ses cousins de Marseille-Provence Greeters et d’Accueil Banlieues en Seine-Saint Denis. Elle  aborde leur dimension européenne et innovante à travers la Convention de Faro sur la valeur du patrimoine culturel pour la société. A ré écouter ou podcaster.

Zibeline : La coopérative des quartiers nord reçoit l’aval du ministère de l’économie. Reconnaissance des coopératives.

 

zib69.inddZibeline, revue sur l’actualité culturelle en région PACA et au delà, a consacré dans sa revue de janvier 2014 un nouvel article à l’aventure coopérative Hôtel du Nord : « La coopérative des quartiers nord reçoit l’aval du ministère de l’économie. Reconnaissance des coopératives. » .

Gaëlle Cloarec donne suite à son précédant article « Coopératives : l’esprit et la lettre » d’avril 2013 faisant échos à la lettre adressée par les sociétaires de la coopérative à Benoit Hamon, ministre de la consommation et de l’économie sociale et solidaire.

On vous en parlait dans le Zib’61 : les 15e et 16e arrondissements de Marseille ont vu naître en 2011 une coopérative d’habitants composée à 80 % de femmes, qui proposent balades urbaines et chambres d’hôtes pour faire découvrir leur quartier autrement. Depuis trois ans, le projet atypique d’Hôtel du Nord était soumis à incertitudes, peinant à s’intégrer dans la législation appliquée aux professionnels du tourisme. Au mois d’avril, les sociétaires adressaient une lettre à Benoît Hamon, ministre délégué chargé de l’Économie sociale et solidaire et de la Consommation, pour lui demander de reconnaître leur spécificité. La réponse vient d’arriver, et elle est positive ! Lire la suite.

Hôtel du Nord peut proposer l’hospitalité sans pour cela devenir une agence de voyage !

Par courrier du 26 novembre 2013, la Préfecture de Région, mandatée par le Ministère de la consommation et de l’économie sociale et solidaire a répondu à notre demande d’arbitrage du 15 avril 2013 : la coopérative peut vendre les prestations de ses sociétaires lorsqu’elles relèvent du code du tourisme (nuitées, balades, etc) sans nécessairement s’immatriculer comme agence de voyages ou passer par une agence de voyages.

« Dès lors qu’aucun appel à un prestataire extérieur n’est effectué soit pour du transport, soit pour l’entrée sur des site ou autre, nous ne sommes pas dans la notion de forfait touristique, donc peu importe que le prix proposé sous forme de forfait intègre différentes prestations pouvant être prises indépendamment dans le même structure.«

Cette réponse vient clôturer trois années de réponses contradictoires entre professionnels du tourisme. Elle est importante pour notre coopérative à plusieurs titres. Elle nous permet de renforcer notre indépendance économique en développant une nouvelle offre d’hospitalité collective sur laquelle la coopérative d’habitants est sollicitée  : comités d’entreprises, agences de voyages solidaires, universités et groupes de marcheurs.

Elle confirme la primauté des personnes sur le capital. La coopérative est une société de personnes par opposition aux sociétés de capitaux classiques. Elle a pour finalité première de rendre des servicwes individuels et collectifs à ses sociétaires. Contrairement à une agence de voyages, le lien est direct entre le passager et son hôte/sociétaire : « On vend ce que l’on produit et l’on produit ce que l’on vend« .

Elle conforte le choix d’Hôtel du Nord de privilégier la primauté du droit sur le marché. C’est un droit de pouvoir se regrouper en coopérative pour proposer l’hospitalité sans opter forcément pour une approche purement touristique. En entamant ce processus législatif, Hôtel du Nord a contribué à la reconnaissance d’un droit au patrimoine culturel, comme énoncé par la Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la valeur sociale du patrimoine pour la société dite Convention de Faro.

