Les 27 octobre, 12 novembre et 13 décembre 2025 nous partons en balades-ateliers entre voisins pour partager nos observations, nos questions et nos savoirs.
Ces balades sont les débuts de l’Ecole du feu, un projet au long cours associant habitants, chercheurs et artistes pour apprendre et imaginer ensemble à la fois comment mieux se protéger mais aussi comment développer des manières d’habiter les lisières plus en lien avec ce qui nous environne.
En voici un compte-rendu écrit de la dernière balade de ce premier cycle. D’autres suivront à partir de février et en janvier une journée de TRAVAUX PRATIQUES se déroulera au vallon Pichou/Iris pour appliquer sur le terrain nos nouvelles connaissances.
L’École du feu est initiative portée par le Bureau des guides du GR2013 avec la coopérative Hôtel du Nord et le collectif de l’incendie du 8 juillet.
Les 27 octobre, 12 novembre et 13 décembre 2025 nous partons en balades-ateliers entre voisins pour partager nos observations, nos questions et nos savoirs.
Ces balades sont les débuts de l’Ecole du feu, un projet au long cours associant habitants, chercheurs et artistes pour apprendre et imaginer ensemble à la fois comment mieux se protéger mais aussi comment développer des manières d’habiter les lisières plus en lien avec ce qui nous environne.
En voici un compte-rendu écrit, ainsi qu’un récit photographique de l’artiste Garance Maurer.
L’École du feu est initiative portée par leBureau des guides du GR2013 avec la coopérative Hôtel du Nord et le collectif de l’incendie du 8 juillet.
Suite à la catastrophe du 8 juillet, a poussé l’idée qu’on pouvait apprendre de l’incendie. Après une première rencontre en juillet à Miramar, nous inaugurons en marchant l’’ECOLE DU FEU !
Apprendre comment fonctionne un incendie, ce que nous raconte le sol, qui sont les plantes pyrophiles, ce que permet le feu… Se souvenir de comment on faisait avant, découvrir comment on fait ailleurs et imaginer ce qu’on pourrait faire ensemble !
L’École du feu est initiative portée par le Bureau des guides du GR2013 avec la coopérative Hôtel du Nord et le collectif de l’incendie du 8 juillet. Plus d’infos…
Les 27 octobre, 12 novembre et 13 décembre 2025 nous partons en balades-ateliers entre voisins pour partager nos observations, nos questions et nos savoirs. Un premier cycle de 3 balades pour affiner nos regards, énoncer nos questions, fabriquer ensemble des hypothèses, des envies et des actions.
Balade Pyros #1 – de la montée Pichou aux Abandonnés /lundi 27 octobre de 14h à 18h
Nous avons été accompagnés par Jordan Szcrupak (paysagiste), Patrick Jeannot (ex ONF), Elise Boutié (anthropologue) et Sophie Bertran de Balanda (jardinière et urbaniste).
Balade Pyros #3 – En haut du Marinier/ samedi 13 décembre de 14h à 17h30
Nous avons été accompagnés par les habitants ayant collaboré avec la sécurité civile suite à l’incendie de 2001, Jordan Szcrupak (paysagiste), Francis Talin (Ville de Marseille), et Marie Blanche Chamoulaud (CIQ des hauts de l’Estaque).
Balade Pyros des enfants : Les escargots du vallon – Vallon Iris Pichou /vendredi 17 avril de 14h à 17h
Une balade dans un vallon incendié pour aborder de manière ludique et sensible le feu mais aussi les sols, les plantes, et la vie qui s’en donne à cœur joie !
L’École du feu est initiative portée par le Bureau des guides du GR2013 avec la coopérative Hôtel du Nord et le collectif de l’incendie du 8 juillet.Plus d’infos…
Les 27 octobre, 12 novembre et 13 décembre 2025 nous partons en balades-ateliers entre voisins pour partager nos observations, nos questions et nos savoirs.
Ces balades sont les débuts de l’Ecole du feu, un projet au long cours associant habitants, chercheurs et artistes pour apprendre et imaginer ensemble à la fois comment mieux se protéger mais aussi comment développer des manières d’habiter les lisières plus en lien avec ce qui nous environne.
Le 14 juin on se retrouvait au Parc de la Jougarelle à la Castellane pour apprendre avec le collectif SAFI le feutrage de la laine brute, se raconter des histoires de laine et de tapis kabyles, se souvenir du filage et préparer ensemble la transhumance de septembre.
C’était aussi les 100 ans Pierre, l’occasion de se rappeler ce qui est important et de chanter le piste animale!
