Recit n°3 : Imagine un desert !

« Imagine un désert» 
Récits d’hospitalité d’Hôtel du Nord n°3 
Textes: Christine Breton
Artiste invité : Valérie Jouve
Illustrations et photographies : École biblique et archéologique française de JérusalemValérie Jouve
Format 15/16 cm, 112 pages couleur
Année de parution : 2011
Prix : 15 euros

Quand la ville se développe sur un site qui a été une Solitude, un Désert, réservé au silence et au retrait du monde, les traces de cette confrontation contradictoire vivent dans le repli des mémoires des habitants. Du sommet aux piémonts de l’étoile, qui domine le nord de Marseille, les attitudes de la limite, vécues avant nous dans les Déserts, se transmettent et nous enseignent. Quel goût laissent-elles dans nos contraintes et rêveries urbaines actuelles ?

Le troisième récit d’hospitalité se laisse embarquer dans les lointains marseillais et continue d’interroger les modèles importés qui fondent la ville d’aujourd’hui, de Sainte-Marthe à la Galline. Saurons-nous traverser la fureur de la scène et des personnages portés par l’esthétique du Désert ? En réponse à cette question, l’artiste Valérie Jouve nous entraîne dans la plaine de Jéricho…

Les Récits d’hospitalité proposés au format 15/16 par l’historienne Christine Breton renversent le point de vue sur la ville et prennent pour centre l’ensemble des quartiers septentrionaux. Ecrire l’histoire de Marseille depuis son Nord, c’est chercher d’autres récits de fondation, c’est aussi ajouter une proposition de plus à tous les récits possibles autour des chambres de l’Hôtel du Nord.

Les récits d’hospitalité ont reçu la marque HduN et sont diffusés dans les chambres et les commerces en proximité.

Les numéros sont disponibles dans toutes les chambres d’hôte, dans les librairies suivantes et bien sûr, sur commande en écrivant à editionscommune@free.fr

Dans les 15 et 16iéme arrondissement :

Dans le centre ville : consulter le site des éditions commune

 

Prosper Wanner : La coopération peut-elle stabiliser durablement l’économie du patrimoine ?

La nature du patrimoine « à protéger » ne cesse de s’accroitre : patrimoine naturel, industriel, immatériel. Les financements publics pour le conserver, eux, connaissent une baisse tendancielle. Face à cette situation, plusieurs institutions publiques ont misé sur le développement de modes de financements privés. Le mécénat et le « tourisme culturel », au centre de ces nouveaux modes de financement, montrent aujourd’hui leur forte sensibilité à un contexte économique incertain. Les musées américains comme ceux italiens doivent faire face à une baisse brutale de leurs ressources privées. La demande culturelle et encore plus le mécénat connaissent une forte baisse.

Les engagements financiers sur le long terme tels que les travaux de restauration ou la préparation d’exposition peuvent difficilement être tributaires d’aléas économiques comme le prix du pétrole ou la spéculation financière au risque d’hypothéquer l’inaliénable.  Les critiques sur le recours au financement privé ont jusque là porté sur les risques d’instrumentalisation : perte de sens, surexploitation, marchandisation. La crise pétrolière puis financière de 2008 pose la question de sa stabilité.

Cette situation, baisse des ressources publiques et incertitudes des ressources privées sensées les compenser, donne une valeur économique particulière à la participation citoyenne aux politiques du patrimoine. Elle contribue à rendre moins vulnérable l’économie du patrimoine. Jusque là sous estimée, elle permet de mieux répartir les risques. Elle repose sur des modes de financements diversifiés par leur nature (bénévolat, financements publics, participation, commerce) et leur filière (commerce, agriculture, éducation, …).

La répartition des rôles et des intentions entre les acteurs privés et publics évolue.

Les politiques publiques évoluent dans le sens d’une culture du résultat : mesure de la performance, justification des dépenses, valorisation des ressources. Les conservateurs sont appelés à devenir davantage des gestionnaires. Concernant les acteurs privés, des entreprises à but lucratif ou non prennent en compte la défense d’intérêts jusque là portés par la puissance publique : responsabilité sociale, développement durable, économie solidaire. Des personnes entreprennent pour défendre un patrimoine menacé. Le cloisonnement traditionnel entre économie et culture laisse place à davantage d’interrelations.

Cette situation soulève autant d’espoirs que de craintes. D’un coté, elle soulève la crainte d’une instrumentalisation croissante du patrimoine : perte de sens, surexploitation, marchandisation. De l’autre, elle repose sur l’espérance d’une contribution accrue du patrimoine au développement d’une société plus démocratique et pacifique.

Plutôt que de se faire face, des conservateurs et des entrepreneurs cherchent à développer de nouvelles formes d’économie du patrimoine basées sur la coopération.

Notre coopérative est positionnée sur l’émergence de coopérations économiques public privé favorables au développement durable. A la demande de l’association générale des conservateurs des collections publiques de France, section Provence-Alpes-Côte-D’azur (agccpf), nous avons réalisé en 2007 trois diagnostics économiques de coopération alliant des conservateurs et des entreprises favorables au développement durable. Nous avons choisi comme grille d’analyse celle mise en place pour accompagner la modernisation de l’Etat français : mesure de la performance vis à vis du contribuable (efficacité), de l’usager (qualité du service) et du citoyen (impact socio-économique) auquel nous avons ajouté la performance vis à vis de la société (développement durable).

L’une des trois coopérations est celle développée à Marseille entre l’association Boud’mer et le MCEM, musée de société consacré aux civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. L’association Boud’mer concilie la protection de l’environnement marin et la démocratisation de son accès. Ses 300 adhérents partagent l’usage d’une dizaine de barques traditionnelles et sensibilisent le grand public au patrimoine marin : sorties thématiques,  expositions. Le MCEM lui a confié depuis 2006 l’entretien, la conservation et la mise en valeur de la barque L’Espadon. La coopération s’avère intéressante pour les deux parties. La barque est mieux conservée en mer, accessible tout au long de l’année et les coûts sont partagés. Elle contribue à mettre en valeur et protéger le patrimoine marin local.

Chacune de ces coopérations s’avère performante. Elles sont un moyen efficace pour accompagner la réalisation des missions du conservateur : amélioration de l’accessibilité du patrimoine, de l’intervention en zones rurales ou en zones urbaines sensibles. Elle lui permet de faire appel à des compétences externes complémentaires. Les coûts sont partagés sur des modes de financements diversifiés : bénévolat, financements publics, participation, commerce.

Cette coopération renforce tout autant les acteurs économiques dans leur choix de développement durable. Ces entreprises, moins lucratives à court terme, ont difficilement accès au front de vente pour se faire connaître et  au capital risque pour investir. L’accès à un patrimoine leur permet de bénéficier d’un capital culturel, d’une notoriété ou d’une marque de reconnaissance qui n’est pas indexé sur leur lucrativité à court terme.

Les intérêts sont partagés. La coopération se fait non pas sur la capacité des acteurs à faire fructifier le patrimoine mais sur leur capacité à contribuer aux politiques patrimoniales : conservation, protection, mise en valeur.

Ces diagnostics, diffusés dans le milieu professionnel par l’agccpf via son site internet www.ateliermuseal.net, contribuent à valoriser le potentiel du patrimoine culturel en tant que facteur de développement économique durable (article 10 de la convention de Faro).

Le diagnostic a mis en évidence que les trois expériences partagent aussi une fragilité structurelle : ce sont des initiatives de développement durable peu durables. La coopération repose sur des liens de confiance et peu sur une régulation contractuelle des rapports public privé. Paradoxalement, leur réussite peut rapidement les déstabiliser faute de cadre de régulation bien établis.

Il existe peu de références sur le plan juridique et scientifique permettant de réaliser ces coopérations en toute transparence (indicateurs, critères) et de manière démocratique (cadre de régulation). La coopération entre acteurs privé/public du patrimoine demande à être davantage balisée. Chacun a cherché à adapter des cadres déjà existants, à passer des conventions bipartites, à donner des habilitations ou des agréments pour faire au mieux.

Ce manque de référentiels freine le développement de coopérations entre les acteurs publics et privés du patrimoine. Le passage de référentiels si bien identifiés – les politiques publiques du patrimoine – vers des processus de coopération avec le privé représente d’autant plus une prise de risque. Peu de conservateurs envisagent aujourd’hui la coopération comme un élargissement possible de leur mode d’action.

La convention de Faro est en ce sens essentielle. Elle engage les parties à développer les cadres juridiques, financiers et professionnels qui permettent une action combinée de la part des autorités publiques, des experts, des propriétaires, des investisseurs, des entreprises, des organisations non gouvernementales et de la société civile (Article 11) en échangeant, en développant, en codifiant et en assurant la diffusion de bonnes pratiques (article 17).

En février 2009, fort de ces trois diagnostics, le conseil départemental de concertation des Bouches-du-Rhône, réunissant une centaine de personnes représentantes de la société civile répartie en quatre collèges, a adopté à l’unanimité cet article 17 de la convention de Faro comme recommandation aux élus du Conseil général des Bouches-du-Rhône.

Prosper WANNER.

SCOP PLACE février 2009 : Contribution à l’ouvrage du Conseil de l’Europe « Le Patrimoine et au delà » portant sur la convention cadre sur la contribution du patrimoine culturel pour la société, dite « convention de Faro ».

Article de référence : article 10 de la convention de Faro «  Patrimoine et économie ».

Prosper Wanner: Can cooperation sustainably stabilize the heritage economy?

The nature of the heritage "to be protected" continues to increase: natural, industrial and intangible heritage. Public funding to keep it, they are experiencing a downward trend. In the Face of this situation, several public institutions have invested in the development of private financing methods. Sponsorship and "cultural tourism", at the centre of these new forms of financing, today show their strong sensitivity to an uncertain economic context. American museums like Italians have to face a sharp drop in their private resources. Cultural demand and even more sponsorship are experiencing a sharp drop. Long-term financial commitments such as restoration work or exposure preparation can hardly be dependent on economic hazards such as oil prices or financial speculation at the risk of mortgage The inalienable.  Critics of the use of private financing have hitherto focused on the risks of instrumentalization: loss of meaning, over-exploitation, haggling. The oil and then financial crisis of 2008 raises the question of its stability. This situation, the decline of public resources and the uncertainties of private resources that are supposed to compensate them, gives a special economic value to citizen participation in heritage policies. It helps to make the heritage economy less vulnerable. Until then under estimated, it allows to spread the risks better. It is based on diversified modes of financing (volunteering, public financing, participation, trade) and their sector (trade, agriculture, education,…). The distribution of roles and intentions between private and public actors is evolving. Public policy evolves in the direction of a culture of results: measure of performance, justification of expenditure, valorisation of resources. The Conservatives are called upon to become more managers. In the case of private actors, for-profit companies or not, take into account the defence of interests hitherto carried by public authorities: social responsibility, sustainable development, solidarity economy. People are undertaking to defend a threatened heritage. The traditional compartmentalization between economy and culture gives way to more interrelations. This situation raises as many hopes as fears. On the one hand, it raises the fear of an increasing instrumentalisation of the heritage: loss of meaning, overexploitation, haggling. On the other, it is based on the expectation of an increased contribution of heritage to the development of a more democratic and peaceful society. Rather than face each other, conservatives and entrepreneurs are looking to develop new forms of heritage economics based on cooperation. Our co-operative is positioned on the emergence of private public economic cooperation conducive to sustainable development. At the request of the General Association of Curators of the public collections of France, Section d'azur (AGCCPF), we realized in 2007 three economic diagnoses of cooperation between conservatives and companies Support for sustainable development. We have chosen as an analysis grid the one set up to accompany the modernisation of the French state: measure of the performance vis-a-vis the taxpayer (efficiency), the user (quality of service) and the citizen (socio-economic impact) to which We have added the performance vis-à-vis the Company (Sustainable development). One of the three cooperations is that developed in Marseille between the association Boud'mer and the MCEM, Museum of society devoted to the civilisations of Europe and the Mediterranean. The Boud'mer Association reconciles the Protection of the marine environment and the democratisation of its access. Its 300 members share the use of a dozen traditional boats and educate the general public about the Marine heritage: thematic outings, exhibitions. Since 2006, MCEM has entrusted him with the maintenance, conservation and development of the Swordfish boat. Cooperation is interesting for both parties. The boat is better kept at sea, accessible all year long and costs are shared. It helps to enhance and protect the local marine heritage. Each of these cooperation is proving to be effective. They are an effective way to accompany the implementation of the curator's missions: improving the accessibility of heritage, intervention in rural areas or in sensitive urban areas. It allows it to use complementary external skills. Costs are shared on diversified funding modes: volunteering, public funding, participation, trade. This cooperation strengthens the economic players as well in their choice of sustainable development. These companies, less lucrative in the short term, have difficulty access to the sales front to make themselves known and venture capital to invest. Access to a heritage allows them to benefit from a cultural capital, a notoriety or a mark of recognition that is not indexed on their profit in the short term. Interest is shared. Cooperation is not based on the ability of actors to grow heritage but on their capacity to contribute to heritage policies: conservation, protection and development. These diagnoses, disseminated in the professional environment by the AGCCPF via its website www.ateliermuseal.net, contribute to the enhancement of the potential of cultural heritage as a factor of sustainable economic development (article 10 of the Convention of Faro). The diagnosis has shown that the three experiences also share a structural fragility: these are unsustainable development initiatives. Cooperation is based on trust bonds and little on a contractual regulation of private public relations. Paradoxically, their success can quickly destabilise them in the absence of a well-established regulatory framework. There are few legal and scientific references to make these co-operations transparent (indicators, criteria) and in a democratic way (regulatory framework). Cooperation between private/public actors in heritage requires further signposting. Everyone has sought to adapt already existing frameworks, to pass bipartite conventions, to give authorisations or approvals to do the best. This lack of repositories hinders the development of cooperation between public and private heritage actors. The passage of so well-identified benchmarks – public heritage policies – towards processes of cooperation with the private sector is all the more a risk-taking. Few conservatives are now considering cooperation as a possible expansion of their mode of action. The Faro convention is in this essential sense. It calls on the parties to develop the legal, financial and professional frameworks which allow for a combined action on the part of the public authorities, experts, owners, investors, companies, non- and civil society (article 11) by exchanging, developing, codifying and ensuring the dissemination of good practices (article 17). In February 2009, with these three diagnoses, the departmental Council of consultation of Bouches-du-Rhône, bringing together some 100 representatives of civil society divided into four colleges, unanimously adopted article 17 of the Faro Convention as a recommendation to the elected officials of the Bouches-du-Rhône General Council. Prosper WANNER . SCOP PLACE February 2009: Contribution to the Council of Europe's work "heritage and beyond" on the Framework Convention on the Contribution of cultural heritage for society, known as the "Faro Convention". Reference article: Article 10 of the Faro Convention "heritage and Economics".

Christine Breton and Prosper Wanner: The Marseilles, the Venetians and their cathedrals.