Elle renforce la primauté des sociétaires sur le gérant de la coopérative. Les sociétaires peuvent proposer collectivement leur hospitalité sans pour cela devoir élire forcément un gérant issus du secteur touristique comme l’exigerait une immatriculation « agence de voyages ».

Enfin, cela permet aux sociétaires de la coopérative tout simplement de proposer leur hospitalité telle qu’ils l’envisagent. Cette réponse leur donne une nouvelle autonomie pouraffirmer la primauté de l’hospitalité sur la « prestation hôtelière » – l’offre touristique résume trop souvent l’hospitalité à une simple prestation hôtelière où la personne qui vous accueille et son histoire sont inexistants – et d’affirmer la primauté de la rencontre sur la « destination« .

Plusieurs questions restent à régler pour mettre en place cette nouvelle offre coopérative – fiscalité, partenariats, etc. La Chambre régionale d’économie sociale et solidaire PACA va apporter un appui technique et financier à Hôtel du Nord pour mettre en place cette nouvelle activité d’ici septembre 2014 dans le cadre du dispositif Microprojets co-financé par l’Union Européenne (FSE) et la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (au titre du PROGRESS). La Macif, assureur de la coopérative, et la fédération nationale des coopératives de consommateurs ont aussi confirmé leur engagement au côté de la coopérative sur cet enjeu.

Les sociétaires d’Hôtel du Nord continuent d’inventer dans l’esprit de la Convention de Faro et dans la continuité de l’histoire coopérative la première forme de coopérative d’habitants.

Le dispositif Microprojets est co-financé par l’Union Européenne (FSE) et la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (au titre du PROGRESS). L’Europe s’engage en Région Provence-Alpes-Côte d’Azur avec le Fonds Social Européen. Le dispositif Microprojets est porté dans les Bouches du Rhône et le Var par la CRESS-PACA.

Projet urbain, l’alternative métropolitaine

Le vendredi 20 décembre prochain se tiendra de 9h00 à 17h00 au Palais du Pharo à Marseille, la seconde édition de la conférence métropolitaine d’Aix-Marseille Provence.

Cette manifestation se déroulera sous la présidence de Marylise Lebranchu, Ministre de la Réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la Fonction Publique, en présence du Préfet de Région Michel Cadot et du Préfet délégué au projet métropolitain Aix-Marseille Provence, Laurent Théry et le plus largement possible de l’ensemble des élus, des chefs d’entreprises, des associations, des universités et écoles et des acteurs de la société civile.

Christine Breton, sociétaire de la coopérative d’habitants Hôtel du Nord, interviendra le matin lors de la première table ronde « Projet urbain, l’alternative métropolitaine« .

Programme-et-Inscription

Ce qui reste après la bataille, d’Agnès Verrier

La Gare Franche, nouveau sociétaire de la coopérative Hôtel du Nord, vous invite à un bOn moment le vendredi 13 décembre à 19h, le vernissage de l’exposition de peintures d’Agnès VerrierCe qui reste après la bataille…

Agnès Verrier a passé 3 années en résidence à la Gare Franche.
Elle expose dans l’Usine une série de peintures faites de petites insignifiances, bouts de rien, fausses écritures, effleurements, griffures…
Une série comme un souffle qui se répète, réalisée sous l’influence des paysages marseillais.

Les visites se font sur rendez-vous au 04 91 65 17 77 du 9 au 21 décembre, de 14h à 20h.
Les mercredi 11 et samedi 14 décembre, l’exposition sera en entrée libre de 14h à 18h.
Le bOn moment a lieu vendredi 13 ( !!) décembre 2013 en entrée libre.

Le 13 décembre, venez en balade à Vitrolles avec Nicolas Mémain

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Le 13 décembre au matin, venez en balade à Vitrolles avec Nicolas Mémain à la Zup Centre urbain et Zac des Pins qui appartient à une tentative d’Encyclopédie Marchée des Bouches-du-Rhône.