On est entré dans le monde des oiseaux grâce à notre guide Espoir et tous les bruits alentours n’ont pas empêché la grande poésie de ce moment. On était une grappe d’humains à l’affût d’un monde que les promeneurs de chiens et travailleurs du matin ne soupçonnaient même pas. Mal réveillés mais passionnés, buvant les paroles d’Espoir.
Depuis, le monde a changé, je ne regarde plus les tourterelles de la même manière..Je n’imaginais pas toute la richesse de cet univers.
Un grand merci à Espoir qui nous a ouvert ces portes.On recommence quand ?
J’ai noté les espèces rencontrées :
– Fauvette espé (ça veut dire de cette espèce).
Il y a plusieurs espèces de fauvettes. Elles sont dans les buissons et ont plusieurs chants.
La fauvette à tête noire : chant long répétitif (avec un bruit de papier alu froissé) .
La fauvette mélano céphalé + œil maquillé orange.
– Moineau Domestique
– Goélan Lecofé
– Rouge-queue Noir
– Rouge-gorge Familier : chant flûté, cristallin, mélodieux comme une conversation
– Tourterelle Turque (celle que l’on voit chez nous : gris clair)
– Tourterelle des bois (écaillée et migratrice)
– 2 sortes de Pigeons : Bizet (plutôt au sol), et Ramier (+ gros) avec un trait blanc. Aurions-nous là l’origine du Chemin de Bizet?
– Serin cini chant cyclique, un peu comme une chaîne rouillée.
– Il y a 4 types de mésange : charbonnière qu’on a entendu (3 chants différents tchoupi tchoupi…), bleue, et même 7 espèces d’après le guide que j’ai trouvé…
– Roitelet Huppé dans les conifères
– Le Rossignol Phylomel
– La chaleur, le vent et les humains chassent les oiseaux
– On a aussi appris que vers Niolon un aigle de Boneli niche
Espoir capte la Mésange Charbonnière. Titit Tut
Le Roitelet Huppé sautille dans le cèdre.
Fruit de notre récolte sonore et visuelle – Espoir Bouvier
Suite à l’incendie du 8 juillet, une première rencontre a été organisée par le Bureau des guides du GR2013, la coopérative Hôtel du Nord et les riverains de Miramar en contribution au Collectif de l’incendie du 8 juillet, pour mieux comprendre le feu, son écologie et la gestion des incendies.
Cette rencontre a été le prémisse de ce qui allait devenir l’Ecole du feu, un projet au long cours associant habitants, chercheurs et artistes pour apprendre et imaginer ensemble à la fois comment mieux se protéger mais aussi comment développer des manières d’habiter les lisières plus en lien avec ce qui nous environne.
Les ateliers « Bestiaire des quartiers nord » proposent aux enfants (petits et grands) de mener l’enquête sur la présence plus ou moins visible des animaux près de chez eux. Ces rendez-vous, animés par Chloé Mazzani, Jeanne Alcaraz, Willy Le Corre et Julie de Muer, sont l’occasion d’explorer la ville, de partager des connaissances et d’élaborer collectivement des formes (chansons, histoires, dessins, enregistrements) qui seront restituées lors de la « Grande Transhumance » le samedi 20 septembre.
Le 2e et le 3e épisode des ateliers à la bibliothèque ont permis de mener à bien l’enquête sur le loup de Saint-André et d’affirmer : il y a bel et bien des fauves qui habitent le quartier !
Cette fois-ci, Marie, Elsa et Elisabeth sont venues prêter main forte à Chloé et Jeanne pour faire face à la meute de chats-loups-garous-mi-lapins-mi-guépards. Ces spécimens hybrides, parfois inquiétants mais souvent rigolos, se sont matérialisés après avoir été invoqués à force de chants, de chorégraphies d’essaim d’abeilles et d’histoires sur les grands fauves. La transformation s’est définitivement opérée lorsque chaque enfant a eu choisi son animal totem du jour.
Recette pour faire apparaître son animal totem :
Choisir le 1e animal qui nous vient en tête lorsqu’on se regarde dans la glace le matin. Ajouter une couleur qu’on porte sur ses vêtements. Et finir par son humeur de l’instant.
On s’est mis d’accord sur le fait qu’on avait envie que les animaux soient plus présents dans notre quotidien. Qu’il y ait des animaux dans la rue, dans notre salle de classe, dans notre chambre pour s’amuser, ou encore dans notre lit pour nous protéger des mauvais rêves.
Ces animaux rêvés sont bien souvent hybrides, mélange d’espèces -comme le Sinchapin issu du croisement du singe, du chaton et du lapin-, voire créatures siamoises -comme « Marie Pierre », dont la moitié du corps est guépard, et l’autre moitié renard.