Marseille and Venice compete for future cultural capitals of Europe. They highlight their historical situation in the growing "civilizations" and "cultural movements" where they have constantly "combined the reception and fusion" and "the dialogue between the various cultures of the East and the West".  Thus "based on the alliance of Immigration and the local population", they were able to "find new balances in them". Behind the official speeches what story git? The similarity between Marseille and Venice is strong. Historically, Marseille and Venice are the two cities of Europe to have sustained the "privilege" – Privata-Lex – of trade in the East with the Byzantine Empire and then the Ottoman Empire. The Golden Bull signed in 1082 by the Byzantine Emperor Alexis de com, gave the advantage to Venice in the Mediterranean trade. She kept it until the seventeenth century in large part following the rampage of Constantinople with his help during the 4th Crusade. The capitulations signed in 1536 between François Premier and Suleiman the Magnificent gives the advantage to French traders under the administration of the Chamber of Commerce of Marseille. Largely inspired by the privileges granted in Venice, they allowed Marseille to dominate the official trade and the race war in the Mediterranean until the French Revolution. Marseille and Venice develop as "port city", immense cargo shed with their canals, their carts and their houses sheds, sort of caravanserais. The defensive natural site – the lagoon for Venice, the Rocky Amphitheatre for Marseille – founded the first port. Istanbul is a dynamic company. When Marseille and Venice manage to go beyond the lines of conflict, they profit greatly at the economic, cultural and political levels. They both know in the nineteenth century an industrial evolution. On the lands initially occupied by rich dwellings, the "factory port" draws a new city made up of workers ' cities, cathedral factories and transport routes. The northern districts of Marseille and the island of La Giudecca, then almost "desert", are experiencing considerable growth. This period lasts more than a century to stop abruptly. The management of industrial wastelands and social effects of the post industrial period (unemployment, population departure) is still topical. The Centre of Venice loses 30% of its population in twenty years, from 100 000 inhabitants to 75,000 at the end of the century. Marseille loses nearly 150 000 inhabitants and 50 000 jobs. Two new ports emerged in the twentieth century. The petro-chemical port in Porto Marghera and Fos XXL. Marseille treats 100 million tonnes of goods of which 60% of hydrocarbons, making it the first port of the Mediterranean. The development of these new ports accentuates the pressure on an already fragile natural environment: the coves of Marseille and the lagoon of Venice occupy more than half of the area of the commune. As for the tourist port, taking place in the "Factory port", it welcomes more and more cruise ships. In the space of ten years, Marseille has multiplied by thirty the number of cruise (360 000 cruise in 2005). Over the same period, Venice has risen from less than half a million to more than 1.4 million passengers (2006). In 2007, Venice would have welcomed more than 20 million tourists. Access to land, or even public space, is clearly becoming a line of conflict. As everywhere in the Mediterranean, the management of natural and cultural resources is becoming a growing source of conflicts. The increase in market value (tourism [1], intangible economy) and the weakening of public intervention (control of public expenditure) favour the logic of privatization. Through their candidatures, Marseille and Venice pose immediately the conflicting dimension of heritage as a source of dialogue, creation of wealth and possible new balances. But while they have been able to dialogue with the other major ports of the Mediterranean and create long-term bridges (commercial counters, houses of commerce), they are struggling today to have their ports interconnected with each other. One cheek against the other. The dialogue seems to be broken between those who inhabit and make each of the ports: beneficiary of tourism, of petro-chemistry, of the lagoon, of industry or without employment. While everyone is helping to build their city, they meet little: a Venetian from the city centre goes little to the Giudecca, almost never to Porto Marghera and more to San Marco. The conflicts of interest are increasing, the interests in common not stated. The initiative at the moment is largely carried by citizens ' movements concerned about the fate of their city and their place. They seek to re-appropriate heritage management to reinvent their own future. Heritage becomes a means of reclaiming the city and its own social, economic and cultural future. Since 1994, in Marseille, the European Integrated Heritage Programme is being held in the heart of the northern districts so that their current conversion is not at the expense of the present heritage and those who live there, the last witnesses of the industrial adventure. He gathered around the Carmelite Valley a curator of the heritage and more than forty structures: parishes, collective of inhabitants, enterprises. For the European Heritage Days will be held in Marseille for the tenth year of the Heritage ballads in the Heart of the North co-districts organized this year by the collective of the Vallon des Carmes. In October 2008 will be inaugurated the "soap of the Carmelite Valley", a witness to the activity of the last soap factory of these neighborhoods and premise to the opening of a "Plant museum". This work should eventually lead to the creation of a foundation centered on the emergence of modalities of private public dialogue in the management of heritage policies, leaving a large part to the residents. The heritage pretext for its experiments will be the Carmelite sites in the Mediterranean with the first objective the cooperative management of Here 2013 of the only historical monument classified and registered of the northern districts: the Cave of the Carmelite and its valley. A first heritage ballad experience will be attempted at the Giudecca this year between an association of residents the 40x and the Casa della Memoria. The Molino Stucky, a huge mill symbol of this industrial era, renovated in luxury hotel, Congress Center and residence, will be at the centre of this heritage ballad. It symbolizes for the mayor of Venice the city "possible" capable of combining in it the memory and the innovation. The challenge is to go to meet the others so that they can tell us their different readings of the renovation in progress and that everyone will be able to reclaim the present heritage. This concern is shared by the Council of Europe, which is struggling to make an individual right to cultural heritage emerge.  This right is intended to move us from the status of "beneficiary" of heritage policies to that of "entitled": entitled to participate in its identification as to its interpretation or valorisation. It would inevitably emerge the lines of heritage conflict: Conflicts of use, interpretation, development, choice of mode of conservation. The individual nature of this right makes it possible to move towards a regulation of conflicts which takes into account the whole of the ethical, cultural, ecological, economic, social and political dimensions of heritage. It is in fact part of a conflict prevention and sustainable development perspective. Because it calls on States to share their monopoly on heritage policy and the companies to co-manage the heritage resource, there is little chance that it will end soon. Today, only 3 states out of 47 have ratified the so-called ' Faro ' convention which bases this right. Heritage Ballads are a realization of the land of the right to cultural heritage. They are a point of support for an immense project to open. What are the other possible actions? What openings are the candidature of Marseille as "Laboratory of Cultural democracy" and that of Venice as "multi cultural and tolerant society"? Are there possible links between the two cities? And with the Council of Europe? Christine Breton and Prosper Wanner, September 2008. Article published on the magazine Lagunamare, on the blog Marseille-Provence 2013 and on the social network 40xVenezia

Prosper Wanner diagnostics#3 : La grotte des Carmes – entre Monument Historique et source de développement durable

Troisième portrait réalisé dans le cadre des 3 diagnostics de coopérations patrimoniales innovantes pour le compte de l’AGCCPF PACA.

Nous dénonçons les usages patrimoniaux touristiques ou exotiques érigés en modèle. Nous proposons d’affirmer « le patrimoine de tous » : histoires individuelles partagées et destin historique commun sans discrimination ni exclusion. Extrait Charte du patrimoine commun méditerranéen. AGCCPF PACA 2000.

Préambule

Afin de protéger le patrimoine menacé par la reconversion en cours dans l’arrière-port marseillais, en 1994, la Ville de Marseille a initié une mission expérimentale de conservation intégrée.

Depuis 2006, la reconversion du périmètre de la Grotte des Carmes, l’un des rares Monuments Historiques de l’arrière-port marseillais, s’est accélérée. Ce périmètre de 72 hectares est au cœur d’une zone urbaine sensible où depuis peu intervient fortement l’agence nationale de rénovation urbaine – ANRU.

Face à cette urgence, pour mener la mission de patrimoine intégré – identifier, interpréter, conserver, valoriser -, ceux qui sont directement concernés s’impliquent fortement dans la mission : habitants, entreprises et associations.

Le diagnostic propose de situer cette coopération, d’en comprendre les raisons et de mesurer les premiers résultats obtenus.

Pour pouvoir mesurer et comparer l’impact de ces coopérations public privé, il est essentiel d’utiliser un système d’indicateurs commun.  Le diagnostic fait référence avant tout aux nouveaux indicateurs utilisés dans la cadre de la loi organique relative aux lois de finances du premier août 2001 – la LOLF. Ce sont les indicateurs de performance de l’Etat vis à vis du contribuable, de l’usager et du citoyen. Il propose de répondre aux questions suivantes :

Quelles sont les raisons qui motivent cette coopération ? Contribue-t-elle à la reconversion en cours ? A la valorisation du Monument Historique ?  Dans un contexte de maîtrise de la dépense publique, contribue-t-elle trouver les ressources nécessaires à la mission de patrimoine intégré ? Ancre-t-elle davantage les acteurs économiques dans le développement durable ?

Dénomination Mission expérimentale de patrimoine intégré Chimitex S.A.
Statut Mission, ville de Marseille Société anonyme
Localisation Marseille, 15iéme et 16iéme Siège : St Laurent du VarUsine : Marseille, les Aygalades
Personne rencontrée Conservateur, 1ére classe Président directeur général
Nombre de salariés 1 70 salariés dont 18 à la savonnerie
Nombre visiteurs 2007 1000 400
Ressources 2007 75.000 euros, estimation part Ville 14 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Expo virtuelle

En 2007, l’association des conservateurs des collections publiques de France section PACA (AGCCPF PACA) a lancé une invitation internationale à de jeunes graphistes sortis d’écoles ou en cours de formations pour dialoguer sur l’actualité des enjeux de leurs métiers. Conservateurs et graphistes recherchent ensembles les formes les plus aptes aux nouvelles formes de coopérations indispensables dans l’espace symbolique aujourd’hui. L’invitée de l’expo virtuelle 2007 était Marion Arnoux. Elle vient de sortir de l’école de design de Saint-Etienne et participe à la structure expérimentale Laboratoire IRB, sous la responsabilité de Denis Coueignoux et Ruedi Baur. Le projet résulte d’une collaboration avec Mathieu Ehrsam, Designer multimédia pour aboutir à une interprétation graphique de portraits consacrés aux professionnels du monde économique qui cherchent avec les conservateurs des solutions durables dans la vie des objets de collections publiques qui leur sont confiées.

[kml_flashembed publishmethod= »static » fversion= »8.0.0″ movie= »http://hoteldunord.coop/wp-content/uploads/2013/08/expovirtuelle_carmes.swf » width= »800″ height= »600″ targetclass= »flashmovie »]

Monsieur Latour est président directeur général de Chimitex S.A., société anonyme basée à Saint Laurent du Var et dont la principale activité est la transformation et le conditionnement de produits de nettoyage et de textile d’entretien. En 2006, elle comptait 70 salariés et réalisait un chiffre d’affaires de plus de 14 millions d’euros. En 1995 elle a acquis l’usine Savonnerie du Midi alors en situation de redressement judiciaire.

La savonnerie, située dans le quartier des Aygalades au Nord de Marseille, abritait au XIV iéme siècle un moulin, à partir de 1870 une minoterie, puis l’usine de fabrication du Couscous Garbit avant de devenir en 1920 une des 108 fabriques de savon existant à cette période à Marseille. Pour des raisons économiques et de normes, l’activité dite « au chaudron » a été arrêtée pour ne maintenir que celle liée à la formulation et à la transformation. La présence des immenses chaudrons, de tamis à grain et d’autres équipements témoigne encore des activités passées.

Le savon de Marseille, produit reconnu comme efficace, économique et naturel, connaît ces dernières années un regain d’intérêt de la part des consommateurs. Ce renouveau et l’existence d’un équipement de production fonctionnel, trop coûteux à la création, ont conditionné fortement le maintien de l’activité sur place.

Monsieur Latour est soucieux d’inscrire le développement économique de Chimitex S.A. dans une perspective de développement durable. La promotion d’un produit naturel reconnu, le savon de Marseille, et le maintien d’une exploitation économique dans un quartier dit sensible sont pour lui des motifs entrepreneuriaux qui comptent dans ses prises de décisions. Aujourd’hui il revendique la capacité de son entreprise d’avoir assumé jusqu’ici sans aides externes la parité, la diversité et la protection de l’environnement.

Restait à prendre durablement place sur un marché fortement concurrentiel. Le Savon de Marseille n’est pas une appellation d’origine contrôlée. Sur la centaine de fabriques marseillaises du siècle dernier, seules trois restent en activité. De nombreuses PME s’appuient sur le renouveau du savon de Marseille pour appuyer leurs ventes en l’associant à des huiles essentielles ou des extraits de plantes. Plus de 80% de la production est réalisée à l’étranger comme en Allemagne, en Grèce, en Italie ou en Turquie. L’usine Savonnerie du Midi produit aujourd’hui annuellement 2500 tonnes de savon qu’elle écoule au niveau national (10% d’export). Contrairement à de nombreuses PME locales, elle ne possède pas ses propres points de vente et doit faire face à une forte concurrence pour accéder au front de vente des grandes centrales de distribution.

Comment se différencier dans un marché très concurrentiel ? Comment trouver de nouveaux débouchés commerciaux? Comment valoriser son choix d’implantation ?

La grotte ermitage des Carmes est un Monument Historique, classé en 1994 sous le numéro PA00081517. La savonnerie est située dans son périmètre de protection. La qualité de l’eau qui a amené les Carmes à venir s’installer aux grottes est celle qui permettait la production d’un savon de haute qualité. Au douzième siècle, l’ordre des Carmes s’installe dans cet ancien ermitage dont l’origine remonterait au 5ième siècle.

Les 500 mètres de son périmètre patrimonial, soit 72 hectares, sont depuis plusieurs années inclus dans le grand espace de rénovation urbaine du 15ième et 16ième arrondissement de Marseille. Le périmètre patrimonial englobe d’autres grottes ensevelies en 1933 par l’autoroute A7, la citée d’habitat social Les créneaux, la citée en copropriété Montleric, l’usine en activité Savonnerie du Midi, l’usine Abeille re investie par la Citée des arts de la rue, l’importante bastide provençale La Guillermy abandonnée depuis peu et la « coulée verte » du ruisseau des Aygalades.

La modification de ce périmètre protégé « en reconversion » s’est accélérée avec le lancement de la construction de la Citée des arts de la rue, l’amplification de la dégradation de la bastide La Guillermy et de la Grotte des Carmes, l’intervention de l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine sur les citées des Créneaux et de La Viste (ANRU) et la perspective de raser l’ensemble d’habitat social Les Créneaux.

Comment concilier la conservation de ce « terroir historique » tout en contribuant à la nécessaire reconversion économique de ces quartiers ? Comment devenir force de propositions ?

La mission expérimentale de conservation intégrée a été initiée en 1994 par la Ville de Marseille, l’université, le CNFPT et le Conseil de l’Europe. La Commune met à disposition un conservateur à plein temps et la tutelle scientifique est assumée par le Conseil de l’Europe. Ce processus est reconduit jusqu’à aujourd’hui dans le cadre des Conventions Ville/Etat sur l’aménagement urbain. Le périmètre expérimental est celui du Grand Projet Urbain (GPU), devenu Grand Projet de Ville (GPV), qui englobe le 15ième et 16ième arrondissement de Marseille.

Christine Breton, conservateur première classe de la Ville de Marseille, à l’origine de ce processus, est depuis chargée de sa mise en œuvre. En lien avec le Conseil de l’Europe, elle met en pratique depuis plus d’une dizaine d’années sur le terrain ses recommandations sur l’approche intégrée du patrimoine[1].

La Grotte des Carmes est l’un des rares points d’appui sous législation patrimoniale sur ces deux arrondissements qui regroupent 11% de la population marseillaise et « seulement » 4 monuments historiques sur les 72 que compte la ville. Pour construire des propositions concrètes qui partent du patrimoine culturel présent, Christine Breton a associé au sein du « réseau patrimonial du Vallon des carmes » des organismes privées – associations, entreprises, indépendants – présents sur le périmètre patrimonial.

Ces associations, ces entreprises, ces collectifs d’habitants sont sollicités pour donner de leur temps et des moyens à la mise en œuvre du processus patrimonial. Que ce soit sous la forme d’une participation à des ateliers mensuels, à la collecte de données ou de fourniture de matériel, le processus s’est mis en œuvre.

Chimitex S.A. fait partie de cette dizaine de structures impliquées au même titre que le Comité d’Intérêt de Quartier des Aygalades, la paroisse ou la Citée des arts de la rue. Ils participent au repérage, à l’identification, à l’interprétation ou à la mise en valeur des ressources patrimoniales du site, qu’elles soient naturelles – repérage des source d’eau, des chemins –, culturelles – existence de savoir-faire, recueil de témoignages – ou matérielles – recherche d’équipements, d’images.

Le rendu public d’une année de travail se fait chaque année au travers d’une « ballade patrimoniale » lors des journées européennes du patrimoine. La Grotte des Carmes, difficilement accessible et en mauvais état, est ouverte depuis trois ans au public une fois par an lors de ces journées européennes du patrimoine. Une balade où s’enchaînent les rencontres in situ avec ceux du réseau : entrepreneurs, habitants, acteurs institutionnels, artiste et responsables associatifs. De 40 visiteurs la première année, ce sont 400 personnes qui ont fait la ballade en 2007.

 

Année Nombre de participants Articles de presse Structures partenaires du réseau
2005 40 0 1
2006 200 1 4
2007 400 7 20

 

Monsieur Latour participe chaque année aux journées européennes de valorisation de ce patrimoine. En 2007, il a ouvert l’usine et lui et des salariés ont apporté leur témoignage aux 400 personnes présentes.  Aujourd’hui, il poursuit des recherches patrimoniales fructueuses sur le site et sur le sujet du savon de Marseille.

La première raison concerne la visibilité de son positionnement économique. Chimitex S.A. présente sa marque « maître savon de Marseille » comme l’une des deux dernières distribuées nationalement dont les produits soient fabriqués à Marseille selon des méthodes et des recettes traditionnelles depuis plus d’un siècle. Elle inscrit son activité dans la continuité de la fabrication millénaire des savons d’Orient, qui s’est poursuivie et développée à Marseille depuis l’Edit de Colbert de 1688. Et dans la continuité d’usage d’une eau de qualité, celle des Aygalades, valorisée par les romains puis les Carmes. Elle cherche à valoriser la qualité de sa production en l’inscrivant dans une continuité historique. Aujourd’hui Monsieur Latour a créé sa propre marque : Savon du Vallon des Carmes et revendique le savon de Marseille fabriqué à Marseille.

La seconde raison porte sur l’ouverture de nouveaux débouchés économiques. La participation à la journée européenne du patrimoine de 2007 lui a montré l’intérêt existant pour sa démarche (400 visiteurs). Aujourd’hui l’entreprise reçoit mensuellement des groupes de visiteurs et envisage de développer un point de vente localisé articulé à un espace « musée » en lien avec une association de passionnés du savon de Marseille. Elle veut pouvoir ainsi capter une clientèle locale et drainer une partie du potentiel de clientèle liée à l’activité de croisières. Actuellement aucun des parcours que réalisent les milliers de croisiéristes chaque semaine au départ du Port de Marseille ne prévoient une visite des quartiers Nord de Marseille. La société souhaite participer à la création d’une offre de cette nature.

 

Indicateur COOPERATIF N°1 – valorisation économique[2]  – La coopération public privé contribue-t-elle à ancrer les acteurs économiques dans le développement durable ?