Préparée par quelques repérages solitaires et par la lecture des sources disponibles, largement improvisées et propices au vagabondage de l’esprit, elles ne s’extrairont jamais de la dynamique du groupe.

Aucun évènement disponible…

Derniers événements 2013 de notre Quartier…

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Martine Derain, Quartier créatif de l’Abeille • Marseille-Provence 2013, vous invite à Derniers événements 2013 de notre Quartier… du 13 au 29 décembre.

Tout d’abord, du 13 au 29 décembreD’un rien prolongé à la Chapelle des Pénitents bleus : une exposition qui ne marque pas la fin de cette belle expérience, mais plutôt une halte sur le chemin, comme une invitation à suivre les lignes que nous avons tracées pendant ces deux années à l’Abeille – à les suivre et les poursuivre… Vous y verrez les peintures de Raphaëlle Paupert-Borne, les compositions photographiques de Suzanne Hetzel, les photographies de Mohamed Boucherit, les créations de Giuseppe Secci, des films de l’atelier collectif Film flamme (vous pouvez voir ici une des Chroniques de l’Abeille devenues un petit film, avec les danseurs d’Ex Nihilo)…Vernissage le vendredi 13 décembre 2013 à 18h.

Et je vous invite à nous y retrouver encore l’après-midi du vendredi 20 décembre pour fêter la sortie du livre que j’ai composé ces deux derniers mois… Prolongé d’un rien, journal de bord d’un Quartier créatif de Marseille-Provence 2013. Cet ouvrage de 528 pages, richement illustré, garde trace du processus et des créations réalisées par les artistes et les habitants associés. Il raconte et rend compte des joies et difficultés de la création collective. Un exemplaire du livre sera offert à chacun de ceux qui ont partagé l’aventure…

Et premiers événements 2014…

Les films de l’Atelier collectif Film flamme, après les projections de l’Eden à La Ciotat et de la Semaine Asymétrique à Marseille, commencent leur vie en d’autres cités…
De loin…, de Jean-François Neplaz et Martine Derain, et Imago Mundi de Sara Millot, sont projetés à Lyon le 30 janvier 2014, au Festival des Inattendus… D’autres projections sont en cours de montage, dont nous vous tiendrons informés.

Nous serons heureux de vous voir ici et là…
Martine Derain

Aller à la rencontre de la communauté patrimoniale de la réparation navale marseillaise.

Hélice © Association Culturelle de la Réparation Navale Marseillaise

Jeudi 12 décembre, Virginie Lombard, sociétaire d’Hôtel du Nord, a mené une balade patrimoniale le long du port autonome dans le cadre d’un partenariat entre la coopérative et la Caisse centrale d’activités sociales d’EDF. Comme le thème de l’industrie est primordial dans cette balade, les participants ont pu rencontrer les anciens de  la réparation navale et leurs 400 m2 d’exposition.

L’Association Culturelle de la Réparation Navale Marseillaise est présente dans plusieurs balades des hôtes de la coopérative et a accueilli en septembre 2013 en collaboration avec la coordination Patrimoines et Créations 2/3  le Forum européen de Marseille sur la valeur sociale du patrimoine.

Véritable communauté patrimoniale au sens de la Convention de Faro, une poignée d’anciens de la réparation navale, installée sur les quais près des bassins de radoub du Cap Pinède, racontent avec passion les détails de ces métiers autour des bateaux.

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Jusqu’en 1976, le port autonome de Marseille se caractérisait par une importante activité de réparation navale qui employait quelques 6000 ouvriers. C’est à cette date, à la fermeture des ateliers Terrin, que les métiers de soudeur, riveur, chaudronnier ou chalumiste se marginalisent dans le paysage du port et que les quartiers adjacents connaissent une grave paupérisation.