Pour donner de la matérialité à ces histoires, nous avons fait le portrait de toute cette faune.
Le lapin-vampire a rapidement fait des petits.
La baleine-cyclope a mobilisé beaucoup d’efforts et de pots de peinture.
Nous avons à présent tout une ménagerie, prête à être lâchée dans les rues de Saint-André ! Mais..comment faire pour être sûre que la cohabitation se passe bien ? Il y a beaucoup de voitures, le Sinchapin ne risque t-il pas de se faire écraser ? Et si le lapin-vampire faisait des bêtises et mordait quelqu’un pour son petit-déjeuner ? On se souvient alors qu’en meute, en troupeau, en banc on est plus fort et que le mieux à faire serait de réunir tous nos animaux sous la protection de deux grands fauves !
C’est la symbiose.
Mais on ne va pas s’arrêter là ! Maintenant que notre Super Animal Totem est prêt, on part en expédition pour le remettre en liberté dans le quartier.
L’art du camouflage n’est pas réservé aux caméléons.
Nous partons (discrètement) en mission en direction du « petit terrain », qui abrite depuis les premiers pas du Caminando en 2023 les élans de vitalité et de folie des habitant.e.s
Face à un si beau mur, comment résister à l’envie d’encoller…Marie prend les rênes et nous enseigne, du haut de son expérience de colleuse d’affiches, la meilleure technique : celle qui consiste à plonger les mains dans le saut !
La jungle urbaine est devenue réalité.
Quand vous passerez à Saint-André, ouvrez l’oeil et tentez d’apercevoir les grands fauves qui se tapissent. Ahooooooooooou !
Une balade dans laquelle les yeux de deux photographes semblent nous pister. Parfois au cœur de l’échange, parfois en lisière, ils portent attention à leur vision périphérique, jouent avec les distances, font corps avec la petite meute ou s’éloignent en solitaires, faisant apparaitre les autres corps qui traversent, évitent, passent, vivent ici.
L’un est plutôt loup, l’autre est plutôt chat. Pourrait-on reconnaitre le regard d’elle, l’attention de lui ? Elle s’appelle Evangeline, il s’appelle Franck. Pour ce récit ce sont leurs images qui seront la trace de notre nouvelle recherche du petit Chemin des Bestiaux.
PARTIE 1 : Le centenaire, le chien et l’enfant
Il était une fois un paysage. Ce paysage n’était pas ce ceux qu’on voudrait croire immortel. Depuis sa naissance il s’était tant et tant transformé que parfois il devait rappeler qu’il était toujours là, toujours vivant, toujours avec nous, fais de nous et dans nous. Ainsi le « nous » essayait de se rappeler, ce n’était pas facile.
Ce jour-là nous avons réussi, un peu, grâce à l’alliance que le paysage avait passé avec le centenaire, les enfants et le chien.
Le centenaire et la mémoire
Pierre tient son chemin, celui des bestiaux, celui des hommes qui conduisent à l’abattoir. « Gorge Cœur Ventre », il nous invite à plonger dans le regard de la mise à mort industrielle puis nous lit presqu’en sautillant la fable « Le cochon, la chèvre et le mouton ».
Evangeline le chat parfois se faufile entre les humains pour les observer de près, Franck le loup regarde autour. A notre tour de pister leurs photos !
Zoom sur un extrait du film Gorge Cœur v-Ventre de Maud Alpi
Une Chèvre, un Mouton, avec un Cochon gras, Montés sur même char s’en allaient à la foire : Leur divertissement ne les y portait pas ; On s’en allait les vendre, à ce que dit l’histoire : Le Charton n’avait pas dessein De les mener voir Tabarin Dom Pourceau criait en chemin Comme s’il avait eu cent Bouchers à ses trousses. C’était une clameur à rendre les gens sourds Les autres animaux, créatures plus douces, Bonnes gens, s’étonnaient qu’il criât au secours ; Ils ne voyaient nul mal à craindre.
Le Charton dit au Porc : Qu’as-tu tant à te plaindre ? Tu nous étourdis tous, que ne te tiens-tu coi ? Ces deux personnes-ci plus honnêtes que toi, Devraient t’apprendre à vivre, ou du moins à te taire. Regarde ce Mouton ; a-t-il dit un seul mot ? Il est sage. Il est un sot, Repartit le Cochon : s’il savait son affaire, Il crierait comme moi, du haut de son gosier, Et cette autre personne honnête Crierait tout du haut de sa tête.