Problématique Plus value patrimoine.
Rendre visible un positionnement inscrit dans une perspective de développement durable. Inscription de la production dans une continuité historique – savon de Marseille, eau des Aygalades. Création d’une marque « Savon du Vallon des Carmes ».
Développer une filière courte de valorisation et commercialisation de la production. Ouverture d’un espace vente / exposition à l’usine positionné sur le projet d’itinéraire culturel européen. Projet de création d’un espace « musée ».

 

Concernant les politiques publiques, la présence d’un Monument Historique, même dégradé et inaccessible, dans une zone urbaine en reconversion est un atout. Son approche intégrée en fait une source de développement durable. L’Etat s’est engagé à rendre l’environnement pour les personnes habitant en zone urbaine sensible aussi agréable que dans le reste de la commune. Et cela en consentant davantage d’efforts au niveau de l’aménagement des espaces extérieurs, de la valorisation de l’environnement et de l’offre culturelle[3]. Le Ministère de la culture doit dans ce cadre accroître son effort d’intervention dans les zones urbaines prioritaires et orienter davantage ses actions subventionnées vers des territoires où la population est pour des raisons sociales, culturelles ou géographiques éloignées de l’offre culturelle[4]. Avec comme cible, un effort fait en direction des zones prioritaires qui soit plus important que l’effort général.

Le périmètre patrimonial de la Grotte des carmes est au cœur de ces quartiers qui connaissent des déséquilibres territoriaux importants au niveau de la qualité de vie (nuisances sonores, pollutions), de l’offre culturelle, des modes déplacements et du cadre de vie (habitat, espaces publics.). A travers le réseau patrimonial de Vallon des Carmes, ce sont 6 000 personnes qui sont concernés par cette politique culturelle tout au long de l’année. Elles y contribuent directement ou indirectement, qu’elles soient présentes ou représentées dans les espaces de travail, sollicitées pour la collecte de données et leur interprétation ou invitées à bénéficier de ce travail lors des journées européennes du patrimoine. Soit 9% de la population de l’arrondissement et 0,8% de celle de Marseille qui est directement concernée par cette politique culturelle[5].

Organismes Membres Estimation  Nbre personnes
Comité d’intérêt de Quartier des Aygalades et Saint Louis 100 Commerçants et habitants 200
Association des Amis des Aygalades 200 familles 800
Centre social 1000 familles 4000
Citées des arts de la rue 7 structures culturelles 100
paroisses catholique et arménienne 1000 familles 4000
Chimitex SA 18 salariés 18
Habitants Citées des Aygalades 10 familles 40
Collectif Les Creneaux 100 familles 400

Au niveau de l’effort financier, l’action sur le vallon des Carmes représente 50% du budget engagé via la mission de patrimoine intégré (un poste de conservateur), soit un budget qui peut être estimé à 38 000 euros. Cela fait 5 euros par habitant concerné et représente 0,03% du Budget de la Ville. La Ville de Marseille avec 820 900 habitants (données 2005) et un budget Culture de 116 millions d’euros (2007) dépense en moyenne 141,31 euros par habitants.

Indicateur COOPERATIF N°2  – Efficacité [6] La coopération public privé contribue-t-elle à la reconversion en cours ?

Ville de Marseille, Culture Mission Patrimoine intégré 15/16ième. Processus Vallon des carmes ZUS 15e Sud. Consolat, Viste, Aygalades
Habitants 820 900 89 800 6 000 19 264
% 100% 10,9% 0,8% 2,3%
Monuments historiques 72 4 1 1
% 100% 5,5% 1,4%
Musées 14 0 0 0
Budget 116 000 000 euros 75 000 euros 38 000 euros 36 000 000 euros (projet ANRU)
% 100% 0,06% 0,03%

 


[1] Le 27 octobre 2005 à Faro, la conférence de clôture du 50ème anniversaire de la Convention culturelle européenne a abouti à une convention cadre sur la valeur du patrimoine culturel pour la société. Convention dite « de Faro » et en cours de ratification, son article 10 « Patrimoine culturel et activité économique » résume à lui seul les enjeux de l’implication du Conseil de l’Europe dans cette démarche. « En vue de valoriser le potentiel du patrimoine culturel en tant que facteur de développement économique durable, il engage les partie à accroître l’information sur le potentiel économique du patrimoine culturel et à l’utiliser (…) à prendre en compte le caractère spécifique et les intérêts du patrimoine culturel dans l’élaboration des politiques économiques ; et à veiller à ce que ces politiques respectent l’intégrité du patrimoine culturel sans compromettre ses valeurs intrinsèques.

[2] Cet indicateur mesure l’impact du patrimoine sur l’activité économique de l’entreprise. Il est en échos au rapport sur « L’économie de l’immatériel, la croissance de demain » (ministère des finances, 2006) qui a préconisé de s’intéresser aux bénéfices à tirer de l’exploitation « de notre histoire, de notre géographie ou de nos territoires ». Et qui a donné à la création en avril 2007 de l’Agence du Patrimoine Immatériel de l’État (APIE). Elle a pour rôle d’aider les ministères, les administrations publiques et les collectivités locales à optimiser la gestion de leur patrimoine intangible, pour en tirer une meilleure valorisation.

[3] LOLF, Mission Ville, Objectif n° 2 (du point de vue de l’usager) : Améliorer le cadre de vie des zones urbaines sensibles. Objectif concourant à la politique transversale « Ville ».

[4] LOLF, Mission Culture, programme Transmission des savoir et démocratisation de la culture.

[5] Précisions méthodologiques : Sources de données : les données sont celles fournies par Christine Breton. N’ont été prises en compte que les structures qui ont participé de manière effective aux journées européennes du patrimoine de septembre 2007 : préparation, animation, communication. Mode de calcul de l’indicateur : Le nombre de personne a été évalué en comptant 4 personnes par famille et 3 par associations culturelles ou commerces (50% adhérents CIQ). Les doubles comptages ont été pris en compte en enlevant 30% du total. AU total 9500 personnes comptabilisées, soit 6000 hors double comptage.

[6] Cet indicateur vise à mesurer l’efficacité de la coopération suivant un indicateur identifié au sein de ceux de la LOLF. C’est-à-dire la capacité d’une administration à atteindre les objectifs correspondant à ses missions fixés dans le cadre de la LOLF. L’objectif se s’appuyer sur un indicateur LOLF est de pouvoir comparer l’efficacité à une moyenne et à la cible que s’est fixée l’Etat pour les années à venir.

Prosper Wanner Diagnostics # 3: The Carmelite Cave – between historical Monument and source of sustainable development

Third portrait carried out in the context of the 3 diagnostics of innovative patrimonial cooperation on behalf of the AGCCPF PACA. We denounce the tourist or exotic heritage uses erected as a model. We propose to affirm "the heritage of all": Shared individual histories and common historical destiny without discrimination or exclusion. Extract Charter of the Mediterranean common heritage. AGCCPF PACA 2000. Preamble in order to protect the heritage threatened by the conversion underway in the Marseille hinterland, in 1994, the city of Marseille initiated an experimental integrated conservation mission. Since 2006, the reconversion of the perimeter of the Carmelite cave, one of the few historical Monuments of the Marseille hinterland, has accelerated. This perimeter of 72 hectares is at the heart of a sensitive urban area where the National Urban Renewal Agency – ANRU has recently intervened strongly. In the Face of this urgency, to lead the mission of integrated heritage – to identify, interpret, preserve, value – those who are directly concerned are strongly involved in the mission: inhabitants, businesses and associations. The diagnosis proposes to situate this cooperation, to understand the reasons and to measure the first results obtained. In order to measure and compare the impact of these private public cooperation, it is essential to use a common indicator system.  The diagnosis refers above all to the new indicators used in the framework of the Organic Law on the Finance laws of August 1, 2001-LOLF. These are the performance indicators of the State vis-à-vis the taxpayer, the user and the citizen. It proposes to answer the following questions: What are the reasons for this cooperation? Does it contribute to the current conversion? To the valorisation of the historical Monument?  In a context of controlling public spending, does it contribute to finding the necessary resources for the integrated Heritage Mission? Does it anchor economic actors more in sustainable development?

Name Integrated Heritage Experimental Mission Chimitex S.A.
Status Mission, City of Marseille Limited Company
Location Marseille, 15iéme and 16iéme Headquarters: St Laurent du VarUsine: Marseille, les Aygalades
Person met Conservative, 1st Class President and Chief Executive Officer
Number of employees 1 70 employees including 18 in the SOAP factory
Visitors number 2007 1000 400
Resources 2007 75,000 euros, estimation part Ville 14 million euros in turnover.

Virtual Expo in 2007, the Association of curators of the public collections of France section Paca (AGCCPF Paca) has launched an international invitation to young graphic designers from schools or in the course of training to dialogue on the news of Stakes in their trades. Curators and graphic designers are looking for the most suitable forms for the new forms of cooperation indispensable in the symbolic space today. The guest of the Virtual Expo 2007 was Marion Arnoux. She has just come out of the design school of Saint-Etienne and participates in the experimental structure IRB Laboratory, under the responsibility of Denis Coueignoux and Ruedi Baur. The project results from a collaboration with Mathieu Ehrsam, multimedia Designer to produce a graphical interpretation of portraits devoted to professionals of the economic world who seek with the curators durable solutions in the life of Objects of public collections entrusted to them. [Kml_flashembed Publishmethod = "static" Fversion = "8.0.0" movie = "http://hoteldunord.coop/wp-content/uploads/2013/08/expovirtuelle_carmes.swf" width = "800" height = "600" Targetclass = "Flashmovie"] Mr. Latour is the chief executive officer of Chimitex S.A., a limited company based in Saint Laurent du Var, whose main activity is the processing and packaging of cleaning products and maintenance textiles. In 2006, it had 70 employees and achieved a turnover of more than 14 million euros. In 1995 she acquired the soap factory of the Midi then in a situation of judicial recovery. The SOAP factory, located in the district of Aygalades in the north of Marseille, housed in the XIV iéme century a mill, starting from 1870 a flour mill, then the manufacturing plant of Couscous Garbit before becoming in 1920 one of the 108 soap factories existing at this Period in Marseille. For economic and standards reasons, the so-called "cauldron" activity has been halted to maintain only that related to formulation and transformation. The presence of the immense cauldrons, grain sieves and other equipment still bears witness to past activities. Marseille SOAP, a product recognized as effective, economical and natural, has experienced a renewed interest on the part of consumers in recent years. This renewal and the existence of a functional production equipment, too costly to the creation, have strongly conditioned the maintenance of the activity on the spot. Mr. Latour is anxious to register the economic development of Chimitex S.A. From a sustainable development perspective. The promotion of a recognized natural product, the Marseille soap, and the maintenance of economic exploitation in a sensitive neighbourhood are for him entrepreneurial motives that count in his decision making. Today it claims the ability of its company to have hitherto assumed without external AIDS parity, diversity and protection of the environment. remained to be permanently placed in a highly competitive market. Marseille soap is not a controlled appellation of origin. Of the hundred Marseille factories of the last century, only three remain active. Many SMEs rely on the renewal of Marseille soap to support their sales by associating it with essential oils or plant extracts. More than 80% of the production is carried out abroad as in Germany, Greece, Italy or Turkey. The soap factory of the Midi today produces 2500 tons of soap that it flows at national level (10% export). Unlike many local SMEs, it does not have its own outlets and has to face strong competition to access the sales front of large distribution centers. How to differentiate in a very competitive market? How to find new business opportunities? How do you value your choice of location? The Cave hermitage of Carmes is a historical Monument, classified in 1994 under the number PA00081517. The SOAP factory is located within its protective perimeter. The quality of the water that led the Carmelites to come and settle in the caves is the one that allowed the production of a high quality soap. In the twelfth century, the Carmelite order settled in this ancient hermitage, which originated in the 5th century. The 500 metres of its heritage perimeter, or 72 hectares, have been included in the large urban renewal area of the 15th and 16th arrondissement of Marseille for several years. The heritage perimeter encompasses other caves buried in 1933 by the A7 motorway, the city of social housing the niches, the Montleric condominium, the Midi soap factory, the Bee factory re-invested by the City of Street Arts, The important Provencal bastide la Guillermy has recently been abandoned and the "green flow" of the Aygalades Brook. The modification of this protected perimeter "in conversion" has accelerated with the launch of the construction of the city of the street arts, the amplification of the degradation of the Bastide la Guillermy and the Cave of the Carmelite, the intervention of the agency National urban renewal on the cities of the niches and the Viste (ANRU) and the prospect of shaving the whole of social habitat the niches. How to reconcile the conservation of this "historic terroir" while contributing to the necessary economic conversion of these districts? How to become a force for proposals? The experimental Integrated Conservation mission was initiated in 1994 by the city of Marseille, the university, the CNFPT and the Council of Europe. The municipality makes available a full-time curator and the scientific guardianship is assumed by the Council of Europe. This process is renewed until today within the framework of the city/State Conventions on urban planning. The experimental perimeter is that of the large Urban Project (GPU), which became a major city project (GPV), which encompasses the 15th and 16th arrondissement of Marseille. Christine Breton, first class curator of the city of Marseille, at the origin of this process, has since been responsible for its implementation. In connection with the Council of Europe, it has been implementing its recommendations on the integrated heritage approach for more than ten years on the ground [1]. The Carmelite Cave is one of the few points of support under heritage legislation on these two boroughs which bring together 11% of the population of Marseille and "only" 4 historical monuments on the 72 that the city counts. To build concrete proposals that start from the present cultural heritage, Christine Breton has partnered with the "Heritage Network of the Carmelite Valley" of private organizations – associations, companies, independents-present on the perimeter Heritage. These associations, these companies, these collectives of inhabitants are asked to give their time and means to the implementation of the heritage process. Whether in the form of participation in monthly workshops, data collection or material supply, the process has been implemented. Chimitex S.A. is part of this ten structures involved in the same way as the Aygalades District Interest Committee, the parish or city of the street arts. They are involved in the tracing, identification, interpretation or development of the heritage resources of the site, whether natural – identification of the source of water, the paths – cultural – existence of know-how, collection of Testimonials – or material – search for equipment, images. The public record of a year of work is done each year through a "heritage ballad" during the European Heritage days. The Carmelite cave, difficult to reach and in poor condition, has been open for three years to the public once a year on these European heritage days. A stroll through the meetings in situ with those of the network: entrepreneurs, inhabitants, institutional actors, artists and associative leaders. From 40 visitors the first year, it is 400 people who did the ballad in 2007.  

Year Number of participants Press Articles Network Partner Structures
2005 40 0 1
2006 200 1 4
2007 400 7 20

  Mr. Latour participates annually in the European days of valorisation of this heritage. In 2007 he opened the factory and he and employees brought their testimony to the 400 people present.  Today, he is pursuing fruitful heritage research on the site and on the subject of Marseille soap. The first reason concerns the visibility of its economic positioning. Chimitex S.A. Presents its brand "master soap of Marseille" as one of the last two distributed nationally whose products have been manufactured in Marseille according to traditional methods and recipes for more than a century. It enshrines its activity in the continuity of the millennial manufacture of Oriental soaps, which has continued and developed in Marseille since the Colbert Edit of 1688. And in the continuity of use of quality water, that of the Aygalades, valued by the Romans and then the Carmelites. It seeks to value the quality of its production by registering it in a historical continuity. Today Mr. Latour has created his own brand: Soap from the Carmelite Valley and claims Marseille soap made in Marseille. The second reason is the opening up of new economic opportunities. The participation in the European Heritage Day of 2007 showed him the interest existing for his approach (400 visitors). Today the company receives monthly groups of visitors and plans to develop a localised point of sale articulated to a space "museum" in connection with an association of soap enthusiasts of Marseille. It wants to be able to capture a local clientele and to drain some of the potential of customers linked to the activity of cruises. At present none of the routes that the thousands of cruise carry out every week from the Port of Marseille provide for a visit to the northern districts of Marseille. The company wishes to participate in the creation of an offer of this nature.   COOPERATIF indicator No. 1 – Economic valuation [2]-does private public cooperation contribute to anchoring economic actors in sustainable development?

Problem More value heritage.
To make visible a position placed in the perspective of sustainable development. Inscription of the production in a historical continuity – soap of Marseille, water of the Aygalades. Creation of a brand "soap of the Carmelite Valley".
Develop a short chain of development and marketing of production. Opening of a sales/exhibition space at the factory positioned on the European cultural itinerary project. Project to create a "museum" space.

  With regard to public policy, the presence of a historic Monument, even degraded and inaccessible, in an urban area in reconversion is an asset. Its integrated approach makes it a source of sustainable development. The State is committed to making the environment for people living in a sensitive urban area as pleasant as in the rest of the commune. And this by making greater efforts in the area of the development of external spaces, the enhancement of the environment and cultural supply [3]. The Ministry of Culture must in this context increase its intervention effort in the priority urban areas and further orient its subsidized actions to territories where the population is for social, cultural or Geographical distance from cultural offerings [4]. With the target, an effort made towards priority areas that is more important than the general effort. The heritage perimeter of the Carmelite cave is at the heart of these neighbourhoods, which experience significant territorial imbalances in terms of quality of life (noise nuisance, pollution), cultural supply, travel patterns and living environment ( Habitat, Public spaces.). Through the Heritage network of Vallon des Carmes, it is 6 000 people who are concerned by this cultural policy throughout the year. They contribute directly or indirectly, whether they are present or represented in the workspaces, requested for the collection of data and their interpretation or invited to benefit from this work during the European days of Heritage. Or 9% of the population of the borough and 0.8% of Marseille, which is directly concerned by this cultural policy [5].