Pour gérer cette crise et venir en aide aux nouveaux chômeurs, certains employés se rassemblent et créent une mutuelle de gestion des primes de licenciement. Au sein de cette mutuelle, l’idée de conserver la mémoire des métiers de la réparation navale apparaît vite comme un impératif. En 1981, pour répondre à cette nécessité, l’association culturelle de la réparation navale marseillaise est créée.

Des documents d’archives, des outils et de nombreuses pièces de machines sont sauvés de la destruction et méthodiquement collectées, des maquettes sont réalisées et l’ensemble est présenté dans un premier temps pendant 6 mois lors d’une exposition temporaire à Saint-Nazaire. Depuis 1982, les collections sont exposées dans des locaux prêtés par le port autonome, sur les lieux mêmes de la réparation navale.

Depuis sa création, l’Association Culturelle de la Réparation Navale Marseillaise se définit non pas comme un musée, mais bien comme une association qui anime une exposition permanente, gratuite, constituant la mémoire vivante de la réparation navale à Marseille et illustrant l’évolution des métiers présentés, et qui ne cesse de s’enrichir grâce à des achats, des dons ou des collectes.

L’association poursuit l’objectif de conserver et de valoriser, de manière vivante, la mémoire liée aux activités de la réparation navale. Elle entend mettre l’accent sur l’aspect pédagogique de ses collections et sur le côté vivant de leur valorisation.

La visite de l’exposition, systématiquement guidée, est animée par les anciens ouvriers eux-mêmes qui, dans le décor qu’ils ont créé, mettent en scène leur profession. A cet effet, elle privilégie la construction et la présentation de maquettes animées, et propose un discours riche de vécu et d’anecdotes retraçant les différentes phases de la réparation d’un navire.

L’exposition de l’association culturelle de la réparation navale s’étend sur 400 m2 et s’articule autour de trois salles thématiques. La première salle présente les outils et les techniques de la réparation navale à travers les ages, depuis le calfatage des coques en bois jusqu’à la soudure, au rivetage et à la peinture des grandes carènes métalliques. La seconde salle, espace principal de l’exposition, met en scène des maquettes animées qui représentent plusieurs générations de moteurs, ainsi que différents types de bateaux et des opérations de maintenance ou de réparation. La dernière salle est quant à elle consacrée à la fabrication et à la réparation des hélices. (Sources http://www.culture.gouv.fr/)

  • Contact : Association Culturelle de la Réparation Navale Marseillaise, boulevard des Bassins de Radoub, 13002 Marseille, Téléphone : 04 91 98 61 67 (visite uniquement en groupe et sur rendez-vous)
  • Plan (Bus 35 et 36 – Arrêt boulevard des Bassins de Radoub) :

Du 30 novembre au 13 décembre, venez marcher dans Marseille-Provence..

L’année Marseille-Provence capitale européenne de la culture se poursuit et Hôtel du Nord vous propose de continuer à marcher à la découverte de Marseille-Provence en balade sonore, en marche d’hospitalité et en balade encyclopédique.

Samedi 30 novembre partez en balade sonore à la découverte de la Belle de Mai avec le collectif d’habitants Brouettes et compagnie et Radio Grenouille.

Lundi 2 décembre au matin se concluront les marches dans récits d’hospitalité des lundis avecChristine Breton sur une proposition de bilan/inventions. Chaque marcheuse et marcheur en son nom ou celui de son association, syndicat, courant politique, etc, vient avec ses propositions à l’Alhambra en vue d’une programmation commune en 2014.

Vendredi 6 décembre à Port de Bouc et vendredi 13 décembre à Vitrolles participez  avecNicolas Mémain à une balade qui appartient à une tentative d’encyclopédie « marchée » des Bouches du Rhône.

Coordination Patrimoines et Créations 2/3 : Le port de la Joliette ou la mise en récit du patrimoine portuaire et des quartiers qui le bordent.