Ils pensent qu’on les veut seulement décharger, La Chèvre de son lait, le Mouton de sa laine. Je ne sais pas s’ils ont raison ; Mais quant à moi qui ne suis bon Qu’à manger, ma mort est certaine. Adieu mon toit et ma maison. Dom Pourceau raisonnait en subtil personnage : Mais que lui servait-il ? Quand le mal est certain, La plainte ni la peur ne changent le destin ; Et le moins prévoyant est toujours le plus sage.
A la fable, Danièle répond par le chant et la ballade popularisée par Joan Baez « Donna Donna », dont beaucoup d’entre nous découvrent la signification. Et une fois encore, nous chantons avec le paysage…
Dans un wagon rempli pour le marché, Il y a un veau avec un œil morne. Au-dessus de lui, une hirondelle Bat des ailes rapidement dans le ciel.
Comment les vents rient-ils ? Ils rient de toutes leurs forces ! Rire et rire toute la journée, Et la moitié des nuits d’été.
Donna, Donna, Donna, Donna Donna, Donna, Donna, Don Donna, Donna, Donna, Donna Donna, Donna, Donna, Don
« Arrêtez de vous plaindre », dit le fermier.
« Qui vous a dit d’être veau ? Pourquoi n’avez-vous pas d’ailes pour voler avec ? Comme l’hirondelle si libre et fière ? »
Comment les vents rient-ils, Ils rient de toutes leurs forces ! Rire et rire toute la journée, Et la moitié des nuits d’été.
Donna, Donna, Donna, Donna Donna, Donna, Donna, Don Donna, Donna, Donna, Donna Donna, Donna, Donna, Don
Les veaux sont facilement attachés et abattus, Ne sachant jamais pour quelle raison. Mais celui qui chérit la liberté,
Comme l’hirondelle a appris à voler.
Comment les vents rient-ils ? Ils rient de toutes leurs forces ! Rire et rire toute la journée, Et la moitié des nuits d’été.
L’enfant et le jeu
Thais et Hiacinte volent autour de nous à la manière des hirondelles. Soudain ils deviennent chevaux, araignée, tous les animaux à la fois. Ils sont vivants et évoquent dans leurs jeux libres et aventureux nos conversations sur les relations, entre apprivoisement, domestication, ensauvagement… Et leurs corps mettent en mouvement le paysage, rendent intéressant une barrière, passionnant un muret, apprenant un escalier.
Evangeline attrape quelques moments au vol !
Luna et Tania
La Tania et la Luna. Tout de suite ça sonne !
Evangeline a fait leur portrait et c’est Franck qui a pisté leur relation. Dans cette relation, on est parfois ensemble, à deux ou en collectif, on se touche, on cohabite serré, et d’autres fois on prend le large. Luna la chienne laisse alors Tania à ses conversations humaines et rejoint le paysage des enfants. Elle aussi révèle sa vitalité et une manière d’habiter en activant les espaces et le mobilier urbain.
PARTIE 2 : L’autre chemin des bestiaux
Maintenant que nous sommes un peu plus un « nous », on part en direction du petit chemin des bestiaux en explorant les traverses de Saint-Louis. Chacun observe à sa façon, on s’imbrique enfants, chien, oiseaux, habitants d’ici ou de plus loin. À partir de là nos photos se mélangent, celles d’Évangéline et Franck mais quelques-unes aussi de Julie qui complètent le parcours.
Le chemin des bestiaux de Pierre, c’était aussi l’idée d’un « chemin de conscience ». Il a été emprunté pour les manifestations contre l’incinérateur qui devait être installé au bord du ruisseau des Aygalades, a été le support des nombreuses chansons qui racontent les quartiers nord et que Pierre aime à nous partager.
Le «chemin des lycéens » que nous empruntons semble alors étrangement en résonance, et les luttes d’aujourd’hui émergent au fil du chemin. Gaza, luttes féministes, défense du quartier, on longe aussi l’usine d’où est partie la fuite au chrome 6 qui a pollué l’ensemble de la nappe phréatique, le ruisseau et ainsi les animaux qui y vivent ou les humains qui auraient par exemple jardiné avec l’eau de leur puits. On ruisselle alors vers des histoires géologiques, on passe les barrières pour plonger dans le tuf…
Alors que la pluie nous rattrape, on se transforme en essaim sous le porche d’un immeuble, gentiment accueillis pas les petits joueurs de foot.
Pierre nous partage un dernier texte témoin des solidarités auxquelles il nous invite et c’est en partageant l’imaginaire des gammares, crevettes du fleuve côtier et nom du joyeux collectif qui s’est mobilisé pour en prendre soin, que la divagation sur le chemin des bestiaux se conclue.
Photos Evangeline Allize, Franck Pourcel et Julie de Muer