Organizations Members Estimate number of people
Aygalades and Saint Louis District Interest Committee 100 Traders and inhabitants 200
Association of Friends of Aygalades 200 families 800
Social Center 1000 families 4000
Cities of the street arts 7 Cultural structures 100
Catholic and Armenian parishes 1000 families 4000
Chimitex SA 18 Employees 18
Inhabitants quoted from the Aygalades 10 families 40
Collective Les Niche Markets 100 families 400

At the level of the financial effort, the action on the Carmelite Valley represents 50% of the budget committed via the Integrated Heritage Mission (a post of curator), a budget that can be estimated at 38 000 euros. This is 5 euros per capita concerned and represents 0.03% of the city's Budget. The city of Marseille with 820 900 inhabitants (data 2005) and a Culture budget of 116 million euros (2007) spends an average of 141.31 euros per inhabitants. COOPERATIF Indicator N ° 2-efficiency [6]does private public cooperation contribute to the ongoing conversion?

City of Marseille, Culture Integrated Heritage Mission 15/16th. Process of the Carmelite Valley ZUS 15th South. Consolate, Viste, Aygalades
Inhabitants 820 900 89 800 6 000 19 264
% 100% 10.9% 0.8% 2.3%
Historical Monuments 72 4 1 1
% 100% 5.5% 1.4%
Museums 14 0 0 0
Budget 116 000 000 euros 75 000 euros 38 000 euros 36 000 000 euros (ANRU project)
% 100% 0.06% 0.03%

 


[1] On 27 October 2005 in Faro, the closing conference of the 50th anniversary of the European Cultural Convention culminated in a framework convention on the value of cultural heritage for society. The so-called "Faro Convention" and in the process of ratification, its article 10 "cultural heritage and economic activity" alone sums up the stakes of the Council of Europe's involvement in this process. "In order to enhance the potential of cultural heritage as a factor for sustainable economic development, it calls on the parties to increase information on the economic potential of cultural heritage and to use it (…) To take into account the specific character and interests of cultural heritage in the development of economic policies; and to ensure that these policies respect the integrity of the cultural heritage without compromising its intrinsic values.
[2] This indicator measures the impact of heritage on the business's economic activity. It echoes the report on "the Economy of the intangible, the growth of Tomorrow" (Ministry of Finance, 2006) which called for an interest in the benefits to be drawn from the exploitation of "Our history, our geography or our territories". And which gave the creation in April 2007 of the Agency of the Intangible Heritage of the State (FIPA). It has the role of helping ministries, public administrations and local communities to optimize the management of their intangible heritage, to gain better value for them.
[3] LOLF, Mission City, Objective 2 (from the user's point of view): To improve the living environment of sensitive urban areas. Objective contributing to the transversal policy "city".
[4] LOLF, Mission culture, programme of knowledge Transmission and democratization of culture.
[5] Methodological clarifications: Data Sources: The data are those provided by Christine Breton. Only those structures that participated effectively in the European Heritage Days of September 2007 were taken into account: preparation, animation, communication. method of calculating the indicator: The number of persons was estimated by counting 4 people per family and 3 by cultural associations or businesses (50% CIQ members). Double counting was taken into account by removing 30% of the total. A total of 9500 persons counted, i.e. 6000 excluding double counting.
[6] This indicator aims to measure the effectiveness of cooperation following an indicator identified within those of the LOLF. That is, the ability of an administration to achieve the objectives corresponding to its missions established under the LOLF. The objective is to rely on a LOLF indicator to be able to compare efficiency to an average and target that the state has set for the years to come.

Prosper Wanner diagnostics#1 : La barque L’Espadon, bien inaliénable partagé.

Premier portrait réalisé dans le cadre des 3 diagnostics de coopérations patrimoniales innovantes pour le compte de l’AGCCPF PACA.

Le patrimoine n’est pas une marchandise. La plus value symbolique de ces biens communs impose d’autant plus leur gestion dans une économie alternative, solidaire et durable. Extrait Charte du patrimoine commun méditerranéen. AGCCPF PACA 2000.

Préambule

Le MCEM a confié en 2006 l’entretien, la conservation et la vulgarisation auprès du grand public de la barque L’Espadon, bien inaliénable, à l’association Boud’mer qui propose de «partager la mer ensemble».

Le diagnostic propose de situer cette coopération, d’en comprendre les raisons et de mesurer les premiers résultats obtenus.

Pour pouvoir mesurer et comparer l’impact de ces coopérations public privé, il est essentiel d’utiliser un système d’indicateurs commun.  Le diagnostic fait référence avant tout aux nouveaux indicateurs de performance de l’Etat vis à vis du contribuable, de l’usager et du citoyen utilisés dans la cadre de la loi organique relative aux lois de finances du premier août 2001 – la LOLF. Il propose de répondre aux questions suivantes :

Quelles sont les raisons qui ont motivé cette coopération ? Deux années après, quels sont les premiers bilans que l’on peut tirer de cette expérience ? En quoi cette coopération public privé favorise-t-elle l’accessibilité de l’Espadon ?  Dans un contexte de maîtrise de la dépense publique, participe-t-elle à limiter les coûts inhérents à la conservation d’une barque traditionnelle ? Est-elle performante pour l’association Boud’mer ?

Dénomination MCEM Boud’mer
Statut Musée national Association Loi 1901
Localisation Marseille, Fort Saint Jean Marseille
Statut personne rencontrée Conservateur en chef Directeur et fondateur
Nombre de salariés ETP 125 / 160 (2008) 3
Nombre visiteurs annuel 45 000 1 000
Prévision budget annuel 2008 13 millions d’euros 60 000 euros

Expo virtuelle

En 2007, l’association des conservateurs des collections publiques de France section PACA (AGCCPF PACA) a lancé une invitation internationale à de jeunes graphistes sortis d’écoles ou en cours de formations pour dialoguer sur l’actualité des enjeux de leurs métiers. Conservateurs et graphistes recherchent ensembles les formes les plus aptes aux nouvelles formes de coopérations indispensables dans l’espace symbolique aujourd’hui. L’invitée de l’expo virtuelle 2007 était Marion Arnoux. Elle vient de sortir de l’école de design de Saint-Etienne et participe à la structure expérimentale Laboratoire IRB, sous la responsabilité de Denis Coueignoux et Ruedi Baur. Le projet résulte d’une collaboration avec Mathieu Ehrsam, Designer multimédia pour aboutir à une interprétation graphique de portraits consacrés aux professionnels du monde économique qui cherchent avec les conservateurs des solutions durables dans la vie des objets de collections publiques qui leur sont confiées.

[kml_flashembed publishmethod= »static » fversion= »8.0.0″ movie= »http://hoteldunord.coop/wp-content/uploads/2013/08/expovirtuelle_espadon.swf » width= »800″ height= »600″ targetclass= »flashmovie »]

Monsieur Thomé est directeur et fondateur de l’association « Boud’mer, partageons la mer ensemble ». Il a créé cette association pour concilier la nécessaire protection de l’environnement marin avec le développement de l’accès au patrimoine marin pour tous.

Créée en 2001, elle a comme objectif la sauvegarde du patrimoine maritime méditerranéen, la démocratisation de son accès et la sensibilisation du grand public. Ses adhérents partagent l’usage de barques traditionnelles et proposent de nombreuses sorties thématiques en mer comme la découverte du patrimoine littoral ou la  pèche. Leurs bateaux sont postés dans les ports de plaisance marseillais. En 2006, ils étaient plus de 200 personnes à partager 5 barques. Avec un budget annuel de 60 000 euros, 3 salariés (2 équivalents temps plein) et 12 bénévoles actifs, l’association a réalisé cette année là 150 sorties en mer dont plus de la moitié thématiques. A travers le « partage de bateau », comme il existe à Marseille l’autopartage, il propose à toute personne d’avoir accès à ce patrimoine tout en allant dans le sens d’une régulation de la pression des bateaux de plaisance sur le littoral.

L’Espadon est une barque Lavaille entrée dans les collections du Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée sous le numéro d’inventaire : 2004-90. Monsieur Thomé a participé à son expertise et sa restauration. L’entretien laborieux et coûteux des barques traditionnelles auquel s’ajoute le manque de place au port amènent de nombreux propriétaires à se séparer de ce patrimoine. L’Espadon a été construite à Cannes en 1965 par Lavaille. Longue de 7 mètres et d’une capacité d’accueil de 8 personnes, elle a servi jusqu’en 1992 à un même artisan pécheur. Après une trentaine d’années d’activités professionnelles, elle a été désarmée de son équipement de pêche et vendue à un plaisancier. Puis en 2004, la barque a été proposée comme donation au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, le MCEM.

Le MCEM est un musée de société consacré aux civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Cette orientation donnée à l’ex Musée national des arts et traditions populaires va de pair avec son installation à Marseille, en bord de mer méditerranée. L’objectif affiché est de susciter le débat en articulant les expositions à de grandes questions de société. Le MCEM sera doté en 2008 d’un budget annuel prévisionnel de plus de 13 millions d’euros, de 160 salariés. Ses réserves actuelles sont estimées à plus d’un demi million d’objets. Denis Chevalier, conservateur en chef au MuCEM, s’est chargé du suivi de la demande de donation de l’Espadon.

Responsable de l’antenne de Marseille, son intérêt pour le patrimoine industriel l’amène à prendre en compte le potentiel de conservation in situ ou « en vie » du patrimoine. Et à s’interroger, dès que possible, sur la possibilité qu’un bien puisse être mis en dépôt dans une entreprise et continue ainsi à vivre sa propre histoire. D’où l’idée, pour les barques traditionnelles, patrimoine maritime euro méditerranéen, d’aller jusqu’à commander leur fabrication (maintien du savoir faire), de filmer le chantier et de les amarrer aux pieds du MCEM. Ce projet est initié avec une barque traditionnelle tunisienne. Dans cette continuité, le potentiel de conservation in situ de l’Espadon a été un des éléments pris en compte : usages possibles, équipements nécessaires, capacité d’accueil et potentiel d’activité.

Aujourd’hui, entretenue par l’association, l’Espadon participe à l’économie de l’association Boud’mer. Suite à l’avis favorable émis pas l’association Boud’mer sur l’état de l’Espadon, son intérêt patrimonial et son potentiel d’usage, le MCEM a enclenché le processus de demande de classement de l’Espadon. Une fois l’accord reçu, la remise en état de l’Espadon a été confiée à l’association Boud’mer et à une société de charpentiers marine. Le MCEM a fait ensuite le choix de confier l’entretien et l’utilisation partagée du bateau à l’association. La convention est annuelle et reconduite tacitement chaque année. Cette convention, faute de référentiel existant, s’est inspirée de celle du pendwick II, mis à disposition d’une école de voile.

Pour l’association Boud’mer, la première plus value concerne sa légitimité. Son objet n’est pas d’acquérir des barques traditionnelles mais d’en faciliter l’accès et l’entretien. Elle cherche à inciter des propriétaires à partager leur barque en contrepartie du financement des coûts d’entretien, principale motivation à l’abandon de ce patrimoine. La confiance accordée par le Musée à l’association renforce sa crédibilité auprès des partenaires publics et privés.

La seconde est économique. La participation des usagers à chaque sortie en mer permet à Boud’mer de financer les coûts d’entretien des barques mais pas les coûts de structure (bureau, coordination, etc). Ces derniers sont financés essentiellement par des ressources en partie temporaires (subventions exceptionnelles, cotisations, bénévolat). Pour augmenter sa rentabilité, l’association  devrait augmenter ses tarifs et favoriser les sorties individuelles (aller vers la location) alors que son objet associatif est davantage la découverte du patrimoine (sorties accompagnées) et l’accès au plus grand nombre. Sans compter les impacts fiscaux liés au passage à une activité essentiellement de loueur : assujettissement à la TVA, à la taxe professionnelle.

Cette situation est différente avec l’Espadon dont l’entretien et les réparations sont pris en charge par le musée. C’est la seule embarcation de l’association à participer aujourd’hui au financement des frais de structure. Une telle coopération permet à l’association d’envisager à terme un modèle économique qui lui permette de défendre son projet associatif sans devenir un loueur de bateau. Aujourd’hui l’Espadon contribue à financer 5% des frais de structure de l’association. L’équilibre économique de l’association pourrait reposer sur un financement à part égale entre les financements privés (locations, mécénat, sorties), les subventions publiques et la gestion d’une flotte « patrimoniale » d’une demi douzaine de bateaux.

  • Indicateur COOPERATIF N°1 – valorisation économique[1]  – Cette coopération public privé est-t-elle performante pour l’association Boud’mer ?
Problématique Plus value patrimoine.
Rendre crédible la qualité de l’action de l’association auprès des propriétaires de barques traditionnelles. Reconnaissance de la qualité du projet associatif et du savoir faire de l’association.
Trouver des modalités de financement des coûts de structures hors location individuelle des barques (ne pas devenir loueur). La mutualisation avec le musée des coûts de gestion et d’entretien permet de financer 5% des coûts de structure sans louer la barque.

Sortie des réserves et mise à l’eau, l’Espadon est partagée au quotidien. Cette barque de pèche n’a pas en soi un caractère unique. Sa principale richesse repose davantage sur le lien qu’elle représente avec toutes les autres barques du même type présentes sur tout le pourtour méditerranéen. Tous les musées d’ethnologie ont à priori des barques de cette nature et risquent faiblement d’en solliciter une auprès d’autres musées. À cela vient s’ajouter la taille importante d’une barque qui la rend difficilement transportable.

L’Espadon n’a guère de chance d’être exposé de manière permanente, temporaire ou en dépôt. Un don de cette nature a davantage de probabilités de rejoindre le demi million d’objets présents dans les réserves du MCEM et peu de chances de sorties. Il serait conservé mais faiblement accessible. Et ce alors que la LOLF fixe comme objectif aux musées de rendre accessible physiquement une part croissance des patrimoines (Mission Culture, Patrimoine, Objectif 2)[2].

 

Exposition permanente 3 à 4000
Exposition temporaire    3 000
Dépôt permanent dans d’autres lieux   20 000
Réserve  500 000

La coopération initiée avec Boud’mer permet une meilleure mise en valeur de l’Espadon en lui donnant un statut d’objet exposé[3]. L’espadon a réalisé un plein exercice d’exploitation en 2007. Il réalise en moyenne 30 sorties par an avec 6 personnes par sortie et une quinzaine de journées thématiques avec 50 à 100 personnes par journée (Thalasanté, septembre en mer, etc). Les tarifs sont différenciés en fonction des sorties et des publics allant de la gratuité à une participation maximale de 15 euros par personne.

Sorties lors d’événementiel 15 journées, 1000 personnes
Sorties thématiques (pèche, environnement, …) 30 sorties, 150 personnes
  •  Indicateur COOPERATIF N°2  – Efficacité [4]En quoi cette coopération public privé favorise-t-elle l’accessibilité de l’Espadon ?
Niveau d’accessibilité actuel de l’Espadon Exposition permanente,Sorties thématiques hebdomadaires,Tarification différenciée (adhérents, enfants, invités)
Probabilité de valorisation hors coopération Très faible (En réserve)
LOLF :  Taux d’ouverture (évalué pour les musées)Part des fonds accessibles (évalué pour les archives) Objectif  85 % en 2006 et progression +5% d’ici 2010Objectif  72 % en 2006 et progression +3% d’ici 2010

Ce trésor partagé ancre le musée dans le développement durable. La capacité à accepter un don de cette nature et à assurer de manière économe son accessibilité représentent aujourd’hui un enjeu patrimonial. Les recommandations du Conseil de l’Europe, notamment la convention cadre de Faro[5] engage les politiques culturelles à reconnaître la valeur du patrimoine culturel situé sur les territoires relevant de leur juridiction, quelle que soit son origine et à promouvoir sa protection comme un élément majeur des objectifs conjugués du développement durable et de la diversité culturelle (Convention de Faro, article 5)[6].  Ce qui circule fait notre identité. Et si l’art français circule bien à travers le monde, le faible potentiel de circulation de l’Espadon pose question. Notamment à un musée de société positionné sur les civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Comment concilier la maîtrise des dépenses publiques et sa conservation et son accessibilité ?

La conservation d’une barque en bois reste nettement plus coûteuse «à sec» «qu’en eau»[7]. La durée de vie d’une barque hors de l’eau est estimée à 2 ans contre 8 ans en mer, avant qu’il soit nécessaire de faire de grosses réparations. Le choix d’une conservation « à sec » nécessite une installation technique coûteuse de mise sous vide. La conservation en mer nécessite, elle, une place au port et un entretien régulier. Si à terme le MCEM a comme projet de développer un espace en mer, aujourd’hui il conserve un bateau « à sec ».

L’analyse des données financières de l’association Boud’mer permet d’évaluer le coût de conservation « en mer » de l’Espadon. Il est évaluable à 30 000 euros par an, une fois les ressources non comptabilisées ré intégrées (bénévolat, mise à disposition d’une place au Port). Le MCEM prend à sa charge 20% du coût dont une partie de manière non monétaire en mettant à disposition une place au Port. Soit 80 % de ressources externes liées à la coopération[8].