Fiche balade 1La Coordination Patrimoines et Créations 2/3 et l’association En Italic  reviennent sur la balade de Faro qu’ils ont pris en charge pour leForum de Marseille le jeudi 12 septembre 2013 : Le port de la Joliette ou la mise en récit du patrimoine portuaire et des quartiers qui le bordent.

Précisons en préambule que ce texte réunit les points de vue de plusieurs membres de la Coordination Patrimoines et Créations des 2e-3earrondissements de Marseille qui ont participé à l’animation de la balade du 12 septembre 2013, lors du « Forum de Marseille sur la valeur sociale du patrimoine et la valeur du patrimoine pour la société ». A la place d’un récit rédigé par un seul auteur, nous préférons proposer au lecteur, plusieurs regards et autant d’histoires sur notre itinéraire, tout simplement parce que ce sont aussi nos différences qui fondent les actions du groupe, d’habitants et de professionnels, que nous formons depuis 2011 et qui demeure autant préoccupé par l’histoire que par l’actualité de nos quartiers.

Cette balade intitulée initialement « A l’envers du temps, de la ville de demain à la cité antique » puis « Le port de la Joliette ou la mise en récit du patrimoine portuaire et des quartiers qui le bordent » a été pilotée par la Coordination Patrimoines et Créations 2e-3e et l’association En italique.

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Laurent Cucurullo, association En italique (13002). www.enitalique.fr

Compte tenu du trajet effectué, depuis le parvis des Archives et bibliothèque départementales des Bouches-du-Rhône, jusqu’à la Mairie du 2e secteur, il est assez facile de remarquer les chantiers en cours, comme les nouvelles constructions. La multiplicité des acteurs impliqués est un signe manifeste des enjeux de la mutation urbaine qui s’exerce ici. Citons, entre autres, Euroméditerranée (EPA, établissement public d’aménagement), le Grand Port Maritime (EPIC, établissement public industriel et commercial), Marseille-Provence 2013 (association loi 1901 qui regroupe des collectivités et des partenaires privés dont le conseil d’administration est présidée par le président de la Chambre de commerce et d’industrie Marseille-Provence) ou encore de nombreux promoteurs immobiliers. Pour En italique cette balade est par conséquent  placée d’emblée sous plusieurs signes. Il ne s’agit pas uniquement de nommer l’histoire longue de Marseille, même lorsqu’elle se répète (de Jules Mirès à Euroméditerranée), mais de signaler aussi l’évolution des relations entre la ville, le port et la mer puisque notre itinéraire qui ne s’éloigne jamais vraiment du rivage ne nous permet pas d’y accéder non plus. Bien plus qu’un simple paradoxe marseillais, cette confiscation de l’espace me semble révélatrice de ce qui faisait patrimoine commun ici. Cheminer entre le vieux et le « nouveau » port, qui est à l’origine de la création de ces quartiers, c’est nécessairement souligner cette valeur conflictuelle du patrimoine.

Précisons, en outre, puisque cela nous semble nécessaire, que cette balade était une construction de toutes pièces censée nous permettre de signaler ce qui fait patrimoine (selon nous) et de décrire comment nous agissons en tant que « patrimonialisateurs », dans un contexte de réalisation bien précis et à l’attention d’acteurs locaux, des représentants des 21 États membres du Conseil de l’Europe qui ont signé la Convention-cadre de Faro, des autres pays intéressés et des représentants des différentes directions du Conseil de l’Europe et de la Commission européenne.

Parce que nous pensons qu’une balade c’est aussi des rencontres, notre marche était rythmée par les pas et la sensibilité de plusieurs membres de la CPC. Elle commence sur le parvis de la Bibliothèque départementale de prêt, avec les mots de Brigitte Corbel, membre de la CPC et responsable de la Salle d’Actualité de la BDP. Son intervention est importante à nos yeux car elle démontre la qualité des passerelles que nous avons tissées avec l’institution départementale.