Cet élément est important dans la mesure où la maîtrise des dépenses devient, avec la LOLF, un élément fortement déterminant dans les choix de gestion d’un musée. Les organismes sous tutelle du ministère de la Culture doivent maîtriser leurs dépenses de fonctionnement tout comme accroître la part des ressources propres, du type mécénat ou droit d’entrée (Mission Culture, Patrimoine, Objectif 3)[9].

  • Indicateur COOPERATIF N°3 : – Efficience [10] Dans un contexte de maîtrise de la dépense publique, participe-t-elle à limiter les coûts inhérents à la conservation d’une barque traditionnelle ?

 

Contribution au budget global 2006 Répartition 2006
MCEM 17% Ressources monétaires 11%
Ressources non monétaires 6%
Boud’mer 83% Ressources monétaires 45%
Ressources non monétaires 36%
LOLF[11] : Objectif en 2006Progression d’ici 2010 43%+5%

 

DEPENSES Coût annuel RESSOURCES Contributions Total
Dépenses de fonctionnement 18 500€ Ville de Marseille Mise à disposition Place 1 800€
Assurance 500€ MUCEM MCEM entretien 1 800€ 17%
Entretien 700€ MCEM rénovation (10 ans) 1 500€
Place au port 1 800€ Boud’mer Participation usagers 3 000€ 10%
Maintenance, gardiennage 3 500€ Bénévolat (pilote) 9 600€ 43%
Gestion administrative 12 000€ Maintenance, gardiennage 3 500€
Dépenses de sortie 10 200€ Subventions, cotisations 4 500€ 15%
Gestion des sorties 9 600€ Aides temporaires 4 500€ 15%
essence 600€ TOTAL 30 200€ 100%
Dépenses d’investissement 1 500€
Amortissement (10 ans) 1 500€
TOTAL 30 200€

 Aujourd’hui cette coopération repose d’avantage sur des personnes que sur des mécanismes de régulation contractuels. La convention qui sert de base à celle passée entre le MCEM et Boud’mer est celle qui concerne la mise à disposition du Pen Duick II à une école de voile. Il semble exister peu de référentiel dans le champs du patrimoine permettant de poser les bases d’une coopération public/privé. La régulation des rapports entre intérêts du patrimoine et intérêts économiques repose davantage sur la confiance entre les personnes que sur des éléments contractuels.

L’association n’envoie pas forcement ses bilans d’activité au MCEM et celui ci n’informe pas forcement ses visiteurs de la présence de l’Espadon (pas de signalétique commune). Cette situation peut s’expliquer en partie par la jeunesse de cette coopération. 2007 a été la première année de pleine exercice pour l’Espadon.

Cette situation permet de garder une souplesse favorable à un processus expérimental. Pour autant sa reproductibilité sur d’autres sites, dans d’autres contextes ou sa durabilité dépendent de mécanismes de régulation des conflits d’intérêt plus indépendants des personnes qui ont fondé cette coopération. Elle soulève un certain nombre de nouvelles questions importantes au vu de l’état d’avancement du projet :

Comment structurer cette coopération sans la figer ou la déséquilibrer ? Quels peuvent être les apports d’une ratification par la France de la Convention de Faro ? Comment les traduire en droit commun ?

Prosper Wanner, S.C.O.P. Place – Janvier 2008

Sources complémentaires :

  • Site de l’association Boud’mer : http://www.boudmer.org/
  • Site du MCEM : http://www.musee-europemediterranee.org/
  • Site du Conseil de l’Europe : http://www.coe.int/
  • Site de la LOLF : http://www.performance-publique.gouv.fr/

Sources du diagnostic

Ce diagnostic a été finalisé en janvier 2008 principalement à partir des éléments suivants :

  • 1 entretien avec Denis Chevalier, conservateur en chef du MCEM ;
  • 2 entretiens avec Philippe Tome, fondateur et directeur de l’association Boud’mer ;
  • Les données comptables de l’exercice 2006, le budget prévisionnel 2007 et 2008 et les bilans d’activité de 2003 à 2006 de l’association Boud’mer ;
  • La convention passée entre le MCEM et l’association Boud’mer concernant l’Espadon ;
  • Le document de présentation du Projet scientifique et culturel du MCEM 2002 : « Réinventer un musée : le MCEM » ; et les statistiques des visites de 2003 à 2007 du MCEM.
  • Les prix du marché liés à l’exploitation d’une barque : place au port, skipper, …
  • Les documents de la LOLF concernant les indicateurs de performances ;
  • La convention cadre dite « de Faro » du Conseil de l’Europe.

[1] Cet indicateur mesure l’impact du patrimoine sur l’activité économique de l’entreprise, voire du territoire. Le rapport sur « L’économie de l’immatériel. La croissance de demain » (ministère des finances, 2006) a préconisé de s’intéresser aux bénéfices à tirer de l’exploitation « de notre histoire, de notre géographie ou de nos territoires ». Et qui a donné à la création en avril 2007 de l’Agence du Patrimoine Immatériel de l’État (APIE). Il s’agit de pouvoir estimer et comparer l’impact d’une valorisation partagée du patrimoine.

[2] LOLF, Mission Culture, Patrimoine, Objectif n° 2 (du point de vue du citoyen et de l’usager) : Accroître l’accès du public au patrimoine national. 1. Rendre accessible une part croissante des patrimoines.

[3] Sources des données : rapport d’activité association Boud’mer 2006 et 2007, données chiffrées MuCEM (nombre d’œuvres exposées, prêtées, en réserve).  Précisions méthodologiques :  La probabilité de valorisation en musée : Sur les 500 000 objets du MUCEM, 3 à 4000 font partie de la collection permanente (0,1%), 20 000 sont en dépôt permanent dans d’autres lieux (4%) et 3 000 font parties des expositions thématiques (0,1%).

[4] Cet indicateur vise à mesurer l’efficacité de la coopération suivant un indicateur identifié au sein de ceux de la LOLF. C’est-à-dire la capacité d’une administration à atteindre les objectifs correspondant à ses missions. L’objectif se s’appuyer sur un indicateur LOLF est de pouvoir comparer l’efficacité du processus coopératif au regard d’autres expériences et à la cible que s’est fixée l’Etat pour les années à venir.

[5] Depuis une trentaine d’année, le Conseil de l’Europe développe au niveau théorique l’idée d’approche intégrée du patrimoine comme contribution du patrimoine culturel au débat démocratique, à la cohésion territoriale, à la qualité de la vie, à la valorisation durable et au développement économique. Le 27 octobre 2005 à Faro, la conférence de clôture du 50ème anniversaire de la Convention culturelle européenne a abouti à une convention cadre sur la valeur du patrimoine culturel pour la société. Convention dite « de Faro », elle est  en cours de ratification.

[6] Convention de Faro – Article 5 – Droit et politiques du patrimoine culturel.

[7] Il est difficile aujourd’hui d’extraire des comptes des musées – MCEM – des éléments financiers permettant d’évaluer le coût unitaire de chacun de ces modes de conservation et de les comparer économiquement.

[8] Précisions méthodologiques : Sources de données : budget et rapport d’activité association Boud’mer et tarif du marché (coût location place, redevance Port, ½ journée pilote). Mode de calcul de l’indicateur : évaluation du coût administratif au prorata du nombre de bateaux en usage (coût total / nombre de bateaux en usage). Ce coût devrait diminuer avec la mise en accès de nouveaux bateaux.

[9] LOLF : Objectif n° 3 (du point de vue du contribuable) : Elargir les sources d’enrichissement des patrimoines publics. Indicateur 2. Accroître la part des ressources propres des établissements publics et des organismes patrimoniaux sous tutelle du ministère de la culture et de la communication.

[10] Cet indicateur vise à mesurer l’efficience de la coopération suivant un indicateur identifié au sein de ceux de la LOLF.

[11] L’indicateur de mesure de la LOLF pour les musées nationaux porte sur la part des ressources propres dans le budget total. Prévue à hauteur de 43% en 2006, elles devront atteindre 48% en 2010.

Prosper Wanner Diagnostics # 1: The boat swordfish, well-inalienable shared.

First portrait carried out in the context of the 3 diagnostics of innovative heritage cooperation on behalf of the AGCCPF PACA. Heritage is not a commodity. The symbolic value of these common goods imposes all the more their management in an alternative economy, solidarity and sustainable. Extract Charter of the Mediterranean common heritage. AGCCPF PACA 2000.

Preamble the MCEM has entrusted in 2006 the maintenance, conservation and extension to the general public of the boat the Swordfish, well inalienable, to the association Boud'mer which proposes to "share the sea together". The diagnosis proposes to situate this cooperation, to understand the reasons and to measure the first results obtained. In order to measure and compare the impact of these private public cooperation, it is essential to use a common indicator system.  The diagnosis refers above all to the new performance indicators of the state vis-a-vis the taxpayer, the user and the citizen used in the framework of the Organic law relating to the laws of finance of first August 2001-LOLF. He proposed to answer the following questions: What were the reasons for this cooperation? Two years later, what are the first assessments that can be drawn from this experience? How does this private public cooperation promote the accessibility of swordfish?  In a context of control of public spending, does it participate in limiting the costs inherent in the conservation of a traditional boat? Is it performing for the Boud'mer association?

Name MCEM Boud'mer
Status National Museum Association Law 1901
Location Marseille, Fort Saint Jean Marseille
Status person met Chief curator Director and Founder
Number of FTE employees 125/160 (2008) 3
Annual Visitor Number 45 000 1 000
Forecast annual budget 2008 EUR 13 million 60 000 euros

Virtual Expo in 2007, the Association of curators of the public collections of France section Paca (AGCCPF Paca) has launched an international invitation to young graphic designers from schools or in the course of training to dialogue on the news of Stakes in their trades. Curators and graphic designers are looking for the most suitable forms for the new forms of cooperation indispensable in the symbolic space today. The guest of the Virtual Expo 2007 was Marion Arnoux. She has just come out of the design school of Saint-Etienne and participates in the experimental structure IRB Laboratory, under the responsibility of Denis Coueignoux and Ruedi Baur. The project results from a collaboration with Mathieu Ehrsam, multimedia Designer to produce a graphical interpretation of portraits devoted to professionals of the economic world who seek with the curators durable solutions in the life of Objects of public collections entrusted to them. [Kml_flashembed Publishmethod = "static" Fversion = "8.0.0" movie = "http://hoteldunord.coop/wp-content/uploads/2013/08/expovirtuelle_espadon.swf" width = "800" height = "600" Targetclass = "Flashmovie"] Mr. Thome is the director and founder of the association "Boud'mer, share the sea together". He created this association to reconcile the necessary protection of the marine environment with the development of access to the marine heritage for all. Created in 2001, it aims to safeguard the Mediterranean maritime heritage, to democratize its access and to raise awareness among the general public. Its members share the use of traditional boats and offer numerous thematic excursions at sea such as the discovery of coastal heritage or fishing. Their boats are stationed in Marseille marinas. In 2006, they were more than 200 people to share 5 boats. With an annual budget of 60 000 euros, 3 employees (2 full-time equivalents) and 12 active volunteers, the association carried out this year 150 outings at sea, of which more than half thematic. Through the "sharing of boat", as there are in Marseille the auto-partage, it proposes to anyone to have access to this heritage while going in the direction of a regulation of the pressure of the pleasure boats on the coast. Swordfish is a boat that has entered the collections of the Museum of Civilizations of Europe and the Mediterranean under the inventory number: 2004-90. Mr. Thome has participated in his expertise and restoration. The laborious and costly maintenance of traditional boats coupled with the lack of space in the harbour leads many owners to separate themselves from this heritage. The swordfish was built in Cannes in 1965 by the same. 7 meters long and with a capacity of 8 persons, it served until 1992 to the same artisan sinner. After thirty years of professional activities, she was disarmed with her fishing equipment and sold to a boater. Then in 2004, the boat was proposed as a donation to the Museum of Civilizations of Europe and the Mediterranean, the MCEM. The MCEM is a museum of society dedicated to the civilisations of Europe and the Mediterranean. This orientation given to the former National Museum of the popular arts and traditions goes along with its installation in Marseille, on the Mediterranean Sea. The objective is to stimulate debate by articulating exhibitions to major societal issues. The MCEM will be endowed in 2008 with an annual budget of more than 13 million euros, of 160 employees. Its current reserves are estimated at more than half a million objects. Denis Chevalier, chief curator at MuCEM, took charge of the follow-up to the Swordfish donation request. In charge of the Marseille antenna, his interest in industrial heritage leads him to take into account the potential of conservation in situ or "alive" heritage. And to wonder, as soon as possible, about the possibility that a property can be placed on deposit in a company and thus continue to live its own history. Hence the idea, for traditional boats, Euro Mediterranean maritime heritage, to go so far as to control their manufacture (maintenance of know-how), to film the construction site and to moor them at the feet of the MCEM. This project is initiated with a traditional Tunisian boat. In this continuity, the potential for in situ conservation of swordfish was one of the factors taken into account: possible uses, necessary equipment, capacity of reception and activity potential. Today, maintained by the association, Swordfish participates in the economy of the association Boud'mer. Following the favourable opinion issued by the Boud'mer Association on the status of Swordfish, its heritage interest and its potential for use, the MCEM initiated the application process for the Swordfish classification. Once the agreement was received, the reclamation of swordfish was entrusted to the Boud'mer Association and a Marine Carpenters company. The MCEM then made the choice to entrust the maintenance and shared use of the boat to the association. The Convention is annual and tacitly renewed every year. This Convention, lacking an existing reference, was based on that of the Pendwick II, which was made available to a sailing school. For the Boud'mer Association, the first plus value concerns its legitimacy. Its purpose is not to acquire traditional boats but to facilitate access and maintenance. It seeks to encourage owners to share their boat in return for the financing of maintenance costs, the main motivation for abandoning this heritage. The museum's confidence in the association strengthens its credibility with public and private partners. The second is economic. The participation of the users at each exit at sea allows Boud'mer to finance the costs of maintenance of the boats but not the costs of structure (office, coordination, etc.). The latter are financed mainly by temporary resources (exceptional grants, contributions, volunteering). To increase its profitability, the association should increase its tariffs and promote individual outings (go to the rental) while its associative object is more the discovery of the heritage (outings accompanied) and access to the largest Number. Not to mention the tax consequences related to the transition to an activity mainly of renter: subjecting to VAT, to the professional tax. This situation is different with swordfish, whose maintenance and repairs are taken care of by the museum. It is the only boat of the association to participate today in the financing of the structure costs. Such cooperation allows the association to eventually consider an economic model that allows it to defend its associative project without becoming a boat rental company. Today swordfish helps to finance 5% of the structure costs of the association. The economic equilibrium of the association could be based on equal funding between private financing (rentals, sponsorship, outings), public subsidies and the management of a "heritage" fleet of half a dozen boats.

  • COOPERATIF indicator No. 1 – Economic valuation [1]-Is this private public cooperation effective for the Boud'mer association?
Problem More value heritage.
To make credible the quality of the association's action with the owners of traditional boats. Recognition of the quality of the associative project and the know-how of the association.
Find ways to finance the costs of structures excluding individual boat rentals (do not become a rental company). Pooling with the Museum of management and maintenance costs makes it possible to finance 5% of the costs of structure without renting the boat.

Leaving the reserves and putting in the water, swordfish is shared daily. This fishing boat does not in itself have a unique character. Its main richness rests more on the link it represents with all the other boats of the same type present throughout the Mediterranean rim. All the museums of ethnology have a priori boats of this nature and risk weakly to request one from other museums. To this is added the large size of a boat that makes it difficult to transport. Swordfish has little chance of being exposed permanently, temporarily or in a deposit. A gift of this nature is more likely to reach half a million objects in the MCEM reserves and few chances of exits. It would be kept but poorly accessible. And while the LOLF sets the objective for museums to make physically accessible a part of heritage growth (Mission Culture, Heritage, Objective 2) [2].  

Permanent exhibition 3 to 4000
Temporary exposure    3 000
Permanent deposit in other places   20 000
Reserve  500 000

The cooperation initiated with Boud'mer allows a better development of swordfish by giving it an exposed object status [3]. Swordfish carried out a full operating exercise in 2007. It carries out an average of 30 outings a year with 6 people per outing and fifteen thematic days with 50 to 100 people per day (Thalasanté, September at sea, etc). The rates are differentiated according to the outings and the public ranging from free to a maximum participation of 15 euros per person.