Au niveau de la place de la Joliette, nous avons parlé avec Yvette, habitante de la Villette (13003), de l’hôtel « Les gens de mer ». Une manière comme une autre de nous rapprocher du rivage (inaccessible) et pour dire l’impact de l’activité portuaire sur les usages de ce territoire.

« Les premiers foyers marins se sont créés dès 1900. Les deux derniers conflits mondiaux commenceront à détériorer puis finiront par détruire une grande partie de ces foyers. Après 1945, le secteur maritime évolue et il devient donc nécessaire, face aux besoins exprimés, de reconstruire des structures. En 1946 est créée l’A.G.I.S.M. (association pour la gestion des  institutions sociales maritimes) qui va mettre en place « Les maisons des gens  de mer » afin d’accueillir les personnes en relation avec le milieu maritime,  c’est à dire les marins du commerce, de la pêche et leurs familles, celui de Marseille a été inauguré le 24 septembre 1953 par M. Ramacony secrétaire d’Etat à la marine marchande.

A partir de 1990 le secteur de l’exploitation maritime évolue fortement. Le nombre de  marins et les durées d’escales diminuent  rapidement. Les  structures  commerciales des  maisons des gens de mer sont moins fréquentées et c’est ainsi qu’en 1999, il est décidé d’ouvrir ces établissements au grand public. Ces hôtels sont homologués en  deux étoiles et appelés dorénavant « Hôtels les  gens de la mer ». Ils ne  sont  pas excentrées  mais  situés au cœur  des villes  au  près de leurs port. On y dort  dans des  grandes cabines  de bateaux  et l’on y déguste des  produits  de la  mer… Au sein de l’hôtel, l’association d’accueil des Marins, le Seamen’s club. »

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Alain, habitant du quartier de la Belle de Mai (13003) et Francis, habitant du quartier la Villette (13003).

« Nous avons évoqué, au cours de stations à hauteur des Docks de la Joliette et de la rue Mazenod, les grandes compagnies maritimes marseillaises qui ont prospéré au cours des XIXe et XXe siècles grâce à  l’invention de la machine à vapeur et de l’hélice. Dans le périmètre du port de la Joliette, de nombreux bâtiments reconvertis (et souvent déjà oubliés) permettent d’évoquer cette période faste des activités portuaires à l’époque de l’empire colonial français. En 2012, nous avons créé « la  balade en bonne compagnie maritime » pour évoquer cette période qui reste encore dans la mémoire des Marseillais, d’autant que beaucoup d’anciens du 2e  arrondissement ont travaillé dans ces entreprises. Au cours de son élaboration, nous avons établi des liens avec la direction des Docks (anciennement appelé « le Grand entrepôt ») et surtout avec le personnel des ateliers de mécanique, électricité, soudure… de la Société Nationale Corse Méditerranée (SNCM) qui sont situés dans un ancien bâtiment de stockage des colis postaux de la Cie Générale Transatlantique, aujourd’hui disparue. C’est ainsi, en particulier, que le responsable du fret à la SNCM, a pris en charge, dans le cadre de notre balade patrimoniale, la visite du siège central de la SNCM, Bd des Dames, un magnifique bâtiment dont l’intérieur est dans le style art-déco. Il a également présenté l’histoire et les difficultés de la SNCM qui a pour fonction spécifique d’assurer la continuité territoriale entre le continent (à partir de Marseille) et la Corse. »

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Fin de notre balade avec Dominique Cier, habitant du quartier de la Joliette (13002) et écrivain associé à l’Atelier d’EuroMéditerranée « Tabula Rasa – Le quartier du Panier : 1943-2013 ». quartierslibres23.blogspot.fr