Event Outings 15 days, 1000 people
Thematic outings (fishing, environment,…) 30 exits, 150 people
  •  COOPERATIF indicator No. 2-efficiency [4]-How does this private public cooperation promote the accessibility of swordfish?
Current accessibility level of swordfish Permanent exhibition, weekly thematic outings, differentiated pricing (members, children, guests)
Likelihood of recovery from cooperation Very low (in reserve)
LOLF: Opening rate (evaluated for museums) share of accessible funds (assessed for archives) Target 85% in 2006 and progression + 5% by 2010Objectif 72% in 2006 and progression + 3% by 2010

This shared treasure anchors the museum in sustainable Development. The ability to accept a gift of this nature and to provide economical access to it now represents a heritage issue. The recommendations of the Council of Europe, in particular the Faro Framework Convention [5], commits cultural policies to recognise the value of the cultural heritage situated in the territories under their jurisdiction, irrespective of its origin and To promote its protection as a major element of the combined objectives of sustainable development and cultural diversity (Faro Convention, article 5) [6].  What circulates is our identity. And if French art circulates well throughout the world, Swordfish's low circulation potential poses a question. In particular to a museum of society positioned on the civilisations of Europe and the Mediterranean. How can we reconcile the control of public spending with its conservation and accessibility? The conservation of a wooden bark is much more costly "dry" "than Water" [7]. The life of a boat out of the water is estimated at 2 years against 8 years at sea, before it is necessary to make large repairs. The choice of "dry" storage requires a costly technical vacuum installation. Conservation at sea requires a place in the harbour and regular maintenance. If in the long run the MCEM has as a project to develop a space at sea, today it keeps a boat "dry". The analysis of the financial data of the association Boud'mer allows to evaluate the cost of conservation "at sea" of swordfish. It is valued at EUR 30 000 per annum, after unposted resources are re-integrated (volunteering, provision of a place at the Port). The MCEM takes over 20% of the cost of which a part in a non-monetary way by making available a place at the Port. or 80% of external resources linked to cooperation [8]. This is important insofar as expenditure control becomes, with LOLF, a very decisive element in the management choices of a museum. The supervisory bodies of the Ministry of Culture must control their operating expenses as well as increase the share of own resources, such as sponsorship or entry fee (Mission Culture, Heritage, Objective 3) [9].

  • COOPERATIF indicator No. 3:-efficiency [10]-in a context of control of public expenditure, does it participate in limiting the costs inherent in the conservation of a traditional boat?

 

Contribution to the overall budget 2006 Distribution 2006
MCEM 17 Monetary resources 11
Non-monetary resources 6
Boud'mer 83% Monetary resources 45%
Non-monetary resources 36%
LOLF [11]: 2006Progression goal by 2010 43% + 5%

 

Expenditure Annual cost Resources Contributions Total
Operating expenses 18 500 € City of Marseille Place availability 1 800 €
Insurance €500 MUCEM MCEM Maintenance 1 800 € 17
Maintenance €700 MCEM renovation (10 years old) 1 500 €
Place at the port 1 800 € Boud'mer User Participation 3 000 € 10
Maintenance, guarding 3 500 € Volunteer (pilot) 9 600 € 43%
Administrative management 12 000 € Maintenance, guarding 3 500 €
Exit expenses 10 200 € Grants, contributions 4 500 € 15
Output Management 9 600 € Temporary help 4 500 € 15
Essence €600 Total 30 200 € 100%
Investment expenses 1 500 €
Amortization (10 years) 1 500 €
Total 30 200 €

 Today this cooperation is based more on people than on contractual mechanisms of regulation. The Convention which serves as the basis for the one passed between the MCEM and Boud'mer is that concerning the provision of Pen Duick II to a sailing school. There seems to be little reference in the heritage field to lay the groundwork for public/private cooperation. The regulation of the relationship between heritage interests and economic interests is based more on trust between people than on contractual elements. The association does not necessarily send its activity balances to the MCEM and the latter does not necessarily inform its visitors of the presence of swordfish (no common signs). This situation can be explained in part by the youth of this cooperation. 2007 was the first year of full exercise for swordfish. This situation makes it possible to maintain a flexibility favorable to an experimental process. However, its reproducibility on other sites, in other contexts or its durability depends on mechanisms of regulation of conflicts of interest more independent of the people who founded this cooperation. It raises a number of important new issues in view of the progress of the project: How to structure this cooperation without freezing or unbalancing it? What can be the contributions of France's ratification of the Faro Convention? How to translate them into common law? Prosper Wanner, S.C.O.P. Place-January 2008 additional Sources:

  • Website of the Association Boud'mer: http://www.boudmer.org/
  • MCEM Website: http://www.musee-europemediterranee.org/
  • Council of Europe Website: http://www.coe.int/
  • Site of the LOLF: http://www.performance-publique.gouv.fr/

Diagnostic Sources This diagnosis was finalized in January 2008 mainly from the following elements:

  • 1 Interview with Denis Chevalier, chief curator of the MCEM;
  • 2 Interviews with Philippe Tome, founder and director of the Association Boud'mer;
  • The accounting data for the financial year 2006, the forecast budget 2007 and 2008 and the activity balance sheets from 2003 to 2006 of the Boud'mer Association;
  • The agreement between the MCEM and the Boud'mer Association concerning swordfish;
  • The presentation paper of the MCEM Scientific and Cultural Project 2002: "Reinventing a Museum: the MCEM"; and statistics of visits from 2003 to 2007 of the MCEM.
  • Market prices related to the operation of a boat: place au port, skipper,…
  • The LOLF documents on performance indicators;
  • The Council of Europe's "Faro" framework convention.

[1] This indicator measures the impact of heritage on the economic activity of the company, or even the territory. The report on the economy of the intangible. "Tomorrow's Growth" (Department of Finance, 2006) called for an interest in the benefits of exploiting "our history, Geography or territories". And which gave the creation in April 2007 of the Agency of the Intangible Heritage of the State (FIPA). It is a question of being able to estimate and compare the impact of shared valuation of heritage.
[2] LOLF, Mission Culture, Heritage, Objective 2 (from the point of view of the citizen and the user): increase public access to national heritage. 1. To make accessible an increasing share of the assets.
[3] Data Sources: Activity Report Association Boud'mer 2006 and 2007, numerical data MuCEM (number of works exhibited, Lent, in reserve).  Methodological clarifications: The probability of valorisation in the museum: of the 500 000 objects of the MUCEM, 3 to 4000 are part of the permanent collection (0.1%), 20 000 are permanently deposited in other places (4%) and 3 000 are part of the thematic exhibitions (0.1%).
[4] This indicator aims to measure the effectiveness of cooperation following an indicator identified within those of the LOLF. That is, the ability of an administration to achieve the objectives corresponding to its missions. The objective of the LOLF indicator is to be able to compare the effectiveness of the cooperative process with other experiences and the target set by the state for the years to come.
[5] For the past thirty years, the Council of Europe has been developing at the theoretical level the idea of an integrated heritage approach as a contribution of cultural heritage to democratic debate, territorial cohesion, the quality of life, the valorisation Sustainable and economic development. On 27 October 2005 in Faro, the closing conference of the 50th anniversary of the European Cultural Convention culminated in a framework convention on the value of cultural heritage for society. "Faro" Convention, it is being ratified.
[6] Faro Convention-Article 5-rights and policies of cultural heritage.
[7] It is difficult today to extract from the accounts of the museums – MCEM-financial elements to assess the unit cost of each of these modes of conservation and to compare them economically.
[8] Methodological clarifications: Data Sources: Budget and Activity Report Association Boud'mer and market rate (rental cost place, royalty Port, ½ Pilot Day). method of calculating the indicator: assessment of the administrative cost in proportion to the number of vessels in use (total cost/number of vessels in use). This cost is expected to decrease with the introduction of new boats.
[9] LOLF: Objective 3 (from the taxpayer's point of view): Broaden the sources of enrichment of public patrimony. Indicator 2. Increase the share of the own resources of public institutions and heritage institutions under the Ministry of Culture and Communication.
[10] This indicator aims to measure the efficiency of cooperation following an indicator identified within those of the LOLF.
[11] The LOLF measurement indicator for National Museums focuses on the share of own resources in the total budget. Expected to be 43% in 2006, they will have to reach 48% in 2010.

Prosper Wanner diagnostics#2 : Refuges d’Art, une œuvre d’art contemporain essence de développement durable

Second portrait réalisé dans le cadre des 3 diagnostics de coopérations patrimoniales innovantes pour le compte de l’AGCCPF PACA.

Nous voulons dépasser les découpes disciplinaires et la décontextualisation des objets qui sont encore trop dominantes dans l’exercice des métiers patrimoniaux et l’élaboration des collections. Extrait Charte du patrimoine commun méditerranéen. AGCCPF PACA 2000.

Préambule

Le musée Gassendi, situé à Digne-les-Bains, a intégré dans ses collections les œuvres d’art contemporain « Refuges d’art » situées dans la réserve géologique de Haute Provence[1]. « Refuges d’Art » est un ensemble de bâtis – bergerie, corps de ferme, chapelle – dont la restauration intègre une création de l’artiste Andy Goldsworthy.

L’installation de ces œuvres hors les murs du musée, leur fréquentation déjà effective, l’intérêt croissant du public et le potentiel de développement économique qu’elles représentent, obligent le musée à qualifier leur accessibilité afin de maintenir l’esprit du projet.

Jean Pierre Brovelli, guide de randonnée et partenaire du projet, qui accompagne ceux qui souhaitent relier à pied les différents lieux de « Refuges d’Art ». Les coopérations « public privé » caractérise ce processus.  La première a été celle développée entre le musée et la réserve de haute Provence (association Loi 1901).

Le diagnostic propose de situer cette coopération entre Jean Pierre Brovelli et le musée, d’en comprendre les raisons et de mesurer les premiers résultats obtenus.

Pour pouvoir mesurer et comparer l’impact de ces coopérations public privé, il est essentiel d’utiliser un système d’indicateurs commun.  Le diagnostic fait référence avant tout aux nouveaux indicateurs de performance de l’Etat vis à vis du contribuable, de l’usager et du citoyen utilisés dans la cadre de la loi organique relative aux lois de finances du premier août 2001 – la LOLF. Il propose de répondre aux questions suivantes :

Quelles sont les raisons qui ont motivé cette coopération ? Dans un contexte de maîtrise de la dépense publique, contribue-t-elle à qualifier l’accessibilité d’œuvres en accès libre? Est-elle performante pour le musée ? Pour Jean-Pierre Brovelli ? Contribue-t-elle au développement économique de ce territoire alpin ? L’inscrit elle dans le développement durable ?

Dénomination Musée Gassendi Jean-Pierre Brovelli
Statut Musée de France Entreprise individuelle
Localisation Digne-les-Bains Seyne-Les-Alpes
Statut personne rencontrée Conservateur Indépendant
Nombre de salariés 10 0
Nombre visiteurs 2007 10.000 NC
Ressources 2007 1,4 million d’euros NC

Expo virtuelle

En 2007, l’association des conservateurs des collections publiques de France section PACA (AGCCPF PACA) a lancé une invitation internationale à de jeunes graphistes sortis d’écoles ou en cours de formations pour dialoguer sur l’actualité des enjeux de leurs métiers. Conservateurs et graphistes recherchent ensembles les formes les plus aptes aux nouvelles formes de coopérations indispensables dans l’espace symbolique aujourd’hui. L’invitée de l’expo virtuelle 2007 était Marion Arnoux. Elle vient de sortir de l’école de design de Saint-Etienne et participe à la structure expérimentale Laboratoire IRB, sous la responsabilité de Denis Coueignoux et Ruedi Baur. Le projet résulte d’une collaboration avec Mathieu Ehrsam, Designer multimédia pour aboutir à une interprétation graphique de portraits consacrés aux professionnels du monde économique qui cherchent avec les conservateurs des solutions durables dans la vie des objets de collections publiques qui leur sont confiées.

[kml_flashembed publishmethod= »static » fversion= »8.0.0″ movie= »http://hoteldunord.coop/wp-content/uploads/2008/01/expovirtuelle_cairn.swf » width= »800″ height= »600″ targetclass= »flashmovie »]

Monsieur Brovelli est accompagnateur de randonnée en moyenne montagne, basée à Seyne-Les-Alpes dans les Alpes de Haute Provence. Il est devenu accompagnateur en montagne après avoir exercé d’autres activités professionnelles notamment dans la culture au Conseil général. Situé sur le « créneau » des randonnées alliant culture et nature, il cherche à concilier ses intérêts pour la culture, la nature et l’itinérance . Il propose depuis 2004 des séjours allant du week end à la semaine tout compris. Positionné sur « l’Art de marcher », ses séjours « Refuges d’Art » représentent une part importante de son activité. La préparation de ce parcours comme itinéraire de randonnée a demandé un travail de repérage conséquent. Investissement indispensable pour identifier les possibilités de ravitaillement, repérer les refuges possibles en cas d’intempérie et évaluer au mieux le niveau de difficulté.

Comment rendre visible ce positionnement spécifique? Comment maintenir une activité professionnelle qui réponde aux motivations qui ont fondé la création de l’entreprise (durabilité) ?  

« Refuges d’Art » est une proposition de l’artiste Andy Goldsworthy à la réserve géologique et au musée Gassendi. Le musée Gassendi assure l’ingénierie culturelle du projet « Refuges d’Art » et la réserve géologique de Haute Provence la gestion financière. Pour gérer ensemble les propositions d’art contemporain, le musée et la réserve ont créé le Centre d’Art Informel de Recherche sur la Nature – le CAIRN. Le musée Gassendi, Musée de France, accueille en moyenne 10.000 visiteurs par an et 3.000 scolaires, sa surface est de 2.000 m2, son budget annuel est de 1,4 millions d’euros et il a 10 salariés. « Refuges d’Art » représentera à terme un accroissement de sa surface d’exposition permanente équivalent à un sixième de celle actuelle. Une surface culturelle supplémentaire en milieu rural, conformément aux objectifs de l’Etat pour les années à venir[2].

  • Indicateur COOPERATIF N°1.1  – Efficacité[3]Cette coopération public privé est-elle performante pour le musée ?
Chapelle Sainte Madeleine 25 m2
Ferme de Belon 47 m2
Thermes 15 m2
Col de l’Escuchière 36 m2
Le vieil Esclandon 120 m2
River of earth (au Musée) 50 m2
Total hors musée 243 m2
Musée Gassendi 2000 m2

Ce « musée ré inventé » cherche à être en prise directe avec son territoire notamment en faisant cohabiter d’une manière revendiquée comme « non conventionnelle » les collections d’origine du musée – beaux-arts et sciences – et des œuvres d’art contemporain issues de la politique de résidence artistique mise en œuvre au sein du CAIRN. Nadine Gomez-Passamar, conservatrice du musée Gassendi dirige et met en œuvre l’ingénierie culturelle du projet « Refuges d’Art ». Elle est impliquée dans le projet depuis son origine et continue aujourd’hui d’en assurer le développement. Elle est directrice artistique du CAIRN.

Commencé en 2001, le projet constituera à terme un itinéraire pédestre de 150 kilomètres et comprenant 10 œuvres de l’artiste. Les bâtis peuvent accueillir des personnes pour une halte, parfois une nuit. Les œuvres, dons faits à la ville de Digne-Les-Bains par l’artiste en 2006, sont les premiers « hors les murs » à être acceptés par la commission des  Musées de France. Chaque bâti est de propriété publique – Communes, ONF – et chaque œuvre fait partie de la collection permanente du Musée Gassendi.

Monsieur Brovelli participe au processus collectif de réalisation. Il est agréé par la réserve géologique de Haute Provence et habilité par le musée Gassendi.  Il a participé à la définition de l’itinéraire en accompagnant certaines marches de reconnaissance avec l’artiste, le personnel du musée et de la réserve.

Cette démarche ouverte et collective est un facteur de développement durable. Conformément aux recommandations du Conseil de l’Europe en matière de patrimoine culturel et de développement durable, elle promeut une approche intégrée des politiques relatives à la diversité culturelle, biologique, géologique et paysagère et favorise un équilibre entre ces composantes[4]. Le Conseil de l’Europe encourage la participation de chacun au processus d’identification, d’étude, d’interprétation, de protection, de conservation et de présentation du patrimoine culturel. Ce projet pourrait être le support d’un indicateur de « diversité partenarial » permettant de mesurer le degré de cohésion territoriale du projet.

L’AFNOR[5] propose divers degrés possibles de participation en ce sens qui vont de la simple information à la participation effective. Le Conseil de l’Europe ajoute la reconnaissance d’un droit au patrimoine associant chacun à la gouvernance du développement durable.

Les quatre composantes du développement durable – culture, environnement, économie et social – sont associées via le projet. Leur degré d’implication évolue avec le temps.

  • Indicateur COOPERATIF N°2 : – Gouvernance démocratique[6] Cette coopération public privé contribue-t-elle à inscrire ce territoire alpin dans le  développement durable ?
Dominante Partenaires Niveau d’implication
Dimension Economique Jean-Pierre Brovelli Consulté : conception du parcoursValorisé : proposition de séjour. Habilitation Musée et agrément Réserve.
Dimension Culturelle Musée Gassendi Associé : convention CAIRN
Dimension Ecologique Réserve géologique Associé : convention CAIRN
Dimension citoyenne Communes Informé : Rapport de l’agence régionale du patrimoineAssocié : propriétaire de sites

Aujourd’hui cet itinéraire pédestre prévu pour 12 jours fait partie des offres commerciales de Jean-Pierre Brovelli. Il prévoit en 2008 d’accompagner une soixantaine de personnes sur ce parcours par groupe de 8 personnes.  Si la retombée économique reste importante, elle ne représente pas son intérêt principal. La plus value économique repose davantage sur le fait de trouver une clientèle avec qui partager « l’Art de marcher ». La réalisation de l’itinéraire « Refuges d’Art » reste limitée : elle est physiquement et mentalement éprouvante pour un accompagnateur. Par contre, le fait d’offrir ce parcours permet de rendre visible son positionnement sur « l’Art de marcher ». La recherche d’information via internet en lien avec le projet « Refuges d’Art » (artiste, projet, CAIRN) génère deux demandes de renseignement journalière sur son site professionnel. Ces personnes sont parfois de potentiels clients pour d’autres offres proposées. Et ceux qui ont réalisé le parcours restent en lien durablement avec lui.

Ce renforcement de la visibilité du positionnement renforce la durabilité du projet d’entreprise. Les motivations entreprenariales de Jean-Pierre Brovelli structurent l’offre de séjour alliant culture, nature et itinérance. Le fait de pouvoir trouver « un marché » qui soit en cohérence avec ces motivations était un pari audacieux dont la réussite se voit ici renforcée. A cinquante ans et après un parcours professionnel diversifié, cet engagement économique est davantage l’aboutissement d’un projet personnel que la recherche d’une activité aussi rémunératrice soit-elle.

  •  Indicateur COOPERATIF N°3.1 – valorisation économique [7] Cette coopération public privé est-elle performante pour Jean Pierre Brovelli ?
Problématique Plus value patrimoine.
Rendre visible un positionnement sur « l’art de marcher » alliant culture, nature et itinérance. 2 demandes d’information journalière via internet liées à « Refuges d’Art ».
Trouver un « marché » en cohérence avec les motivations entrepreuneuriales. Développement d’une offre et repérage d’une demande en cohérence avec les motivations entrepreuneuriales.

 Œuvre d’art contemporain accessible en pleine nature, « Refuges d’Art » est un vecteur de développement durable pour la montagne. Fin 2007, la commune de Digne-Les-Bains a commandé une étude sur les retombées économiques et sociales du projet à l’Agence régionale du patrimoine P.A.C.A.  A mi parcours, il s’agissait de produire des données sur les impacts générés par le projet au regard de ses coûts de mise en oeuvre.

Ce travail important d’étude réalisé durant l’été 2007 permet d’avoir une première mesure de l’impact économique et social de « Refuges d’Art » en Haute Provence. Il représente 4,7 % de touristes en plus au Pays dignois – qu’ils viennent spécialement pour la découverte des oeuvres d’Andy Goldsworthy et/ou les oeuvres d’art contemporain -, soit plus de 30.000 nuitées annuelles, une consommation touristique évaluée à 1,6 million d’euros par an et 131 emplois dans le Pays Dignois. Impact qu’il faut mettre au regard d’un investissement de l’ordre d’environ 90.000 euros par an, hors participation du personnel du musée et de la réserve – 7 postes sont directement impliqués. Ce taux de retour sur investissement est conséquent et semble durable.

  •  Indicateur COOPERATIF N°3.2 – valorisation économique – Cette coopération public privé contribue-t-elle au développement économique de ce territoire alpin ?
Résultats étude agence régional du patrimoine P.A.C.A. Personnes venues pour la découverte des oeuvres d’Andy Goldsworthy et/ou les oeuvres d’art contemporain
% des touristes du Pays dignois 4,7%
Nombre de nuitées annuelles 31 025
Consommation touristique 1,6 millions d’euros
Nombre d’emplois dans le Pays dignois 131 emplois
Coût moyen annuel direct du projet 90 000 euros (hors personnel musée et réserve)
Taux de retour sur investissement Estimé à 17 fois supérieur à l’investissement annuel

L’Agence régionale du patrimoine prévoit une croissance à minima de 8,8% de la fréquentation annuelle, bien au delà de l’objectif de 1,9% fixé pour les arts plastiques sur l’ensemble du territoire par l’Etat [8]. Soit d’ici 5 ans, 8.000 visiteurs à minima, non loin des 10.000 visiteurs actuels du musée Gassendi, première étape du parcours. Soit une plus value culturelle significative pour un territoire rural : Digne-les-bains, préfecture départementale, compte 18.000 habitants intra muros, 30.000 au niveau du Pays[9].

  •  Indicateur COOPERATIF N°1.2  – Efficacité – Cette coopération public privé est-elle performante pour le musée ?
Nombre de personnes
Découverte des oeuvres d’Andy Goldsworthy et/ou les oeuvres d’art contemporain 5 5008 000 au terme du projet dans 5 ans (estimation)
Musée Gassendi 10 000  (moyenne)
Taux de croissance annuel de la fréquentation + 8,5%  (minima, étude Agence régionale du patrimoine)
LOLF, Mission Culture, Création, Objectif n° 3 + 1,9%  (moyenne par an d’ici 2010)

 Toute la difficulté réside dans le fait que cette valorisation économique reste bénéfique pour le Pays Dignois et ne se fasse pas au détriment de l’esprit du projet. Il s’agit d’inventer les modalités d’accès adaptées à son originalité. Modalités que le musée avait prévu de développer une fois le projet arrivé à terme et relayé auprès du grand public, c’est à dire au mieux dans 5 ans. La notoriété croissante de l’artiste au niveau international, la parution d’articles dans la presse nationale – Télérama, Alpes Magazine -, l’usage déjà effectif par des acteurs locaux dans le cadre de leur activité – guide de randonnée, office du tourisme – font que les refuges d’art sont déjà fréquentés.

Comme l’étude de l’Agence régionale du patrimoine l’a confirmé, il n’existe pas un seul « canal » qui mène à découvrir « Refuges d’Art » : internet, bouche-à-oreille, médias. L’ensemble des actions de communication et d’information ne peut être ni mené, ni auto financé : topo-guide, fiche d’accès, revue de presse, livre, site internet, audio guide, etc. Pour exemple, l’IGN a estimé à 50.000 euros le coût de réalisation d’une carte spécifique au parcours «  Refuges d’Art ». Budget relativement important au regard des 150.000 euros nécessaires en moyenne par refuge.

Aujourd’hui, le Musée Gassendi co-construit des modalités d’information et de communication avec des partenaires locaux. Ces co-productions sont aussi multiples que les modalités d’accès possibles : une salle dédiée au Musée en collaboration avec l’artiste, un livre topo-guide édité par les Edition Fage, la formation d’un nouvel accompagnateur par Jean-Pierre Brovelli et la proposition d’une dizaine de séjours de randonnée.

Sur l’ensemble de ces actions, le musée Gassendi finance 30% des coûts de mise en œuvre, le reste étant pris en charge par les partenaires[10].

D’autres projets co-produits sont en cours comme une revue de presse avec l’Agence de développement des Alpes-de-Haute-Provence ou celui porté par l’office du tourisme sur la création d’un audio guide ou encore celui de faire appel à une association de porteurs pour rendre accessibles les refuges à des personnes à mobilité réduite. Les sites Internet – celui des refuges, du musée, de la réserve et de Jean-Pierre Brovelli,  premier en terme de consultation – vont permettre de télécharger les fiches d’accès réalisées par le musée ou orienter vers l’ouvrage des éditions Fage.

La fréquentation du public va augmenter – prévisions de 8.000 visiteurs à minima d’ici 5 ans -, les sources d’information aussi (6 nouveaux supports prévus en 2008) et l’offre touristique va gagner en qualité et en attractivité. Et ce avec une maîtrise du budget puisque, même si l’ensemble des coûts est difficilement évaluable avec précision, la contribution des partenaires du projet peut être estimée à hauteur des deux tiers du coût total, ce qui est plus que les 48% de ressources propres que vise l’état d’ici 2010 pour les musées.

  •  Indicateur COOPERATIF N°3 : – Efficience [11] – Dans un contexte de maîtrise de la dépense publique, contribue-t-elle à  trouver les ressources nécessaires pour qualifier l’accessibilité d’œuvres en accès libre?

 

Contribution au financement de la fonction d’accessibilité 2008
Musée Gassendi 30%
Jean-Pierre Brovelli 23%
Edition Fage 47%
Indicateur LOLF : part ressources propresObjectif en 2006 pour les musées de FranceProgression d’ici 2010  43%+5%

 

 Action Partenaire Réalisation Coût
Espace d’information Musée Gassendi Equipement d’une nouvelle salle  15 000  € 30%
Topo Guide Fage Edition Réalisation (22% PVTTC)  16 500  € 47%
3000 ouvrages vendus à 25 euros TTC Diffusion distribution de la moitié (18% PVTTC)  6 750  €
Qualification nouvel accompagnateur Jean-Pierre Réalisation d’un parcours formation (10 jours)  1 600  € 23%
Animation site internet (demande information)  Brovelli Mise à jour annuelle, suivi (1 jour/mois)  1 600  €
Accompagnement de groupe 9 séjours proposés (50 jours)  8 000  €
 49 450  €

La régulation des rapports entre ces différents acteurs du projet repose sur un rapport de confiance, et dans une moindre mesure de manière conventionnée (communes, prestataires : guide, hébergeurs, etc). Les œuvres font partie des collections du musée, le bâti est propriété communale ou de l’ONF, et la réserve géologique de Haute Provence, association Loi 1901, assure la gestion de ces domaines.

Si cette situation favorise une liberté d’action pour chacun des membres, elle dépend fortement des personnalités qui animent le projet. Le poids économique croissant de « Refuges d’Art » dans l’économie locale, l’augmentation de la fréquentation, la création de nouveaux refuges ou l’arrivée de nouveaux acteurs (Office du tourisme, accompagnateurs) risque de fragiliser cet équilibre. Elle soulève un certain nombre de nouvelles questions importantes au vu de l’état d’avancement du projet :

Comment trouver un cadre de régulation adapté à une coopération public privé multiforme ? Comment garder un processus ouvert sans perdre l’esprit du projet ? Comment ne pas figer la situation ? Quelles seraient, en cas de litige, les modalités de régulation actuelles ?

Sources complémentaires :

  • Site du musée Gassendi : http://www.musee-gassendi.org/
  • Site de la réserve géologique de Haute Provence : http://www.resgeol04.org/
  • Site de Jean-Pierre Brovelli : http://www.etoile-rando.com/
  • Site « Refuges d’Art » : http://www.refugesart.fr/
  • Site de l’Agence régionale du patrimoine : http://www.patrimoine-paca.com/
  • Site du Conseil de l’Europe : http://www.coe.int/
  • Site de la LOLF : http://www.performance-publique.gouv.fr/

Source du diagnostic

Ce diagnostic a été réalisé principalement à partir des éléments suivants :

  • 1 entretien avec Nadine Gomez-Passamar, conservateur du Musée Gassendi et Jean-Pierre Brovelli, guide de randonnée ;
    • Document de présentation du projet CAIRN ;
    • Recherche Internet sur les sites associés à la promotion du CAIRN ;
    • L’étude sur l’impact économique du CAIRN réalisée par l’agence régionale du patrimoine – 2007 ;
    • Les documents de la LOLF concernant les indicateurs de performances ;
    • La convention cadre dite « de Faro » du Conseil de l’Europe.

 


[1] Les 200 000 hectares de la réserve géologique de Haute Provence en font la plus grande d’Europe.

[2] La LOLF, mission Culture, prévoit de mesurer la part des m2 supplémentaires construits en zone rural par rapport au nombre total de m2 construits dans l’année. L’indicateur concerne actuellement seulement les bibliothèques.

[3] Cet indicateur vise à mesurer l’efficacité de la coopération suivant un indicateur identifié au sein de ceux de la LOLF. C’est-à-dire la capacité d’une administration à atteindre les objectifs correspondant à ses missions. L’objectif se s’appuyer sur un indicateur LOLF est de pouvoir comparer l’efficacité du processus coopératif au regard d’autres expériences et à la cible que s’est fixée l’Etat pour les années à venir.

[4]Convention cadre du Conseil de l’Europe dite «  de Faro », article 8 – Environnement, patrimoine et qualité de la vie

[5] L’association française de normalisation – AFNOR – a édité en 2006 la SD 21000 appliquée aux collectivités territoriales – Guide pour la prise en compte des enjeux du développement durable dans la stratégie et le management des collectivités territoriales.

[6] Cet indicateur vise à mesurer l’implication des membres de la société sur les questions se rattachant au patrimoine. Il s’agit d’une proposition d’un nouvel indicateur possible.

[7] Cet indicateur mesure l’impact du patrimoine sur l’activité économique de l’entreprise, voire du territoire. Le rapport sur « L’économie de l’immatériel. La croissance de demain » (ministère des finances, 2006) a préconisé de s’intéresser aux bénéfices à tirer de l’exploitation « de notre histoire, de notre géographie ou de nos territoires ». Et qui a donné à la création en avril 2007 de l’Agence du Patrimoine Immatériel de l’État (APIE). Il s’agit de pouvoir estimer et comparer l’impact d’une valorisation partagée du patrimoine.

[8] LOLF, Mission Culture, Création, Objectif n° 3

[9] Précisions méthodologiques : Sources de données : L’étude réalisée par l’Agence régionale du patrimoine, données 2003 sur le tourisme en Pays Dignois, source site Pays Dignois. Mode de calcul de l’indicateur : L’étude de l’agence régionale du patrimoine n’a pas donné, faute de sources existantes, d’estimation en nombre de personnes qui viennent spécialement pour la découverte des oeuvres d’Andy Goldsworthy et/ou les oeuvres d’art contemporain. Il est possible d’avoir une première estimation à partir de la durée moyenne du séjour estimée à 5,6 journées par le Pays Dignois et des 31 025 nuitées calculées par l’Agence régionale du patrimoine. L’estimation est alors de 5 460 personnes. La seule donnée existante est les «  2 491 visiteurs sur 3 refuges » du comptage effectué à l’été 2007 (4 mois) par la réserve géologique de Haute Provence. 

[10] Précisions méthodologiques : Sources de données : les données ont été recueillies au cours de l’entretien avec Nadine Gomez-Passamar et Jean-Pierre Brovelli. Mode de calcul de l’indicateur :  Concernant la nouvelle  salle au musée Gassendi, seuls les coûts directs sont pris en compte. Le coût de fabrication du livre est calculé à partir de la répartition des coûts moyens par rapport au prix public de vente TTC (syndicat national des éditeurs – SNE : fabrication 11%, auteur 11%). L’édition est prévue sur un tirage de 3000 exemplaires vendus à 25 euros prix public (PVTTC). Fage édition va assurer la diffusion distribution de 1500 exemplaires, l’autre moitié étant vendue directement par le Musée. Ce coûtde diffusion distribution  est estimé à 18% du PVTTC (moyenne SNE). Le calcul des coûts pris en charge par Jean-Pierre Brovelli se base sur un coût journée de 160 euros. La mise à jour du site et la réponse aux demandes parfois techniques représentent un jour par mois (soit 10 journées par an). Le coût de formation d’un second accompagnateur est estimé sur le nombre de journée nécessaire (réaliser la totalité du parcours, soit 10 journées). Et 9 séjours sont proposés en 2008 pour une durée totale de 50 jours.

[11] Cet indicateur vise à mesurer l’efficience de la coopération suivant un indicateur identifié au sein de ceux de la LOLF. C’est-à-dire de mettre en regard les moyens déployés et les résultats fixés (rapport qualité/prix). L’objectif de s’appuyer sur un indicateur LOLF est de pouvoir comparer l’efficience de processus coopératif avec d’autres expériences et avec la cible que s’est fixé l’Etat pour les années à venir.

 

Prosper Wanner Diagnostics # 2: Art huts, a work of contemporary art essence of sustainable development

Second portrait carried out in the context of the 3 diagnostics of innovative heritage cooperation on behalf of the AGCCPF PACA. We want to go beyond the disciplinary cuts and the decontextualisation of objects that are still too dominant in the exercise of heritage professions and the elaboration of collections. Extract Charter of the Mediterranean common heritage. AGCCPF PACA 2000. Preamble the Musée Gassendi, located in Digne-les-Bains, has incorporated in its collections The contemporary works of art "refuges d'art" located in the geological reserve of Haute Provence [1]. "Refuges d'art" is a collection of built-in barns, farmhouses, chapels – the restoration of which includes the creation of artist Andy Goldsworthy. The installation of these works outside the walls of the museum, their already effective attendance, the increasing interest of the public and the potential of economic development they represent, oblige the museum to qualify their accessibility in order to maintain the spirit of the project. Jean Pierre Brovelli, hiking guide and partner of the project, which accompanies those who wish to connect on foot the different places of "Art havens". "Private public" cooperation characterizes this process.  The first was the one developed between the museum and the Haute Provence Reserve (Association Loi 1901). The diagnosis proposes to situate this cooperation between Jean Pierre Brovelli and the museum, to understand the reasons and to measure the first results obtained. In order to measure and compare the impact of these private public cooperation, it is essential to use a common indicator system.  The diagnosis refers above all to the new performance indicators of the state vis-a-vis the taxpayer, the user and the citizen used in the framework of the Organic law relating to the laws of finance of first August 2001-LOLF. He proposed to answer the following questions: What were the reasons for this cooperation? In a context of controlling public spending, does it help to qualify the accessibility of works in open access? Is it performing for the museum? For Jean-Pierre Brovelli? Does it contribute to the economic development of this alpine territory? Enrolled it into sustainable development?