Traces, mémoires et Histoire

Les balades sont toujours le prétexte pour mettre en partage nos rêves et nos fantasmes. Au lieu de nous précipiter vers le lieu de notre destination, nous prenons enfin le temps de lever le nez et de laisser vagabonder notre regard. Une étrange poésie de la désolation émane alors de ces friches qui portent en elles la mémoire ouvrière. Nous imaginons la fumée, les vapeurs et le fracas, le grouillement de la foule et le tumulte de la rue, les machines et l’odeur du gasoil, la chaleur et la fatigue, le rire des enfants dans la cour de l’école, tout un débordement d’activité. Et nous imaginons qu’un beau jour la vie n’a plus été rythmée par le hurlement des sirènes, que soudain le vacarme a cessé, que le silence a envahi les ateliers abandonnés et les rues désertes et qu’enfin les ouvriers, les employés, les artisans et les commerçants sont partis, laissant quelques rescapés se noyer dans leurs souvenirs. Nous devinons cette souffrance parce que nous voyons ces choses invisibles avec notre cœur. Nous pouvons imaginer que sous les passerelles d’autoroutes la nature va reprendre ses droits et revenir à l’état sauvage mais, au fond de nous-mêmes, nous savons bien que c’est impossible. Les murs des usines et les façades sont des espaces qui gardent des traces de vies vécues et ensevelies. Après le silence du deuil industriel, ces couches fragiles de mémoires s’effritent sous l’effet des pelleteuses et des grues qui bouleversent les paysages, mais il en reste toujours des bribes. Il suffit donc d’apprendre à lire ces lambeaux d’usure humaine. Les randonneurs se transforment en archéologues et observent en réalité un quartier qui change de peau. Cette conversion n’efface pas ce qui précède. Elle s’inscrit simplement dans une continuité. Nous pressentons pourtant un danger. Accrochées à un littoral magnifique, nous devinons que ces friches suscitent bien des convoitises et que les investisseurs préfèrent évidemment oublier que cette épaisseur historique est un point d’ancrage qui faciliterait l’intégration et les mutations sociales. Les citoyens doivent le leur rappeler.

C’est qu’avec ces balades, nous nous trouvons entre Histoire et mémoires. La mémoire installe le discours dans le sacré, expliquait Pierre Nora, l’Histoire l’en débusquerait. L’Histoire ne s’attache qu’aux continuités temporelles, aux évolutions et aux rapports des choses. La mémoire s’enracine dans le concret, dans l’espace, le geste, l’image et l’objet. La mémoire est un absolu et l’Histoire ne connait que le relatif. Toutes ces usines et ces bureaux sont des constructions où se sont forgées des identités, des modèles urbains, des circulations, mais aussi des manières de penser, d’habiter et de se distraire. Elles ont fait naître des solidarités et ce n’est pas un hasard si elles disparaissent aujourd’hui. La différence majeure entre Histoire et mémoire réside dans le type de questionnement adressé au passé. On ne parle plus d’un savoir historique à partir duquel on pourrait expertiser la mémoire. L’histoire est bien obligée de s’ouvrir à d’autres objets. Comme le souligne Ahmed Boubeker, le lien entre mémoire collective et mémoire nationale est justement remis en cause par des débordements dans l’espace public qui font que d’autres récits, relevant de mémoires clandestines, trouvent place sur la scène médiatique et culturelle. Et l’émergence de cette mémoire plurielle implique la nécessité d’une révision critique du grand récit national…

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Qui sommes nous ?

Habitants, usagers et professionnels, tout simplement des acteurs des 2e et 3e arrondissements de la ville de Marseille qui considèrent les patrimoines naturels et culturels de ce territoire comme une ressource vivante et citoyenne fondatrice de tout processus de développement durable.

Nos balades, nos ateliers, nos discussions comme l’ensemble de nos rendez vous au fil de l’année, sont ouverts à tous ! 

Pour suivre notre actualité ou nous rejoindre, une seule adresse :patrimoinesetcreations23.blogspot.fr

Pour télécharger en PDF la fiche de la balade publiée à l’occasion du Forum de Marseille :http://hoteldunord.coop/wp-content/uploads/2013/09/balade-1-joliette.pdf