Name Musée Gassendi Jean-Pierre Brovelli
Status Musée de France Sole proprietorship
Location Digne-les-Bains Seyne-Les-Alpes
Status person met Conservative Independent
Number of employees 10 0
Visitors number 2007 10,000 Nc
Resources 2007 EUR 1.4 million Nc

Virtual Expo in 2007, the Association of curators of the public collections of France section Paca (AGCCPF Paca) has launched an international invitation to young graphic designers from schools or in the course of training to dialogue on the news of Stakes in their trades. Curators and graphic designers are looking for the most suitable forms for the new forms of cooperation indispensable in the symbolic space today. The guest of the Virtual Expo 2007 was Marion Arnoux. She has just come out of the design school of Saint-Etienne and participates in the experimental structure IRB Laboratory, under the responsibility of Denis Coueignoux and Ruedi Baur. The project results from a collaboration with Mathieu Ehrsam, multimedia Designer to produce a graphical interpretation of portraits devoted to professionals of the economic world who seek with the curators durable solutions in the life of Objects of public collections entrusted to them. [Kml_flashembed Publishmethod = "static" Fversion = "8.0.0" movie = "http://hoteldunord.coop/wp-content/uploads/2008/01/expovirtuelle_cairn.swf" width = "800" height = "600" Targetclass = "Flashmovie"] Mr. Brovelli is an average mountain hiking companion, based in Seyne-les-Alpes in the Alpes de Haute Provence. He became an accompanist in the mountains after exercising other professional activities, particularly in the culture at the General Council. Located on the "niche" of hikes combining culture and nature, it seeks to reconcile its interests for culture, nature and roaming. Since 2004, it offers stays from week end to week all inclusive. Positioned on "The art of Walking", its "refuges d'art" stays represent an important part of its activity. The preparation of this route as a hiking route requested a substantial tracking job. Investment necessary to identify the possibilities of supply, to identify possible shelters in case of bad weather and to evaluate the level of difficulty at best. How to make this specific positioning visible? How to maintain a professional activity that responds to the motivations that founded the creation of the company (sustainability)?   "Refuges d'art" is a proposal by artist Andy Goldsworthy to the geological reserve and the Gassendi Museum. The Gassendi Museum ensures the cultural engineering of the project "refuges d'art" and the geological reserve of Haute Provence Financial management. To manage contemporary art proposals together, the museum and the reserve created the informal art Centre for Nature research – the CAIRN. The Musée Gassendi, Museum of France, hosts an average of 10,000 visitors a year and 3,000 school, its surface is 2,000 m2, its annual budget is 1.4 million euros and it has 10 employees. "Art huts" will eventually represent an increase in its permanent exhibition area equivalent to one sixth of that present. An additional cultural area in rural areas, in accordance with the objectives of the State for the years to come [2].

  • COOPERATIF Indicator N ° 1.1-efficiency [3]-Is this private public cooperation performing for the museum?
Sainte Madeleine Chapel 25 m2
Farm of Belon 47 m2
Thermal baths 15 m2
Col de Escuchière 36 m2
The old Esclandon 120 m2
River of Earth (museum) 50 m2
Total Out of museum 243 m2
Musée Gassendi 2000 m2

This "re-invented museum" seeks to be in direct contact with its territory, in particular by making the original collections of the Museum-Fine Arts and Sciences-and contemporary works of art from The policy of artistic residency implemented within the CAIRN. Nadine Gomez-Passamar, curator of the Gassendi Museum, directs and implements the cultural engineering of the "Refuges d'art" project. She has been involved in the project from the outset and continues to develop it today. She's artistic director of the CAIRN. Started in 2001, the project will eventually be a pedestrian itinerary of 150 kilometers and comprising 10 works by the artist. The buildings can accommodate people for a stopover, sometimes one night. The works, donations made to the city of Digne-Les-Bains by the artist in 2006, are the first "off the walls" to be accepted by the Commission des Musées de France. Each building is owned by Public – Commons, NFB – and each work is part of the permanent collection of the Gassendi Museum. Mr. Brovelli participates in the collective process of realization. It is approved by the geological reserve of Haute Provence and authorised by the Gassendi Museum.  He participated in the definition of the itinerary by accompanying some recognition steps with the artist, the museum staff and the reserve. This open and collective approach is a factor of sustainable development. In line with the Council of Europe's recommendations on cultural heritage and sustainable development, it promotes an integrated approach to policies on cultural, biological, geological and landscape diversity and promotes a Balance between these components [4]. The Council of Europe encourages the participation of everyone in the process of identification, study, interpretation, protection, conservation and presentation of cultural heritage. This project could be the support of an indicator of "partnership diversity" to measure the degree of territorial cohesion of the project. The AFNOR [5] proposes various possible degrees of participation in this sense ranging from simple information to effective participation. The Council of Europe adds the recognition of a right to heritage that combines the governance of sustainable development. The four components of sustainable development – culture, environment, economy and social – are associated through the project. Their degree of involvement evolves over time.

  • COOPERATIF indicator No. 2:-democratic governance [6] does this private public cooperation contribute to the inclusion of this alpine territory in sustainable development?
Dominant Partners Level of involvement
Economic Dimension Jean-Pierre Brovelli Consulted: Conception of the parcoursValorisé: proposal to stay. Museum clearance and Reserve accreditation.
Cultural Dimension Musée Gassendi PARTNER: CAIRN Convention
Ecological Dimension Geological Reserve PARTNER: CAIRN Convention
Citizen Dimension Common Informed: Report of the PATRIMOINEASSOCIÉ Regional agency: Site owner

Today this pedestrian itinerary for 12 days is part of the commercial offers of Jean-Pierre Brovelli. It plans in 2008 to accompany about sixty people on this route in groups of 8 persons.  If the economic fallout remains important, it does not represent its main interest. The most economical value is based on finding a clientele with whom to share "the Art of Walking". The realization of the itinerary "refuges d'art" remains limited: it is physically and mentally difficult for an attendant. On the other hand, offering this course makes it possible to make visible its position on "the Art of Walking". The search for information via the Internet in connection with the project "Refuges d'art" (Artist, project, CAIRN) generates two daily enquiries on its professional site. These people are sometimes potential customers for other offers offered. And those who have made the course remain permanently connected with him. This increase in the visibility of positioning reinforces the sustainability of the Business Project. Jean-Pierre Brovelli's entrepreneurial motivations structure the offer of stay combining culture, nature and roaming. Being able to find a "market" that is consistent with these motivations was a daring gamble that has been strengthened here. At fifty years and after a diversified professional career, this economic commitment is more the culmination of a personal project than the search for such a gainful activity.

  •  COOPERATIF Indicator No. 3.1 – Economic valuation [7] is this private public cooperation effective for Jean Pierre Brovelli?
Problem More value heritage.
To make visible a position on "The art of walking" combining culture, nature and roaming. 2 requests for daily information via the internet linked to "refuges d'art".
Find a "market" in coherence with entrepreuneuriales motivations. Development of an offer and identification of a request in coherence with the entrepreuneuriales motivations.

 A work of contemporary art accessible in the wilderness, "refuges d'art" is a vector of sustainable development for the mountain. At the end of 2007, the municipality of Digne-Les-Bains commissioned a study on the economic and social benefits of the project to the Regional heritage Agency P.A.C.A.  At mid-term, the purpose was to produce data on the impacts generated by the project in terms of its implementation costs. This important study work carried out during the summer of 2007 allows to have a first measure of the economic and social impact of "refuges d'art" in Haute Provence. It represents 4.7% of tourists in addition to the country Digne – that they come especially for the discovery of the works of Andy Goldsworthy and/or the works of contemporary art – more than 30,000 annual nights, a tourist consumption valued at 1.6 Million euros per year and 131 jobs in the country Digne. Impact to be put on an investment of around EUR 90,000 per year, excluding the participation of museum and reserve staff-7 posts are directly involved. This rate of return on investment is consistent and seems sustainable.

  •  COOPERATIF indicator No. 3.2 – Economic valuation-does this private public cooperation contribute to the economic development of this alpine territory?
Results study Regional heritage Agency P.A.C.A. People who have come to discover the works of Andy Goldsworthy and/or the works of contemporary art
% of tourists in the country Digne 4.7%
Number of Annual nights 31 025
Tourist consumption EUR 1.6 million
Number of jobs in the country Digne 131 Jobs
Average annual direct cost of the project 90 000 euros (non-staff Museum and Reserve)
Return on investment rate Estimated to be 17 times higher than the annual investment

The Regional heritage agency foresees a minimum growth of 8.8% of the annual attendance, well beyond the target of 1.9% set for the plastic arts throughout the territory by the State [8]. Within 5 years, 8,000 visitors to minima, not far from the 10,000 visitors of the museum Gassendi, first stage of the course. A significant cultural value for a rural territory: Digne-les-Bains, Departmental prefecture, has 18,000 inhabitants, 30,000 at the country level [9].

  •  COOPERATIF indicator No. 1.2-effectiveness-is this private public cooperation performing for the museum?
Number of people
Discovery of the works of Andy Goldsworthy and/or the works of contemporary art 5 5008 000 at the end of the project in 5 years (estimation)
Musée Gassendi 10 000 (average)
Annual growth rate of attendance + 8.5% (minima, regional heritage Agency study)
LOLF, Mission Culture, creation, Objective 3 + 1.9% (average per year by 2010)

 The difficulty lies in the fact that this economic recovery remains beneficial for the Digne country and is not at the expense of the spirit of the project. It is a matter of inventing the modalities of access adapted to its originality. Modalities that the museum had planned to develop once the project came to term and relayed to the general public, that is to say best in 5 years. The increasing fame of the artist at international level, the publication of articles in the National press – Telerama, Alpes Magazine-, the already effective use by local actors in the framework of their activity – hiking guide, tourist office – make The art huts are already frequented. As the study of the Regional heritage agency confirmed, there is not a single "canal" that leads to discover "Art huts": Internet, word of mouth, media. All communication and information activities cannot be carried out or self-financed: topo-guide, Access card, press review, book, website, audio guide, etc. For example, the IGN estimated the cost of making a map specific to the "refuges d'art" route at 50,000 euros. Relatively large Budget with regard to the 150,000 euros required on average by shelter. Today, the Gassendi Museum co-builds information and communication modalities with local partners. These co-productions are as numerous as the possible access modalities: A room dedicated to the museum in collaboration with the artist, a topo-guide book published by the Fage Edition, the formation of a new accompanist by Jean-Pierre Brovelli and the Proposal of a dozen hiking trips. Of all these actions, the Gassendi Museum finances 30% of the costs of implementation, the remainder being taken over by the partners [10]. Other co-produced projects are underway such as a press review with the Alpes-de-Haute-Provence development agency or that carried out by the Tourist office on the creation of an audio guide or the use of an association of Porters for Make shelters accessible to people with reduced mobility. The Internet sites-that of the refuges, the museum, the reserve and Jean-Pierre Brovelli, first in terms of consultation-will allow to download the access sheets made by the museum or direct to the book of Editions Fage. Attendance of the public will increase – forecast of 8,000 visitors to minima within 5 years-, the sources of information also (6 new media foreseen in 2008) and the tourist offer will gain in quality and attractiveness. With a mastery of the budget since, although all costs are difficult to assess accurately, the contribution of the project partners can be estimated at two-thirds of the total cost, which is more than the 48% of own resources that Targets the state by 2010 for museums.

  •  Indicator COOPERATIF No. 3:-Efficiency [11]-In a context of control of public expenditure, does it contribute to finding the resources necessary to qualify the accessibility of works in open access?

 

Contribution to the funding of the accessibility function 2008
Musée Gassendi 30
Jean-Pierre Brovelli 23
Fage Edition 47%
LOLF indicator: Share ressources propresObjectif en 2006 for FranceProgression Museums by 2010  43% + 5%

 

 Action Partner Realization Cost
Information space Musée Gassendi Equipment of a new room  15 000 € 30
Topo Guide Fage Edition Production (22% PVTTC)  16 500 € 47%
3000 works sold at 25 euros TTC Diffusion distribution of half (18% PVTTC)  6 750 €
New Attendant Qualification Jean – Pierre Completion of a training course (10 days)  1 600 € 23
Animation website (Request information)  Brovelli Annual update, follow-up (1 day/month)  1 600 €
Group support 9 proposed stays (50 days)  8 000 €
 49 450 €

The regulation of the relationship between these different actors of the project is based on a relationship of trust, and to a lesser extent in a discounted way (municipalities, providers: Guide, hosters, etc). The works are part of the collections of the museum, the building is communal property or the NFB, and the geological reserve of Haute Provence, Association Law 1901, manages these domains. If this situation promotes freedom of action for each member, it depends strongly on the personalities who animate the project. The increasing economic weight of "Art huts" in the local economy, the increase in attendance, the creation of new shelters or the arrival of new actors (tourist Office, escorts) may weaken this balance. It raises a number of important new issues in view of the progress of the project: how to find a regulatory framework adapted to multi-faceted private public cooperation? How to keep an open process without losing the spirit of the project? How can we not freeze the situation? What would be the current regulatory arrangements in the event of a dispute? Additional Sources:

  • Gassendi Museum website: http://www.musee-gassendi.org/
  • Site of the Geological reserve of Haute Provence: http://www.resgeol04.org/
  • Site of Jean-Pierre Brovelli: http://www.etoile-rando.com/
  • "Refuges d'art" Site: http://www.refugesart.fr/
  • Site of the Regional heritage Agency: http://www.patrimoine-paca.com/
  • Council of Europe Website: http://www.coe.int/
  • Site of the LOLF: http://www.performance-publique.gouv.fr/

Source of diagnosis This diagnosis was made mainly from the following elements:

  • 1 Interview with Nadine Gomez-Passamar, curator of the Gassendi Museum and Jean-Pierre Brovelli, hiking guide;
    • Presentation Document for the CAIRN project;
    • Internet search on sites associated with the promotion of the CAIRN;
    • The economic impact study of the CAIRN carried out by the Regional heritage Agency-2007;
    • The LOLF documents on performance indicators;
    • The Council of Europe's "Faro" framework convention.

 


[1] The 200 000 hectares of the geological reserve of Haute Provence make it the largest in Europe.
[2] The LOLF, mission Culture, plans to measure the share of additional m2 constructed in rural areas compared to the total number of M2 built in the year. The indicator is currently only for libraries.
[3] This indicator aims to measure the effectiveness of cooperation following an indicator identified within those of the LOLF. That is, the ability of an administration to achieve the objectives corresponding to its missions. The objective of the LOLF indicator is to be able to compare the effectiveness of the cooperative process with other experiences and the target set by the state for the years to come.
4 "Faro" Council of Europe framework Convention, article 8 – Environment, heritage and quality of life
[5] The French Association for Standardization – AFNOR – published in 2006 the SD 21000 applied to local authorities-a Guide for taking into account the issues of sustainable development in the strategy and management of local and regional authorities.
[6] This indicator is intended to measure the involvement of members of society on heritage issues. This is a proposal for a possible new indicator.
[7] This indicator measures the impact of heritage on the economic activity of the company, or even the territory. The report on the economy of the intangible. "Tomorrow's Growth" (Department of Finance, 2006) called for an interest in the benefits of exploiting "our history, Geography or territories". And which gave the creation in April 2007 of the Agency of the Intangible Heritage of the State (FIPA). It is a question of being able to estimate and compare the impact of shared valuation of heritage.
[8] LOLF, Mission Culture, creation, objective No. 3
[9] Methodological clarifications: Data Sources: The study carried out by the Regional heritage Agency, data 2003 on tourism in countries Digne, source site country Digne. Mode of calculation of the indicator: the study of the Regional heritage agency has not given, for lack of existing sources, estimation in numbers of people who come especially for the discovery of works of Andy Goldsworthy and/or works of art Contemporary. It is possible to have a first estimate from the average length of stay estimated at 5.6 days by the country Digne and the 31 025 nights calculated by the regional heritage Agency. The estimate is then 5 460 people. The only existing data is the "2 491 visitors on 3 refuges" of the count carried out in the summer 2007 (4 months) by the geological reserve of Haute Provence. 
[10] Methodological clarifications: Data Sources: Data were collected during the interview with Nadine Gomez-Passamar and Jean-Pierre Brovelli. method of calculating the indicator: for the new room at the Gassendi Museum, only direct costs are taken into account. The cost of manufacturing the book is calculated from the apportionment of average costs compared to the public sales price TTC (National Union of Publishers-SNE: manufacture 11%, author 11%). The edition is planned on a draw of 3000 copies sold at 25 euros public price (PVTTC). Fage Edition will ensure distribution of 1500 copies, the other half being sold directly by the museum. This coûtde diffusion distribution is estimated at 18% of the PVTTC (average SNE). The cost calculation supported by Jean-Pierre Brovelli is based on a day cost of 160 euros. The updating of the site and the response to sometimes technical requests represent one day per month (10 days per year). The cost of training a second attendant is estimated on the number of days required (complete the entire course, i.e. 10 day). And 9 stays are offered in 2008 for a total duration of 50 days.
[11] This indicator aims to measure the efficiency of cooperation following an indicator identified within those of the LOLF. That is to put in perspective the means deployed and the results set (value-for-money). The objective of relying on a LOLF indicator is to be able to compare the efficiency of cooperative processes with other experiences and with the target that the state has set for years to come.